Alexandre Bourmeyster, né le à Vaulx-en-Velin et mort le à Grenoble, est professeur émérite d'Études Slaves de l’Université Stendhal Grenoble 3. Il a rédigé de nombreux ouvrages et publications sur l’analyse du discours politique soviétique, sur l'hégélianisme en Russie, sur la Révolution des Lumières et la contre-révolution bolchevique.

Enfance Fils d’émigrés russes, Alexandre (Sacha) Bourmeyster est né le dans la banlieue de Lyon, à Vaulx-en-Velin, une cité ouvrière, auprès d’une usine de textiles artificiels où travaillait son père, réfugié en France après la révolution russe de 1917. Du côté paternel, il appartient à la lignée des von Buhrmeister, des Allemands de la Baltique, des militaires haut gradés, au service des tsars après l’annexion des Pays baltes par Pierre le Grand. Du côté maternel, son grand-père Alexandre Evreinov était gouverneur de la province de Penza au moment de la révolution. Sacha (Alexandre) est bilingue, russe et français. Il a acquis une double identité, une double culture par les traditions familiales russes, d’une part, et l’éducation française, de l’école primaire à l’Université, d’autre part.

Relation avec Yatridès Enfant de la guerre, il contracte la tuberculose et effectue deux séjours en sanatorium, en 1946-47 et en 1952-53. C’est au cours de ce deuxième séjour, au sana des étudiants de Saint-Hilaire-du-Touvet, qu’il fait la connaissance de Georges Yatridès, logé dans la chambre voisine. Une amitié fondée sur les mêmes intérêts et les mêmes goûts s’établit vite entre le Russe et le Grec, coulés dans la même civilisation en France. Sacha a un talent inné de dessinateur, il a même hésité étant jeune entre les bandes dessinées et les études universitaires; aussi est-il subjugué par les ambitions picturales de Georges Yatridès qui s’affirme d’emblée comme un novateur désireux de reconquérir un espace figuratif anéanti par les audaces d’une avant-garde nihiliste. Coloriste et graphiste, sur les traces laissées par Van Gogh, Gauguin, Les Fauves, il s’emploie à révéler l’inexprimable, ce que la représentation classique n’avait su réaliser. Les discussions passionnées qui portaient sur des ébauches, des esquisses ou des œuvres déjà achevées, se prolongent bien au-delà du séjour à Saint-Hilaire et renforcent les liens d’amitié.

Entre Grenoble et Lyon, les relations d’amitié entre Georges Yatridès le peintre et Sacha Bourmeyster l’universitaire se sont prolongées et concrétisées dans de nombreuses rencontres privées, des manifestations publiques, des publications, des préfaces à des catalogues d’exposition, des articles consacrés à l’œuvre même de Yatridès, publiés dans des revues d’Art, des catalogues, dont Yatridès, Rétrospectives 1945-1978, des essais dont Yatridès, monolithes 1957 - Kubrick 1968, les Icônes interstellaires ou Yatridès et la Bible. Dans Yatridès, monolithes 1957 - Kubrick 1968, les Icônes interstellaires, Bourmeyster démontre l'antériorité sur le fond et la forme de la Plaque de Yatridès par rapport à celle utilisée dans l'œuvre de Kubrick, 2001 l'Odyssée de l'espace.

En 2012, Bourmeyster modifie et radicalise sa vision sur l'antériorité de la Plaque de Yatridès utilisée dans l'œuvre de Kubrick, 2001 l'Odyssée de l'espace. Il affine et oppose plus nettement l'inspiration de Yatridès à celle de Clarke-Kubrick. Il décrit son opinion dans un ouvrage intitulé Yatridès, la Plaque, la Bible et la Sphère.

Mais l’ouvrage fondamental reste le livre Georges Yatridès et son siècle, l’anti-Picasso, ISBN n° 2-9507049-1-3, Dépôt légal ; il est paru en 1994, mais a mûri au cours des années 1980. Les deux amis se connaissaient trop, étaient trop imprégnés par leurs échanges, pour pouvoir aborder spontanément en profondeur et en toute objectivité l’œuvre d’un Maître; ils tournaient en rond, incapables de s’arracher à une attraction mutuelle. Il a fallu ruser. Sacha proposa cette tâche à deux étudiantes en fin d’études, « informatique et communication ». Bien que décevant, leur travail permit aux deux « complices » de prendre leur distance à l’égard de Yatridès, l’ « objet » de leur recherche, et à Sacha de rédiger en toute indépendance un essai dans lequel le peintre se reconnaissait pleinement.

En , fidèle à une promesse faite à Yatridès, Bourmeyster lui offre une "métaphore" de sa destinée de peintre, Le Troisième Faust, une tragédie en 8 actes et 27 scènes. Cet ouvrage attend encore un éditeur ou un metteur en scène.

Parcours universitaire Pendant que Georges Yatridès compose et crée à Grenoble, sa ville natale, ou voyage à travers le monde, Bourmeyster poursuit ses études universitaires à Lyon, puis à Paris et s’engage dans une thèse de doctorat d’État sur « l’hégélianisme en Russie ». Ce sujet lui permet d’appréhender une troisième culture, la pensée germanique, nourrie de philosophie et de littérature, puis d’éclairer une problématique russe, une quête d’identité que motivent les profonds bouleversements causés par la « révolution par le haut », l’européanisation de la Russie, entreprise depuis Pierre le Grand. En , il soutient à la Sorbonne sa thèse de doctorat d’État « Stankevitch et l’idéalisme humanitaire des années 1830 ». (voir service de reproduction, 1974)

Carrière Entretemps, il a passé l’agrégation de russe, a enseigné le russe dans le secondaire à Grenoble, à Lille et à Lyon, puis la littérature comparée à l’Université de Lyon, au temps de la révolution étudiante de 1968 : le romantisme allemand était son domaine privilégié. À la rentrée de 1973, il devient professeur de russe, directeur du Département de langues slaves à l’Université Stendhal de Grenoble. En 1974, il publie 35 articulets sur des écrivains russes du dans Encyclopædia Universalis.

En , il est l’organisateur d’un colloque international sur le du soulèvement des décembristes, à l’Institut d’études slaves à Paris, Recueil Origine et héritage du mouvement des Décembristes, Paris 1980, avec sa propre communication : « Le , Réalité et fabulations ».

Colloques et Revues Puis nombreuses publications consacrées au 1977 - « Le jeune Bakounine, premiers combats », Colloque international sur Bakounine, Institut d’études slaves à Paris. 1978 - « Les hommes de trop, les types littéraires », Canadian-American Slavic Studies, vol.14, , summer 1980 1981 - « Rousseau et Dostoïevski, Confession et anti-confession », Actes du Colloque international de Nice: Rousseau et Voltaire en 1978 Editions Slatkine, Genève-Paris, 1981 1979 - « Critique littéraire et critique sociologique, la place d’Apollon Grigoriev », Séminaire de Bergamo, Méthodologie littéraire. 1980 - « Tchékhov et les droits de l’homme », revue Silex, , 1980 1980 - « Dostoïevski et la peine de mort », Colloque sur la peine de mort », Paris 1980 - « Berlioz et la Russie », Colloque international sur Berlioz, Grenoble, Actes du colloque 1980 - « Les héritiers russes de Berlioz », revue Silex, , 1980 1981 - « Tchaadaev, Négation dialectique et nihilisme », Colloque international sur Tchaadaev, Institut d’études slaves à Paris, 1980 1981 - « Tourgueniev et la France à travers son roman Fumée », Cahiers Ivan Tourgueniev, 1982. 1987 - « Les Ljubomudry, culture classique et culture pseudo-classique », Colloque franco-italien, Romantisme russe et littérature néo-latine, Le Lettere – Firenze, 1987 1994 - « Поэтика Гончарова: бесстрастие или насмешливость?» Ivan A. Goncarov, Leben, Werk und Wirkung. Internationalen Goncarov-Konferenz, Bamberg, Böhlau Verlag, 1994 1994 - « La Correspondance d'un coin à l'autre: dialogue ou représentation? », Un maître de sagesse au XXs., Vjaceslav Ivanov et son temps, Cahiers du monde russe, vol. XXXV, 1994. 2000 - « О построении Крейцеревой сонаты» Яснополянский Сборник, Тула, 2000 1861-2011, Réflexions su l'abolition du servage en Russie, sous la direction d'Alexandre Bourmeyster, Sur Internet, site ILCEA.Revues;org, :

Parallèlement à ces études sur le russe, Alexandre Bourmeyster collabore pour la partie philosophique, à l’Annuaire de l’URSS, Droit, Économie, Sociologie, Politique, Culture, Editions du CNRS et rédige des articles annuels : « Matérialisme dialectique et logique de la recherche scientifique », 1966 « Logique dialectique et formalisation des connaissances », 1967 « Le problème de l’homme et critique de l’existentialisme », 1968 « Révolution culturelle ou technologique et scientifique? », 1969 « La société soviétique en mutation, intelligentsia et jeunesse », 1970 « Dostoïevski et la critique soviétique contemporaine », 1971 « Les classes sociales en URSS » Le monde diplomatique,

Depuis 1976, il dirige le Centre d’Études Slaves Contemporaines (CESC) à l’Université de Grenoble. Inspiré par les travaux de A.J. Greimas, il se consacre à l’analyse sémiologique du discours politique soviétique, conteste le terme journalistique « langue de bois », dans une publication annuelle Essais sur le discours soviétique (1981-1991), puis Essais sur le discours de l’Europe éclatée (1992-2004). Cette analyse permet de débusquer les falsifications dont s’est entouré pendant des décennies le régime soviétique, afin de légitimer la pseudo révolution d’Octobre : Analyse sémiologique de la constitution soviétique : Utopie, idéologie, skaz, discours politique soviétique, programme narratif, etc. Au cours de missions, d’invitations en Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie il établit un réseau de relations avec des collègues, analystes sémio-linguistes du même phénomène que lui et prépare à leur intention un colloque à Grenoble. La chute du mur de Berlin précipite les événements et transforme un colloque envisagé de dimension modeste en un Forum international, le premier grand Colloque qui réunit sous le signe de la francophonie des universitaires de tous les pays de « l’autre Europe » et des universitaires occidentaux. -. Avec le CESC et l’Institut d’études politiques de Grenoble (IEPG) où il enseigne depuis les années 1980, il organise, dans le même esprit, un autre colloque international ‘’’Post-communisme et démocratie’’’, 27–.

Dans de nombreux articles publiés dans diverses revues spécialisées, Alexandre Bourmeyster s’astreint désormais à démontrer que la « Révolution d’Octobre » n’était pas une révolution socialiste destinée à dépasser les revendications politiques « formelles » d’une révolution bourgeoise, mais une contre-révolution populiste qui anéantissait non seulement les fondements traditionnels de la Russie tsariste, mais exterminait toutes les espérances démocratiques.

Sémiologie et linguistique

« Le discours de la critique littéraire eu URSS à l’heure de la perestroïka », Université de Regensburg (RFA), Littératures russe et soviétique, Actes du colloque, 1989 « Perestroika et nouvelles formes d’écriture du discours soviétique », Mots, les langages du politique, , 1989, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques « L’énonciation en tant qu’usurpation discursive », Revue d’études slave, LXII, 1990 " Construction et déconstruction par le mensonge, approche sémiologique". Fabrique du Soviétique, la Revue russe, , Institut d'études slaves, Paris, 2013

Religion et politique

« Le croyant dans le discours de l’athéisme scientifique », Le Christianisme russe, Cahiers du monde russe et soviétique, vol. XXIX, 1988 « L’émigration russe : un pont entre l’Est et l’Ouest ? », Chemins de réconciliation en Europe, Opole 2007, Sanctuaire de Notre Dame de la Salette. « La réconciliation entre le Patriarcat de Moscou et le Synode de l’Église orthodoxe russe hors frontières », analyse sémantique de 80 ans de conflits, La société russe, faits de langue et discours, Editions universitaires de Dijon, 2009 « L’Église orthodoxe russe et sa conception des droits de l’homme », ENS, Lyon, , Institut Européen Est-Ouest « Khomiakov et le problème de la séparation de l’Église de l’État. », ENS, Lyon, , Institut Européen Est-Ouest " Narod et narodnost' dans la correspondance entre Belinski et Gogol". ENS, Lyon, , Institut Européen Est-Ouest