thumb|Déversement du pétrole perçu par la NASA, durant le 24 mai 2010.thumb|Photo d’un satellite de la NASA montrant la marée noire dans le golfe du Mexique le 17 mai 2010. Lexplosion de Deepwater Horizon survient le . Cette plate-forme pétrolière, Deepwater Horizon, coule deux jours plus tard, et repose désormais à de profondeur. Avant ces événements, étaient présentes sur la plate-forme. Parmi celles-ci, 11 personnes ont d'abord été portées disparues puis déclarées officiellement décédées. En outre, ont été recensés parmi les personnes rapatriées sur le continent.

Plusieurs fuites se produisent lors de l'explosion et le pétrole s'échappe du sous-sol. Selon Lamar McKay, directeur pour les États-Unis de British Petroleum, le dernier dispositif de sécurité associé à la foreuse a lâché, rendant non opérationnelle la coupure de sécurité et les autres barrières empêchant le flux de pétrole de se déverser dans la mer.

Contexte

Transocean Limited, qui gérait la plate-forme pétrolière, célébrait ses sept années consécutives sans . Cependant selon une analyse ultérieure effectuée par le Wall Street Journal, depuis 2008 et le rachat de , près des trois quarts des incidents ayant suscité un examen des autorités fédérales américaines étaient liés à cette compagnie, alors qu'elle ne gère que 42 % des puits. Plusieurs clients ont cité par ailleurs une baisse des performances de l'entreprise depuis le rachat..

La plate-forme pétrolière se trouvait à au-dessus du fond de la mer, et le puits creusé va à près de en-dessous des fonds marins..

Explosion

Dans la nuit du , une poche de gaz traverse le bouchon en béton au fond du puits et remonte jusqu'à la plate-forme. Le gaz s'embrase à la surface, tuant onze personnes et en blessant dix-sept autres. La plate-forme coule le . Celle-ci injectait de la boue de forage sous pression, maintenant le pétrole dans le puits. Lorsqu'elle coule, le pétrole est libéré et commence à se répandre.

Le système Blow Out Preventer destiné à empêcher le phénomène de remontée incontrôlée du pétrole (ou blowout) n'a pas fonctionné en raison de la déformation du tuyau sous la pression du gaz et du pétrole remontant.

Marée noire Courantologie dans le golfe

Évolution de la pollution left|210px|thumb|Zoom de la photo du 27 avril 2010. La fuite de pétrole détectée à la suite de l'explosion est d’abord évaluée à () par jour par BP, puis revue à () par la National Oceanic and Atmospheric Administration. Cette sous-estimation serait due à une troisième fuite située plus près de la source et non repérée auparavant. Plus d'un mois après le début de la fuite, et après plusieurs mesures de confinements tentées par BP, certains experts ont avancé que la fuite s'élèverait à barils () par jour.

Le jeudi , les informations font état d'une nappe d'environ . La taille de celle-ci augmente rapidement, atteignant le Louisiane: la nappe de pétrole a triplé en moins de deux jours, Le Nouvel Observateur, mai 2010.Dépassant la taille d’une île comme Chypre.. Au soir, les premières plaques ont pénétré les marais du bayou et l'embouchure du Mississippi. Le , les premières boulettes de pétrole brut sont repérées sur les plages de LouisianeLa marée noire a touché les côtes de la Louisiane, RFI, 30 avril 2010..

Début , les forts vents du sud-est ont peu à peu poussé la nappe vers le Mississippi et l’Alabama. Le , la nappe mesurait approximativement de long et de large, soit . Le , les premières traces de pétrole ont été aperçues sur les plages de l'Alabama. Le courant marin qui circule dans le golfe du Mexique (le Loop current) a entrainé la pollution vers l'Atlantique, le long de la Floride . Un mois après l'incident, les premières boulettes de pétrole ont atteint les plages de la station balnéaire de Key West, située dans les Keys, la troisième barrière de corail au monde. Ce même courant risque d'emmener la pollution sur les côtes cubaines et sur les îles de l'Atlantique. Les modèles mathématiques laissent craindre un flux rapide vers l'Atlantique une fois que la nappe pourra sortir du Golfe, si les courants marins ont leur configuration habituelleModélisation relative au risque de déplacement rapide d'une partie de la nappe vers l'Atlantique via la boucle de courant dite (il s'agit d'un scénario et non d'une prédiction certaine).. Le , des scientifiques de plusieurs universités faisant des recherches à bord du Pelican découvrent à grande profondeur de grands volumes d'eau polluée par des particules de pétrole, qu'ils surnomment , , 15 mai 2010.. La concentration en pétrole est faible (moins d'un litre par mètre cube d'eau) mais l'étendue de ces nuages – le plus grand faisant de long, de large et par endroits jusqu'à d'épaisseur – laisse présager une ré-estimation de la fuite entre et par jour ( à ). Certains de ces nuages ont été détectés jusqu’à de profondeur.

Le , la superficie de la nappe de pétrole dépasse les , soit la superficie de la Sardaigne, soit entre 72 et de litres de pétrole brut. Finalement, ont été touchées les côtes de la Louisiane, du Mississippi, de l’Alabama et de la Floride. Des boulettes de pétrole ont également été observées au Texas.

Le , BP annonce avoir réussi à bloquer la fuite, après avoir fermé les valves du nouvel entonnoir placé sur le puits endommagé.

En trois mois, selon les estimations, entre deux et quatre millions de barils (entre et ) se sont déversés en mer, ce qui représente près de trois fois la quantité déversée lors du naufrage de lAmoco Cadiz(227 000 tonnes). Selon BP, seul 26 % du pétrole serait toujours à l'état de brut dans le golfe début 2011 : 17 % du pétrole déversé aurait été récupéré à la tête du puits, 16 % se serait dilué naturellement, 3 % aurait été récupéré à la surface par des bateaux-écrémeurs, 5 % aurait été brûlé, 25 % se serait évaporé et 8 % aurait été dilué chimiquement. Cette version est cependant réfutée par des scientifiques. Samantha Joye affirme ainsi qu'il resterait . Richard Steiner estime quant à lui que BP n'aurait pu extraire que 20 % du pétrole brut, le reste étant toujours présent sous forme de microparticules.

Actions Le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal a déclaré le 29 avril 2010 l’état d’urgence , 29 avril 2010. et plus de de la Garde nationale ont été dépêchés en Louisiane par le président Barack Obama le 30 avril. Le 29 avril, la marée noire a également été déclarée catastrophe nationale par le gouvernement américain.

Un site internet a été créé pour rassembler les idées que tout le monde pourrait imaginer dans le monde entier pour aider à trouver une solution.

Systèmes de sécurité Le système de sécurité automatique, censé prévenir toute fuite après un accident sur la plate-forme, ne s'est pas mis en marche. Selon Doug Suttles, chef des opérations pour BP, la raison en reste inconnue .

Peu après le début de l'accident, BP envoie quatre robots à de fond afin de mettre en place un système de colmatage des fuites. Le 5 mai, l'un de ces robots réussit à colmater la plus petite des trois fuites, sans toutefois modifier le débit de la fuite.

Endiguement de la nappe thumb|right|Brûlage contrôlé de la nappe dans le golfe du Mexique. Le mai, alors que les premières boulettes avaient atteint la Louisiane, 84 kilomètres de barrages flottants avaient été installés. Cependant les vents violents ont fortement diminué leur efficacité. Une semaine plus tard, quelque de barrages étaient en place, principalement pour confiner les zones côtières, ceux-ci étant inefficaces en pleine mer du fait des conditions météo.

Afin de limiter la progression de la nappe, une semaine après l'explosion ayant engendré la fuite, les garde-côtes ont commencé à mettre le feu à certaines portions de celle-ci. Le 8 mai, de litres avaient pu être brulés, sur les 11 rejetés dans la nature, selon les estimations.

Utilisation de dispersants thumb|left|Un Lockheed C-130 Hercules diffuse des dispersants chimiques dans le golfe du Mexique. Le dispersant Corexit 9500 est utilisé par BP pour disperser le pétrole en micro-gouttelettes. Ce dispersant, efficace, contient du propylène glycol (1 à 5 % du produit) et un sel (sulfonate) d'acide organique (sel d'acide sulfonique à raison de 10 à 30 % du total) susceptible de provoquer des irritations oculaires ou de la peau (et respiratoires en cas d'exposition répétées et prolongées) MATERIAL SAFETY DATA SHEET - COREXIT® 9500 (Fiche de sécurité du produit Corexit 9500) - Nalco Energy Services, L.P. Un contact cutané prolongé dessèche la peau en provoquant un inconfort et une éventuelle dermatite. Il peut aussi aggraver des dermatites existantes et causer chez l'homme (et donc peut-on supposer chez l'animal) une « pneumonie chimique » si inhalé (après qu'il a été ingéré/régurgité). Les effets à long terme du Corexit 9500 (qui est lui-même un dérivé pétrolier) sur l'écosystème marin sont inconnus. Le 2-butoxyéthanol également utilisé dans le Corexit 9500 a été identifié comme une des causes des problèmes de santé qu'ont subis les nettoyeurs de la marée noire de l'''Exxon Valdez en 1989 .

Selon une modélisation faite par le producteur à partir d'un protocole et modèle simple fourni par l'EPA, en cas de dispersion du produit dans l'environnement, une dispersion inférieure à 5 % pour l'air, de 10 à 30 % pour l'eau, et de 50 à 70 % pour le sol ou les sédiments est attendue. Certains des composants peuvent être bioaccumulés dans la chaîne alimentaire. La LC50 (« Lethal Concentration 50 » ou « Dose létale 50 ») en 48 heures calculée par le fabricant est respectivement de pour le copépode et pour la crevette Artemia salina. Selon le §.11 de la fiche, aucune étude de toxicité (pour l'homme) n'a été faite pour ce produit.

Le Corexit EC9500A and EC9527A n'est pas le moins toxique ni le plus efficace des dispersants existants, étant listé seulement douzième In Gulf oil spill, how helpful – or damaging – are dispersants?, Christian Science Monitor, 15 mai 2010 et il est interdit d'utilisation comme dispersant au Royaume-UniIn Gulf Spill, BP Using Dispersants Banned in U.K., ProPublica, 16 mai 2010.. BP a dit qu'il a choisi le Corexit parce qu'il était immédiatement disponible, mais les organisations de protection de l'environnement critiquent un sacrifice de l'écosystème marin afin de sauvegarder les côtes et une utilisation de ce dispersant par intérêt économique.

Des symptômes de maladies liées au mélange entre dispersants et pétrole ont été constatés cinq mois plus tard chez les habitants de la côte : graves infections des voies respiratoires et des sinus, insuffisance respiratoire ; vomissements marron, les urines colorées marron aussi, diarrhées ; éruptions cutanées, maux de gorge ; fièvre, douleurs au buste et abdomen ; toux de mousse blanche avec points marron ; hypertension et arythmie ; ulcères, hémorragies internes.

Forage d'un puits secondaire thumb|right|Dessin de toutes les différentes actions entreprises afin d'arrêter la fuite à mi-juillet 2010. Début mai 2010, British Petroleum a annoncé le forage d'un puits secondaire. Ce projet, lancé à moyen terme, consistait à forer un autre puits qui rejoindrait le puits fuyard juste au-dessus du réservoir de pétrole afin d'y injecter un produit obstruant et ainsi boucher le puits à la source. Cette opération prendrait cependant plus de trois mois.

Dans l'intervalle, BP a mis en place un système afin de récupérer le maximum de pétrole du puits qui fuit via une seconde plate-forme acheminée sur le site, et réduire d'autant l'émission de polluants.

Canalisation des fuites En même temps que la plate-forme secondaire était amenée sur site, BP a annoncé qu'il fabriquait une cloche en acier de . Au niveau des fuites, à de profondeur, ce couvercle d'acier rectangulaire devait être déposé sur le fond, au-dessus de la fuite principale. Un tuyau relié à son extrémité supérieure devait acheminer le pétrole jusqu'à un bateau en surface .