Ranrupt (Roggensbach en allemand) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est, anciennement en région Alsace. Elle appartient au canton de Mutzig et à l'arrondissement de MolsheimLa perception est à Saint-Blaise-la-Roche.. vignette|La récompense "Ville Fleurie", également connue sous le nom de "Villes et Villages fleuris, anciennement appelée concours, a été créée en 1959 en France pour promouvoir le fleurissement, l'environnement de vie et les espaces verts.
Géographie Un espace montagnard faiblement peuplé Ranrupt est une commune montagnarde aujourd'hui à l'écart des grands axes de circulation. Le territoire communal de s'étage entre d'altitude (en aval des anciennes prairies humides de Ranrupt sur la rivière Climontaine) et d'altitude (au-dessus des Hauts Bois, à l'ouest de la forêt de Schirgoutte et du col de la Charbonnière).
Le village allongé concentre une fraction importante de sa population en son centre ( d'altitude). La commune compte aujourd'hui 349 habitants contre 299 en 1997 et sa densité est une des plus faibles du massif des Vosges : environ vingt habitants par kilomètre carré. Cette situation est le résultat d’un exode rural constant observé depuis les années 1880. En 1982, la population active résidente travaillait majoritairement en dehors des cantons montagnards de Saâles et de VilléPlus de 50 % sur l'agglomération Rothau-La Broque-Schirmeck, 15 % vers Strasbourg, 5 % vers Molsheim..
Un habitat éclaté en hameaux et écarts
Fonrupt est un hameau situé à d'altitude dans le vallon adjacent à la vallée principale de la Climontaine, établit à gauche du ruisseau de Plaingoutte, sous le Fonruptgoutte et le Petit Bois. Stampoumont est à l'ouest de Ranrupt, sous le Grand Alhan, à côté des sources du ruisseau Méribeux qui emprunte une vallée forestière qui débouche au Grand-Pont, hameau de la commune de Colroy-la-Roche.
La Salcée est un hameau à l'ouest, en contrebas du petit col de la Salcée à d'altitude. La vieille route départementale 50 mène au col de Steige à d'altitude qui ouvre l'horizon sur la vallée du Giessen et le Val de Villé. Le col de Steige et le rain du Fossé sont franchis par la départementale 424 reliant en Villé à la route nationale 420 par RanruptLa RN 420 qui dessert la vallée de la Bruche est rejointe à Saint-Blaise-la-Roche..
Communes limitrophes
Il existe aussi une multitude de fermes éloignées dont la plupart, mal desservies, sont des résidences secondaires, soit sont abandonnées ou sont en ruines.
Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau Climontaine, le ruisseau de l'Evreuil et le ruisseau le Meribeux..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de RanruptLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Belmont à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Ranrupt est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (79,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (79,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (77,3 %), prairies (13,8 %), zones urbanisées (4,4 %), zones agricoles hétérogènes (2,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Ranrupt est mentionné sous la forme Rognesbach en 1120Bulle du pape Callixte II., Ruginsbach en 1135, Ramru en 1261, Regensbach en 1303, Roggensbach en 1310, Roschbach en 1789.
L'explication de l'élément -rupt fait l'unanimité chez les toponymistes : il s'agit du terme ru « ruisseau » (graphié tardivement rupt par fausse étymologie savante)Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989 , ., explication confortée, si besoin est, par la forme allemande en -bach « ruisseau ».
L'identification du premier élément Ran- créé davantage de difficultés, car les formes les plus anciennes sont allemandes.
Albert Dauzat et Charles Rostaing proposent le nom de personne germanique Hraban, mais aussi nom vieux haut allemand du corbeau, qui a évolué en Ram- > Ran- (cf. Bert-hraban > Bertram > Bertrand)Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.. Ernest Nègre se base sur les formes allemandes et propose le nom de personne germanique Hrotgingus.
On connaît pour Ranrupt une traduction germanique plus contemporaine : Roggenbach (dont le premier élément a évolué en Roggen- qui signifie aussi « seigle »), il s'agit d'une transcription tardive qui n'a d'autre réalité qu'administrative. Des formes germanisées plus précoces Rognesbach en 1120 et Ruginsbach en 1135 montrent d'ailleurs qu'il s'agit d'un tout autre élément, compatible avec l'explication d'Ernest Nègre par le nom de personne Hrotgingus. Cependant, il n'est pas sûr que ce soit le nom de personne initial, car les seigneurs étaient d'expression germanique et les greffiers traduisaient systématiquement les noms de lieux et les noms de personnes rencontrés dans la partie welsche alsacienne de la vallée de la Bruche, du val de Villé et d'Orbey, dans une langue comprise par l'autoritéGertrud Aub-Büsche, Le parler rural de Ranrupt (Bas-Rhin), Paris, 1962, à 134, de sorte que l'explication de Dauzat et Rostaing reste valable eu égard à la forme romane.
L'isoglosse roman/germanique se situe historiquement dans le val de Villé entre Maisonsgoutte (Meisengotte) et Steige, et entre Villé (Willer) et Fouchy.
Le sens global du toponyme Ranrupt est donc « ruisseau (qui passe dans la propriété de) Hraban » ou « de Hrotgingus ».
Histoire On ne saurait être affirmatif en ce qui concerne le noyau d’un premier peuplement dans l’Antiquité à Ranrupt et l’étymologie de son nom n’apporte pas plus d’éléments allant dans ce sens. Néanmoins, on peut avancer l’hypothèse d’une occupation au haut Moyen Âge par une population de culture gallo-romaine.
L'habitat de Ranrupt est situé sur le tracé d'une route provinciale (venant du col du Hantz en territoire abbatiale de Senones) rejoignant l'antique route romaine du Champ du Feu (signalée par Strata en 1059WENTZCKE P. Regesten der Bischöfe von Strassburg bis zum Jahre 1202, .) laquelle rencontre au col de Steige la via salinatorum. La mention de cette importante artère marchande autant que militaire reliant la plaine d'Alsace à la Lorraine, se trouve dans un diplôme royal de 661 ou 662MAULINI M., Le Ban d'Etival. Étude archéologique de la Préhistoire à la Renaissance, Vesoul, 1961, .. Le tracé de cette route est connu : venant de Raon-l'Etape par Nayemont et le col des Broques, elle relie Saâles, Bruche, l'Evreuil, La Salcée, Steige, Villé à la plaine du RhinKIENTZLER A., L'organisation paroissiale de la Vallée de la Bruche (V), L'Essor, 117 (1982), ..
À l'époque médiévale, les communautés de Ranrupt et Stampoumont, respectivement dénommées en allemand Roggenbach et Stamberg, dépendent de la seigneurie de Villé, tout comme celles de Saales et Bourg-Bruche. À l'époque moderne, le territoire qui est assimilé au bailliage du Val-de-Villé (autorité territoriale).
L'époque médiévale Ranrupt est mentionnée dans une bulle du pape Callixte II en 1120. Le texte papal confirme l’attribution des terres et de la chapelle de « Rognesbach » dans les biens de l'abbaye de Honcourt(ou Hugshoffen), Val de Villé, Chapitre rural de Sélestat (subdivision ecclésiastique). Un document précise que les métayers (ou moîtriersUn moitrier cultive la terre d'un autre et partage les profits de moitié avec le propriétaire (in Alain Claude, Le maître sculpteur Jean Bailly et les sculpteurs de Damas-aux-Bois. Essai de répertoire des sculpteurs et doreurs vosgiens. Édité par le cercle généalogique et historique de Vincey et du bailliage d’Épinal, mars 2015. , )) avaient à charge d’accompagner (sous leur protection ?) les convois de sels.
Lors du conflit qui oppose Walther de Geroldseck, évêque de Strasbourg, aux bourgeois de Strasbourg et leurs alliés, une troupe occupée à piller les terres appartenant à Rodolphe de Habsbourg (futur empereur) est surprise par les villageois assemblés qui tuent trente-cinq soldats. En représailles, Herrmann, le frère de l'évêque, se rend le avec une armée jusqu'à Bourg (Neufchasteau) pour le brûler, ainsi que Bruche, Saales (Sales), L'Evreuil (Leureuil), La Salcée, Stampoumont, Ranrupt (Ranru) et son église Saint-Vincent et Colroy-la-Roche (Conroi)Chronique de Richer de Senones.La seigneurie de Villé est ensuite engagée auprès des nobles de Mullenheim de 1314 à 1556.
Ranrupt ainsi que les communautés situées sur son ban sont rattachées à la paroisse de ColroyColroy-la-Roche actuelle qui est administrée par l'abbaye de Honcourt. Tout au long du , les populations montagnardes souffrent des pressions fiscales et des dîmes religieuses. Les moines de Honcourt, disposant de vastes greniers, spéculent sur les prix des bleds et gagne une mauvaise réputation auprès des villageois.
L'époque moderne