La famille Ulma est une famille catholique polonaise des Basses-Carpates, fondée par Józef et Wiktoria Ulma. La famille, composée de ces derniers et de leurs sept enfants, dont un enfant à naître de sept mois, est le par l', pour avoir caché des juifs pendant la Shoah.
Józef et Wiktoria sont reconnus Justes parmi les nations en 1956. Ils sont reconnus martyrs en 2022, puis béatifiés l'année suivante avec leurs enfants. Cette béatification est exceptionnelle à plus d'un titre car c’est la première fois de l'histoire de l'Église qu’une famille entière est reconnue comme martyre et béatifiée ; c'est aussi la première fois qu'un enfant mort dans le ventre de sa mère est élevé sur les autels.
Biographie
Józef Ulma est né le à Markowa, fils de Marcin Ulma et Franciszka (née Kluz), agriculteurs aisés. En 1911, il suit des cours de courte durée dans une école générale. Dans sa jeunesse, il est membre d'une association dont le but est de récolter des fonds pour la construction et l'entretien des édifices religieux du diocèse. En outre, il devient un membre actif de l'Association catholique de la jeunesse et plus tard de l'Association de la jeunesse rurale. À cette époque, il travaille comme bibliothécaire et photographe.
Dans les années 1921-1922, il accomplit son service militaire obligatoire à Grodno. Du au , il étudie à l'École nationale d'agriculture de Pilsen. Après avoir obtenu un diplôme, il devient maraîcher, cultive des arbres fruitiers, élève des abeilles et des vers à soie. En 1933, il reçoit un prix de la Société agricole du district de Przeworsk pour ces activités. Il fut le premier à introduire l'électricité à Markowa.
Par ailleurs, passionné par la photographie, il s'adonne à celle-ci lors d'événements culturels dans son village ou lors de fêtes de famille. Il écrit également des articles pour un hebdomadaire local. De plus, il est membre du Cercle agricole et d'autres organisations.
Wiktoria Ulma, est née Niemczak le à Markowa dans une famille d'agriculteurs (Jan Niemczak et Franciszka née Homa). Sa mère meurt lorsqu'elle a six ans. Elle effectue ses études primaires et secondaires dans sa ville natale, après quoi elle suit des cours à l'université populaire de Gać. Dans sa ville natale, elle est membre d'une troupe de théâtre amateur.
Józef et Wiktoria se marient le . Après leur mariage, ils gagnent leur vie en tant qu'agriculteurs dans une petite ferme qu'ils possèdent.
Ensemble ils ont six enfants : Stanisława (né le ) Barbara (née le ) Władysław (né le ) Franciszek (né le ) Antoni (né le ) Maria (née le ) vignette| Wiktoria Ulma et ses enfants en 1943. Un autre enfant aurait dû naître quelques jours seulement après l'exécution de la famille, en 1944.
Le couple est un membre actif de la paroisse Sainte Dorota à Markowa. Ils approfondissent leur foi par la prière familiale et la participation à la vie sacramentelle de l'Église. Ils appartiennent tous deux à la Confrérie du Rosaire Vivant. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Józef est mobilisé et participe à la campagne de Pologne.
Sauveteurs et sauvés
Pendant l'été et l'automne 1942, la police militaire allemande déporte plusieurs familles juives de Markowa dans le cadre de la Solution finale Teresa Tyszkiewicza, "", Bibliographie : M. Szpytma : "" in , , Markowa 2004, ; M. Szpytma, J. Szarek : , Cracovie 2007.. Seuls ceux qui sont cachés dans les maisons des paysans polonais survivent. Huit personnes trouvent refuge chez les Ulma : six membres de la famille Szall (Szali) originaires de Łańcut comprenant le père, la mère et quatre fils, ainsi que deux filles de Chaim Goldman, prénommées Golda et Layka Włodzimierz Rędzioch, : "", , 16/2007, : Fr Ireneusz Skubis Częstochowa, Pologne.. Józef Ulma les cache dans son grenier. Ils participent aux travaux de l'exploitation pour alléger les dépenses engagées par leur présence à la maison Anna Poray, à ..
Punis de mort Le matin du , un détachement de l' venue de Łańcut sous le commandement du lieutenant Eilert Dieken arrive à la maison qui se situe à la sortie du village après avoir été informé que des Juifs se cachent là par Włodzimierz Leś qui connaît la famille Szall et a récupéré leur propriété quand ils sont entrés dans la clandestinité. Les Allemands encerclent la maison et capturent les huit membres des familles Szall et Goldman. Ils les abattent d'un coup de feu derrière la tête comme rapporté par Edward Nawojski, témoin oculaire.
Puis les allemands tuent Wiktoria, enceinte, et son mari, de sorte que les villageois puissent voir quelle punition les attend s'ils cachent des Juifs. Après en avoir référé à son supérieur, Joseph (Jan) Kokott (), un Tchèque des Sudètes qui sert dans la police allemande, tue trois ou quatre des enfants, tandis que les autres sont abattus par les autres policiers. En quelques minutes, sont tuées, auxquelles il convient d'ajouter l'enfant que porte Wiktoria, proche du terme.
Le chef du village, Teofil Kielar, reçoit l'ordre d'enterrer les victimes avec l'aide d'autres témoins. Il demande au chef du commando allemand, qu'il a connu lors d'inspections antérieures dans le village et pour des affaires concernant l'alimentation, pourquoi les enfants ont été tués eux aussi, ce à quoi Dieken répond, en allemand, . Les victimes sont enterrées sur place dans deux fosses, l'une pour la famille Ulma, l'autre pour les personnes qu'ils cachaient. Défiant l'interdiction des Nazis, les proches de la famille Ulma exhument les corps pour les enterrer au cimetière. Ce faisant, ils découvrent que le septième enfant de Wiktoria était presque né.
Les funérailles ont lieu le , présidées par le curé de la paroisse Sainte Dorota de Markowa, Ewaryst Dębicki, avant leur inhumation au cimetière de Markowa.
Leurs dépouilles sont exhumées du au . Puis, après leur béatification, les corps sont placés dans un sarcophage, préparé au préalable, au sein de l'autel latéral dédié à Notre-Dame de l'église Sainte Dorothée de Markowa. vignette|195px|Tombe de la famille Ulma au cimetière de Markowa de 1945 à 2023. vignette|195px|Sarcophage contenant les corps de la famille Ulma dans l'église de Markowa. Commémoration
Le , Józef et Wiktoria Ulma reçoivent de le titre de Justes Jozef et Wiktoria Ulma sur le site .. Leurs médailles d'honneur sont remises à Władysław Ulma, le frère survivant de Józef. Leur certificat indique qu'ils ont essayé de sauver des Juifs au risque de leur vie, mais il oublie de mentionner qu'ils sont morts pour eux, comme le signale le livre de Jolanta Chodorska et Alicja Augustiniak : Jolanta Chodorska, Alicja Augustyniak, , (), 2002, Varsovie. ..
Au de leur exécution, un mémorial en pierre est érigé dans le village de Markowa pour rendre hommage à la famille Ulma Joe Riesenbach, . .. L'inscription sur le monument indique :
Le jour de l'inauguration du monument, l'archevêque de Przemyśl, , Président de la Conférence des Évêques de Pologne, célèbre une messe solennelle.
Béatification vignette|left|200px|Monument funéraire dédié à la famille Ulma à Markowa. vignette|left|200px|Certificat et médaille de Justes parmi les nations, ainsi que les décorations de l'Ordre (Renaissance de la Pologne). vignette|left|200px|Documents de présentation pour la béatification de la famille Ulma. L'Ordinaire local ouvre un procès en béatification pour la famille Ulma en 2003. Le , à l'issue de la phase diocésaine, le dossier complet de leur martyre est transmis à Rome pour être examiné par la Congrégation pour les causes des Saints..
Le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, parle de l'héroïque famille polonaise au Capitole romain le lors de la présentation de l'édition italienne du livre de Martin Gilbert, .
Le une commémoration toute particulière est organisée à Markowa. Une messe est célébrée, suivie d'un Chemin de croix à l'intention de la béatification des Ulma, serviteurs de Dieu. Parmi les invités se trouve le président du Conseil de Cracovie, qui dépose des fleurs sur le monument aux morts. Les élèves du lycée de la ville donnent une courte représentation théâtrale, intitulée « Les Huit Béatitudes », montrant la décision de la famille Ulma de cacher des Juifs. Il y a aussi une soirée de poésie consacrée à la mémoire des victimes. Les anciens voisins et proches qui les ont connus participent pour parler de la vie des Ulma. Un historien de l'Institut de la mémoire nationale présente des documents d'archive et le postulateur de la cause au diocèse explique quelles sont les exigences d'un procès en béatification.
Le , le pape François confirme le martyre familial comme condition préalable à la béatification.. Le , Józef, Wiktoria Ulma et leurs sept enfants sont béatifiés à Markowa par le cardinal Marcello Semeraro , , , Pologne. . , (Exposition Justes parmi les Nations, Rzeszów, ; sous-titrée : « Les Polonais aidaient les Juifs pendant la guerre, pourtant la peine de mort les menaçait - la plupart d'entre nous le savent déjà. »). Dernière actualisation : ... Cette béatification constitue un événement exceptionnel dans l’histoire de l’Église car c’est la première fois qu’une famille entière est béatifiée et collectivement reconnue comme martyre.. C'est aussi la première fois qu'un enfant mort dans le ventre de sa mère est élevé sur les autels.. , archevêque de Poznań, précise : .
Voir aussi Témoignages Anna Poray, 2004. , (Institut de la Mémoire nationale), Pologne Gisele Hildebrandt, Otto Adamski. . 1943. Cracovie.
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Liens externes
Béatification en Pologne : la famille Ulma, un exemple d’héroïsme, Vatican News La famille Ulma, Marcher avec les saints, Communauté de l'Emmanuel
Source
Notes et références
Ulma Catégorie:Victime de la Shoah en Pologne Catégorie:Juste parmi les nations polonais Catégorie:Martyr catholique au XXe siècle
Catégorie:Groupe de martyrs chrétiens Catégorie:Décès en mars 1944