Peter Ustinov est un écrivain, comédien et metteur en scène de théâtre et de cinéma, scénariste et producteur de cinéma britannique, né le à Londres (Royaume-Uni) et mort le à Genolier (Suisse).
Parlant couramment plusieurs langues (l'anglais, le français, l'italien, l'allemand et le russe), il intervenait dans le doublage de ses propres films.
Biographie Ascendance Homme aux talents multiples, le baronTitre non russe, accordé par le royaume de Wurtemberg à (en russe : Платон Григорьевич Устинов) (1840–1918), hôtelier et collectionneur, grand-père de l'acteur. Issu d'une famille de récente noblesse russe, d'origine marchande, il se convertit au luthéranisme (vers 1876), devient sujet wurtembourgeois, puis s'installe en Palestine. Titre non reconnu au Royaume-Uni, patrie de l'acteur. Peter Alexander von Ustinow naît en 1921 à Swiss Cottage à Londres. Son père, Jona von Ustinov (en russe : Иона Платонович Устинов), mort en 1962, est mobilisé au Wurtemberg en 1914 et employé par les services secrets allemands. Installé en Grande-Bretagne dans les années 1920, il utilise le métier de journaliste comme couverture pour ses activités au profit de l'Allemagne. En 1935, il passeMax Hastings, The Secret War. Spies, Ciphers, and Guerrillas (1939–1945), Harper-Collins Publishers, New York, 2016, p. 11 . L'auteur note qu'il perd sa position de journaliste en 1935 du fait qu'il est juif. En réalité, selon l'autobiographie de l'acteur, Dear Me (1977), si son grand-père maternel (beau-père de Jonas), le missionnaire luthérien Moritz Hall (1838–1914) était effectivement d'origine juive (il venait de Cracovie), il s'était converti au luthéranisme et avait épousé en Palestine la protestante Katharina Zander (née Woizeru Walatta Iyasus Zander) (1850–1932), qui était allemande par son père, le peintre et conseiller militaire Eduard Zander (1813–1868), et éthiopienne par sa mère, Woizeru Essete Werq, fille d'un officier-général éthiopien, Meqado, lui-même (peut-être) descendant d'un aventurier portugais. En tenant compte de la conversion au luthéranisme de , son fils Jonas était donc de confession protestante ; c'est plutôt le fait qu'il soit né à Jaffa, en Palestine, où Platon s'était installé, qui a pu accréditer cette légende. au service du MI5 puis au MI6 pendant la Seconde Guerre mondiale Peter Day :Klop Ustinov, le plus ingénieux des espions britanniques — Noir sur Blanc 357 p., avril 2017, .. Il sera naturalisé britannique.
Sa mère, Nadejda Leontievna Benois (1896–1974), est une artiste-peintre d'ascendance russe, vénitienneElle était la fille de Léon Nikolaïevitch Benois (1856–1928), célèbre architecte russe, descendant d'un pâtissier et confiseur français installé en Russie, et de Marie A. Sapojnikova (1858–1938), fille d'un riche marchand d'Astrakhan ; par son père, elle descendait du compositeur vénitien Catterino Cavos (1775–1840), qui fit carrière en Russie. Il ne faut pas la confondre avec sa cousine, Nadiejda Mikhaïlovna Sapojnikova (1877–1942), elle aussi artiste-peintre. et française. Pendant la Révolution française, l'arrière-arrière grand-père de Peter, Louis-Jules Benois, émigra en Russie et devint cuisinier à la cour du tsar Paul I.
Études et débuts professionnels Peter Ustinov fait ses études à la prestigieuse Westminster School de Londres. Il envisage d'angliciser son nom en Peter Austin ; un de ses condisciples lui conseille de supprimer le « von » et de garder « Ustinov ». Il quitte la Westminster School à seize ans puis intègre la London Theater School, classe de M. Saint-Denis, pour suivre des cours d’art dramatique. Il y reste de 1937 à 1939.
Peter Ustinov intègre en 1937 le Payer's Club où il élabore ses propres sketches satiriques. En 1938, il commence une carrière d’acteur dramatique. Le jeune acteur suit des cours de théâtre, puis fait sa première apparition sur les planches, à l’âge de 18 ans, avec grand succès. Ustinov fait preuve très tôt d’un incroyable talent d’imitateur. Après des débuts de comique et d’imitateur dans les théâtres londoniens, il obtient en 1940 son premier grand rôle dans une revue.
C’est en 1940 également qu’il écrit sa première pièce de théâtre, Fishing for Shadows. Il joue également, cette même année, son premier rôle important dans la revue Swinging the Gate. 1940 est une année riche en événements pour Ustinov ; il met en scène la pièce de théâtre House of Regrets. Il poursuit dans ce domaine l’année suivante avec sa première mise en scène de théâtre, Squaring the Circle. S’ensuit alors une brillante carrière de près de soixante ans.
Seconde Guerre mondiale Engagé dans les commandos, Peter Ustinov rejoint à sa demande le service cinématographique des armées, où il fait la connaissance de David Niven. Celui-ci, chargé tout d'abord de réaliser un film de propagande, fait d'Ustinov son ordonnance ; avec Carol Reed, ils commencent à monter le film The Way Ahead. Parallèlement, le colonel Dudley Clarke leur donne l'ordre de trouver et former un acteur qui doit se faire passer pour le maréchal Montgomery : c'est l'opération Copperhead. Niven et lui mettent la main sur le lieutenant Clifton-James, qui leur paraît le meilleur pour le rôle.
Radio Entre 1952 et 1955, Peter Ustinov participe avec Peter Jones à la comédie In All Directions, adaptée pour la radio par la BBC, et dans laquelle ils interprètent les rôles de Morry et Dudley, deux gaillards stupides dans une voiture cherchant toujours Copthorne Avenue ; les épisodes se terminent invariablement par la phrase « Run for it, Morry ». Dans les années 1980, il participe également en France aux Grosses Têtes sur RTL.
Cinéma vignette|Peter Ustinov (à gauche), à l’aéroport d'Amsterdam-Schiphol le , venu aux Pays-Bas pour une interview par (à droite), diffusée dans une émission de télévision.
Peter Ustinov est notamment connu du grand public pour avoir interprété Hercule Poirot, le célèbre détective créé par Agatha Christie, à six reprises (Mort sur le Nil, Meurtre au soleil, Le Couteau sur la nuque, Meurtre en trois actes, Poirot joue le jeu, Rendez-vous avec la mort). Populaire, il joue dans plus de soixante-dix films, où il interprète des personnages divers.
Il débute au cinéma en interprétant un prêtre dans One of Our Aircraft Is Missing en 1943. En collaboration avec Eric Ambler, il écrit son premier scénario de film, The Way Ahead (1943). En 1945, Peter Ustinov vend son premier scénario de film, The True Glory. En 1946, il réalise son premier film et le coproduit : School for Secrets, pour le ministère de l'Aviation britannique, à partir d'une idée de l'officier du service des radars Patricia Moyes. Suivront les comédies Vice versa (1948) et Private Angelo (1949) ainsi que le drame d’aventures Billy Budd (1962) et la comédie Lady L (1965), tiré du roman de Romain GaryCritique du film par Marcel Lasseaux dans Livres de France, revue littéraire mensuelle : Françoise Mallet-Joris, février 1966, ..
Sur grand écran, Peter Ustinov se singularise aussi en jouant des personnages particulièrement couards et antipathiques tels que l’empereur Néron dans Quo Vadis (1951) de Mervyn LeRoy, le Monsieur Loyal qui exhibe Lola Montès dans le film homonyme (1955) de Max Ophüls, un trafiquant d’esclaves dans Spartacus (1960) ou un escroc dans Topkapi (1964). Ces deux dernières prestations lui valent un Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 1961 et 1965.
Peter Ustinov apparaît dans la mini-série Jésus de Nazareth (1977) de Franco Zeffirelli dans le rôle d'Hérode et prête sa voix au prince Jean dans le film d'animation Robin des Bois des studios Disney.
Au terme de sa carrière, il personnifie le comte de Mirabeau dans La Révolution française (1989) sous la direction de Robert Enrico.
Écrivain et conteur Acteur, metteur en scène, écrivain, Peter Ustinov est également connu pour ses talents de conteur. Il a même enregistré des disques qui connurent un véritable succès.
Homme de conviction Ambassadeur de l’UNICEF, Peter Ustinov se rend à Bruxelles au début de 1999, à l'invitation de Marc Lerchs et de Ghislain Belmans, les concepteurs d'Houtopia, la Cité des enfants à Houffalize, pour réaliser un tournage multimédia au Cirque Royal, destiné à expliquer les droits de l'enfant en cinq langues à des enfants entre 4 et 12 ans. Ustinov se rend aussi à Berlin en 2002, pour rencontrer les organisateurs du projet United Buddy Bears (en français Les Oursons unis). Il se prononce alors en faveur de l'ajout d'un ours irakien aux déjà représentés, chose faite un an plus tard, lorsqu'il inaugure, en qualité de parrain de l'édition 2003, la deuxième édition des United Buddy Bears à Berlin.
Peter Ustinov fonde l'Institut Ustinov en 2003 à Vienne — Site Institut Ustinov. ; l'institut est destiné à créer des universités au niveau international réunissant des connaissances sur les différentes cultures. Il œuvre aussi pour soutenir la création artistique et améliorer la situation sociale, spirituelle et médicale des enfants, sans distinction d'âge, d'origine ethnique ou de croyance religieuse Remise du prix Conscience planétaire à Peter Ustinov et présentation de son action humanitaire..
Il crée la polémique en avec une déclaration dans le journal britannique The European, où il affirme :
Dernières années vignette|Peter Ustinov en 1992 par Erling Mandelmann. Peter Ustinov meurt à Bursins (canton de Vaud) en Suisse dans la nuit du dimanche 28 au lundi à l'âge de d'une crise cardiaque consécutive à un diabète. Il est enterré au cimetière de Bursins. Assiste à ses obsèques la directrice de l'UNICEF, Carol Bellamy, qui représente à cette occasion Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies.
Vie privée vignette|Peter Ustinov avec son épouse Suzanne Cloutier et leur fille Pavla, dans les années 1950. vignette|Peter Ustinov photographié par Oliver Mark, Berlin 2003. Dans les années 1960, Peter Ustinov devient résident suisse afin d'échapper au système fiscal britannique, qui taxait fortement à l'époque les hauts revenus.
Il a été marié trois fois : de 1940 à 1945 avec Isolde Denham (1920-1987), fille de Reginald Denham et Moyna MacGill et demi-sœur d'Angela Lansbury. De cette union naît une fille, Tamara, née le ; de 1954 à 1971 avec Suzanne Cloutier (1923-2003), actrice et réalisatrice canadienne, dont il a trois enfants : Pavla (née le ), Igor (né le ) et Andrea (née le ) ; de 1972 à sa mort avec Hélène du Lau d'Allemans (1926-2014).
Il est apparenté de loin au célèbre ténor suédois Nicolai Ustinov, connu sous le nom de Nicolai Gedda.
En 2023, l'héritage de ses quatre enfants est mis en vente chez Sotheby's..
Théâtre Acteur
Auteur
Filmographie vignette|Peter Ustinov dans le rôle de Néron (Quo vadis 1951).
Acteur Cinéma
Télévision
Réalisateur
Scénariste 1944 : L'Héroïque Parade (The Way Ahead) de Carol Reed
Doublage
Publications
Distinctions
Récompenses
Voix françaises
Roger Carel dans : Spartacus L'Âge de cristal Le Trésor de Matacumba Mon « Beau » légionnaire Mort sur le Nil Le Voleur de Bagdad (téléfilm) Ashanti Docteur Snuggles (série télévisée d'animation — voix) La Révolution française Le Célibataire Alice au pays des merveilles (téléfilm) La Ferme des animaux (téléfilm - voix)
Lui-même dans : Topkapi Les Comédiens Chauds, les millions Un taxi mauve Meurtre au soleil Le Couteau sur la nuque (téléfilm) Meurtre en trois actes (téléfilm) Poirot joue le jeu (téléfilm) Rendez-vous avec la mort Lorenzo
Philippe Dumat dans : Robin des Bois (voix du Prince Jean) Objectif Lotus La Grande Aventure des Muppets (voix - doublé dans les années 90) Le Tour du monde en quatre-vingts jours (mini-série)
Jean Marchat dans : Quo Vadis Le Beau Brummel
Raoul Delfosse dans : Enquête à l'italienne Charlie Chan et la Malédiction de la Reine-Dragon
et aussi : Stéphane Audel dans L'Égyptien Émile Duard dans La Cuisine des anges Pierre Leproux dans Horizons sans frontières