EuropaCity est un ancien projet de mégacomplexe regroupant des loisirs, des équipements culturels, des commerces, des hôtels et restaurants, ainsi qu'un parc et une ferme urbaine, qui aurait pu voir le jour en 2027 en artificialisant des terres agricoles sur le territoire du « Triangle de Gonesse », situé sur la commune de Gonesse (Val-d'Oise). Ce territoire se situe plus précisément le long de l'autoroute A1, entre l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle et l'aéroport de Paris-Le Bourget, à la limite de la Seine-Saint-Denis.
Le porteur du projet était l'entreprise Alliages et Territoires, filiale de Ceetrus (ex-Immochan), filiale foncière du groupe Auchan, associé au groupe chinois Wanda. Présenté comme structurant pour le Grand Paris par ses promoteurs, EuropaCity aurait bénéficié d'une desserte par transports en commun envisagée dans un premier temps par une nouvelle antenne du RER D dite barreau de Gonesse (faisant la jonction du et du , jonction abandonnée mais préfigurée par le TCSP Barreau de Gonesse), puis dans un second temps par la ligne 17 du Grand Paris Express avec la station de Gonesse.
EuropaCity constituait un investissement privé de . Le portage de la zone d'aménagement concerté (ZAC) et la gare qui auraient permis l'implantation de ce projet, ses infrastructures, ses réseaux, ses espaces publics, était assuré par l'établissement public d'aménagement (EPA) Plaine de France. Selon l'expert nommé par la Commission nationale du débat public (CNDP), le projet aurait eu un solde positif d'environ . Ce nombre est cependant contesté, d'autres experts évoquant une perte d'emplois équivalente par « cannibalisme commercial », due à une offre concurrente pléthorique dans un espace proche.
La pertinence et la dimension du projet d'aménagement dans son ensemble (gare, ZAC et EuropaCity) sont contestées depuis l'origine, notamment quant à son impact environnemental et l'artificialisation de terres agricoles qu'il implique et ce malgré l'effort fait par les collectivités du Roissy-Pays de France qui ont sanctuarisé de terres agricoles d'un seul tenant dans le Triangle de Gonesse, rendu à l'agriculture dans les PLU des communes et épargné de terres agricoles dans le schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France.
En , le projet est abandonné.
Historique du projet Selon Vianney Mulliez, l'État aurait décidé de développer une zone d'aménagement concertée de (dont 80 pour EuropaCity) dans le Triangle de Gonesse afin de créer de l'activité économique et des emplois après les émeutes de 2007 à Villiers-le-Bel.
2012-2014 : consultation d'architectes, labellisation « Grand Paris », appui des pouvoirs publics Le , les quatre cabinets d'architectes consultés (Valode et Pistre, Manuelle Gautrand, Bjarke Ingels (BIG) et Snøhetta). présentent aux membres du comité de pilotage les premières esquisses de leurs projets architecturaux.
Le , EuropaCity se voit remettre le label Grand Paris par Maurice Leroy, ministre de la Ville chargé du Grand Paris et Patrick Braouezec, président de Paris Métropole..
Lors du Marché international des professionnels de l'immobilier de Cannes (du 6 au ), les quatre équipes proposent des maquettes de leur projet. Le lauréat de cette consultation internationale d'architectes est désigné. au printemps 2013 après la remise d'un avis consultatif du comité de pilotage et la décision du maître d'ouvrage. ; il s’agit de l’agence Bjarke Ingels Group (BIG) qui est choisie pour concevoir le schéma directeur du projet en association avec Scau, Setec, Transsolar, Base et Michel Forgue. Le calendrier est alors une fin de conception du schéma directeur pour , un début des travaux pour 2019 et la réalisation des premiers emplacements pour 2021 et 2022..
En , Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, déclare :
Le , EuropaCity annonce trois partenariats d'études avec la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées, Universcience et le musée de l'Air et de l'Espace pour élaborer l'offre de son pôle culturel..
Le , la CCI Paris - Île-de-France s'associe au développement du projet EuropaCity.. Elle contribuera, dans le cadre d’une convention de , à la mise en place d’un dispositif de formation, à la réalisation d’une expertise sur la prospective commerciale et à l’insertion économique du projet au niveau local, en faveur de la création d’emplois.
2016-2017 : accord Immochan-Wanda Group, lancement du débat public Le , Immochan (devenu Ceetrus) et le groupe chinois Wanda Group annoncent avoir conclu un contrat d'investissement pour réaliser ensemble EuropaCity.. Wanda Group contribuera au financement du projet et apportera son expertise et son savoir-faire, en matière de loisirs, d’hôtellerie et de divertissement.
En , EuropaCity rejoint Cap digital, le pôle de compétitivité et de transformation numérique, pour mettre l'accent sur l'innovation digitale.. EuropaCity lance une phase de concertation post-débat public avec les habitants du territoire, sous l'égide de la Commission nationale du débat public.
À l'été 2017, les autorités chinoises ordonnent aux principales banques du pays de ne plus accorder de prêts au groupe qui avait continué à multiplier les investissements à l'étranger dans un contexte d'inquiétude sur l'endettement chinois. Cette décision génère des questions quant à la poursuite de l'implication du groupe dans EuropaCity.. Contrairement à d'autres investissements de Wanda hors de Chine, EuropaCity est un partenariat avec un grand groupe français, Auchan, lui-même présent en Chine avec des partenaires chinois.
2017 à 2019 : reconfiguration puis abandon du projet vignette|Une vue des terres du Triangle de Gonesse, vers le chemin de la Justice.
Le , à la suite de l'enquête publique, un avis défavorable est rendu par le commissaire enquêteur sur la révision du plan local d'urbanisme de Gonesse et sur le projet d'urbanisation de de terrain (dont 80 par EuropaCity). Le commissaire fait état et souligne notamment aussi les conséquences de l’imperméabilisation des sols et des atteintes à la biodiversité.. Bien que ce rapport n'ait qu'une valeur consultative, celui-ci s'ajoute aux autres avis négatifs de l’Autorité environnementale (sur le PLU de Gonesse et la ZAC), la Commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) et à l'opposition de la chambre d’agriculture régionale..
Fin , le ministre chargé de l'environnement, Nicolas Hulot, se montre lui aussi réticent : . Quelques semaines plus tard, le ministre évoque une réflexion sur une taxation de l'artificialisation des sols., qui permettrait également de financer la préservation de la biodiversité. Il en appelle aux élus locaux et leur .
Le conseil municipal de Gonesse vote le une révision du PLU ayant pour effet de rendre constructibles des projets à vocation commerciale sur les de terres agricoles du Triangle de Gonesse (sur au total) qui étaient inscrites au schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF).; permettant ainsi la création d’une zone d'aménagement concerté (ZAC), mais le Collectif pour le Triangle de Gonesse annonce le dépôt prochain d'un recours..
Le , les équipes d'EuropaCity présentent le nouveau plan de masse et les évolutions du projet lors d'une conférence de presse au sein de leurs locaux, en présence de Jean-Pierre Blazy, maire de Gonesse, et de Thierry Lajoie, président-directeur général de Grand Paris Aménagement..
Des doutes sont exprimés en sur la réalisation de la future ligne 17 du métro de Paris devant desservir le triangle de Gonesse, et essentielle au projet EuropaCity, en raison de surcoûts possibles sur d'autres lignes et alors que le projet CDG Express semble lui sur les rails.. En , un collectif se crée pour soutenir l'urbanisation du triangle de Gonesse.. En , le projet de ligne est confirmé par le Gouvernement mais l'ouverture du premier tronçon jusqu'au triangle de Gonesse reporté à 2027..
Le , le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par des associations, annule l'arrêté préfectoral de création de la ZAC « Triangle de Gonesse », en raison de l'insuffisance de l'étude d'impact sur les questions environnementales, notamment quant aux émissions de CO2 que l'aménagement induirait.. David Lebon, directeur du développement d’Europacity a indiqué que cela ne signifiait pas la fin du projet.. L’État interjette appel de cette annulation en ..
Le , Bruno Ferry-Wilczek, le commissaire enquêteur chargé du rapport de la commission d'enquête sur l'aménagement de la ZAC du Triangle de Gonesse, sur laquelle est prévue l'installation du complexe touristique et commercial EuropaCity, donne un avis favorable à l'ensemble du projet : .
Début , le promoteur confirme que l'État souhaite l'amendement du projet, à l'occasion du renouvellement d'une convention de 2015 entre les deux parties.. Le , le préfet du Val-d'Oise prend un arrêté déclarant d'utilité publique l'opération d'aménagement du Triangle de Gonesse. Cette décision s’appuie sur l’avis favorable de l’enquête publique qui soulignait en que « le biotope actuel est particulièrement pauvre » et que « les mesures compensatoires [aux aménagements] seront aisément de nature à augmenter la biodiversité et préserveront une partie des capacités d'infiltration des eaux dans le substratum ».
En , la station Gonesse et celle du Bourget Aéroport obtiennent leur permis de construire...
Le , un sondage Odoxa réalisé du au affirme que 81 % des personnes interrogées (résidant autour du futur parc d'activités) s'y disent favorables ; deux éléments qui viennent renforcer le projet mais aussi que 78 % des Franciliens trouvent justifiées les inquiétudes des opposants qui reprochent le sacrifice des terres agricoles situées sur le Triangle de Gonesse.
Le , suivant l'avis du rapporteur public, le plan local d'urbanisme de la commune de Gonesse, convertissant d'espaces agricoles pour la réalisation du projet, est annulé par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ; le maire annonce son intention de faire appel. En , la Cour d'appel administrative de Versailles annule le jugement en première instance du , estimant que l’étude d’impact .
Le , Emmanuel Macron, président de la République, annonce l'abandon du projet. Les promoteurs du projet auraient par la suite été approchés par la ville de Londres pour implanter le concept à proximité de la capitale britannique.
À la suite de l’annonce de l’abandon du projet, les défenseurs du projet, tel que le Collectif des vrais gens, soulignent leur . Jean-Pierre Blazy, maire de Gonesse, déplore . Pour compenser l'abandon de ce projet, la Région a donné 1 milliard d'euros pour le département.
Contenu du projet Projet initial (2013) Quatre équipes d'architectes se sont disputé la conception de cette immense opération. Il y avait deux agences françaises : Valode et Pistre, qui a réalisé notamment le stade Pierre-Mauroy en périphérie de Lille, et Manuelle Gautrand Architecture connue pour le Citroën C42 sur l'avenue des Champs-Élysées. Deux agences étrangères étaient également en lice : le très médiatique danois BIG et le norvégien Snøhetta, auteur de l'opéra d'Oslo. Le projet des Français de Valode et Pistre se veut être un grand nuage qui couvre le site avec des porosités pour faire mieux aérer le complexe commercial. Les architectes ont cherché à faire « Une organisation matricielle, posée comme sur un plateau de cinéma, qui garantit l'imbrication des commerces, des loisirs et de la culture avec les univers thématiques européens qui se structurent le long des espaces de promenade de la rivière ». Le projet de la Parisienne Manuelle Gautrand consiste en sept grands cercles qui s'enveloppent entre-eux, rappelant ainsi que la nature n'est pas constituée de lignes droites, mais bien de courbes organiques.