Severiano de Heredia, né le à La Havane et mort le dans le ., est un homme politique français. Il est député, ministre et président du conseil municipal de ParisÀ la suite de la Commune, le président du conseil de Paris est désigné au suffrage indirect, par les conseillers et pour une durée d'un an. Ce mandat n'est pas comparable à celui d'un maire et a un caractère honorifique...
Biographie Né à La Havane, à Cuba, pendant la domination espagnole, Severiano de Heredia est le fils de Henri de Heredia et de Brigitte de Cardenas, tous deux gens de couleur libresActe de baptême du , paroisse San Jesus del Monte de La Havane, livres des baptêmes des pardos.Bien qu'il soit métis, durant l'époque coloniale, les personnes métisses étaient considérées comme des personnes noires.. Il est baptisé en tant que « mulâtre, né libre ». Son parrain, l'avocat et riche planteur Ignacio Heredia y Campuzano, marié à Madeleine Godefroy, est vraisemblablementHistoria de familias cubanas par el conde de Jaruco, 1940. son père naturel, ce qui ferait de lui le cousin germain direct du poète cubain José María Heredia et le cousin issu de germain du poète français José-Maria de Heredia.
À l'âge de dix ans, son parrain l'envoie en France. Severiano de Heredia fait de brillantes études au lycée Louis-le-Grand, où il reçoit en 1855 le grand prix d'honneur du lycée. Il compose plusieurs nouvelles et essais poétiques. Son parrain fait de lui son héritier, le mettant à l'abri du besoin.
Franc-maçon, il est initié en 1866 à la loge « L'Étoile polaire » du Grand Orient de France et en devient par la suite le Vénérable..
Il épouse Henriette Hanaire à Paris, le , avec qui il a deux enfants : un fils, Henri Ignace (né en 1869 et mort accidentellement à l'âge de douze ans sur une plage à Trouville-sur-Mer), ainsi qu'une fille, Marcelle Lapicque (1873-1960), qui sera neurophysiologiste, au côté de son mari Louis Lapicque ; leur neveu et fils adoptif, Charles Lapicque, sera un peintre de la nouvelle École de Paris.
Severiano de Heredia demande la nationalité française « pour montrer qu'il reconnaissait ce qu'il devait à la France en ces temps difficiles et pour lui être utile ».. Il obtient sa naturalisation par un décret du .
Il prend part à la rédaction de La Chronique universelle et de La Tribune dans les années 1870.. Face à la Commune de Paris, « ce rentier fortuné, républicain et patriote éclairé, admira l'héroïsme des communards face aux Prussiens mais, bourgeois attaché à l'ordre, il se tint à distance de l'insurrection et de ses ambitions égalitaires ».
Carrière politique En 1873, Severiano de Heredia est élu au conseil municipal de Paris pour le quartier des Ternes ( de Paris). Il est républicain de tendance radicale. En 1879, il devient président du conseil municipal de Paris. À ce poste, il crée les bibliothèques municipales de la capitale.
En 1881, il est élu à la Chambre des députés. Républicain et laïque convaincu, il effectue son premier mandat sous l'étiquette de l'Union républicaine, et son second sous celle de la Gauche radicale..
Il lutte pour réduire la journée de travail en usine à dix heures pour les enfants de moins de douze ans, se prononce contre le général Boulanger, intervient dans le vote des lois sur le réseau métropolitain de Paris, prend part aux débats sur les sociétés de secours mutuel, sur les conventions avec les compagnies de chemins de fer, vote pour les crédits de l’expédition du Tonkin et réclame en vain la limitation de la journée de travail à onze heures.
En 1887, il est nommé ministre des Travaux publics dans le premier gouvernement de Maurice Rouvier. Il contribue au développement de la voiture électrique et étudie des projets du futur métro de Paris.
L'Exposition coloniale de 1886 coïncide avec le début du déclin de sa carrière. Les milieux réactionnaires font de lui une cible privilégiée, le décrivant comme le « Nègre du ministère », le « ministre chocolat », « le nonchalant créole », celui dont « le teint avait la nuance d’un cigare colorado ». Il perd l'élection législative de 1889 et celle de 1893 face au candidat boulangiste Charles Le Senne. Il se retire de la scène politique pour se consacrer à l'histoire de la littérature.
Fin de vie thumb|right|Chapelle funéraire au cimetière des Batignolles. Severiano de Heredia meurt le , terrassé par une méningite, en son domicile parisien du 177 bis rue de Courcelles. Il est enterré au cimetière des Batignolles à Paris dans une concession à perpétuité (division 8, ligne 1, numéro 39). Sa famille l'y rejoint, dont Louis et Marcelle Lapicque.
Hommages Le , à l'initiative de l'élu socialiste Lamine Ndaw et avec le soutien du maire Bertrand Delanoë, son nom est associé à une voie du , dans le cadre d'une opération visant à améliorer la diversité et la parité des personnalités remarquables dans l'espace publicSite paris.fr, 9 septembre 2013. La rue Severiano-de-Heredia se trouve dans le quartier des Batignolles..
En paraît la bande dessinée Severiano de Heredia - Élu de la République, dessinée par Isabelle Dethan et scénarisée par Antoine Ozanam.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
, Bande dessinée. Severiano de Heredia. Dessin Isabelle Dethan, scénario Antoine Ozanam. Editions Passés Composés, collection Biopic. 2021.
Sources CARAN Paris (Dossiers de demande de nationalité française) Archives de l'Assemblée nationale (1886-1887) « En 1879, le maire de Paris était noir », Le Figaro, . « Quand le maire de Paris était noir », Outre-Mer , . « Severiano de Heredia a-t-il été le premier maire de Paris noir ?», Le Monde, .
Articles connexes Noirs de France
Liens externes
Catégorie:Député de la Seine (Troisième République) Catégorie:Député de la troisième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quatrième législature de la Troisième République Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Personnalité de la Troisième République Catégorie:Président du conseil municipal de Paris Catégorie:Militant pacifiste français Catégorie:Personnalité de la liste Portraits de France Catégorie:Élève du lycée Louis-le-Grand Catégorie:Naissance à La Havane Catégorie:Naissance en novembre 1836 Catégorie:Décès en février 1901 Catégorie:Décès dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 64 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière des Batignolles Catégorie:Mort de la méningite