est un avocat japonais, une vedette de la télévision, le gouverneur de la préfecture d’Osaka de 2008 à 2011 et le maire de la ville d'Osaka de 2011 à 2015. Il est également un des fondateurs du Parti japonais de l'innovation.
Biographie avant l’entrée en politique Toru Hashimoto est né le à Tokyo. À la mort de son père, sa famille vint s’installer à Osaka alors qu'il était encore à l'école primaire. Il semble que ce furent des années pénible dans un quartier difficileE. Johnston, Hashimoto bows out amid controversy, Japan Times 31/10/2011, reproduisant les rapports sensationnalistes d'hebdomadaires japonais.. En raison de différents tabous concernant les burakumins, il est difficile pour la presse japonaise d'aborder la question de la jeunesse et des origines familiales de Toru HashimotoVoir, par exemple, E. Johnston, Hashimoto likens weekly's slur to hate speak, Japan Times 3/11/2012; Panel: Shukan Asahi story on Osaka mayor adds to discrimination, Asahi Shimbun 13/11/2012..
Hashimoto fut membre de l’équipe de rugby du , une école prestigieuse d’Osaka, et ils remportèrent plusieurs fois le championnat régional d’Osaka. Hashimoto est licencié en Sciences politiques et économiques de l’Université Waseda (1994). Quelques mois après être sorti de son université, il passa le concours d’entrée au barreau, un concours extrêmement sélectif au Japon. Il ouvrit son cabinet en 1998Biographie sommaire inspirée de l'annonce de son élection sur le site officiel de la Préfecture d'Osaka.. Après être apparu dans plusieurs programmes de télévision du Kansai, Hashimoto rejoignit l’équipe de la célèbre émission , où sa faconde et son humour purent se déployer et firent de lui une vedette du petit écran..
Hashimoto est marié ; il a trois fils et quatre filles.
Controverses Dans un pays où le sujet est parfois tabou, il a appelé pour que le Japon s’arme de la bombe atomiqueE. Johnston, Hashimoto elected governor of Osaka, Japan Times 28/01/2008; voir aussi E. Johnston, Hashimoto stuns 'addled' nuke foes, Japan Times 13/11/2012..
En 2007, Hashimoto a critiqué lors d’un programme télévisé (Takajin no Sokomade Itte Iinkai) la stratégie des avocats de la défense d’un assassin lors d'un procès célèbre, et il a appelé le public à pétitionner et demander une punition pour eux. Plus de personnes écrivirent à l’Association professionnelle des avocats du Japon demandant que l’on sanctionne ces avocatsP. Brasor, TV 'kangaroo courts' led by excitable pundits make joke of law, Japan Times 23/09/2007.. Ceux-ci intentèrent un procès contre Hashimoto. En première instance et en appel, il fut condamné à dédommager les plaignantsRedress owed by Hashimoto halved, Japan Times 03/07/2009..
Idées et principes politiques Toru Hashimoto est un homme politique populiste médiatique, qui aime à se présenter comme un homme du peuple à la parole libre, partisan du changement rencontrant l'opposition des fonctionnaires et des hommes politiques professionnels. En cela, il suit le modèle de Shintarō Ishihara, le gouverneur de Tokyo, ou de , l'ancien gouverneur de la Préfecture de Miyazaki. On l’a également comparé à Junichiro Koizumi et Ichiro Ozawa pour sa capacité charismatique à rassembler autour de lui, en dehors des structures politiques préexistantes, un groupe de fidèles prêts à défendre ses objectifsOsaka's Hashimoto mimics style of Koizumi, Ozawa, Asahi Shimbun 04/11/2011. Toru Hashimoto maîtrise les codes de la communication télévisuelle et des mass media; il est aussi un des hommes politiques japonais les plus actifs sur TwitterVoir E. Johnston, , The Japan Times 30/10/2012: en moyenne, 15 twits par jour entre janvier et août 2012, au point de risquer d'enfreindre la loi électoraleNoncandidate Hashimoto will keep using Twitter during campaign despite Internet ban, Japan Times 1/12/2012.. Toru Hashimoto est un adepte de la "politique du parler haut"A. Vaulerin, Poussée de nationalisme dans un Japon las du bipartisme, Libération 13/12/2012..
Hashimoto est un fervent partisan de la décentralisation du Japon et de sa réorganisation. Il souhaiterait constituer un grand bloc autonome du Kansai, qui regrouperait toutes les préfectures et grandes villes indépendantes qui y existent actuellementE. Johnston, A year in, Osaka Gov. Hashimoto on a roll, Japan Times 27/02/2009..
Toru Hashimoto a été vivement critiqué en après des déclarations controversées sur les "femmes de réconfort" de la Seconde Guerre mondiale et sur l'usage de la prostitution par les armées en généralVoir, par exemple, "Femmes de réconfort" de l'armée nippone: le maire d'Osaka prêt à s'excuser, AFP (Le Nouvel Observateur) 16/5/2013; , The Asahi Shimbun 16/5/2013.. On lui a ainsi reproché son manque de respect pour les femmes et pour l'égalité des genresI. Sakurai, Female lawmakers blast Hashimoto, call him the 'shame of Osaka', The Asahi Shimbun 16/5/2013., une attitude qui expliquerait la faible participation des femmes dans son parti et un manque d'attrait parmi les électricesE. Johnston, Mayor tells U.S. brass troops should use prostitutes. Hashimoto takes flak for sex slave rationale, Japan Times 15/5/2013..
Élection de 2008 À la suite de la décision surprise de Fusae Ohta de ne pas se présenter pour un troisième mandat à la tête de la préfecture, les différents groupes politiques d’Osaka s’agitèrent pour trouver et présenter des candidats. Après son refus initial et des tergiversationsVoir E. Johnston, , The Japan Times 30/10/2012, no. 10., Hashimoto accepta l’offre et le soutien du Parti Libéral-Démocrate et du Nouveau Komeito.
Aidé par sa notoriété télévisuelle, son dynamisme et son allant, ainsi que par ses contacts avec le monde des affairesVoir E. Johnston, Hashimoto advocate Sakaiya to advise Abe, Japan Times 12/8/2013., Hashimoto remporta une victoire éclatante, avec presque le double des voix du second à l’élection, Sadatoshi Kumagai, soutenu lui par le Parti Démocrate du Japon.
À 38 ans, il était alors le plus jeune gouverneur de préfecture du Japon.
Réalisations politiques à la tête de la Préfecture
Politique budgétaire La Préfecture d’Osaka, en 2009, avait accumulé plus de milliards de yens de dettes. En 2008, après avoir déclaré l'état d'urgenceT. Hashimoto, Greetings, Site officiel de la Préfecture 31/03/2008., Hashimoto a réussi à faire 110 milliards d’économieE. Johnston, A year in, Osaka Gov. Hashimoto on a roll, Japan Times 27/02/2009.
Certaines de ces coupes budgétaires firent beaucoup parler d’elles, parce qu’elles s’attaquaient à des organisations de défense des droits de l’homme (menace de suppression puis déménagement de l’association Human Rights Osaka loin du centre d’OsakaE. Johnston, Hashimoto's cost-cutting plans under fire, Japan Times 28/03/2008; HuRights Osaka), à des organisations féministes (le Dawn Center OsakaA. Terano, Pioneering women's center in Osaka slated for closure, Japan Times 25/03/2008; le Dawn Center est toujours actif en 2011.) ou à des associations d’aide aux burakumin. Les bibliothèques publiques de la Préfecture furent aussi affectées par l’austérité budgétaire.
Entre 2008 et 2017, le nombre de fonctionnaires employés par la préfecture est passé de 10.298 à 7.855; de même, l’assemblée régionale est passée de 109 sièges à 88Agence Jiji, 10 years on, Osaka fiscal reform started by Toru Hashimoto remains unfinished, The Japan Times (13 février 2018).
En bout de compte, sous le gouverneur Hashimoto, la situation budgétaire de la préfecture ne s'est pas améliorée, puisque, en , sa dette totale a dépassé de peu les milliards de yensE. Johnston, What's at stake in upcoming Osaka mayoral poll?, Japan Times 17/11/2011; voir aussi H. Iwaisako, What to Make of Hashimoto Tōru?, nippon.com 24/07/2012.. En 2016, le remboursement de la dette représente 18,4 % de ses rentrées.
Politique de l’éducation Toru Hashimoto a cherché à améliorer les écoles de la Préfecture d’Osaka et à renforcer le contrôle politique local sur celles-ci. Son parti (Osaka Ishin no Kai,”Le Groupe pour la Restauration d’Osaka”) a fait passer deux ordonnances destinées l’une à ce que le gouverneur de la Préfecture puisse orienter la politique de l’éducation, autrefois dirigée par un Comité ad hoc en théorie politiquement neutre et influencé par le gouvernement central de Tokyo, et l’autre à ce que les professeurs soient régulièrement évalués afin que les mauvais éléments puissent être écartés. Les critiques de Hashimoto estiment que l’association de ces deux mesures peut être dangereuse en ce qu’elles pourraient mener à orienter idéologiquement l’éducation en jugeant les professeurs non sur leurs capacités pédagogiques, mais sur leur soumission au pouvoir politiqueDon't rush to revamp local educational, Yomiuri Shimbun 26/09/2011. En particulier, le gouverneur Hashimoto a imposé le salut au drapeau national et l’exécution de l’hymne national (le kimigayo), ce que certains professeurs refusent de faire au nom du droit à la liberté d'opinion et d’expressionT. Hashimoto, Out of the question for teachers to refuse work order, Asahi Shimbun 16/08/2011; voir aussi Osaka passes 'Kimigayo' rule, The Yomiuri Shimbun 05/06/2011..
Toru Hashimoto et son parti ont aussi déclaré qu’il fallait que la compétition joue entre les écoles en donnant de l’autonomie aux chefs d’établissement, éventuellement recrutés dans le secteur privé. Ils souhaitent également que les parents puissent choisir librement l’école de leurs enfants, sans que l’on tienne compte, comme actuellement, de leur adresseR. Kanari, , Asahi Shimbun 20/10/2011. Les bonnes écoles seraient doublement récompensées, par l’augmentation de leurs effectifs et par l’octroi de primesE. Johnston, Governor pitches cash for TOEFL-sharp Osaka schools, Japan Times 20/01/2011.
Le problème des aéroports Alors que l’Aéroport International du Kansai (KIX) souffre de sous-utilisation et est en déficit, l’aéroport d’Itami est bénéficiaire. Cela s’explique en grande partie par la localisation des deux structures ; Itami, situé entre les Préfectures d’Osaka et de Hyogo, est relativement facile d’accès alors qu’aller au KIX, construit sur une île artificielle, exige du temps. Toutefois, il est certain que l’aéroport d’Itami représente actuellement un danger comme il se trouve en plein milieu urbain.
Face à ces problèmes de sécurité et au déficit croissant du KIX, le gouverneur Hashimoto a proposé de fermer l’aéroport d’Itami. Cette idée a rencontré la vive opposition de Toshizo Ido, le gouverneur de la Préfecture de Hyogo, et ne pourrait de toute façon être implémentée sans l’aval du gouvernement nationalVoir, par exemple, E. Johnston, Airport wars roil Kansai region, Japan Times 15/01/2010..
En 2013, les discussions étaient toujours en coursE. Johnston, Nippon Ishin gunning for Kansai domination, Japan Times 27/2/2013; ID., Ishin’s woes go beyond Hashimoto’s gaffes, Japan Times 20/7/2013.. Le , un candidat de Nippon Ishin no Kai, soutenu par Toru Hashimoto, a perdu l'élection à la mairie d'ItamiJRP-backed candidates suffer crushing defeats in 2 Hyogo mayoral elections, Mainichi Shimbun 15/4/2013., ce qui est sans doute un signe de la force de l'opposition locale aux projets de Toru Hashimoto.
En , Toru Hashimoto a suggéré que l'aéroport international du Kansai (KIX) pourrait accueillir un complexe de casinos, et son parti, la Nippon Ishin no Kai, souhaite déposer un projet de loi pour légaliser les casinos au JaponE. Johnston, Nippon Ishin bills seek casinos, dual-duty nod for Upper House ranks, Japan Times 8/6/2013..
Échec : déménagement de l’administration de la Préfecture