L'école Hu Ying Dao (虎影道学校)Parution au journal officiel sur le site Journal officiel, mot à mot École de l'Ombre du Tigre, est une des écoles constituant le WushuAffiliation à la fédération française de Wushu sur le site FFWushu, art martial traditionnel sino-vietnamien. En gestation depuis 2010, année du Tigre, elle a été fondée officiellement en France, à Vichy (Allier), le par le collectif SHENG, appelé aussi Comité Directeur. Sa composition est anonyme car il n'a pas vocation à attirer de considération particulière. L’École Hu Ying Dao se veut pérenne et ne repose pas sur l'existence d'un Maître, mais sur une démarche universelle et intemporelle : le travail et la remise en cause perpétuels.
Les grands principes de l'École
Elle tire ses origines des pratiques martiales du Nord Vietnam et du Sud de la Chine et, de ce fait, est fortement marquée par le travail des membres supérieurs et d'endurcissement. Néanmoins, l'approche de l'enseignement ne néglige aucune source d'enrichissement martial et permet d'axer son travail sur l'ensemble du corps, préférant privilégier l'adaptation à la morphologie et aux potentiels individuels.
Particularités de l'École
Les techniques du Nord du Vietnam (vo thuat, thanh long, thiếu lâm hoàng gia võ dạo...) et du Sud de la Chine (wing chun, shaolin hung gar...) l'ont amenée à un travail approfondi des frappes de poings, marteaux, avant-bras, pioches, griffes, saisies, tranches, piques, coudes, paumes, clés, "poussées de mains", "mains collantes", "mains molles" ainsi que des blocages cassants.
Sa filiation revendiquée avec le style Shaolin (Thiếu Lâm) et son attachement à travailler les différents styles de boxe amène ses pratiquants à une ouverture d'esprit et au respect de toutes les pratiques martiales. Son enseignement se complète alors par l'approfondissement des techniques de jambes (positions, et coups de pied) les plus variées possibles, sans omettre les figures spectaculaires, pourvu qu'elles soient efficaces ou utiles dans la progression personnelle.
Il s'agit d'une école d'arts martiaux sans maître physique (TU). Nul ne pouvant se prétendre détenir un savoir infini ni la connaissance absolue. "Chercher au cœur des choses, la substance même du travail martial, le Nadir, là seulement, est la Voie de celui qui avance vers l'illumination".
Garantie de cette démarche, un "Comité Directeur" composé de 4 membres (Jin, Shui, Mu, Huo), s'entourant de tout avis éclairé, s'attache à conserver la dynamique de l'École et assure le respect des valeurs principales déclarées : d'humilité, de travail (recherche), de persévérance (remise en cause perpétuelle), et de respect (ouverture, attention, bienveillance). Il veille à ce que les principes fondateurs et structurant soient respectés.
L'École Hu Ying Dao accueille des personnalités du monde des arts martiaux de toutes origines pour enrichir par l'échange l'ensemble des membres de l'École. On les appellerait en Occident des "référents" dans tel ou tel domaine d'art martial : Kung fu, Hung-gar, Chi sao, Tui shou, Wing chun, Qi gong, Tai-chi-chuan, Ba Gua Zhang, Thaing, Kyokushinkai, Bando, Muay thaï...
Autre particularité, l'École Hu Ying Dao aborde tant le travail externe qu'interne, le sol, le pugilat, les armes traditionnelles... Elle est donc difficilement classée dans un style interne ou externe, l'un et l'autre étant intimement imbriqués, tout comme le Yin et le Yang.
Le principe des 5 mouvements
Le principe des 5 élémentsLes cinq éléments chinois sur le site Reiki et Taoïsme (ou des 5 mouvements) est suivi dans la progression des pratiquants de l'art martial selon :
le cycle d'engendrement (sheng), tout d'abord en abordant le travail inspiré des animaux martiaux shaolin (Grue, Singe/Serpent, Tigre, Léopard, Ours) permettant d'intégrer les sphères physiques et techniques, puis le cycle dit Tao, selon le travail rattaché aux animaux taoïstes, cardinaux ou mythiques (Tigre blanc de l'Ouest, Tortue noire du Nord, Dragon azur de l'Est, Phoenix vermillon du Sud, Licorne) permettant l'accès au travail énergétique et subtile. vignette|droite| d'évolution pédagogique - les animaux martiaux Cinq niveaux de travail
1- cinq domaines du combat (percussion, préhension, projection, contrôle, soumission).
2- quatre qualités physiques (endurance, force, souplesse, vitesse).
3- équilibre de la pratique dans ses trois dimensions (énergétique, technique, physique).
4- pratique les deux faces (interne et externe).
5- vigilance dans l’ensemble des qualités morales exigibles.
Le système de progression : les ceintures
ceinture blanche tissée type judo : aucun grade ceinture blanche METAL : JIN ; ceinture blanche avec une barrette noire EAU : SHUI ; ceinture blanche avec une barrette verte BOIS : MU ; ceinture blanche avec une barrette rouge FEU : HUO ; ceinture blanche avec une barrette jaune TERRE : TU ; ceinture noire et liseré gris Duan avec une barrette blanche ; ceinture noire et liseré gris Duan avec 2 barrettes blanches et ainsi de suite… jusqu'au Duan représenté par un carré (symbole de la Terre) blanc (symbole du Tigre Blanc de l'Ouest). Au-delà du Duan, censé représenter la maîtrise, les grades sont honorifiques. vignette|gauche| d'évolution subtile - les animaux cardinaux
Les passages de grades : principes fondamentaux
Un passage de grade se déroule en dehors de l'enceinte habituelle de travail. L’enseignant ne juge pas ses propres élèves, au moins 2 enseignants valident les évaluations. Sont alors évalués les 5 niveaux de travail (dynamique, énergétique, combat, armes, culturel) en fonction des techniques retenues pour le grade à pourvoir.
Les 5 outils
La consécration du principe des 5 éléments (5 mouvements) se retrouve dans l’ensemble de la pratique du Hu Ying Dao : dans la philosophie (complémentarité et non pas opposition ni supériorité) , la structuration des entraînements (déroulement), l’approche pédagogique (techniques de la loi d'engendrement Sheng ou de domination Ke), dans l’appréciation des qualités martiales de chaque pratiquant (passages de grades) :
1. travail externe, dynamique et technique (main nue, pied/poings, clés, projections, sol)
2. travail interne, respiratoire, énergétique (ba gua zhang, chi qong, taï chi…)
3. travail des armes traditionnelles
4. travail de confrontation (boxe pied/poing/sol)
5. l’ouverture vers d’autres disciplines : la calligraphie, la pensée traditionnelle chinoise, l’étude des points énergétiques, la médecine chinoise, l’astrologie, la philosophie, l’histoire, la botanique…
L'influence d'un grand Maître vietnamien : Nguyễn Dân Phú, Lao Su Daï Viet Thanh Long
Les fondateurs du Hu Ying Dao ont pratiqué pendant de longues années le Viet Vo Dao Thanh Long, le Thanh Long Son Haï, et des disciplines martiales diverses comme Hung Gar, Wing Chun, Shaolin Kung Fu, emei, wudang pour les styles chinois... (Kung fu, Hung-gar, Wing chun, mais aussi : Chi sao, Tui shou, Qi gong, Tai-chi-chuan, Ba Gua Zhang, Thaing, Kyokushinkai, Bando (art martial), Muay thaï...)
Le Thanh long c’est avant tout le Maître Nguyen Dan Phu qui a fondé le style et l’Ecole Thanh Long. « Daï Viet Thanh Long » que l’on peut traduire par « l’Invincible, le Suprême Dragon Vert », était le surnom qu’on lui donnait au Vietnam. Il a conservé le nom « Thanh long » (Dragon Vert) et a baptisé ainsi son style et son Ecole. Maître Nguyen Dan Phu fut l’un des premiers à enseigner en France un art martial vietnamien (Thiếu Lâm Hoàng Gia Võ Đạo) empreint de techniques chinoises (Shàolín hung-gar (少 林 洪 家). Une des grandes forces de son école fut sa structuration pyramidale, permettant de réserver à chacun une place et un rôle précis. De ce fait, le culte des anciens était ainsi respecté dans la pure tradition asiatique.
Dès 1947, il commença à enseigner à quelques disciples un savoir épuré en self-défense principalement acquis à Hanoi et à la frontière chinoise.
Maître Dan Phu disait détenir ses techniques martiales de trois sourcesOrigines de l'enseignement du Maître Nguyen Dan Phu sur le site Cuumon : deux maîtres vietnamiens (Cu Ton et Nguyen Hoa, disciple de Ba Cat, lui-même disciple du Maître chinois Haï Trao - lignée Shaolin) et un maître chinois (dont le nom n’est pas connu) qui vivait juste de l’autre côté de la frontière, au sud donc. Les styles du nord de kung-fu utilisent plus les jambes et ceux du sud davantage les poings. Cette particularité se retrouvera fortement dans son Ecole puisqu’elle privilégie le travail des membres supérieurs. C’est avec ce Maître chinois qu’il apprit également le Thieu Lam (Shaolin en chinois) et son Thai Cuc qui était en fait du Bagua. Nguyễn Dân Phú aborde alors de nombreux styles du nord du Vietnam en majorité chinois (Thiếu Lâm) comme le La Hán Quyền (« boxes des 羅漢 luóhàn »), le Mai hoa Quyền (« boxe de la fleur de prunier » en chinois: Mei hua quan 梅 花拳,) ou le Liên Hoa Quyển (« boxe de la fleur de lotus »). Maître Nguyen Dan Phu repris dans son école les techniques martiales très anciennes des 18 mouvements de base de l’école de Shaolin (Thieu Lam en vietnamien) et des 72 techniques du moine Da Mo (Bodhidharma) ainsi que les formes des 8 Pakua. Toujours attentif et à la recherche de techniques efficaces, Maître Nguyen Dan Phu s’est entouré de toutes les sources d’enrichissement martial, il n’en excluait aucune, considérant que seul le travail compte.
Lorsque, grâce au Dr Chin Shing Pok Entretien avec Chin ShingPok portant sur sa rencontre avec Maître Nguyen Dan Phu, ancien Thanh Long, expert en Taiji chinois, et élève de l'Ecole Thanh Long, Maître Dan Phu découvrit le livre de Jiang RongqiaoJiang Rong Jiao sur le site Plumpub, il se remémora de nombreux mouvements qui étaient enfouis dans sa mémoire, mouvements qu’il intégra dans son enseignement. Il avait une haute considération de la valeur de cette pratique. Cette technique représente l’aspect interne de la pratique de l’école du Dragon Vert et se révèle en fait être une forme de l’art martial chinois Bagua Zhang. Maître Dan Phu était un vrai pratiquant toujours prêt à apprendre. Maître Phu a ainsi étudié divers styles en majorité chinois, qui ont historiquement la même origine : Shaolin (Thieu Lâm en vietnamien).
En 1991, Maître Phu, se retirant progressivement de l’enseignement depuis le début des années 1990, vit notamment ses fils créer trois écoles actives de son vivant, puis une quatrième : Thanh Long Son Hai (Nguyen Dan Hung), Thanh Long Dong Haï (Nguyen Dan Binh), Thanh Long Truong Son (Nguyen Dan Viet), Thanh Long Nam Son (Nguyen Dan Minh).
Il disparut le , laissant derrière lui une œuvre dont l’héritage est revendiqué chaque jour par bon nombre de ses disciples. On dénombre à ce jour près d'une vingtaine d’écolesUne Ecole issue du Thanh Long sur le site DrangonvertUne Ecole issue du Thanh Long sur le site Vietvodao.org qui seraient issues directement ou indirectement du Thanh Long ou influencées plus ou moins fortement par le Thanh Long.
L’école Hu Ying Dao, pour sa part, poursuit cette démarche de recherche, de remise en cause perpétuelle. Elle ne prétend pas être la énième école légitime issue du Thanh Long. Elle ne renie pas non plus ses origines et intègre bon nombre de principes Thanh Long à son travail. Néanmoins, elle avance dans bien d'autres orientations martiales.
Imitant alors l’exemple de Maître Phu, elle soutient l’enthousiasme des pratiquants dans leur progression personnelle et observe, sans a priori, toutes pratiques martiales. Maître Dan Phu disait : « rien n’est Viet Vo Dao, tout est Viet Vo Dao ». Le travail ne s'arrête donc jamais.
Une origine chinoise revendiquée