Le siège de Paris est entrepris en 1429 par les troupes françaises du roi , sous l'impulsion notable de Jeanne d'Arc, en vue de prendre la cité tenue par les alliés anglo-bourguignons. Les troupes royales ne parviennent pas à entrer dans Paris, défendue par le gouverneur Jean de Villiers de L'Isle-Adam et le prévôt Simon Morhier.

Préambule thumb|left|upright=1.2|Marche d'approche de Paris par Jeanne d'Arc. Après la prise de Paris par Henri V d'Angleterre en 1420, l'administration anglaise se montre favorable aux bourgeois de Paris, en confirmant leurs anciens privilèges et en accordant même de nouveaux.

Les Parisiens ont accepté les Anglais surtout par haine de et du parti Armagnac qu'ils estiment menacer les nombreuses libertés obtenues par la ville de siècles en siècles.

Après la bataille de Montépilloy, le , Jeanne d'Arc et le duc d'Alençon prennent Saint-Denis, ville située au nord de Paris. Le , signe la trêve de Compiègne qui excepte de l'armistice Saint-Denis, déjà pris, Saint-Cloud, Vincennes, Charenton et Paris.. Visiblement convaincu par son entourage de traiter avec les Bourguignons, le roi traîne des pieds et ne répond d'abord pas aux appels répétés de Jeanne et des capitaines de venir en personne. Avec réticence, il finit par quitter CompiègneChronique de Perceval de Cagny, ch. 15, "Comment le duc de Bethford habandonna Paris.".

Le siège vignette|gauche|redresse=1.2|Marche d'approche de Paris par Jeanne d'Arc et le sire de Saint-Vallier.

Le , Jeanne d'Arc accompagnée des ducs d'Alençon et de Bourbon, des comtes de Vendôme et de Laval, de Gilles de Rais, Lahire et de leurs troupes, loge dans le village de la Chapelle. Après avoir effectué pendant plusieurs jours des reconnaissances et des escarmouches sur diverses portes de Paris, la Pucelle prie dans la chapelle Sainte-Geneviève.

Après une nuit de repos au château de Monceau, au petit matin du jeudi , Jeanne d'Arc, le duc d'Alençon ainsi que les maréchaux Gilles de Rais et Jean de Brosse de Boussac partent du village de La Chapelle pour donner l'assaut à la porte Saint-Honoré. Jeanne d'Arc fait installer des couleuvrines sur la butte Saint-Roch pour soutenir l'attaqueParis, le guide vert, Éditions Michelin, .. Tentant de franchir le fossé en eau devant la porte, Jeanne d'Arc est blessée d'un carreau d'arbalète à la cuisseJean Chartier, Chronique de , roi de France, édition établie par Auguste Vallet de Viriville, tome , 109, Paris, Pierre Jannet, 1858. Une plaque se trouve au mitoyen des 161 et 163 de la rue Saint-Honoré, due au sculpteur Maxime Real del Sarte ; une seconde plaque identique se trouve dans la cour du 15 de la rue de Richelieu, à l'emplacement où Jeanne fut blessée.

La nuit tombant, Jeanne est ramenée à son logis de La Chapelle. Bien qu'elle ait souhaité reprendre l'attaque de Paris, le roi donne ordre de se replier sur l’abbaye de Saint-Denis, n'ayant laissé leur chance à Jeanne et aux capitaines qu'une seule journée pour prendre la ville. Dans la nuit, le roi fait également détruire un pont que d'Alençon avait fait construire pour attaquer les remparts en un autre point, montrant à tous qu'il ne voulait plus attaquer Paris d'aucune manièreChronique de Perceval de Cagny, ch. 17 "Comme la Pucelle donna l'assaut à la ville de Paris".

Bilan La ville n'étant défendue que par Anglais environPierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle volume 12 mais Charles VII était alors en négociations avec les Bourguignons pour les détacher de l'alliance anglaise et ne voulait rien faire qui puisse porter ombrage à ses interlocuteurs. L'impression de beaucoup, y compris les chroniqueurs du temps, est que le roi n'a jamais réellement souhaité le succès de cette entreprise et a trouvé le premier prétexte pour lever le siègeChronique de Perceval de Cagny, ch. 18, "Comme le Roy partit de Saint Denys".

L'année suivante, en 1430, un complot découvert par les Anglais échoue et fait périr six Parisiens sur l'échafaud, ce qui prouve l'existence d'un parti pro-français dans cette ville.

À l'époque, le siège de 1429 se distingue des formes habituelles d'actions militaires menées contre Paris, l'une des plus grandes villes d'Occident et l'une des mieux fortifiées. Hormis Jeanne d'Arc, qui espérait bénéficier de complicités à l'intérieur de la cité, aucun chef de guerre ne tente véritablement de s'emparer de la capitale par un assaut frontal, ni même de la soumettre par un siège en règle. En revanche, au cours de la première moitié du , sur fond de guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, puis de reprise du conflit franco-anglais après le traité de Troyes (1420), Paris est la ville la plus durablement affectée par les opérations de « siège volant ». Ce type de siège informel consiste à affaiblir une place en ravageant ses alentours et en perturbant ses circuits d'approvisionnement plutôt qu'à l'investir..

Cette stratégie d'usure s'impose à nouveau après l'échec de l'attaque directe conduite par Jeanne d'Arc, comme le rapporte le chroniqueur Thomas Basin. Déterminés à reprendre Paris, les partisans de s'emploient à isoler progressivement la capitale en occupant les forteresses voisines, places fortes et châteaux conquis par la force, la ruse, la trahison ou des coups de main nocturnes. Depuis ces positions, ils dévastent les campagnes environnantes, surveillent les voies de communication et interceptent les convois destinés à Paris, n'hésitant pas à capturer ou tuer marchands et conducteurs afin de désorganiser l'approvisionnement de la ville. Sans jamais instaurer un blocus complet, ils contribuent à l'appauvrissement de la capitale, à la raréfaction des vivres et à son déclin démographique. Le siège de 1429 ne constitue donc qu'un épisode d'une longue phase obsidionale qui pèse sur Paris pendant près de vingt-cinq ans, soit l'espace d'une génération, jusqu'à la reconquête de 1436.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Sources primaires . .

Bibliographie

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Articles connexes Plans de Paris

Liens externes Valérie Toureille, « Le peuple de Paris face à Jeanne d'Arc ? Le siège de », extrait du colloque La guerre et la ville organisé par le GER | Jeune Recherche, université Bordeaux Montaigne, , .

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