Flers-lez-Lille est une ancienne commune du Nord qui a formé en 1970 avec les villages d’Annappes et d’Ascq la ville nouvelle de Villeneuve-d'Ascq. Elle était simplement appelée Flers avant 1936. Elle était composée d’un village, appelé Flers-Bourg ou encore Flers, et de son hameau Flers-Breucq, tous deux quartiers de Villeneuve d'Ascq aujourd'hui.
Géographie
Une carte de Flers de 1927 montre ses communes mitoyennes : Au nord : Mons-en-Barœul, Marcq-en-Barœul, Wasquehal. À l’est : Croix. Au sud : Annappes et Hem. À l’ouest : Annappes et Hellemmes.
Délimitations de la commune
Le territoire de la commune de Flers d'autrefois était plus grand et en forme de trapèze. Il comprenait grosso modo les emplacements des quartiers actuels de Flers-Bourg où était situé le village, Château où était situé le château, Flers-Breucq où était situé le hameau et les industries, la moitié ouest de la Cousinerie où était installé l'aérodrome, ainsi que Les Prés, Sart-Babylone et la moitié ouest du RecueilFusion des communes Ascq, Annappes et Flers, Nord actualités télé, 05/02/1970, Jacky Davin, Office national de radiodiffusion télévision française Lille, vu sur Ina.fr en décembre 2010, http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/RCF99003996/fusion-des-communes-ascq-annappes-et-flers.fr.html.
Administration
Population
Évolution démographique
Héraldique
Toponymie
Il s'agit d'un type toponymique commun dans le Nord de la France : Flers (Somme), Fles 1030, Flers ), Flers-en-Escrebieux (Nord), Flers (Pas-de-Calais) et Flers (Orne)Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France., Librairie Guénégaud 1979, p. 291b.. La localisation dans le Nord de la France incite les spécialistes à proposer l’étymon germanique (vieux bas francique) *hlar qui signifie « terrain marécageux, friche ou vaine pâture », à l'origine de l'ancien français larris, d'où le français lairis.
La préposition « lez » signifie « près de ». D'usage vieilli, elle n'est guère plus rencontrée que dans les toponymes, plus particulièrement ceux de localités. En règle générale, il s'agit d'une localité qui tient à se situer par rapport à une ville voisine plus grande. Flers se situe près de Lille.
Histoire Villa de Flers
Étant donné que beaucoup de signes de présence gauloise ont été observés dans les villes voisines, notamment à Mons-en-Barœul et à Lezennes, il est probable que les champs de ces Gaulois débordaient sur le territoire de Flers à la fin de l’indépendance gauloise.
Les plus vieilles constructions connues à Flers apparaissent sous l’administration romaine. Ce sont principalement des fermes, dont certaines assez vastes, que l’on connait grâce à la fouille de l’une d’elles située dans les environs de l’actuel château de FlersLe château de Flers. Édifiée au , reconstruite au et ruinée définitivement au , la « villa de Flers » – on donne le nom de villa aux fermes de la région – couvrait une surface de 350 mètres carrés environ, sans les dépendances. Pour sa construction on avait employé du grès, des pierres et des tuiles de fabrication locale. Elle possédait une installation de chauffage par le sol, on y utilisait des meules en pierre, des poteries de fabrication locale, et même d’autres poteries amenées par le commerce de la région de Bavay ou du Massif central. Dans le cimetière proche, les restes des défunts étaient enterrés dans des urnes après incinération. Les champs situés en contrebas témoignent d’un effort d’aménagement considérable (épandage de craie, drainage par un réseau de fossés, apport de sable…). À cette époque, la région semble être à la pointe du savoir-faire gallo-romain. Les installations gallo-romaines disparaissent au et laissent alors place aux roseaux.
Comté de Flandre
Quelques années plus tard, le comte de Flandre, installé à Lille, accapare le territoire de Flers avec le domaine d'Annappes. Tous les villageois sont désormais soumis au comte. En 1066, Baudouin V de Flandre donne, par la charte de dotation Saint-Pierre de Lille, une ferme à Flers. Le comte donne les terres de son domaine à ses vassaux. Ainsi en 1090, le seigneur du Breucq (Frumalde de Aqua) élève une motte (signe de puissance), un château et une basse-cour qui devient la cense du Breucq. Cette seigneurie était importante et occupait la forêt du Barœul depuis les abords de Lille jusqu’à Croix. Le pouvoir de la seigneurie du Breucq s'est étendu au cours des de la Marque jusque Lille sur les paroisses de Fives, Flers et Marcq-en-BarœulSur la route du Breucq, brochure de l'office de tourisme de Villeneuve d'Ascq, 2009.. À cette époque, les marais séparaient et protégeaient les villages. Les seigneurs de Roques ascquois possédaient également des terres à FlersAppendice, Quelques notes historiques sur les communes voisines, Flers, pages 288 et 289, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
Au , les travaux ruraux à Flers se répartissent entre l’élevage dans les marais et surtout le bois dans le Barœul. La région compte une population de plus en plus importante et les habitations commencent à empiéter sur les marais de Flers. C’est à cette époque que des bourgeois lillois récupèrent la mairie comtale d’Annappes et que l’échevinage (conseil municipal) se charge de définir des règlements communs aux trois villages d’Annappes, Ascq et Flers.
Bien que le territoire soit riche, la population paysanne vit de manière très précaire, et doit subir plusieurs famines au et au , notamment durant l’année 1316 à la suite de mauvaises récoltes l’année précédente. Un autre malheur s’abat sur la région, la guerre. De 1297 à 1304, les troupes des Français de Philippe IV et celles des Flamands ravagent les cultures et brûlent le village. En 1340, au début de la Guerre de Cent Ans Flers est occupé militairement. En 1349, la peste noire s’abat sur la région. À cette époque, la population des trois villages diminue considérablement.
Au , Flers dépend administrativement de l'échevinage d'Annappes, dans le quartier du Mélantois de la châtellenie de Lille.
Au , l’économie du village se redresse doucement, malgré les pestes périodiques, les mauvaises récoltes et la présence presque constante de militaires. Le blé n’étant plus rentable, l’économie de la région change. On se met à cultiver la guède pour colorer les tissus en bleu, le lin et le chanvre et l’élevage de moutons s’intensifie. Comme à Ascq, des tisserands de drap de laine travaillent à Flers. Après avoir été brûlée par les troupes de Louis XI, l’église Saint-Pierre est reconstruite ; les parties les plus anciennes de l’église Saint-Pierre de Flers remontent à cette époque.
En 1449, des enquêtes fiscales comptent 134 habitants à Flers ; la population est en 1498 de 510 habitants. En 1505, Flers compte 640 habitants. Le bétail devient aussi très nombreux : le cheptel est composé de 38 chevaux, 250 vaches et 415 moutons. Cependant, entre 30 % et 50 % de la population, parfois plus, est très pauvre et ne peut pas payer d’impôts, alors que se multiplient les seigneurs qui ont des droits tant sur les hommes que sur les choses. La région est encore touchée par les maladies, comme une peste en 1534 et la typhoïde dans les marais. Des maladies s’abattent aussi sur le bétail.
La région est déchirée par les guerres et le village fera partie successivement du Duché de Bourgogne, des Pays-Bas espagnols avant de devenir française en 1668 par le Traité d’Aix-la-Chapelle, à la suite de la conquête de la Flandre par Louis XIV.
Au début du , le village de Flers faisait partie de la vicomté de Croix. Le centre du bourg était un fief appartenant à la famille de Haynin depuis 1589. Après la mort de Henri de Haynin, en 1656, sa fille Bonne Françoise de Haynin reçoit la demeure de Flers, appelée « Domaine de Mastaing » qu'elle apporte en dot à son mariage en 1661 avec Michel de Kessel. Le domaine est remanié ou détruit pour laisser place au châteauChâteau de Flers, Histoire & architecture, Service développement culturel et communication, mairie de Villeneuve d'ascq, 2008.
Le village est le siège de plusieurs fiefs, pouvant parfois donner le titre de seigneur comme le fief de Rongy. Vers 1700, Pierre-Baudouin-Priez Cardon (ou Prietz-Cardon) (1657-1746), écuyer, est seigneur de Rollancourt, Douvrain? ou Douvrin?, Blocus, Rongy à Flers. Fils de Pierre Prietz, écuyer, et de Marie-Joseph Cardon, il nait à Douai en 1657, est licencié en droit à l'Université de Douai le , conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France vers 1700. Il relève les noms et armes des Cardon en vertu du testament de son grand-oncle Maurand Cardon qui l'a institué son héritier universel à ces conditions. Il meurt le , à 89 ans. Il a épousé le à Lille, Marie Françoise Breckvelt (1664-1741), née à Lille en (baptisée le ) morte à Douai le , à 77 ans. Elle était la fille d'Ignace Breckvelt, seigneur de la Haye, bourgeois de Lille, intendant du Mont-de-Piété et de Barbe de le Beulque.
Autre fief donnant le titre de seigneur, celui des Pretz : le , Toussaint II des Barbieux est seigneur des Pretz. Le gouverneur de Lille délivre à cette date une sentence de noblesse à son bénéfice; il est fils de Toussaint des Barbieux, échevin de Lille, bourgeois de Lille par relief (par reprise d'héritage) le , tondeur de draps, seigneur de Salomé, la Vigne, Breucq et les Pretz en 1626, déclaré écuyer dans les registres de la loi de Lille à partir de 1632 et de Marie L'Hermite. Sa sœur Marie des Barbieux est dite dame des Pretz . Elle prend pour mari en 1614, Jean de Lannoy, capitaine d'une compagnie bourgeoise de Lille, anobli en 1641. Toussaint II des Barbieux faisait lui-aussi du commerce comme son père. il avait pour cousins germains François, qualifié d'écuyer dans les registres aux bourgeois de Lille; Jaspart, frère de François était licencié en droit, échevin de Lille en 1642Amédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 235-236, lire en ligne..
Le , à la requête du nouveau comte d'Annappes Jean de Roblès, les villages d'Ascq et Flers sont rattachés aux comté, échevinage et juridiction d'Annappes« Ascq sous Charlemagne en l'an 800 », Appendice, Quelques notes historiques sur les communes voisines, Annappes, pages 273 à 279, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
En 1746, la commune compte 207 maisons et 648 habitants.
Le roi permet en 1774 le partage des marais entre les trois villages et leurs voisins, et ceux-ci seront asséchés en 1781. À cette même époque, l’alphabétisation progresse. La vie culturelle se développe aussi, avec des ducasses deux fois par an. On y fête aussi la Saint Jean, la Saint Martin et la Saint Éloi. À Flers sont organisés des concours de tir à l’arc très prisés où l'on couronne celui qui abat le geai. On note aussi l’apparition des cabarets, ou viennent se détendre villageois et villageoises ; le plus connu des environs est l’auberge de Maison-Celle à Ascq mais il n'y en a pas moins de huit à Flers dont un nommé Babylone qui donnera son nom à un quartier de Villeneuve-d'Ascq (Quartier Sart-Babylone).
Comme à Lille, il n’y a pas de révolution populaire chez les paysans en 1789 ; de plus les événements parisiens leur arrivent avec plusieurs jours de retard et ils sont occupés par la répartition de leur marais communaux. Néanmoins le château du Fresnoy (en face de la cense du Fresnoy, aujourd'hui Ferme d'en Haut) est détruitIl ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, service du développement culturel, service des archives municipales, mairie de Villeneuve d'Ascq, d'après une idée de l'Office de Tourisme de Villeneuve d'Ascq, décembre 2008.. En janvier 1790, Jean-Baptiste Bonte est élu maire de Flers. Son élection permet l’abolition de bon nombre des privilèges des seigneurs locaux. La révolution aura donc été douce et sans aucune violence.