Louis II Le Roux, seigneur de Saint-Aubin, puis marquis d'Infreville, né en 1642 à Rouen et mort le à Infreville, est un aristocrate et officier de marine français des . Né dans une famille de la noblesse normande, Louis Le Roux, suit les traces de son père et entre dans la Marine royale. Après avoir combattu les pirates barbaresques en Méditerranée sous Duquesne, il sert pendant la guerre de Hollande sous ses ordres et ceux du vice-amiral d'Estrées, lors des trois défaites à la et au Texel puis lors de la campagne victorieuse de Sicile en 1676. Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il sert sous Tourville à la bataille du cap Béveziers en 1690 et à la défaite de la Hougue, en 1692. L'année suivante, il est promu chef d'escadre par Louis XIV, et c'est à ce grade qu'il servira pendant la guerre de Succession d'Espagne. Il est à Vélez-Málaga en 1704, mais ne voyant pas venir de nouvelle promotion, il prend sa retraite deux ans plus tard sur ses terres d'Infreville, où il meurt en 1712.

Origines et famille

Louis Le Roux appartient à la famille normande Le Roux ou Leroux (qui donna les branches d'Infreville, d'Esneval et de Tilly), anoblie en 1470 et éteinte au début du avec Esprit-Robert Le Roux d'Esneval, né en 1777 qui ne laissa que des fillesHenri Jougla de Morenas "Grand Armorial de France", tome 6, page 89..

Cette famille compta plusieurs présidents à mortier du parlement de Normandie. Très riche, la famille Leroux a construit, à Rouen, l'hôtel de Bourgtheroulde, place de la Pucelle, alors place du Marché aux Veaux, elle acquit le château de Boissey-le-Châtel vers 1499, qu'elle remplaça par le château actuel. Elle possédait des domaines importants, notamment à Saint-Aubin-d'Écrosville, Acquigny et dans le pays de Caux. Elle s’illustra surtout dans la magistrature (Claude, mort en 1537, était conseiller à la cour des Comptes, son frère, Robert, conseiller au parlement de Normandie, Nicolas, leur neveu, fut conseiller au parlement de Bretagne et président à mortier du parlement de Normandie.) Au sein de l'église, on peut citer Guillaume mort en 1532, abbé d'Aumale, Nicolas, son frère, chanoine doyen de la cathédrale, Jean leur neveu, prieur du Mont-aux-Malades et de l'abbaye d'Auffay.

Son père, Louis Le Roux, seigneur d'Infreville et de Saint-Aubin-d'Écrosville (1600-1672), est intendant des ports sous Louis XIII et Louis XIV avec rang d'amiralLa Chenaye-Aubert dit de lui : « homme d'un mérite distingué; servit utilement sous le Ministère des Cardinaux de Richelieu, de Mazarin, de de Lyonne et Colbert. Il est d'abord commissaire général et intendant de la Marine du Levant et du Ponant, où il s'acquit une grande réputation; eut ensuite plusieurs commissions et emplois fort honorables dans le Royaume, et dans les pays étrangers. ». Il épouse en 1629 Marguerite d'Anviray, fille de David d'Anviray, receveur des finances de Rouen et Marguerite de Vimont. Marguerite est la sœur d'Henri d'Anviray de Mathonville et de Hacquenouville reçu conseiller au parlement de Normandie en 1631. De cette union naissent trois fils :

David Le Roux, seigneur d'Infreville (vers 1635 - 1713), commissaire général de la marine à Toulon, mort sans alliance; Louis (1642-1712) ; Robert, seigneur de Rouville, capitaine au régiment de Grancey, tué au siège de Candie en 1669, alors qu'il servait dans la brigade du comte de Saint-Pol.

Louis, né en 1642 à Rouen, est baptisé dans l'église Saint-Éloi de Rouen. Comme son père et ses frères, il décide de faire carrière dans les armées navales du roi et entre jeune dans la Marine royale.

Jeunesse et débuts dans la Marine royale Appelé à Toulon par Colbert — pour qui son père avait longtemps travaillé — il est nommé enseigne de vaisseau le , il embarque sur L'Écureuil et part combattre les pirates barbaresques de la régence d'Alger. Il est nommé capitaine de vaisseau le . Il est à bord de Le Reyne le , au sein de la flotte qui part croiser en Méditerranée sous les ordres du duc de Beaufort et du Chevalier Paul. Le est présent au combat de Cercelles sur les côtes d'Afrique, au cours duquel il s'empare de cinq vaisseaux algériens. Il est promu commandant de l'un des navires capturés, le Soleil d'Afrique, armé de et comportant d'équipage. Il se rend à Brest aussitôt sa nomination avec le Soleil d'Afrique qui avait été affecté à l'escadre du Ponant, il en conserve le commandement jusqu'en 1669 et, le , part avec lui pour la seconde expédition de Candie, au cours de laquelle son frère Robert est tué. Le , il devient capitaine de marine et reçoit le commandement de L'Écureuil, sur lequel il avait fait ses premières armes, il y reçoit le grade de capitaine de marine le .

Guerre de Hollande thumb|right|Le bombardement du Royal James à la bataille de Solebay, le par Willem van de Velde le Jeune.

En , il quitte Brest au sein de la flotte placée sous les ordres de l'amiral d'Estrées, il y commande Le Rubis, vaisseau de , et prend part à la bataille de Solebay. À l', il se distingue aux trois « combats des Dunes » aux commandement du Téméraire dans la flotte combinée franco-anglaise placée sous le commandement du prince Rupert. Le , il est à la première bataille de Schooneveld contre la flotte des amiraux hollandais Ruyter, Tromp et Banckert. Le , il est dans la flotte alliée qui est à nouveau battue devant Schooneveld. Enfin, le , il est dans la flotte qui est battue pour la troisième fois au large du Texel. Remarqué pour sa bravoure, le roi lui accorde une pension annuelle de le , en considération de ses services et pour lui faciliter son départ pour la nouvelle campagne de Sicile. Sous les ordres du marquis d'Alméras, lieutenant général des armées navales, il est envoyé le devant Messine (en Sicile) à bord du vaisseau Le Comte, de et d'équipage

Il s'empare d'un vaisseau ennemi en et reçoit du duc de Vivonne, commandant à Messine, des félicitations élogieuses.

thumb|right|La Bataille d'Agosta, huile sur toile par Ambroise Louis Garneray. Le , il prend le titre de Monsieur de Saint-Aubin afin de se distinguer de son supérieur, un autre officier de marine appartenant à la famille Rosée d'InfrevilleCe dernier commande en le Grand Anglais, vaisseau de haut bord comprenant d'équipage et , réputé bon voilier ; et en , sous les ordres du duc de Beaufort, le Dunkerquois, de et d'équipage.. Il participe à la bataille d'Agosta, que Duquesne remporte sur l'amiral hollandais Michiel de Ruyter, ce dernier est tué ainsi que le chef d'escadre français, le marquis d'Alméras. Malgré la victoire, une dispute éclate quelque temps plus tard entre Valbelle et Duquesne. Cette dernière a pour origine le rapport rédigé par le marquis d'Infreville à l'issue du combat, dans lequel il affirme que « arrière-garde n'avait pas du tout combattu et le corps de bataille fort peu. »

Un courrier expédié par Valbelle et Gabaret, à l'insu de leur chef, contenait également de fâcheuses critiques. Si bien que Du Quesne se voit contraint de réclamer contre ces « esprits brouillons » une peine sévère :

Colbert sévit. Saint-Aubin d'Infreville est incarcéré pour abandon de son poste, et Valbelle réprimandé pour ses « traits de malignité contre tout ce qu'avait fait de beau et de grand Du Quesne. »

thumb|right|Bombardement de Gênes par la flotte française en 1684, gravure de Beaulieu le Donjon

Lavé de cette accusation, Louis Le Roux se fait remarquer, le , lors de la prise de Tobago, sous les ordres du vice-amiral d'Estrées. Il est présent le lors du terrible naufrage de la flotte française sur les îles d'AvesÎles d'Aves, minuscules îles des Antilles à environ de la Guadeloupe, appartenant alors au royaume d'Espagne et actuellement au Venezuela, (treize navires perdus sur les récifs). Il est commandant du vaisseau Le Prince, et d'équipage. Il s'y distingue par son courage et se voit accorder un brevet de . En 1680, il passe sous les ordres de Duquesne.

Le , devant Claude Lescuyer, notaire à Bourgtheroulde, Louis Le Roux d'Infreville, sieur de Saint-Aubin, baille à loyer le moulin à vent de ce lieu pour par an. Il commande L’Éole en 1681. La même année, son frère David vend le fief de la Mare-Tassel à M Charles Dyel. Le , Louis II Le Roux, par acte passé devant Pierre Harenc notaire au Thuit-Signol, exerce le retrait lignagerRetrait lignager, droit qu'avaient les parents d'un défunt de reprendre dans un délai fixé, l'héritage vendu par lui, à la condition de rembourser le prix à l'acquéreur.. Le , sur L'Aimable, il prend part à l'expédition et au bombardement de Gênes dans l'escadre de Duquesne.

Le , il est reçu au sein de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalemde La Roque, col.143.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg thumb|right|La Bataille du cap Béveziers, gravure de Théodore Gudin.

Le , il commande L'Ardent, sous les ordres du maréchal de Tourville. Il participe à la victoire de la flotte française près du cap Béveziers, dans la Manche, sur les Anglais alliés aux Hollandais. Le , à la bataille de la Hougue, il est sur le qui porte son pavillonLa Hougue : rade au nord-est du département de la Manche près de laquelle Tourville, combattant sur l'ordre exprès du roi malgré l'infériorité de ses cadres – quarante-quatre vaisseaux contre cent - perd glorieusement un combat contre les flottes combinées d'Angleterre et de Hollande..

Le , il est promu chef d'escadre en compagnie du chevalier de Cogolin, de M. du Magnon et du marquis d'Amblimont, avec prise d'effet le . Étant le plus ancien de son grade, il a le rang de « Premier Chef d'Escadre ». À la fin du mois de , il se rend à Saint-Malo en compagnie du marquis de Coëtlogon pour participer à la défense de la ville que les Anglais tente de faire sauter en vain.

Guerre de Succession d'Espagne thumb|right|La Bataille de Vélez-Malaga,

Sur Le Saint-Philippe, le , il prend part au combat de Vélez-Málaga. Après le combat, il est félicité par le ministre de la Marine Pontchartrain :

Retraite et mort Ne voyant pas venir la promotion au grade de lieutenant général des armées navales, il prend sa retraite vers 1706. Le , au manoir seigneurial d'Infreville, Messire Louis le Roux, chevalier, haut et puissant seigneur et patron d'Infreville, Les Faux, Le Val Caillouel, La Mare-Tassel et autres lieux, premier chef d'escadre des armées navales du roi, baille la ferme du Val Caillouel située à Infreville. Louis Le Roux y décède en 1712 dans une chaumière édifiée en 1709.

Louis Le Roux est inhumé dans le chœur de l'église Saint-Ouen.. Sur le registre paroissial d'Infreville, on trouve

Armoiries

Notes et références

Sources et bibliographie

Louis de La Roque, Catalogue des Chevaliers de Malte appelés successivement Chevaliers de l'ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, 1099-1890, Alp. Desaid, Paris, 1891

Voir aussi

Articles connexes Famille Le Roux Histoire de la marine française de Richelieu à Louis XIV

Liens externes

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