Hippolyte Auguste Paul Perret, né à Paimbœuf le et mort à Pornic le , est un journaliste, romancier, feuilletoniste et critique dramatique français.
Biographie Paul Perret est le fils d'un avocat et procureur du roi à Paimbœuf. Ses grands-parents maternels ont été tués lors des évènements révolutionnaires. Durant sa scolarité au Collège Royal de Nantes, il a comme condisciple et ami Jules Verne de deux ans plus âgé. Il fréquente la maison de campagne de la famille Verne à Chantenay dans la banlieue de la ville. Paul Perret rejoint Jules Verne à Paris pour suivre des études de droit, ils habitent ensemble rue Louis-le-Grand.
C'est dans le N° du de la Revue de Paris que débute Paul Perret avec une traduction de L'Histoire de Roméo et Juliette par Luigi da Porto, article suivi en 1854 d'une longue étude sur Les Vaudois, La Réforme avant Luther, où il développe une réflexion sur la place de la religion dans l'histoire. Paul Perret publie le un long texte à la une du Figaro : Du mal secret des artistes, il y aborde la question de la critique.
Parallèlement à sa carrière de journaliste, Paul Perret propose romans et nouvelles dans les revues littéraires. Après la nouvelle L'Âme en voyage en 1856, dans la Revue contemporaine, dans laquelle il annonce son choix d'une littérature faisant la part belle aux récits d'amour, il publie plusieurs récits dans la Revue européenne, et à partir de 1860 dans la Revue des Deux Mondes.
La presse quotidienne lui ouvre ses colonnes pour des comptes-rendus littéraires et des feuilletons. En 1862, il débute dans le Journal des débats avec une nouvelle La Pudeur et, l'année suivante au Temps, avec Le Billet de .
En 1864, il épouse à Paris Marie Jouffroy, fille du philosophe et ancien député Théodore Jouffroy. La jeune femme a une réputation d'indépendance d'opinion et de hauteur de vue et tient un salon réputé pour l'érudition de la maîtresse de maison. Elle meurt en des privations du siège de Paris.
Poursuivant de front les carrières de journaliste et de romancier, Paul Perret collabore à La Presse, alternant articles politiques et feuilletons, puis à l'éphémère Le Parlement, organe du Tiers-parti d'Émile Ollivier à la fin du Second Empire. On le lit aussi dans les colonnes de la Situation ou de l’Étendard, journal bonapartiste.
À la fin de 1871, Paul Perret est de retour à Nantes où il devient rédacteur en chef d'un nouveau journal républicain conservateur, L'Indépendance de l'OuestBibliothèque municipale de Nantes, collection de L'Indépendance de l'Ouest du 7/12/1871 au 7/9/1872. qui se donne pour tâche de réduire l'influence du Phare de la Loire. Il tient la chronique politique du journal jusqu'en , époque à laquelle il cède la place de rédacteur en chef à Edmond Arnous-Rivière.
À partir des années 1870, la production romanesque de Paul Perret s'établit entre un et trois volumes par an qu'il publie chez Michel Lévy éditeur et à la librairie Dentu, puis chez les éditeurs Didier, Ollendorf et Plon. La revue Le Correspondant publie plusieurs nouvelles. Quelques chroniques du Gaulois, parmi celles signées Tout-Paris sont de sa plume et il donne au Moniteur universel des articles d'érudition et des critiques littéraires.
La parution en 1876 de La Faute de l'abbé Mouret d'Émile Zola lui donne l'occasion d'une Émile Zola Documents littéraires 1881. qui contribue peut-être à l'insuccès du romanHüysmans En marge (1927). et donne lieu à une virulente réplique de Zola dans un article sur le roman français contemporainLe Figaro du 22 décembre 1878. qui classe Paul Perret .
Dans les années 1880, l'éditeur Oudin commande à Paul Perret des ouvrages d'érudition consacrés aux Châteaux historiques de la France et aux Pyrénées françaises. Il publie chez Bloud et Barral des études d'histoire contemporaine et collabore à une anthologie nantaise, La Bretagne artistique, pittoresque et littéraire.
La décennie suivante consacre le succès de plusieurs romans. Manette André qui se veut contribution au renouvellement du roman historique E. Gilbert Le Roman en France pendant le (avant 1897). est récompensé par un prix de l'Académie française, en même temps que Sans famille d'Hector Malot. L'académicien François Coppée préface son recueil de contes L'Amour et la Guerre. La parution en 1894 de son roman Les Demoiselles de Liré, inspiré de l'épopée dans l'ouest de la duchesse de Berry, est accompagnée d'une exposition à Paris des aquarelles de Maurice Leloir destinées à l'illustration de l'ouvrage. La même année, la profession de critique littéraire s'organise en syndicat et élit Paul Perret à sa présidence.
La fin du siècle voit Paul Perret assurer la critique dramatique du journal La Liberté, puis obtenir sur la proposition de Jules Clarétie une des deux places de lecteur examinateur à la Comédie-Française. Le rôle des lecteurs est de sélectionner les pièces pouvant être proposées au comité des sociétaires. En 1898, une pièce de , Une héritière, inspirée d'une nouvelle de Paul Perret, est jouée au théâtre de l'Odéon. Il est lui-même l'auteur d'Anatole, jouée en 1904 dans le même théâtre.
La production romanesque de Paul Perret ne faiblit pas après 1900, il fait notamment un retour remarqué dans la Revue des Deux Mondes. En 1901, l'Académie française lui décerne le prix Calmann-Lévy pour l'ensemble de son œuvre.
Malade, Paul Perret s'installe à Pornic au début de l'été 1904. Il décède dans cette ville le après une carrière littéraire de cinquante années.Journal Le Pays de Retz du 31 juillet 1904. alors qu'à Paris, Le Figaro publie La Loi de la femme, son dernier feuilleton.
L'œuvre romanesque et le style de Paul Perret vus par les contemporains
La production romanesque de Paul Perret est constituée de courts romans et de nouvelles, probablement plus d'une centaine d'œuvres. Le succès en librairie n'est pas à la hauteur de sa production dans les revues et journaux, mais quelques ouvrages font néanmoins l'objet de deux éditions. À la Revue des Deux Mondes, où on le considère comme un émule de George Sand et de l'académicien Victor Cherbuliez, il est considéré comme un des rares écrivains qui font encore des nouvelles. Son premier roman à succès, Le Prieuré est salué par Émile Zola comme un Émile Zola Livres d'aujourd'hui et de demain, L'Évènement du 12 avril 1866..
Paul Perret a la réputation d'un auteur de nouvelles pour dames : , écrit Le FigaroG. Hector Les écrivains de la Revue des deux Mondes, le Figaro 14/15 avril 1874., . Dans les bas-fonds de la littérature où le classe Zola après sa critique de La Faute de l'abbé Mouret, Paul Perret n'est plus gratifié d'aucun talent : L'étude de la critique contemporaine permet à Zola de revenir sur l'œuvre de Perret : E. Zola Documents littéraires 1881..
L'avis de Zola ne fait pas l'unanimité dans la presse. La Revue des livres et du théâtre (1881) salue un , d'autres sa fécondité extraordinaire. Pour le Larousse du , .
Œuvre de Paul Perret Romans, nouvelles, feuilletons, théâtre, ouvrages d'érudition
1856 : L'Âme en voyage (nouvelle) 1857 : Robert Stilfort (roman) 1858 : Avocats et Meuniers 1859 : Les Bourgeois de campagne 1860 : Histoire d'une jolie femme (réédition d'Avocats et Meuniers), du Plessé 1861 : Dame Fortune 1862 : Le Billet de (feuilleton), La Pudeur (feuilleton), Les Verts Galants de la Thulaye (nouvelle) 1864 : La Bague d'argent 1865 : Le Prieuré, Un parasite, La Pudeur 1866 : Les Sept Croix-de-vie, Les Roueries de Colombe 1867 : Le Testament de M. Tupffer, L'Amour éternel, Le Château de la folie (réédition de Les Sept Croix-de-vie) 1868 : de Saint-Ay, La Parisienne, Madame Cyrille (feuilleton) 1871 : La Sarrazine (feuilleton) 1872 : Le Mari de la Mort 1873 : Les Amours sauvages 1874 : Les Bonnes Filles d'Ève 1875 : La Fin d'un viveur 1876 : La Belle Renée, Hors la loi, L'Idole 1878 : Histoire d'un honnête homme et d'une méchante femme, Madame Valence, La Grande Cousine 1879 : L'Âme murée, Ni fille, ni veuve, Le Droit du père (feuilleton), Monsieur Faust, La Sainte 1880 : Les Demi-mariages 1881 : Ce que coûte l'amour, L'Amie de la femme, L'Héritage de l'usurier, Arabelle, Les Châteaux historiques de la France, Les Pyrénées françaises (V1-Lourdes, Argelès, Cauterets, Luz-Saint-Sauveur) 1882 : Les Pyrénées françaises (V2-Pays Basque et Basse Navarre) 1883 : Le Mariage en poste, Histoire d'un violon, Les Énervés, Le Supplice d'une honnête femme (nouvelle) 1884 : Les Misères du cœur, Sans témoins, Les Yeux d'or, Le Saint de bois, L'Autre Monde, Les Pyrénées françaises (V3-L'Adour, la Garonne, le pays de Foix) 1885 : Un demi-siècle d'Histoire contemporaine 1886 : Le Roi Margot 1888 : Sœur Sainte-Agnès, Après le crime 1889 : de Bardelys, La Dame du Beau Logis, Comme elles nous aiment, Le Droit à l'amour, Prempain, La Marinière, L'Héritière 1890 : Les Derniers Rêveurs, Les Filles Mauvoisin, Le Droit à l'amour 1892 : L'Amour et la Guerre (préface François Coppée Acad. Fr), Victoire 1893 : La Vie sous la terreur, Manette André (prix de l'Académie française), Le Duc Jean, La Duchesse Jean (avec Félix Cohen), Le Revenant 1894 : Les Demoiselles de Liré, Un complot 1895 : La Robe (illustrations par Kauffmann), La Fin d'un viveur 1896 : Histoire d'un homme 1897 : La Vie dans le rêve, Madame Victoire, Le Baron de la flibuste (illustré) 1898 : Thérèse Vaubecourt, Leur chanson (nouvelle) 1899 : Mariages de finance, La Vie et la fin d'une favorite 1900 : Péché caché, La Fille des genêts 1901 : Jeux de femmes, Par la femme 1902 : Débat de conscience, Casa Maris, Pour l'amour d'elle (feuilleton) 1903 : Petite Grisel 1904 : L'Arbre de science, Anatole (comédie 1 acte), La Loi de la femme (feuilleton)
Rééditions récentes thumb|Les Demoiselles de Liré (2011) Elibron Classics (fac-similés d'anciennes éditions) a réédité plusieurs romans de Paul Perret : Par la femme, L'âme murée (2001) Un parasite (2002) Les Roueries de Colombe, Le Prieuré (2004)
Deux volumes (2 et 3) de l'ouvrage Les Pyrénées françaises ont été réédités en 2006 par les éditions Lacour-Ollé à Nîmes.
Les Demoiselles de Liré ont été rééditées en langue russe en 2011 (avec les illustrations originales de l'édition Boussod et Valadon de 1894) par les éditions Vita Nova de Saint-Pétersbourg. La présentation et les commentaires sont de Mikhail Yasnov poète et écrivain russe professeur à l'Université de Saint-Pétersbourg.
Bibliographie et sources
Louis Seguineau-Leys Histoire de Paimbœuf 1912. Jean-Louis Liters : Paul Perret homme de lettres dans Jules Verne lycéen de Nantes Ed. Coiffard 2005. Volker Dehs : émergence d'un ami d'enfance Paul Perret, Bulletin (2004) de la Société des amis de Jules Verne Émilien Maillard, L'Art à Nantes au , 1888. René Kerviler, Répertoire de bio-bibliographie bretonne Saint Patrice (James Harden-Hickey) Nos écrivains 1887 Georges Hutrel éditeur. Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains (éditions 1880 1893) Patrice Pipaud : Paul Perret, homme de lettres oublié du Pays de Retz, bulletin (2013) de la Société archéologique de Nantes et de Loire-Atlantique.
Notes et références
Liens externes
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