Le (SAS) est une unité de forces spéciales des forces armées britanniques, mise au point en 1941 en Égypte par le lieutenant David Stirling alors qu'il séjournait à l'hôpital après un accident de parachute.

Cette unité s'est fait connaître pendant la Seconde Guerre mondiale en se livrant à des raids audacieux menés sur les arrières des lignes allemandes en Afrique du Nord. Pour se renforcer, elle a intégré des unités étrangères, en particulier françaises ( d'infanterie de l'air) et grecques (bataillon sacré). À la fin de la campagne du désert (Libye, Cyrénaïque, Crète et Tunisie) elle rejoint la Grande-Bretagne pour se restructurer en vue des opérations de libération de l'Europe du sud (Italie) puis du nord (France, Belgique, Pays-Bas) en formant une brigade anglo-franco-belge.

Dissoute à la fin de la guerre, l'unité fut recréée au Royaume-Uni en 1947. Elle est considérée comme l'une des références mondiales en matière de forces spéciales et d'unité de contre-terrorisme.

Sa devise est : ().

Histoire La Seconde Guerre mondiale vignette|upright=1|Unité du détachement L durant la guerre du désert le 18 janvier 1943. Les mitrailleuses montés sur les jeeps sont des Vickers K.

Le front africain En 1941, pendant la guerre des Britanniques contre les forces armées italiennes et l'Afrika Korps commandé par Erwin Rommel en Afrique du Nord, un jeune lieutenant écossais propose de former une nouvelle unité destinée à frapper l'ennemi sur ses bases arrières (aérodromes et ravitaillement, entre autres). Constituée de petites unités de commandos, elle ferait preuve d'agilité et de précision. Au départ, ce projet ne fait guère l'unanimité au sein de l'état-major. Le peu d'hommes demandés, la détermination de David Stirling et de son adjoint Paddy Mayne et l'appui du futur maréchal Archibald Wavell viennent à bout des dernières réticences.

La s'installe donc sur la base de Kabrit, sur les bords du canal de Suez et est constituée d'une soixantaine d'hommes qui forment le .

Après des raids menés en collaboration avec le Long Range Desert Group commandé par le futur général David Lloyd Owen, où les hommes du SAS font sauter des avions sur les aérodromes italiens et allemands (24 avions à Tamet le , 37 avions le 20…), le haut commandement britannique applique à plus grande échelle l'idée de Stirling, et commence à réfléchir sérieusement à l'utilisation de ce nouvel atout. Chaque raid effectué permet de mettre hors d'état de nuire plus de 20 appareils et d'endommager les aérodromes plus efficacement que tous les groupes bombardiers engagés, avec un moindre coût en hommes (en comptant tout de même les pertes évidentes dues à l'ennemi et au désert)Un taxi pour Tobrouk.

Toutefois, dans la nuit du 24 au , David Stirling est capturé par les Allemands qui, le jugeant dangereux, l'expédient en Allemagne, à la forteresse de Colditz. Les forces spéciales sous son commandement sont alors dispersées. En , un des SAS, le , est même scindé en deux unités : le SRS () et le SBS (). Le SRS sera placé sous les ordres de Paddy Mayne.

Les Français libres vignette|upright=1|Membres du French Squadron SAS, ( de chasseurs parachutistes) en Tunisie début 1943.

Très tôt après avoir commencé ses opérations, Stirling se rend compte que les hommes dont il aurait besoin devraient être formés aux actions commandos. Mais il disposait de peu de temps et prit des hommes qui avaient déjà une formation avancée. En Égypte, il y avait des parachutistes français, trop peu nombreux pour remplir des missions, mais qui ne demandaient qu'à participer à l'effort commun et qui avaient déjà participé à des opérations de destruction en France, comme celle de la centrale de Pessac (). Stirling demanda donc à ses supérieurs que ces Français lui soient rattachés.

Cette unité de Français libres ne dépendant pas du commandement britannique, Stirling prit sur lui de demander directement au général de Gaulle la « permission » de lui emprunter la de chasseurs parachutistes du capitaine Georges Bergé en provenance de Grande-Bretagne.

Au début, de Gaulle refusa qu'une seule partie de ses troupes soit placée sous commandement direct d'un officier britannique dans une unité britannique. Selon les témoins, Stirling, furieux, aurait dit en anglais : « Il est aussi têtu qu'un officier anglais ! »

De Gaulle, qui respectait la Vieille Alliance entre les royaumes d'Écosse et de France, « la plus ancienne alliance du monde » selon ses mots (discours prononcé à Edimbourg le ),

En , la CCP du capitaine Georges Bergé est envoyée à Kabrit. À la recherche de parachutistes pour renforcer sa brigade, Stirling intègre les Français libres, qui forment le French Squadron du SAS ; les premiers sticks français ou franco-britanniques sont engagés dès fin . Un raid est mené contre l'aérodrome de Candie-Héraklion en Crète le par un commando de , conduit en Crète en sous-marin, légèrement équipé (colt 45, poignard, compas et vingt bombes Lewis chacun). Ils détruisent 22 avions de la base aérienne allemande. Le lendemain, le chasseur parachutiste Pierre Léostic () est abattu par les Allemands, le lieutenant Costas Pétrakis et le capitaine Lord Jellicoe réchappent de l'opération, le commandant Bergé, le caporal Jacques Mouhot et le chasseur parachutiste Jack Sibard sont faits prisonniers.

Devant les attaques du SAS, des gardes sont placés sur les aérodromes pour protéger les avions, empêchant les hommes du SAS de poser leurs bombes. Aussi Stirling équipe-t-il la brigade de jeeps munies de 3 à 5 mitrailleuses chacune, avec lesquelles il lance des attaques surprise qui leur permettent d'avoir momentanément une puissance de feu supérieure à l'ennemi et de détruire les avions, avant de s'enfuir dans le désert. À Sidi Hanneisch (), 18 jeeps détruisent une trentaine de Heinkel 111.

Malgré l'échec du raid contre le port de Benghazi (les forces impliquées étaient trop nombreuses selon les critères SAS) et la capture de son chef lors d'une mission en Tunisie, le SAS gagne le droit de continuer le combat sur le front européen après le débarquement des Britanniques et des Américains en Afrique du Nord. De plus, même si Bergé fut capturé peu de temps après Stirling, et que les SAS d'Afrique du Nord furent décimés, l'idée d'un corps cosmopolite était acquise.

Lors de la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945, il n'y avait plus que français des SAS survivants sur les 215 SAS français engagés avant le (qui dépendaient des FAFL), soit 90 % de pertes.

Le front européen La , malgré la capture du lieutenant-colonel Stirling, forme un corps intégré dans les plans de l’État-major. L'unité, placée sous les ordres du général de brigade Roddy Mc Leod, compte désormais quatre régiments (2 britanniques, 2 français) et une compagnie belge.

Les SAS ont fait la preuve de leur efficacité et ils sont connus de l'état-major allemand. Hitler avait lui-même émis le Kommandobefehl, fin 1942, afin que tous les commandos qui tombaient entre les mains de ses soldats soient considérés comme des espions et fusillés séance tenante :

La brigade SAS La brigade est alors formée de deux régiments britanniques : le de SAS aux ordres du lieutenant-colonel Robert « Paddy » Mayne (1915-1955, ) le de SAS aux ordres du lieutenant-colonel Brian Franks. Elle comprend également des régiments étrangers : le de SAS ( RCP) (français) sous le commandement du capitaine Château-Jobert alias « Conan » le de SAS ( RCP) (français) sous le commandement du commandant Bourgoin le de SAS (belge) sous le commandement du capitaine Blondeel. Chaque régiment comprend 40 (groupes de 10 hommes).

La brigade SAS est employée sur le front européen dès le débarquement pour des missions d'ordre stratégique. Ainsi, parmi les premières troupes alliées de l'opération Overlord, libres du sont parachutés le à , heure anglaise, (, soir du en Bretagne) afin de harceler les moyens de communication et empêcher des renforts allemands d'atteindre la tête de pont en Normandie.

De même, toujours dans la nuit du , des sticks du sont largués dans le Morvan dans le cadre de la mission Houndsworth et dans la Vienne (opération Bulbasket). Dans les semaines qui suivent, les autres régiments sont déployés en France derrière les lignes ennemies afin de harceler les Allemands en retraite après les débarquements en Normandie et en Provence.

La Bretagne

Théâtre le plus important de l'engagement des SAS en France, la Bretagne comptait à la veille du débarquement de nombreuses troupes allemandes qui pouvaient renverser le cours de la bataille de Normandie.

Opération GROG : Les Alliés, soucieux de fixer sur place ces troupes, envoyèrent les SAS pour des actions de sabotages.

Ils ont comme mission de bloquer en Bretagne les forces allemandes qui pourraient se déplacer vers le lieu du débarquement prévu en Normandie. Ils sont conscients, s'ils sont capturés, qu'ils seront exécutés. France et Allemagne ne sont plus en guerre. Les ordres sont seulement de tout faire pour ne pas être capturés !

Au , aucune Résistance en Bretagne n' est connue des Alliés.

Au soir du ., 4 précurseurs (35 hommes du ) prennent contact avec le sol français, devenant ainsi les premiers soldats français et alliés de l'armée regroupée pour Overlord à poser le pied en France, avant même les 177 fusiliers marins français du célèbre commando Kieffer.

Ainsi, dans le cadre de la mission Dingson, les sticks des capitaines Marienne et Deplante sont parachutés près de Plumelec et de Guéhenno dans le Morbihan. Ils perdent ce soir-là leur premier homme, le caporal Émile Bouétard, un Breton, le premier mort d'Overlord. Plus au Nord, dans le cadre de la mission Samwest, les capitaines Botella et Deschamps et leurs hommes arrivent au sol, en bordure de la forêt de Duault.

Les deux bases des groupes SAS, la forêt de Duault (Côtes-du-Nord) et le village de Saint-Marcel (Morbihan) sont attaquées à quelques jours d'intervalle, les 12 et . Les Allemands éliminent ces 2 bases.

Au vu de la présence de Résistants en Bretagne, Winston Churchill décide de l' armement des Résistants Bretons par parachutages. Les SAS qui sont alors près de 450 sont répartis au sein des différents bataillons FTP et FFI où ils servent d'instructeurs.

L' opération GROCK : par radio, d'importantes quantités d'armes et de matériel sont demandées et parachutées permettant d'armer plusieurs milliers d'hommes. Début août, lorsque les Américains entrent en Bretagne, l'ordre d'insurrection générale est donnée ce qui facilite la progression des unités blindées et la libération de la région.

Le paya cher cette efficacité : 70 tués, 197 blessés sur 450 engagés.

Suite des opérations vignette|upright=1|Jeep SAS en Europe, 18 novembre 1944.

Fin juillet et dans le courant du mois d'août, le intervient en Vendée, dans le Finistère, le Limousin, les monts du Lyonnais et en Saône-et-Loire. Les opérations se poursuivent ensuite pour le sur la Loire (opération Spencer), et certains SAS prennent part à la libération de Paris.

Après Paris, les régiments sont réorganisés. Le commandant Jacques Pâris de Bollardière prend le commandement du , et le commandant Puech-Samson, adjoint de Bourgoin, celui du . Au cours de l'hiver 1944, les SAS sont envoyés d'urgence dans les Ardennes belges (opération Franklin). Le et le (français) opèrent ensuite début aux Pays-Bas lors de l'opération Amherst.

À la fin de la guerre, les régiments SAS non-britanniques furent transférés aux armées de leurs pays d'origine ; les et furent dissous et tinrent leur dernière parade le . Le QG de la brigade SAS survécut quelques mois supplémentaires en raison de l'existence d'équipes SAS chargées de poursuivre les criminels de guerre en Europe, avant d'être dissous à son tour le Sur le sujet des SAS War Crimes Investigations Unit Teams, voir Anthony Kemp, The Secret Hunters, Londres, Michael O'Mara Books Ltd, 1986 ; et les reportages vidéo Secret Hunters de Steve Gordon et Anthony Kemp, TVS, 1986, et Nazis Hunters de Chris Lethbridge, 2009.