Lélection présidentielle portugaise de 1976 () a lieu le afin d'élire le président de la République portugaise pour un mandat de cinq ans.

Le scrutin voit la nette victoire du général António Ramalho Eanes.

Contexte Le , la « révolution des Œillets » menée par le Mouvement des Forces armées (MFA) avait fait chuter en quelques heures le régime autoritaire, basé sur la doctrine du salazarisme, au pouvoir depuis quarante ans et baptisé « Estado Novo ».

Le pouvoir présidentiel est alors confié à la Junte de salut national (JSN). Le général António de Spínola devient président de la République dès le , mais il démissionne et est remplacé par le général Francisco da Costa Gomes le .

Le MFA, dominé par une idéologie de gauche à tendance socialiste engage rapidement un processus de démocratisation et de décolonisation. Aux élections constituantes du 25 avril 1975, les forces de gauche et centre gauche font un carton en réunissant les deux tiers des voix et des sièges.

La nouvelle Constitution est approuvée le et entre en vigueur vingt-trois jours plus tard, lors des élections législatives. Lors de ce scrutin, le Parti socialiste (PS) confirme son statut de premier parti du pays, devant les centristes du Parti populaire démocratique (PPD) et les chrétiens-démocrates du Centre démocratique et social (CDS), qui réalisent une très forte progression. Le nouveau Premier ministre socialiste Mário Soares prend alors le pouvoir en formant un gouvernement minoritaire.

Mode de scrutin Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois consécutivement. Tout candidat doit justifier auprès du Tribunal constitutionnel d'au moins et d'au plus parrainages d'électeurs inscrits sur les listes électorales.

L'élection se déroule selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Si un candidat remporte au premier tour la majorité absolue des suffrages exprimés, il est proclamé élu. Si ce n'est pas le cas, les deux candidats ayant remporté, après désistements éventuels, le plus grand nombre de suffrages sont autorisés à se présenter à un second tour, au plus tard le vingt-et-unième jour suivant. Celui qui remporte le plus grand nombre de voix est alors élu. Ce cas de figure ne s'est présenté qu'une seule fois, lors de l'élection présidentielle de 1986.

Campagne Candidats Les candidats sont présentés dans l'ordre déterminé par tirage au sort « Sorteio das candidaturas – Eleição para o Presidente da República 1976 », Commission nationale électorale. Candidat Parti Remarque António dos Santos Ramalho Eanes IndépendantParti socialiste (PS)Parti populaire démocratique (PPD)Parti du Centre démocratique et social (CDS) Officier général de l'armée portugaise José Baptista Pinheiro de Azevedo Indépendant Ancien Premier ministre Octávio Floriano Rodrigues Pato Parti communiste portugais (PCP) Ancien président du groupe parlementaire Otelo Nuno Romão Saraiva de Carvalho Indépendant Officier général de l'armée portugaiseAncien membre du Conseil de la Révolution

Résultats +Résultats nationaux. Candidats Partis Premier tour Voix % António Ramalho Eanes Indépendant 61,59 Otelo Saraiva de Carvalho Indépendant 16,46 José Pinheiro de Azevedo Indépendant 14,37 Octávio Pato PCP 7,59 Votes valides 98,70 Votes blancs et nuls 1,30 Total 100 Abstention 24,53 Inscrits / participation 75,47

Analyse et conséquences vignette|Résultats par municipalité. Atteignant presque les de suffrages exprimés, le général António Ramalho Eanes totalise sur son nom plus de 3 votants sur 5, ce qui fait de lui le vainqueur incontesté de ce scrutin. Il l'emporte d'ailleurs dans dix-sept des dix-huit districts portugais ainsi qu'aux Açores et à Madère. Il a en outre bénéficié du soutien des forces modérées, les trois plus grands partis du pays, qui avaient totalisé plus de 75 % des voix aux élections législatives d'avril. La victoire de Ramalho Eanes s'explique également par le prestige dont il jouit parmi la population pour avoir déjoué le coup d'État du , mis en œuvre par l'aile « radicale » du MFA.

Le général Otelo Saraiva de Carvalho, ancien meneur de l'aile « radicale » du MFA, se classe en tête dans le seul district de Setúbal, fief de la gauche portugaise, mais il accuse un retard de plus de de voix sur son condisciple de l'armée. Il est en outre victime de l'éclatement des voix de la gauche radicale.

Par ailleurs, ce scrutin confirme l'ancrage du pays dans une société de gauche à vocation socialiste, tous les candidats ayant apporté leur soutien au texte de la Constitution et aucun parti opposé à la nouvelle loi fondamentale n'a présenté de candidat en propre.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Élections présidentielles portugaises Élections législatives portugaises de 1976

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