John Benbow, né le dans le Shropshire et mort le à Port Royal, est un officier de marine britannique des . Il se distingue et accède à la notoriété lors des campagnes contre les pirates Salétiens, lors du siège de Saint-Malo et lors de combat contre la France aux Indes occidentales pendant la guerre de succession d'Espagne.

Il entre dans la Royal Navy à l'âge de 25 ans, et combat les pirates barbaresques avant de rejoindre la marine marchande où il sert pendant la Glorious Revolution de 1688. Se réintégrant ensuite la Royal Navy, il se vit confier des responsabilités. Benbow combat la flotte française pendant la guerre de la ligue d'Augsbourg, servant à bord puis commandant plusieurs vaisseaux anglais. Il prend part aux batailles du Beachy Head, Barfleur et La Hougue en 1690 et 1692.

Ses succès lui valent la reconnaissance du public et une promotion au grade dAdmiral. Il est impliqué dans un incident pendant le combat du 29 août 1702, au cours duquel un certain nombre de ses capitaines refusent d'obéir à ses ordres, alors qu'il commandait l'escadre anglaise. Benbow obtient le jugement puis l'emprisonnement et l'exécution d'un certain nombre de capitaines impliqués, bien qu'il ne vive pas assez longtemps lui-même pour en voir l'aboutissement. Ces événements renforcent sa notoriété, et sont à l'origine des références faites à lui dans la culture populaire.

Origines et jeunesse Fils de William Benbow (m. 1664) et Martha née Hollingsworth, l'astrologue John Partridge date sa naissance à midi le , celle retenue par le Musée national de la Royal Navy, aussi que l'Encyclopedia Britannica, ainsi qu'aux récits d'histoire locale du révd Joseph Nightingale publiés en 1818.

Toutefois, une biographie publiée par The Gentleman's Magazine en 1819, sous le titre Life and Exploits of Admiral Benbow par David Parkes, dit qu'il est né vers 1650 aussi que l'ouvrage de 1861 Sea Kings and Naval Heroes par John George Edgar, qui note que le père de Benbow meurt alors que ce dernier est encore très jeune alors que Parkes décrit son père en service de l'Armée sous le règne de Charles et affirme qu'il meurt lorsque son adolescence. L'''Encyclopedia Britannica note que son père William Benbow est corroyeur, et son oncle, Thomas Benbow, est militaire exécuté par ordre du roi Charles . Parkes et le Musée national de la Marine royale s'accordent à dire que Benbow naît à Coton Hill près de Shrewsbury dans le Shropshire, alors que Nightingale affirme que la mort de son père et de son oncle, et que l'association de la famille avec Charles durant les années suivant son exécution, plongent la famille dans la pauvreté et le dénuement. C'est cette détresse matnérielle qui, selon le révd Nightingale, incite Benbow à s'engager chez la Marine royale.

Carrière dans la Marine Débuts Benbow entre dans la Royal Navy le , à l'âge de 25 ans, à bord du , vaisseau de 64 canons, lors de son armement à Portsmouth, en tant que Master's Mate du capitaine Arthur Herbert. Il a navigué avec lui en Méditerranée, lorsqu'Herbert est promu vice-amiral alors qu'il servait sous chef de la flotte de Méditerranéenne, l'amiral sir John Narborough. Pendant cette période, la flotte anglaise affronte régulièrement les pirates barbaresques venus d'Afrique du Nord et qui s'attaquaient au navires de commerce européens. Le Rupert capture un vaisseau Algérois en 1678, qui sera par la suite intégré à la Royal Navy sous le nom HMS Tiger Prize. Benbow se distingue au cours de plusieurs combats contre les vaisseaux algérois, ce qui lui vaut de gagner la considération d'Herbert. Au retour de Narborough en Angleterre, Her bert est nommé commandant-en-chef par intérim, et Benbow reçoit le commandement du le . Le Nonsuch reste ensuite au large de Tanger et le long de la côte africaine sous le commandement d'hommes qui allaient par la suite accéder à de hauts grades, parmi lesquels Rooke, Shovell et Wheler. Tous sont impressionnés par ses compétences, lui confiant le commandement avant de l'aider par la suite à l'avancement de sa carrière.

Le HMS Nonsuch est impliqué le , dans une escarmouche navale contre le vaisseau algérois le Cheval doré. Après cette attaque contre le Cheval doré par le sous le commandement du capitaine William Booth, le corsaire abaisse son drapeau suite à l'arrivée du Nonsuch. Un conflit éclate alors sur la question de la répartition du montant de la prise, et les membres d'équipage du Nonsuch s'élèvent contre ceux de l’Adventure qui voulaient en garder l'intégralité. Les plaintes sont reprises par Benbow mais cette réclamation parvient jusqu'au capitaine Booth, ce qui déclenche de cour martiale pour l'insubordination. Toutefois, il apparaît au cours du procès qu'officier marinier Benbow ne faisait que répéter ces mots vers lAdventure sans en être à l'origine. Benbow est condamné à payer trois mois de solde, soit 15s, à l'équipage de l’Adventure, et à « demander pardon au capitaine Booth à bord du HMS , déclarant qu'il n'avait pas d'intentions malicieuses en prononçant ces mots; en présence de tous officiers et d'équipage des deux navires ».

Service dans la marine marchande Le Nonsuch rentre en Angleterre et son équipage reçoit sa solde le . Benbow quitte ensuite service de la Royal Navy pour faire fortune chez la marine marchande, conduisant un navire de commerce des ports de Londres et Bristol aux ports d'Italie et d'Espagne.

Par 1686 « marin aguerri » il fait l'acquisition d'une navire baptisée Benbow, pour faire du commerce au Levant. En , il commande le Malaga Merchant, vaisseau marchand, lorsqu'il est attaqué des pirates Salétiens. Il se défend courageusement et repousse l'attaque d'après tous témoignages. Selon certains récits, il aurait alors coupé et fait saler la tête de treize Maures tués à bord de son navire, et les aurait apportées à Cadix pour y réclamer récompense auprès des magistrats. En 1844, Charles Dickens publie à Bentley's Miscellany l'histoire de Shrewsbury donc au Dictionary of National Biography de 1885 est mentionne également d'une calotte mauresque, « recouverte de vernis et brodée d'argent » de l'inscription « First Adventure of Captain John Benbow, and Gift to Richard Ridley, 1687 » .

Retour dans la Royal Navy thumb|300px|Triple portrait de Thomas Phillips (à gauche), John Benbow et Sir Ralph Delaval (à droite), qui prennent part importante aux opérations flotte anglaise au large de la France en 1692/93, par Thomas Murraywww.rct.uk.

Benbow ne réintègre la Navy qu'après la Glorious Revolution de 1688. Sa première commission est au poste de troisième lieutenant du le , sous le commandement du capitaine David Mitchell. Il obtient son premier commandement le 20 septembre de la même année, lorsqu'il est nommé capitaine du . Il est transféré au le 26 octobre puis au le 12 novembre.

Benbow est ensuite nommé commandant du port de Chatham Dockyard. Avant d'être transféré à celui de Deptford début , un poste qu'il occupe par intermittence pendant les six années qui suivent. Il commande le à l'été 1690, sous les ordres de son ancien commandant Arthur Herbert, depuis nommé vicomte Torrington. Il est désigné Master of the Fleet, et c'est en cette qualité qu'il prend part à la défaite anglaise lors de la bataille de Beachy Head. Après cette défaite, une Royal Commission se réunit afin de déterminer les circonstances à l'origine de ce revers. Benbow était alors considéré comme un spécialiste aussi bien de la navigation que du pilotage et la déposition qu'il fournit en lors de l'enquête préliminaire exonère en grande partie son ancien commandant, Torrington. Cependant, il ne témoignera pas pendant le procès de Torrington devant la cour martiale en décembre de la même année.

Benbow continue à servir sur le Sovereign en 1691, et à l'été 1692, il est à nouveau désigné Master of the Fleet, cette fois sous l'amiral comte d'Orford puis à bord du Britannia. Benbow travaille en étroite collaboration avec son ancien collègue Mitchell, alors premier capitaine de Russell, et Josiah Burchett, le commis de l'amiral. Benbow a probablement conseillé Russell d'emprunter le Gull Passage dans le banc de Goodwin pour se rendre aux Downs, où ils font la jonction avec la flotte hollandaise. Benbow sert en tant que Master of the Fleet pendant les batailles de Barfleur et de La Hogue. À l'issue de ces combats, il rentre à Deptford où il reprend son poste de commandant de port, et effectue un bref séjour aux Portsmouth Dockyard où il supervise la réparation des vaisseaux de la flotte.

Avec les flottilles de bombardes

Benbow reprend du service en , rejoignant Thomas Phillips, second ingénieur de l'ordonnance, au commandement conjoint d'une flottille de bombardes lancées à l'attaque de Saint-Malo. Benbow commande le , 48 canons, et le bombardement débute le 26 novembre. Il continue par intermittence jusqu'au 29 novembre lorsqu'un gros brûlot est envoyé dans le port rempli de poudre. La tentative de la conduire sous les murs de la ville échoue et le brûlot est arrêté par des rochers et explose sans faire de dégâts. Malgré l'échec du plan initial, des dommages considérables sont infligés et les forces commandées par Benbow s'emparent du fort de La Conchée, emportant l'artillerie et les prisonniers à Guernesey. Benbow, insatisfait du résultat de la campagne fait passer le capitaine Jean-Baptiste-Henri de Tourville en cour martiale, l'accusant de couardise pour n'avoir pas amené ses navires plus près de Saint-Malo. Ce dernier n'est cependant pas condamné, et il s'avère que ses mortiers étaient défectueux.

L'expérience acquise par Benbow lui vaut d'être placé à la tête d'une flottille similaire, envoyée cette fois contre Dunkerque sous les ordres du vice-amiral Shovell. Un certain nombre de vaisseaux marchands armés en brûlots mais conçus pour exploser plutôt que brûler sont joints à l'expédition. Benbow supervise la préparation de cette attaque en 1694, et travaille en collaboration du gardien de l'arsenal, Willem de Meester. La flottille offensive commandée par Benbow était censée être couverte par la flotte de Shovell restée aux Downs, et l'attaque est prévue pour les 12 et . Les Français parviennent à bloquer l'entrée du port, empêchant l'escadre de Benbow d'y pénétrer, et une tempête vint mettre un terme à l'attaque. Benbow décide alors d'abandonner cet assaut, et de se replier sur Calais, qu'il fait bombarder le 27 septembre. Il rentre aux Downs avant de reprendre son poste aux chantiers navals de Deptford. Il passe ensuite le mois de décembre à réorganiser un convoi de navires marchands à destination de Cadix.

Promotion à l'Amirauté

Benbow prend à nouveau la mer en , il est nommé commandant en chef de la Marine royale au large des côtes de la France. Son escadre connaît de quelque succès, prenant plusieurs navires marchands français début avril et en les ramenant en Angleterre. Benbow est recommandé par l'amiral Berkeley, qui avait servi avec à Saint-Malo, pour être élevé au grade de rear-admiral lors de la prochaine promotion, et en attendant il reçoit le commandament du de 70 canons. Son fils de quatorze ans, nommé John Benbow comme lui, le rejoint comme volontaire à bord de ce bâtiment.

Benbow met alors les voiles en compagnie du lord Berkeley et du luitenant-admiraal hollandais Philips van Almonde vers Saint-Malo, pour lutter contre les corsaires opérant dans la zone. Benbow passe au commandement du , pour diriger les opérations de la flotte alliée forte de dix vaisseaux de ligne, neuf bombardes et dix-sept navires de taille inférieure. Ils débutent leurs recherches au large de Saint-Malo le 4 juillet, jusqu'au lendemain soir lorsqu'ils décident de se retirer, sans être parvenus à aucun résultats. Plusieurs maisons avaient été endommagées sur la côte au prix de la destruction de plusieurs bombardes. Benbow reçoit huit bombardes et sept ou huit frégates placées le long de la côte. Il attaque Granville le 8 juillet, et envoie 900 bombes en quelques heures, causant d'importants dégâts.