alt=Salle au Tribunal de Commerce de Paris|vignette|Tribunal de commerce de Paris, coursives. alt=La salle des pas perdus au tribunal de commerce|vignette|Salle des pas perdus.
Le tribunal de commerce de Paris est un bâtiment situé sur la rive nord de l'île de la Cité à Paris, abritant le tribunal des activités économiques de la capitale française, anciennement appelé tribunal de commerce.
Situation et accès Situé entre le quai de la Corse, le boulevard du Palais, la rue de Lutèce et la rue Aubé (4 arrondissement), il est construit de 1860 à 1865, selon les plans de l'architecte Antoine-Nicolas Bailly (1810-1892), sur ordre de l'empereur Napoléon III.
Palais du tribunal de commerce de Paris 150px|thumb|gauche|Panneau.
Bâtiments précédents
La juridiction consulaire de Paris a siégé brièvement à sa création en 1563 dans l'abbaye Saint-Magloire, avant de s'installer de manière pérenne en 1570 dans l'hôtel des Juges-Consuls, rue du Cloître-Saint-Merri. À la suite du percement de la rue du Renard, elle déménage en 1826 au palais Brongniart, qu'elle se partage avec la bourse des valeursVoir Édouard Baldus, La Bourse, photographie prise entre 1851 et 1870, alors que la façade du bâtiment porte encore l'inscription « Bourse et Tribunal de Commerce »..
Afin de faire place à la construction d'un nouveau bâtiment qui lui sera entièrement destiné, la partie ouest de la rue de la Pelleterie est déblayéeFrères Avril, Plan d'expropriation pour la construction de la préfecture de police et du marché aux fleurs, Paris, imp. Lemercier, 1860 . Le bal du Prado, qui se trouvait à l'angle de la rue de la Pelleterie et de la rue de la Barillerie (actuellement boulevard du Palais), est démoli en 1858. Il occupait le théâtre de la Cité-Variétés, lui-même construit à l'emplacement de l'église Saint-Barthélemy. La construction du tribunal entraine également la disparition de la rue du Marché-aux-Fleurs, percée en 1812 à l'emplacement de l'église Saint-Pierre-des-Arcis.
Description Le corps de logis se présente sous la forme d'un quadrilatère de 50 sur 70 mètres de côtés couronné d'une coupole à huit pans de 45 mètres. L'édifice s'inspire de l'hôtel de ville de Brescia, en Italie, que l'Empereur admirait particulièrement.
Sa façade principale ouest, sur le boulevard du Palais, ne comporte qu'un seul étage, surmonté d'un attique. Au rez-de-chaussée, un avant-corps central est percé de cinq grandes arcades en plein cintre. Les pavillons d'angle sont aussi faiblement accusés que l'avant-corps central ; c'est le défaut habituel des constructions modernes ; elles manquent de saillies prononcées.
La façade du nord palais, sur le quai de la Corse, offre trois arcades portées par des colonnes de style composite, que surmontent les statues de la Loi, par Elias Robert, de la Justice par Jacques-Marie-Hyacinthe Chevalier, de la Fermeté par Louis-Adolphe Eude, et de la Prudence par Jules Salmson. Au-dessus d'elles règne un fronton en attique que supportent quatre figures décoratives de Albert-Ernest Carrier-Belleuse. La façade sud, sur la rue de Lutèce, répète la façade nord. La façade est, sur la rue Aubé, ne répète rien et ne représente rien. Les arcades de la façade principale ouvrent sur un grand vestibule d’où l'on monte à la salle des Pas Perdus et aux salles d’audience par un escalier dont l'aspect monumental et la riche décoration ne compensent pas la raideur de ses marches. Elle est ornée de peintures dues à Joseph-Nicolas Robert-Fleury et rappelant les fastes de la juridiction consulaire depuis Charles IX jusqu’à Napoléon III. La rue Aubé fait référence à Ambroise Guillaume Aubé, qui fut président du Tribunal de commerce de ParisPromenade dans toutes le rues de Paris par le marquis de Rochegude (1910)Quelques mots sur Ambroise-Guillaume Aubé.
La coupole, qu'on a beaucoup critiquée, a cependant un double caractère historique. Elle reproduit, sur le désir exprimé par l'Empereur, le trait principal d'une petite église que ce dernier apercevait à sa gauche, émergeant des bords du lac de Garde, pendant qu'il attendait les résultats de l'attaque qu'il venait d'ordonner sur la tour de Solférino. Ce petit bourg perdu dans les arbres, c'était Desenzano, et Bailly, en élevant la coupole octogonale du Tribunal de commerce, a doté Paris d'un souvenir consacré à la glorieuse bataille du .
Cette coupole excentrée est une volonté du baron Haussmann. En effet, lors de la création de ses boulevards parisiens ce dernier voulait que chaque boulevard soit terminé par un bâtiment reconnaissable. Il a donc exigé de son architecte, Antoine-Nicolas Bailly, que celui-ci aligne la coupole avec le boulevard Sébastopol nouvellement rénové, au détriment de la symétrie du bâtiment. Dans ses Mémoires, le baron regrette que le tracé du boulevard de Sébastopol n’ait pas été imperceptiblement plus à l’est, de façon à donner comme perspective le dôme de la Sorbonne.
Galerie
Historique de la juridiction
Présidents
Le président du tribunal est dans l'ordre de préséance à Paris.
Hippolyte Ganneron Jean-Baptiste Drouin Ernest Goüin Guillaume Denière Charles Alloën-Bessand 1899-1901 : Victor-François-Paul Legrand Jacques Carcassonne 1984-1988 Jacques Bon 1988-1992 : Philippe Grandjean. 1992-1996 : Michel Rouger. 1996-1999 : Jean-Pierre Mattei 1999-2004 : Gilbert Costes 2004-? : Perrette Rey 2012-2015 : Frank Gentin 2016-2019 : Jean Messinesi. 2019-2024 : Paul-Louis Netter. Depuis 2024 : Patrick Sayer
Juges
Dominique-Paul Vallée
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Rue Aubé Greffier du tribunal de commerce Transformations de Paris sous le Second Empire Marché aux fleurs Reine-Elizabeth-II
Liens externes Le tribunal de commerce au XIX siècle Visite du tribunal de commerce et explications historiques
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