Rothau est une commune française du département du Bas-Rhin, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Située en rive droite de la vallée de la Bruche, dans le vallon de la Rothaine, à proximité de Schirmeck, dans l'ancien comté du Ban de la Roche, Rothau garde l'allure d'une petite ville qui a connu une forte activité industrielle, d'abord centrée sur les mines de fer et les forges, puis sur le tissage et les filaturesLéon Daul, Bernadette Algret-Specklin, Paul-André Befort et Marion Ley, 's Elsàssbüech. Le livre de l'Alsace, Éditions du Donon, 2010, ..
Géographie Localisation Située dans la vallée de la Bruche, Rothau forme avec La Broque (incluant les annexes Vipucelle et La Claquette) et Schirmeck une agglomération de plus de 5 000 habitants.
Rothau se situe exactement au centre de la communauté de communes de la haute vallée de la Bruche.
Rothau est l'unique des anciennes annexes du Ban de la Roche à avoir aujourd'hui une population supérieure à . Des localités incluses dans les anciens cantons de canton de Saales et de Schirmeck réunis, ce qui fait ainsi 23 communes, Rothau est la quatrième en nombre d'habitants, derrière La Broque, Schirmeck et Wisches.
Si Rothau subit aujourd'hui une légère baisse de sa population, la fermeture de l'usine textile Steinheil, en 2005, en est la principale cause. Cette structure, implantée dans la commune durant plus d'un siècle, était une source d'emploi importante dans la vallée de la Bruche.
Sa surface inclut la rive Est de la Bruche. L'agglomération se situe de part et d'autre de la Rothaine, mais le reste du territoire continue de s'étendre au Sud de cette rivière, et s'arrête avant d'atteindre les vallées de Solbach et de Wildersbach. Comme dit plus haut, Rothau est une ville centrale, avec systématiquement un village à proximité, quel que soit son azimut. Cela rend son territoire très limité.
Pour résumer, à l'échelle locale, Rothau a une population élevée pour une superficie qui n'est pas des plus grandes de la vallée. Cela classe cette commune comme la plus dense de ses environs (à l'échelle du canton de Mutzig, elle est derrière Mutzig et Villé).
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Bruche et le ruisseau la Rothaine..
La Bruche, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Strasbourg, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de RothauLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Belmont à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Rothau est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de la BroqueUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de la Broque comprend cinq villes-centres (La Broque, Lutzelhouse, Rothau, Schirmeck, Wisches) et trois communes de banlieue... La commune est en outre hors attraction des villes...
On pourrait aussi catégoriser Rothau comme deuxième couronne de banlieue de Schirmeck/La Broque, au même titre que La Claquette et Barembach.
Schirmeck et La Broque (hormis leurs annexes) concentrent une grande partie des administrations et ressources économiques locales. Rothau, La Claquette et Barembach ont aussi une certaine activité économique mais ont surtout un rôle résidentiel et de prolongation de l'agglomération de Schirmeck-La Broque.
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (80,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (78,5 %), zones urbanisées (19,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
Toponymie Roto en 1371.En welche, on dit Rôte ou Ronte et en alsacien, Rodöü ou Ruudöi.
Histoire La première mention de Rothau est de 1398 (Roto). La localité faisait partie de l'ancienne seigneurie du Ban de la Roche dont elle était la capitale administrative au (après la destruction du château médiéval en 1469 - le château de la Roche à Bellefosse) et siège des paroisses du Ban de la Roche.
Temps modernes et legs religieux La localité a également été à partir du sous l'administration des comtes de VeldenzMaurice Falleix : L'Alsace, la Lorraine et les trois évêchés du début du à 1789, Delagrave (Paris), 1921, Texte intégral..
La guerre de Trente Ans (1618-1648) ne semble avoir affecté le Ban de la Roche que vers 1633. Quoique le secteur de Rothau ne fut touché qu'à une date relativement tardive de ce long conflit, celui-ci causa de nombreux dégâts notamment sous forme de pillages. Les exploitations agricoles et minières furent de même très endommagées, par les passages de soldats puis de pillage.
En 1648, Rothau comme une grande partie de l'Alsace est cédée au royaume de France. Au , Rothau devient un centre sidérurgique, animé par la famille de Dietrich et concurrent des Forges de Framont-Grandfontaine .
Rothau fut une localité de confession protestante puisqu'elle avait été autrefois une composante communautaire du Ban de la Roche. Étant toutefois située au plein centre de la vallée de la Bruche, à la croisée de celle-ci avec la vallée de la Rothaine comprenant trois localités en amont ; Rothau a vu très vite augmenter sa population avec, notamment, les installations de forges et, plus tard, de filatures. Rothau est dès lors devenue une commune biconfessionnelle, à la fois protestante et catholique.
De 1725 à 1863, Rothau eut ainsi la particularité d'être une commune disposant d'un simultaneum, c'est-à-dire d'une église unique affectée aux deux confessions, catholique et protestante. Des horaires furent établis afin que les habitants puissent y pratiquer leur culte. Cette pratique du simultaneum faisait de Rothau une exception pour le territoire vosgien, dans lequel la confession catholique était largement dominante. Il fallut attendre l'arrivée du curé Charles Lamy, en 1837, pour changer les choses. Il demanda l'avis des habitants quant à la pratique du simultaneum. Contrairement à d'autres cas, ceux-ci ne se disputaient pas l'édifice, mais pensaient cependant que cette situation ne pouvait durer. En effet, des situations conflictuelles ont déjà eu lieu lorsque les horaires d'église, changeants, n'étaient pas toujours précisés. Notons que l'église catholique est caractérisée par une longue appartenance au doyenné d'Obernai dans le diocèse de Strasbourg.
Ainsi dans les décennies suivantes, les protestants avaient pour objectif la construction d'un temple. A cette fin il leur fallut demander au préfet de l'Empire des subventions qui finirent par être accordées. Le temple luthérien fut dès lors construit entre 1861 et 1862 et son inauguration eut lieu l'année d'après. La fin du simultaneum fut ensuite proclamée par le préfet. Cependant, l'ancienne église biconfessionnelle était en piteux état. A sa place fut érigée l'actuelle église catholique, en 1868. Celle-ci fut consacrée en 1874 par l'évêque de Saint-Dié-des-Vosges.
Période contemporaine Après la Révolution, une commune française est formée à Rothau, en 1790, insérée alors dans le canton de Rosheim, district de Sélestat et département du Bas-Rhin. Mais l'annexion de la principauté de Salm-Salm, autrefois indépendante, par la Convention en bouleverse les équilibres et incite les autorités françaises à réorganiser le district de Senones le 20 Pluviôse an IIIIbidem, sur l'admission de cinq communes (autrefois au Ban de la Roche) du canton de Rosheim dans le district de Senones, département des Vosges .La commune, comme la plupart de celles du haut de la vallée de la Bruche, intègre le département des Vosges, mais reçoit le statut de chef lieu de canton comprenant cinq municipalités Natzviller, Neuviller, Rothau, Waldersbach et Wildersbach. Rothau après l'arrêt consulaire du (19 vendémiaire an X) concernant le département des Vosges et sa concentration/simplification administrative redevient une simple commune de l'arrondissement de Saint-Dié et du canton de Schirmeck.
Aux , c'était l'apogée de la manufacture d'armes blanches de Klingenthal, unique dans tout le royaume de France. Cette fabrique « vallée des lames » pour ainsi dire son nom, s'approvisionnait en grande partie aux forges de Rothau et de Framont, de Baerenthal et des petites forges actives au nord de l'Alsace pullulant de gisements miniers de fer car les armes qu'elles fabriquaient avec un grand art valaient cher et étaient très estimées. Les armées napoléoniennes équipées par l'arsenal militaire de Strasbourg pouvaient ainsi sillonner l'Europe avec un attirail militaire dont les matières premières de base, minerai de fer et charbon de bois, provenaient en grande part de Rothau et de Framont.