Marcelle Drutel, dont le pseudonyme littéraire est L'Aubanelenco, née le à Marseille, morte le à Toulon, est une félibresse et écrivaine française d'expression provençale.

Biographie Marcelle Drutel est la fille de Charles Gustave Drutel (1852-1928)Renée Dray-Bensousan, Marseillaises: vingt-six siècles d'histoire, Édisud, 1999, p. 94. Partageant ses origines entre Marseille et Cuers, après des études au lycée Montgrand de Marseille, puis à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence, elle devient professeur de lettres à Cannes, puis à Sisteron, et enfin à partir de 1919 à Aix-en-Provence où elle dispensera par ailleurs des cours de provençal à l’École normale d’institutrices jusqu'à sa retraite en 1956data BNF/.

Tambourinaire, fondatrice du Roudet de z-Ais, collège aixoisArmana Ptovençau 1945 page 12, elle figure parmi les fondateurs de l’association pédagogique Lou Prouvençau à l’Escolo (1945). et parmi ceux de l’Association varoise pour l’enseignement du provençal (1971). En 1933, elle participe à la fondation de la Société d'histoire et d'archéologie de Nîmes et du Gard..

Durant la Deuxième Guerre mondiale, elle est particulièrement active parmi ceux qui s'engagent dans l'aide aux félibres prisonniers de guerre en devenant la marraine de l'Escola dels Embarbelats fondée par Pierre Miremont en à Lübeck avec Pierre Henri Simon (futur académicien) et Paul RogerCiel d'Oc page 2 Louis Mordant, félibre. Oflag X D. 1941-42 ; ce document atteste l'existence de l'Escola dels Embarbelats, mais ne mentionne pas Marcelle Drutel. Plus tard à Münster (oflag VI-D) le majoral Marcel Fournier se joindra à euxPierrette Bérengier, Li discours de Santo Estello, Marseille, Edicioun Parlaren, 1986, .

Vouant une réelle dévotion au poète Théodore Aubanel (son nom de plume, L’Aubanelenco — L’Aubanélienne — est formé d'après son nom<ref>Philippe Gardy, « Sully-André Peyre à Max Rouquette. Une correspondance (1938-1945) », Lengas, , 2011, Lettre , note 62</ref>), dans la filiation duquel elle s'inscrit, elle publie en 1933 Li Desiranço, son premier ouvrage et obtient le second prix de poésie aux Jeux floraux organisés par le Félibrige l'année suivante. Évoquant l'amour charnel, « ce recueil fit en son temps scandale. Il reste loin cependant des audaces d'Aubanel »Robert Lafont, Christian Anatole, Nouvelle histoire de la littérature occitane, vol. 2, . Les œuvres qui suivront seront tout aussi empreintes de sensualité, faisant d'elle un des écrivains les plus en vue de l'après-guerre, lauréat du Prix Théodore-Aubanel et de l'Académie des Jeux floraux de Toulouse. Succédant au poète aixois Joseph d'Arbaud, elle sera élue Majoral du Félibrige en 1950 (Cigalo di Jardin).

Marcelle Drutel est inhumée à Cuers où elle résidait depuis 1956. Sa maison, « Lou Paredoun », avenue PothonierLou felibrige, numéros 159 à 178, , a été léguée à la Fondation Raoul-Follereau et ses archives, sa correspondance ainsi que sa bibliothèque au Musée Provencal de Château-Gombert (Marseille), en dépôt au CIRDOC - Institut occitan de Cultura (Béziers).

Depuis 1995, une fontaine du centre ville d’Aix-en-Provence porte son nom. En 1997, une plaque a été apposée sur sa maison natale, rue de l'Olivier à Marseille.Une traverse de Cuers porte son nom ainsi qu'une rue du Beausset (Var). Le centenaire de sa naissance a donné lieu à de nombreuses manifestations organisées à l’initiative du Félibrige à Cuers, à Marseille et à Aix-en-Provence. vignette|Fontaine Marcelle Drutel, place Saint-Honoré, Aix-en-Provence

Publications Li Desiranço, Montpellier : impr. Mari-Lavit, 1, rue de Sauvages, 1933 [sous le pseudonyme de l'Aubanelenco], réédité en 2025 par les éditions Jorn sous la direction de Jean-Yves Casanova accompagné d'un appareil critique. D’un Jardin, poésie, flores apparuerunt in terra nostra Mount-Peliè : Ed. Calendau, 1938 Intermezzo, poésie, lou segound libre de l'Amour : pouèmo Cavaillon : impr. Mistral, 1963 De Soulèu emai de Luno, poésie, Cavaillon : impr. Mistral, 1965 Li Mount-Joio, poésie, Cavaillon : impr. Mistral, 1967 Plang e Sirventès, poésie, Cavaillon : Impr. Mistral, 1969 Bràvi Gènt, Bràvi Bèstio, conte, Aurillac : éd. du Centre, 1978 Vido Vidanto, conte, Nîmes : impr. Bené, 1983 « La catedrala aprefondida », Color femna / Couleur femme, CRDP de Montpellier, collection « Florilègi occitan », 2012, p. 27 « Sur quelques airs originaux de Noël de Godolin », dans Christian Anatole (éd.), Pèire Godolin (1580-1649), Toulouse, Université de Toulouse-Le Mirail, 1983,

Études : « Les œuvres de David Meyer (Daviou de la Coucoire) », Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes, Gap, 1875, p. 70-73 Jóusè d’Arbaud, 1874-1950 Paris : La France latine, 1971 Le Costume provençal Basse-Provence maritime, région de Toulon, Amis du Vieux-Toulon, 1974 Nos instruments provençaux galoubet - tambourin , Amis du Vieux-Toulon, 1975 Méthode de galoubet-tambourin , 2 vol., CRDP, Nice, 1976 La Farandoulo Paroles provençales et françaises de Marcelle Drutel ; Air de "La Farandole" de Tarascon harmonisé par Georges Aubanel Paris : Salabert, cop.1953 « A propos de "Benoita" poème gavot de Germaine Waton de Ferry », Hommage à Germaine Watton de Ferry, Gap : Ribaud frères, 1964, Chants et danses de Provence et du Languedoc [Enregistrement sonore] / L'Arc-en-ciel, ens. vocal ; Georges Aubanel, harmonis., dir., tambourin Paris : Le Chant du Monde

Marcelle Drutel a publié en outre de nombreux articles dans diverses revues comme l'Armana marsihés, l'Armana prouvençau, l'Armana di Felibre, Calendau, La France Latine, Le Feu, Lou Liame, Lou Prouvençau à l’Escolo, le bulletin de l’Association Varoise pour l’Enseignement du Provençal, le bulletin des Amis du Vieux-Toulon, La Revue des Pays d’Oc, Lou Gai-Sabé…

Elle a laissé de nombreux inédits.

Distinctions Grande lauréate des jeux floraux de Sceaux en 1934Jean Fourié (av.-propos Marcel Decremps), Le Félibrige parisien durant l'entre-deux-guerres (1918-1940), Paris, Les Amis de la langue d'oc, 1987, p. 28 . Officier de l’Instruction publique, 1949 Majoral du Félibrige (Cigalo di Jardin, 1950)

Notes et références

Annexes Bibliographie Pierrette Bérengier, « La majouralo Marcello Drutel, l'Aubanelenco », Prouvènço d'aro, ,

. « Le désir et l’expression », Marsyas'', , ,

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