Benetton Formula est une écurie de Formule 1 fondée par Luciano Benetton à la suite du rachat de l'écurie anglaise Toleman. Benetton a participé à 260 Grands Prix de Formule 1 entre 1986 et 2001, inscrit un total de 851,5 points en championnat du monde, remporté 27 victoires, obtenu 102 podiums, 15 pole positions et 36 meilleurs tours en course.
Elle a connu son heure de gloire avec les titres de champion du monde des pilotes de l'Allemand Michael Schumacher en 1994 et 1995 et le titre mondial des constructeurs en 1995.
En déclin à partir de 1996, l'écurie est rachetée par le constructeur automobile français Renault en 2000.
La saison 2001 est la dernière disputée sous le nom Benetton-Renault avant de devenir Renault F1 Team en 2002Renault revient en F1 à 100 % - Communiqué Renault, 27 janvier 2002.
Historique 1983-1985 : de sponsor à constructeur vignette|gauche|alt=Photo d'une monoplace verte et noire en piste.|La Tyrrell 012 de Michele Alboreto, sponsorisée par Benetton. Au début des années 1980, la famille Benetton, impliquée dans le commerce de l'habillement, décide de promouvoir sa marque de prêt-à-porter éponyme en sponsorisant plusieurs clubs sportifs professionnels à Trévise, en Italie. Ainsi, Benetton soutient le Pallacanestro Trévise (basket-ball), le Sisley Volley (volley-ball) et acquiert le Benetton Rugby Trévise qu'il sponsorise depuis . Recherchant une promotion de la marque au niveau mondial, Luciano et Gilberto Benetton choisissent la Formule 1 car il s'agit, selon ses critères, d'un sport excitant, glamour et avec un fort esprit de compétition. À cette période, la discipline-reine du sport automobile bénéficie d'une audience télévisuelle en hausse continue. La vitesse, les monoplaces colorées, la dimension internationale la haute technologie, et le facteur humain qui caractérisent la Formule 1 séduisent la famille italienne qui cherche à promouvoir son image jeune et dynamique.
En 1983, Benetton devient le commanditaire principal de l'écurie britannique Tyrrell Racing, à hauteur de quatre millions de dollars. Malgré un moteur Ford Cosworth atmosphérique à la puissance bien inférieure à celle des moteurs turbocompressés, Michele Alboreto remporte au volant de la Tyrrell 011 le Grand Prix des États-Unis Est, à Détroit, le dernier succès de l'écurie britannique et du moteur Ford-Cosworth en Formule 1. La formation anglaise entame cependant son déclin et Benetton met fin à son partenariat pour sponsoriser Alfa Romeo dès la saison suivante..
vignette|gauche|alt=Photo d'une monoplace blanche en piste.|La Toleman TG185 de Teo Fabi aux couleurs de Benetton en 1985. En 1984, les Alfa Romeo 184T pilotées par Eddie Cheever et Riccardo Patrese arborent les couleurs de Benetton, qui soutient l'écurie italienne avec un budget équivalent à celui alloué à Tyrrell. Les résultats se révèlent très modestes, excepté une troisième place de Patrese lors du Grand Prix d'Italie 1984.. Le manque de performance d'Alfa Romeo, confirmé dès le début de la saison 1985, déplaisent à Davide Paolini, le directeur de la publicité de Benetton, qui évoque un , et à Luciano Benetton, qui souhaite rester en Formule 1 à la condition de s'impliquer davantage dans la gestion d'une écurie . ..
Benetton sponsorise également la modeste écurie britannique Toleman Motorsport, dans une situation financière critique, malgré de solides performances réalisées par le jeune Ayrton Senna en et une équipe technique solide, dirigée par l'ingénieur sud-africain Rory Byrne. Toleman est contrainte de manquer les trois premières manches du championnat, car Goodyear et Pirelli refusent de fournir l'écurie en pneumatiques. Seule l'intervention de Benetton, qui entre dans le capital de l'écurie et rachète Spirit Racing en faillite pour transférer son contrat de pneumatiques de Pirelli à Toleman permet à cette dernière de courir. Fin 1985, Benetton rachète Toleman pour deux millions de dollars.
1986-1990 : les débuts en tant qu'écurie Premier succès (1986) thumb|left|Gerhard Berger pilote une Benetton B186 aux pneus bicolores « United Colors » au Grand Prix de Detroit 1986. Benetton, désormais désireux dans les décisions de l'équipe, fait donc ses débuts en Formule 1 en tant que constructeur en 1986, sous pavillon britannique .. Il s'agit de la première marque non liée au secteur automobile à faire son entrée dans la discipline. Davide Paolini en est le directeur général, tandis que Peter Collins assure la direction sportive. Avant son rachat par Benetton, Toleman développe la TG186, finalement rebaptisée Benetton B186. Dessinée par Rory Byrne, elle est propulsée par un moteur turbocompressé à quatre cylindres fourni par BMW, et équipée de gommes Pirelli. Elle est confiée à l'Italien Teo Fabi et à l'Autrichien Gerhard Berger. Benetton se démarque notamment par sa livrée multicolore à dominante verte, inhabituelle en Formule 1, y compris pour les pneumatiques, à l'occasion du Grand Prix de Détroit ..
Les B186 font preuve d'une vélocité impressionnante pour leur première saison : l'écurie marque huit points dès ses trois premières courses, avec notamment une troisième place de Gerhard Berger à Saint-Marin. Néanmoins, l'écurie souffre d'importants problèmes de fiabilité mécanique lors du reste du championnat. En fin de saison, Teo Fabi réalise deux poles positions en Autriche et en Italie, puis, Gerhard Berger, à la faveur des meilleures performances de ses pneumatiques Pirelli sur les gommes Goodyear équipant la concurrence, remporte sa première victoire, également le premier succès de l'écurie britannique, lors du Grand Prix du Mexique. Benetton se classe finalement sixième du championnat du monde des constructeurs avec dix-neuf points.
Les débuts du partenariat avec Ford (1987-1988) vignette|alt=Photo d'une monoplace rouge, verte et jaune sur un circuit.|Thierry Boutsen au volant de la Benetton B188 au Grand Prix du Canada 1988. Pour 1987, Gerhard Berger quitte Benetton pour la Scuderia Ferrari et est remplacé par le Belge Thierry Boutsen. BMW, qui fournissait trois écuries, n'approvisionne plus que l'écurie Brabham. Benetton profite de la disparition de Haas Lola pour reprendre le contrat la liant avec Ford-Cosworth . .. La B187 est ainsi équipée d'un moteur V6 turbocompressé, mais très peu fiable, gâchant ainsi les solides performances réalisées en qualifications, jusqu'à ce que le constructeur américano-britannique ne modifie le turbocompresseur. Boutsen et Fabi se classent ensuite très régulièrement dans les points et une troisième chacun, en Autriche et en Australie.
Peu avant l'entame de la saison 1988, Luciano Benetton cède la présidence de l'écurie à son deuxième fils, Alessandro, tandis que Teo Fabi est remplacé par son compatriote Alessandro Nannini ... La B188 est une évolution de sa devancière et se distingue par un moteur V8 atmosphérique, puisque Ford-Cosworth choisit de se détourner des blocs turbocompressés, anticipant ainsi leur interdiction pour 1989. Boutsen et Nannini obtiennent sept podiums, tous des troisième places. Le Belge est également troisième du Grand Prix de Belgique, mais lui et son coéquipier écopent d'une disqualification pour avoir utilisé un carburant non conforme à la réglementation. Benetton se classe finalement à la troisième place du championnat des constructeurs, avec 39 points, loin derrière McLaren et Ferrari ..
Arrivée de Flavio Briatore à la direction (1989) L'organigramme de l'écurie voit l'arrivée de Flavio Briatore, géomètre de formation qui s'est tourné vers les affaires et rencontre Luciano Benetton à la bourse de Milan au début des années . Chargé d'introduire la marque de vêtements sur le marché américain, Briatore mène une offensive commerciale couronnée de succès. Fin 1988, Briatore est convié par Luciano Benetton à assister au Grand Prix d'Australie et, bien que peu captivé par la discipline qu'il considère comme et non un sport, accepte de devenir le nouveau directeur général de Benetton Formula ..
vignette|alt=Photo d'une monoplace verte, rouge et bleue en piste.|Alessandro Nannini au volant de la Benetton B189 au Grand Prix de Belgique 1989.
Benetton conserve la B188 en début de saison 1989, le temps que Ford-Cosworth finalise son moteur V8 HBA fourni exclusivement à l'écurie italienne pour sa nouvelle B189. Un accident lors d'essais privés à Imola réalisés par Alessandro Nannini contraint également l'équipe à retarder l'engagement de cette monoplace.. Néanmoins, le châssis B188 demeure compétitif et Nannini obtient la troisième place du Grand Prix de Saint-Marin. L'autre baquet est confié au novice Johnny Herbert : le Britannique, grand espoir de la course automobile, est victime d'un très grave accident lors d'une manche du championnat international de Formule 3000 en sur le circuit de Brands Hatch, peu de temps après la signature de son contrat avec Peter Collins pour . De graves blessures aux jambes compromettent la suite de sa carrière. Tenant à respecter la parole qu'il avait donnée, Collins confirme l'engagement d'Herbert qui prend le départ du premier Grand Prix de la saison , au Brésil. Malgré des débuts encourageants soldés par une quatrième place, il apparaît vite que Herbert n'est pas encore suffisamment rétabli : souffrant physiquement et marchant avec des béquilles, il termine régulièrement hors des points et échoue parfois à se qualifier .. Flavio Briatore entre alors rapidement en conflit avec Peter Collins, lui reprochant notamment sa mauvaise gestion du cas Herbert : la non-qualification du Britannique au Canada lui vaut son remplacement par un autre novice, Emanuele Pirro, alors pilote essayeur chez McLaren, et le départ de Collins .. La B189, engagée à partir du Grand Prix de France, permet à Alessandro Nannini de s'imposer au Japon, la deuxième victoire de l’histoire de Benetton, à la suite de la disqualification d'Ayrton Senna ..
Nouvelles ambitions avec Nelson Piquet (1990) vignette|alt=Photo d'une monoplace verte, rouge, bleue et jaune en piste.|La Benetton B190 en démonstration en 2013. Fin , Flavio Briatore ne renouvelle pas le contrat d'Emanuele Pirro et réussit un grand coup en enrôlant le triple champion du monde Nelson Piquet pour la saison 1990, qui semble sur le déclin après deux saisons délicates au sein du Team Lotus .. Le manager italien lui offre un salaire modeste au regard de son statut mais assorti de primes aux résultats. Le Brésilien est surtout motivé par l'arrivée de John Barnard, victorieux avec McLaren les années précédentes. L'ingénieur britannique signe un contrat de trois ans et une liberté d'action totale. Il se penche sur la future B190 dessinée par Rory Byrne et impose de nombreuses modifications, point de départ d'une relation délicate entre les deux hommes. Byrne quitte l'écurie au cours de la saison 1990 pour s'engager chez Reynard tandis que Barnard crée un bureau d'études moderne, le , installé à Godalming, utilise la soufflerie de la à Farnborough et développe l'utilisation de la fibre de carbone. Ces avancées technologiques permettront le développement de la B191 de 1991. De son côté, Flavio Briatore signe un contrat de trois saisons avec Ford assorti d'une ristourne de sur le prix des moteurs en échange de la présence du logo du motoriste sur les voitures .. L'équipe encore jeune, même si elle ne pouvait pas se vanter de l'expérience et de la tradition des grands constructeurs, commence à se faire un nom au sein du microsome de la Formule 1 : en quelques années seulement, la famille Benetton a apporté de nouvelles méthodes de communication et de gestion à la discipline, commençant à faire de l'ombre aux écuries historique sur le plan sportif et à contrarier les autres sur le plan politique.