vignette|La Rotunda Santa Marija de Mosta, à Malte, est construite à partir de 1833.

Larchitecture néo-classique est un courant architectural procédant du néo-classicisme de la seconde moitié du et du début du . Succédant au classicisme, à l’architecture baroque et rococo, l'architecture néo-classique utilise les éléments gréco-romains (colonnes, fronton, proportions harmonieuses, portique) et se met au service du politique. La découverte et les fouilles des sites de Pompéi et Herculanum remirent au goût du jour les formes antiques.

La vogue du romantisme remplace l'architecture néo-classique avec des réalisations néogothiques dans le courant du .

Le courant néo-classique, inspiré des temples grecs et romains de l'Antiquité a rencontré un grand succès dans tous les pays occidentaux, que ce soit en Europe (France, Italie, Royaume-Uni, Allemagne, Russie..) ou en Amérique du Nord.

Histoire vignette|Palais de justice historique de Lyon, construit à partir de 1835.

L'architecture néo-classique est l'héritière de l'architecture classique, théorisée par l'architecte antique Vitruve dans son traité qui définit la théorie des trois ordres (dorique, ionique, et corinthien), qui peuvent se superposer. Vitruve sera la grande référence des architectes pour qualifier le renouveau du recours à des formes antiques, à partir de la seconde moitié du , jusqu'en 1850 environ. L'architecture néo-classique prétend avoir recours à des formes grecques, plus qu'italiennes, ainsi elle est appelée « goût grec » à ses débuts en France vers 1760. C'est un mouvement international dont différentes manifestations, de l'Amérique du Nord à la Russie.

Elle se décline en plusieurs courants et l' : la phase du palladianisme, la plus ancienne, qui se développe dans les campagnes de la Grande-Bretagne sous l'impulsion d'Inigo Jones et de Christopher Wren. Elle s'applique plutôt à des édifices isolés, ruraux et de forme ramassée. Son influence est plus italienne qu'antique. le style néo-grec (Greek Revival en Angleterre) dont le principal artisan en France est Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du roi sous Louis XV. le style néo-classique, proprement dit, en architecture, qui connaîtra un succès durable tout au long de la première moitié du , tant pour les édifices publics que privés en Occident. Il sera également traduit dans les arts décoratifs, entre 1770 et 1830. certains voient dans le style Beaux-Arts un prolongement des canons néo-classiques.

Par pays

Allemagne

L'Allemagne, avec ses nombreuses principautés, fut très tôt un foyer du néo-classicisme et se couvrit de châteaux néo-classiques, alors que les architectes s'inspiraient de leur Grand Tour en Italie. Berlin : Théâtre royal La Porte de Brandebourg érigée par Carl Gotthard Langhans entre 1788 et 1791 L'Altes Museum L'Alte Nationalgalerie Le Konzerthaus Munich La Glyptothek qui abrite des collections grecques et romaines (1816-1830). La Bayerische Staatsbibliothek.

Autriche Palais Strudelhof, palais urbain à Autriche.

Belgique

Liège Rotonde (par Jacques-Germain Soufflot) et chœur de la collégiale Saint-Jean (La tour est du ).

Bruxelles La région de Bruxelles-capitale contient probablement le plus grand ensemble d'habitations particulières individuelles néo-classiques d'Europe, particulièrement à la suite de la démolition des remparts de la ville (boulevards de la « Petite Ceinture »), et le cœur des communes de Saint Josse Ten Noode, d'Ixelles, de Saint Gilles et le front de la commune de Bruxelles intra-muros.vignette|181x181px|Place des Musées de Bruxelles. Place des Martyrs - Claude Fisco (1774-1776) Place Royale - Jean-Benoît-Vincent Barré et Barnabé Guimard (1779 et s.) Hôtels particuliers, rue Ducale - Jean-Benoît-Vincent Barré et Barnabé Guimard (1779 et s.) Palais de la Nation, rue de la Loi Palais de Charles de Lorraine, chapelle protestante et ancien palais de l'Industrie nationale, place du Musée - Jean Faulte et Laurent-Benoît Dewez (1757-1780) - Nicolas Roget (1827) Ancien Jardin botanique de Bruxelles, rue Royale - Tilman-François Suys et Pierre-François Gineste (1826-1829) Quartier de la place Saint-Jean - Henri Partoes (1846-1859) Hôtel du Chastel de la Howardie, place du Grand Sablon, 5 - F. Pauwels (1857) transformé par Léon Govaerts (1954) Place des Barricades Quartier du Béguinage, autour de l'Hospice Pachéco - Henri Partoes (1824-1826) Hôtels particuliers de part et d'autre de l'église Saint-Joseph, square Frère Orban - Jean-Pierre Cluysenaar (1863) Théâtre royal de la Monnaie, place de la Monnaie - Louis Damesme (1817-1819, reconstruit à la suite d'un incendie par Joseph Poelaert (1855-1860)

Estinnes (Vellereille-les-Brayeux) Abbaye de Bonne-Espérance (1738-1760), par Nicolas De Brissy, et sa basilique (1770-1776), par Laurent-Benoît Dewez Floreffe (Namur) Église abbatiale de l'abbaye de Floreffe

Canada vignette|Cathédrale Marie-Reine-du-Monde (1875).

Basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal (1875).

Espagne

États-Unis vignette|gauche|redresse|Maison de maître de la plantation Monticello, États-Unis (Thomas Jefferson).

Le néo-classicisme a un succès important aux États-Unis sous l’impulsion de Thomas Jefferson. En architecture il donna lieu à une interprétation spécifiquement américaine, appelée « style fédéral », caractérisée par une ornementation classique et des surfaces douces et arrondies, ainsi que par l'utilisation de fenêtres elliptiques. Jefferson a par exemple dessiné la demeure de sa plantation de Monticello dans un esprit palladien évident (équilibre, raison, ruralité). Il travailla également pour des édifices publics comme le State Capitol Building, Richmond, en Virginie. Ses travaux restent marqués par l'idéologie de la République et de la démocratie dont le modèle reste Athènes.

La référence à l'Antiquité classique reste une orientation commune aux bâtiments officiels (capitoles, courts de justice) des États-Unis jusqu'au (Lincoln Memorial (1915-1921)) ; ce goût à l'influence qu'exerce l'école des beaux-arts de Paris sur l'architecture américaine. De nombreux musées utilisent également les références gréco-romaines (portique et fronton au Cleveland Museum of Art ou au Philadelphia Museum of Art) avec des allusions au panthéon de Rome (Brooklyn Museum de New York ; National Gallery of Art de Washington (district de Columbia)).

France vignette|redresse|La façade de l'hôtel de Crillon présente un ordonnancement néo-classique avec une division tripartite horizontale et verticale : sur trois travées, les quatre colonnes corinthiennes du portique supportent un entablement couronné d'un fronton. Le rez-de-chaussée possède un grand appareil à refends et deux pilastres terminés par des triglyphes, l'étage noble est souligné par une balustrade et le second étage est percé de fenêtres ornées de guirlandes sous les appuis..

Le néo-classicisme architectural français se développe via plusieurs facteurs : le développement des fouilles archéologiques en Italie avec la découverte de Pompéi et d'Herculanum à la fin des années 1730, puis dans le sud de la France. l'approfondissement de la connaissance de l'Antiquité, grâce aux publications savantes, étrangères ou françaises (Recueil d'antiquités (1752-1765) du comte de Caylus, Ruins of Palmyra (1753), Ruins of Balbec (1757) de Robert Wood, Ruins of Paestum (1758-1768) de Thomas Major d'après les dessins de l'architecte italien Giovanni Battista Borra, Ruines des plus beaux monuments de la Grèce (1758) de Julien-David Le Roy). le développement d'un goût pour le pittoresque et d'un goût pour le sublime (cf. goût des ruines, tableaux de Giovanni Paolo Panini, d'Hubert Robert, gravures de Giovanni Battista Piranesi achetées par les Français ou rapportées par les voyageurs). le développement du voyage en Italie des architectes, au contact des ruines antiques et des édifices de l'architecture Renaissance de Palladio, Raphaël, Vignole.

vignette|redresse|Château du Petit Trianon, Versailles (Ange-Jacques Gabriel).

Ce courant architectural se développe en France durant les vingt dernières années du règne de Louis XV et reste à l'honneur jusque dans les trois premières décennies du siècle suivant.. Les premiers édifices néo-classiques sont édifiés sous Louis XV par Ange-Jacques Gabriel et Jacques-Germain Soufflot, sous l'impulsion du Marquis de Marigny directeur général des Bâtiments du roi, de 1751 à 1773. parmi leurs principales réalisations, l'École militaire (1751-1756), le palais de Compiègne, reconstruit à partir de 1751, la place Louis XV (1755-1775), le Petit Trianon (1762-1768), le Projet de reconstruction du château de Versailles entre 1772 et 1775, l'Hôtel-Dieu de Lyon (1741-1764) et l'église Sainte-Geneviève à Paris (1764-1790).

Le goût pour l'antique et le retour au classicisme s'expriment aussi bien dans l'architecture religieuse que dans l'architecture civile, l'architecture privée - souvent via le modèle réinterprété de l'architecture privée de Palladio connue via son traité des Quattro Libri dell'architettura (Venise, 1570) -, la décoration intérieure et l'art des jardins. À côté des exemples des églises Saint-Sulpice, Sainte-Geneviève, des sites et bâtiments publics comme l'Hôtel de la Monnaie, l’Hôtel de Salm ou l'École de chirurgie à Paris, le Grand-Théâtre et la place de la Bourse à Bordeaux, de très nombreux édifices privés ont été construits dans ce style : les hôtels Alexandre, d'Hallwyll, de Thélusson, de Bourbon-Condé, de Masseran, de Montesquiou à Paris, les maisons Carré de Baudouin, Huvé, Rousseau aux alentours de la capitale, de nombreux hôtels à Bordeaux, La Rochelle, la maison de l'armateur au Havre, sans compter les ensembles immobiliers comme le Palais-Royal à Paris ou le quartier Graslin à Nantes.

Ces édifices expriment une volonté de rupture par rapport au style baroque de la période précédente : géométrie du plan (École militaire, Sainte-Geneviève) ; simplicité des volumes de l'édifice (Hôtel de Bourbon-Condé, Hôtel de Montesquiou, folie Huvé) ; harmonie des proportions ; prédilection pour la colonne et le fronton (École militaire, hôtels jumeaux de la place de la Concorde, Sainte-Geneviève, Hôtel de la Monnaie, projets dessinés de Marie-Joseph Peyre) ; décor sculpté limité, voire inexistant ; usage d'ornements sculptés inspirés de l'antique : frises de grecques, de postes, rinceaux, festons, palmettes ; mise en valeur de la surface minérale de l'édifice, soit que le mur soit nu ou traité en bossage (façade sur Seine du palais Bourbon, bossage du soubassement des hôtels jumeaux de la place de la Concorde) ; raffinement de la distribution des volumes intérieurs (escalier du Grand Théâtre de Bordeaux, salle de l'Opéra de Versailles) ; intégration de l'édifice dans un paysage ou un espace urbain (Théâtre de l'Odéon, lotissement du Palais-Royal, Théâtre Graslin)

Dans le domaine des jardins, ce sont les exemples de jardins appelés anglo-chinois qui se développent à la veille de la Révolution : parc de Désert de Retz, parc de Méréville, parc de Maupertuis, jardin du Hameau de la Reine à Versailles par Richard Mique, jardin du domaine de Montreuil par Jean-Jacques Huvé, parc Monceau pour le duc d'Orléans. Contrairement à la symétrie des dessins de Le Nôtre, ces jardins allient une nature qui se veut non domestiquée à des morceaux d'architecture fantaisistes ou d'aménagements pittoresques (grottes factices, cours d'eau, cascades, fausses ruines gagnées par la végétation).

Les principaux représentants du néo-classicisme architectural français à la veille de la Révolution sont Ange-Jacques Gabriel, Jacques-Germain Soufflot, Étienne-Louis Boullée et Claude-Nicolas Ledoux. Les édifices respectifs des deux derniers, réalisés ou bien restés à l'état de projet utopique (cénotaphe à Newton de Boullée, projet de cité idéale à Arc-et-Senans de Ledoux), ont influencé les architectes et théoriciens du .