Roger de Villiers, né le à Châtillon-sur-Seine, mort le , est un sculpteur français, particulièrement d'art sacré chrétien.

Biographie thumb|left|Sa demeure à Villiers-le-Duc dont il est maire. Roger Morel de Villiers, usuellement appelé Roger de Villiers, naît en dans l'hôtel de Clermont-Tonnerre à Châtillon-sur-Seine. Issu de la famille des Morel anoblis par charges en 1755 et seigneurs de Villiers-le-Duc et de Vanvey en Bourgogne, Roger est le fils de Charles Octave Morel de Villiers, propriétaire, et de Marie Culmet... Les parents de Roger de Villiers étaient connus dans le Châtillonnais pour leur engagement en faveur des pauvres, notamment dans l'organisation de « La Goutte de lait » qui visait à réduire la mortalité enfantine. Son père, officier catholique, démissionna en 1905 à l'époque de la Loi de séparation des Églises et de l'État. Ancien capitaine, il se remit aux études et obtint un doctorat de médecine. Il œuvra en soignant gratuitement les pauvres.

Les débuts Roger de Villiers est l'élève des sculpteurs Michel-Louis Victor Mercier et Victor Peter (1840-1918). Il commence à exposer ses sculptures à Paris à 23 ans en 1910, au Salon des artistes français..

Il participe à la Première Guerre mondiale d'abord comme simple soldat puis caporal au d'infanterie, combat près de Verdun et est blessé. Il est ensuite à l'armée d'Orient. Il se fait remarquer et termine la guerre comme officier. Il reste ensuite capitaine de réserve. Il reçoit la Croix de Guerre et la Légion d'honneur« Roger de Villiers et l'art sacré », dans Bourg-la-Reine magazine, juin 2009, 18..

thumb|right|upright|Statue de saint Jacques, Saint-Jacques de Neuilly. thumb|Vierge à l'Enfant à l'entrée de Notre-Dame du Mont-Carmel à Haïfa. Après la guerre, il reçoit au Salon des artistes français en 1920 une médaille de bronze, en 1922 une médaille d'argent, en 1927 une médaille d'or. Il est ensuite hors-concours, membre du jury.

Il est par ailleurs longtemps maire de Villiers-le-Duc.

En 1925, il aide Maxime Real del Sarte, partiellement amputé, à réaliser pour la ville de Rouen le Monument de la Victoire, ainsi qu'une statue de Jeanne d'Arc intitulée Jeanne au bûcherAgnès Callu, « La Jeanne au bûcher de Maxime Réal del Sarte », dans Jacques Thirion, Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud, Études d'histoire de l'art..., Librairie Droz, 2001, 345-357, notamment .. Il participe aussi aux monuments aux morts de Mende., de La Grand-Combe., de DijonMonuments de mémoire : les monuments aux morts de la première guerre mondiale, Mission permanente aux commémorations et à l'information historique, 1991, ..

Statuaire religieuse, art sacré Roger de Villiers se consacre ensuite essentiellement à la statuaire religieuseLa Revue de l'art ancien et moderne, volume 54, , Georges Petis, 1928.. Il est jugé être plutôt un « modeleur » qu'un « tailleur » de matériauGustave Arnaud d'Agnel, L'art religieux moderne, volume 2, B. Arthaud, 1936, 103.. Ses œuvres présentent un « juste milieu » dans l'originalité, sont facilement acceptées et deviennent populairesÉtudes, 1933, 320..

Il est un des premiers artistes à participer aux Ateliers d'art sacré à leur création en 1919. Il prend ensuite la direction de la partie « sculpture » de ces AteliersJoseph Pichard, L'Art sacré moderne, B. Arthaud, 1953, 48.Catherine Verleysen, Maurice Denis et la Belgique, 1890-1930, Universitaire Pers Leuven, 2011, 135..

Il sculpte sainte Jeanne d'Arc pour la façade de l'église Saint Joan of Arc de Farnham (Surrey)Hervé Cabezas, « Le culte de Jeanne d'Arc en Grande-Bretagne », dans Revue d'archéologie moderne et d'archéologie générale, Presses Paris Sorbonne, 1986, 168 et 183., sainte Thérèse de Lisieux pour l'église Sainte-Cécile de Graville.. Il est l'auteur en 1931 de « Notre-Dame des missions », grande Vierge à l'Enfant pour la chapelle du pavillon des missions catholiques à l'exposition coloniale ; cette chapelle est ensuite déplacée et reconstruite en béton, c'est l'actuelle église Notre-Dame-des-Missions d'Épinay-sur-SeineGeorges Monmarché, Paris et sa proche banlieue, Hachette, 1960, 473.J. L. Françoisprimo, Histoire universelle des missions catholiques..., Grund, 1958, ..

Villiers réalise diverses statues pour d'autres églises : Saint-Dominique à Paris en 1926Églises parisiennes du vingtième siècle, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 1996, 191., Saint-Nicolas de Coullemelle., Saint-Just et Saint-Pasteur de Loudenvielle., Saint-Hippolyte de Crosmières., et le chemin de croix de Sainte-Marie-Madeleine de Cizancourt.. Pour l'église du Sacré-Cœur de Dijon, il sculpte vers 1932 les tympans extérieurs, dont un avec les principaux saints de BourgogneAnnales de Bourgogne, volumes 17 à 18, Centre d'études bourguignonnes, 1965, 230.. Il est encore l'auteur de la statue de « Notre-Dame-des Ailes » dans l'église de Diors dans l'Indre (bénie le ).

Au salon de 1933 à Paris, il expose un « très beau » Père de FoucauldRevue des deux Mondes, 1933, 395.. L'année suivante, il présente une sainte Geneviève à l'exposition internationale de sculpture de RomeJean-Marie Aubert, Jean Gaudemet et al., Histoire du droit et des institutions de l'Église en Occident..., Sirey, 1984, ..

Statue monumentale de Notre-Dame de France thumb|upright|Statue monumentale de Notre-Dame de France.

Une des œuvres majeures de Roger de Villiers est la grande statue de la Sainte Vierge qu'il sculpte pour le pavillon du Vatican à l'Exposition de 1937. La statue fait de haut et culmine en haut du pavillon pontifical. Elle est appelée et surnommée la « Vierge du campanile ». Œuvre de Roger de Villiers, elle est réalisée par le ferronnier d'art Raymond SubesL'Illustration, 1937, 491.Site www.expositions-universelles.fr, 1937, exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne. Raymond Subes et le pavillon pontifical.. Villiers obtient le « Grand Prix » à cette exposition.

En 1938, le cardinal Verdier souhaite que cette statue soit élevée sur une des collines environnant Paris. Le projet est ajourné à cause de la Seconde Guerre mondiale ; jusqu'en 1982, la statue surplombe le clocher de l'église Saint-Honoré d'AmiensLudovic Laloux, Passion, tourment ou espérance ? Histoire de l'apostolat des laïcs, en France, depuis Vatican II, Éditions François-Xavier de Guibert, 2003, 218.. Cette statue est réinstallée sous son vocable originel de « Notre-Dame de France » à Baillet-en-France en 1988, au cours d'une cérémonie présidée par le cardinal Lustiger, en présence du nonce apostolique, de sept évêques et de pèlerinsL'Express, « Ils vous saluent Marie »..

Autres réalisations Villiers sculpte aussi quelques œuvres profanes comme Les eaux thermales pour le pavillon du thermalisme à la même Exposition de 1937Emmanuel Bréon, Michèle Lefrançois, Pierre Rosenberg, Le musée des années 30, Somogy, 2006, 74..

Il réalise une grande partie de la statuaire de l'église Saint-Nicaise à Reims., avec le groupe sculpté Adoration de l'Enfant Jésus, la statue de saint Nicaise et celle de sainte Jeanne d'Arc. Il réalise également le Sacré-Cœur extérieur de l'église Notre-Dame-des-Otages à Paris en 1936, la statue de saint Jacques le Majeur en grandeur nature à côté de l'église Saint-Jacques de Neuilly-sur-Seine.. En style gothique, il sculpte en haut-relief une Vierge à l'Enfant dans un médaillon avec mandorle, au-dessus du portail de Notre-Dame du Mont-Carmel, à HaïfaSilvano Giordano, Girolamo Salvatico, Le Carmel en Terre Sainte: des origines à nos jours, Mediaspaul Éditions, 1995, 193-194..

Chemin de croix intérieur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal thumb|alt=Photo de l'intérieur d'une grande église, avec à droite vue sur la nef et l'autel moderne, à gauche panneau en bas relief représentant la crucifixion|Nef de l'Oratoire Saint-Joseph avec une station du chemin de croix de Roger de Villiers. À partir de 1955 jusqu'à sa mort, Roger de Villiers réalise un grand chemin de croix, grandeur nature, installé autour de la nef de la basilique de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Enthousiaste, il écrit : . Quatre premières stations sont envoyées par bateau et installées en 1957. Il termine six autres stations en 1957 et 1958, et donne les consignes à son fils pour terminer son œuvre. Il meurt en juin 1958. Le chemin de croix complet est installé en 1960 ; il est jugé , et il « Le chemin de croix de Roger de Villiers », dans Denise Robillard, Les Merveilles de L'Oratoire : L'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, 1904-2004, Editions Fides, 2005, , 359, 366-370, 382, 394, 455, 467..

Distinctions et hommages Il est fait chevalier le 3 avril 1924 par le général Charpy.

Grand Prix de l'Exposition de 1937. Médailles de bronze (1920), d'argent (1922), d'or (1927) au Salon des artistes français, puis hors concours, membre du jury. Membre de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 1947Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, 1947, .. Une plaque commémorative est apposée en 2009 sur son ancienne demeure à Bourg-la-Reine.

Sources bibliographiques

« Villiers, Roger de », dans . « Le chemin de croix de Roger de Villiers », dans Denise Robillard, Les Merveilles de L'Oratoire : L'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, 1904-2004, Editions Fides, 2005, , 359, 366-370, 382, 394, 455, 467. « Roger de Villiers et l'art sacré », dans Bourg-la-Reine magazine, , 18. .

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Ateliers d'art sacré Sculpture Exposition universelle de 1937 • Statue de Notre-Dame de France (Baillet-en-France) Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

Liens externes

Catégorie:Sculpteur français du XXe siècle Catégorie:Sculpteur d'art sacré Catégorie:Art sacré contemporain Catégorie:Personnalité liée à Bourg-la-Reine Catégorie:Personnalité liée au Châtillonnais Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1924 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Naissance en juin 1887 Catégorie:Naissance à Châtillon-sur-Seine Catégorie:Décès en juin 1958 Catégorie:Décès à Bourg-la-Reine Catégorie:Décès dans le département de la Seine Catégorie:Décès à 71 ans