Saint-Martin est une commune française, située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie Localisation Situé à en amont de Villé, Saint-Martin se trouve au confluent de la vallée du Giessen de Steige et de la vallée du Breitenbach, descendant du Champ du Feu à travers Breitenbach puis Saint-Martin. Le territoire, d’une superficie de 396 ha, est séparé en deux par la vallée alluviale du Giessen d’une largeur de 100 à . Niché à une altitude de , le village est encadré au sud-ouest par la Honel () et à l'ouest par une série de collines peu élevées mais aux versants souvent pentus qui le séparent de Maisonsgoutte (Erdbeerberg, ). Au sud, le ban communal est bordé par le Scheibenberg (), à l’est par les hauteurs de l’Offenberg () vers Albé et Breitenbach.

Communes limitrophes

Mines Plusieurs mines de charbons ont existé entre Saint-Martin et Villé (forêt du Klosterwald). Au , quelques forages ont permis d'extraire de faibles quantités de charbon aux environs de la Fontaine du diable (1834-1845) et Wolfsloch (1845).

Carrières Une carrière d'argile se trouvait à proximité de Honcourt et une tuilerie dès le comme l'atteste un plan cadastral établit en 1867. Dans les registres de la commune, à l'occasion d'une naissance en 1797, on retrouve la trace d'un certain « Gebart Jean (le père), tuilier à Saint-Martin ». Pour le même acte est mentionné comme témoin Gebart George, tuilier à Neuve-Église.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau Dit le Giessen, le ruisseau le Breitenbach et le ruisseau Munichbach..

Le ruisseau dit le Giessen, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans Giessen à Villé, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-MartinLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Liepvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Martin est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de VilléUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant quatre communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Villé comprend une ville-centre et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (74 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (74 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (74 %), zones agricoles hétérogènes (10,3 %), zones urbanisées (8,2 %), prairies (7,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Saint-Martin, Sàmàrte en alsacien, a conservé tout au long de son histoire le nom de son patron ecclésiastique. Un acte de donation à Honcourt (1061) situe la paroisse « sur les lieux mêmes », c'est-à-dire à proximité immédiate de l'abbaye de Honcourt. On retrouve par la suite Saint-Martin dans le terrier habsbourgeois (1303), saint-Martin (1371), S. Martin vallis Alberti (1390) et Saint-Martin in valle Weileriana (1660).

Histoire Un village qui remonte à l'époque carolingienne Situé sur l'ancienne route du sel, autour de l'endroit où la rivière de Breitenbach coupe cette voie, Saint-Martin remonterait, du moins si l'on en croit certains historiens, à l'époque carolingienne et serait donc bien antérieur à la création de l'abbaye de Honcourt que l'on situe généralement autour de l'an mil. L'histoire du village, de la paroisse et de l'abbaye resteront étroitement liées.

Une possession des Habsbourg au À partir du , Saint-Martin fait partie de l'Albrechstal, c'est-à-dire de la seigneurie de Villé incorporée dans les possessions des Habsbourg. Le village est géré comme la plupart des autres localités par un Heimburger assisté par quatre échevins, tous placés sous l'autorité du Meyer de la « vallée supérieure » installé à Villé.

L'abbaye de Honcourt

Appelée Hugueshoven en 1061, Hugonis Curia en 1112, Monasterium S. Michaelis 1135, l'abbaye de Honcourt fut fondée en l'an 1000 par un certain Wernher, comte d'Ortenberg, surnommé de Hurmingen, à l'honneur de saint Michel, pour les religieux bénédictins, et soumise par son fondateur à l'église de Rome. La donation primitive consista dans un grand nombre de biens, prés et forêts situés dans la vallée voisine, dans les serfs qui en dépendaient, dans les églises paroissiales de Saint-Martin et de Fouchy, dans des terres allodiales à Ranrupt et à Mackenheim, dans le droit de pêche et dans celui de prendre dans la forêt tout le bois nécessaire à cette abbaye. En 1611, l'abbé de Honcourt était Paul Voltz, ami d'Érasme, qui se retira à Strasbourg et devint un des ministres protestants de cette ville. En 1615 le pape Paul V incorpora l'abbaye de Honcourt à celle d'Andlau.

Le village, une dépendance de l'abbaye de Honcourt

Dans le domaine ecclésiastique, la situation diffère quelque peu des autres communes. La cure de Saint-Martin est rattachée de bonne heure à l'abbaye de Honcourt qui en touche les revenus. Un pléban administre la paroisse ainsi que ses deux filiales, Maisonsgoutte et Steige. Au , la paroisse peut satisfaire aux besoins d'un chapelain ou d'un prémissaire. La situation financière de la bourgeoisie permet la construction en 1343 d'un autel en l'honneur de saint Jean-Baptiste. Mais en 1343, la paroisse semble s'émanciper de la tutelle de l'abbaye qui essaie de récupérer le rectorat. Par une bulle du , le pape Sixte IV tranche en faveur de l'abbaye, et l'évêque de Strasbourg suivant la directive du Saint-Siège promulgue l'union en nommant un administrateur chargé de régler les problèmes de compétence. La paroisse de Saint-Martin doit céder devant les directives de l'abbé qui nomme un vice-plébanVice-pléban = vicaire perpétuel. L'abbaye de Honcourt reste donc le seul décimateur du village de Saint-Martin, ainsi que des églises filiales de Maisonsgoutte et Steige jusqu'au . L'abbesse d'Andlau prend la relève en 1615. À partir de 1616, l'entretien du chœur et du presbytère est à la charge de l'abbaye princière de sainte Richarde, la nef et le clocher, par contre, restent aux soins de la paroisses et des annexes.

Andlau encaisse la dîme. Cette situation suscite des difficultés et des litiges entre les filiales et plus particulièrement dans les périodes de 1685 et 1695. Les deux communautés de l'arrière-val (Maisonsgoutte et Steige) obtiennent satisfaction en 1711 en leur attribuant un vicaire. La nef du clocher de Saint-Martin est restauré en 1748-1749, mais l'obligation pour les deux filiales de participer aux frais financiers provoque un procès qui ne trouvera sa solution qu'après la Révolution.

Les conflits

Durant le Moyen Âge, Saint-Martin eut probablement à souffrir des différents conflits armés qui touchèrent la vallée. Située sur l'ancienne route du Sel qui vit traverser les troupes de Lorraine en Alsace et vice-versa, la localité est certainement de nouveau envahie durant la guerre des Armagnacs (1445) et la guerre de Trente Ans (1618-1648). En 1665, une note paroissiale confirme que « beaucoup de biens sont en friches, que personne ne veut prendre pour le cens parce qu'il y a peu de monde ». Au cours de tous ces conflits, la commune perd une importante partie de sa population.

Le repeuplement

Après la guerre de Trente Ans, sous le règne de Louis XIV, l'activité économique du village redémarre doucement. Elle repose essentiellement sur l'agriculture et la viticulture (quelques coteaux vers Villé et Maisonsgoutte), ainsi que des installations mues par la force hydraulique du ruisseau de Breitenbach (moulin, scierie, martinetDans l'industrie, un martinet est un ensemble de marteaux-pilons actionnés par l'énergie hydraulique).

Politique et administration Découpage territorial