Le col de l'Épine est un col de montagne routier situé à d'altitude et traversant la chaîne de l'Épine dans le massif du Jura. Il est situé dans le département de la Savoie et relie Nances et Novalaise, dans l’Avant-Pays savoyard, à Chambéry. Le col est rallié et franchi par la route . Depuis l'ouverture du tunnel autoroutier de l'Épine, il est l'un des cols les plus bas en altitude à être fermé en période hivernale.
Toponymie Le col de l'Épine tient son nom de la chaîne qu'il traverse selon un axe est-ouest. Plusieurs explications sont avancées pour trouver l'origine du nom de cette chaîne.
La première tient de l'ordre du récit légendaire où le seigneur Guillaume de Montbel aurait participé à la Croisade (1248-1250) aux côtés de saint Louis et qu'il aurait obtenu du roi de Palestine une épine de la Sainte Couronne du Christ, qu'il aurait ramenée sur ses terres ( lire en ligne).. Placée dans la chapelle castrale, le nom serait passé par l'usage au château, situé à Nances. Adolphe Gros souligne toutefois que le nom de l'Épine est celui d'une famille déjà mentionnée aux siècles précédents.
Il propose une seconde explication, , le mot « Épine », dérivant du latin , désigne . Cette hypothèse, « couverte de buissons », est retenue par Ernest Nègre pour qualifier le mont.
Une troisième explication est avancée dans une brochure sur l'Avant-pays savoyard, éditée par le Conseil général de la Savoie, qui verrait dans le toponyme un rapprochement avec le dieu celtique Pen qui, en plus du terme « Épine » aurait également donné le nom « Lépin » à la commune de Lépin-le-Lac au pied ouest de la chaîne.
Géographie Situation thumb|upright=1.2|gauche|Carte topographique du col. thumb|La ville et la cluse de Chambéry vues depuis la D 916 en arrivant près du col.
Le col de l'Épine est situé sur le territoire de la commune de La Motte-Servolex. Il domine la vallée du lac d'Aiguebelette, située à l'ouest, de plus de et le bassin de Chambéry, situé à l'est, de plus de . Le col se trouve au nord de la chaîne de l'Épine et est dominé par le sommet du Belledigue, culminant à d'altitude et situé à au nord-nord-ouest du col.
Géologie Le col de l'Épine est creusé dans les calcaires du Portlandien (Jurassique supérieur). Il est dominé par des collines constituées de matériaux apportés par le glacier de l'Isère qui franchissait le col lors de la glaciation de Würm pour alimenter le lobe lyonnais ; parmi ces matériaux a été découvert un bloc erratique de constitué d'un conglomérat permo-carbonifère probablement originaire de la Maurienne ou du val d'Arly .. Sur le flanc ouest de la montagne, apparaît à l'affleurement une faille probablement extensive antérieure au plissement qui contourne le col par le nordCarte géologique de la France au 1/50 000 consultée sur InfoTerre (feuille de Chambéry)..
Histoire Dans l’Antiquité, la chaîne de l'Épine a été considérablement aménagée de voies romaines liant des lieux divers en passant par différents cols. Ainsi « le chemin de col de l'Épine » aurait été utilisé par les Romains pour lier directement Chambéry à Novalaise. Les principaux axes commerciaux romains desservaient le col Saint-Michel et le col du Chat (situé sur le mont du Chat dans le prolongement nord de la chaîne), notamment en raison de leur altitude moins élevée ( pour le col du Chat). Ainsi, le col de l'Épine semble n'avoir été qu'un chemin d'intérêt local, bien que jugé assidûment fréquenté durant l'époque romainePersee.fr - Deuxième partie: l'Homme et son œuvre.
Au cours du Moyen Âge, la principale route commerciale s'impose peu à peu comme étant celle du col Saint-Michel. À partir du , divers récits de voyage mentionnent toujours les passages pour se rendre en Italie par le col Saint-Michel et le col du Chat, avec malgré tout un avis commun jugeant du mauvais état de la « route d'Aiguebelette » (passant par le col Saint-Michel). Toutefois, lorsque le duc Charles-Emmanuel II de Savoie décide de percer la route des Échelles au niveau des grottes des Échelles en 1652, cette route beaucoup plus simple et rapide d'accès marque la fin progressive du passage par le col Saint-Michel et des autres déjà moins fréquentés comme le col de l'Épine ou encore le col du Crucifix et deviennent des « voies secondaires ».
Le rapport de Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau, alors préfet du département du Mont-Blanc, juge en 1802 la route d'Aiguebelette si dégradée qu'elle en est souvent dangereuseJean-Joseph de Verneilh-Puyraseau, Statistique du département du Mont-Blanc, 1802. Concernant plus spécifiquement le col de l’Épine, ce-dernier dira aussi : « À voir un pareil chemin, on croierait impossible d'y passer à cheval ; c'est pourtant la seule communication du canton de Novalaise avec le marché de Chambéry, où les grains de cette contrée descendent régulièrement chaque semaine. »
Fin , le col de l’Épine aurait été emprunté par les armées autrichiennes lorsque l'Empire napoléonien, affaibli après la retraite de Russie, fut attaqué par les troupes alliées. De nombreux écrits mentionnent le franchissement de la montagne de l'Épine par environ 500 hommes ayant emprunté le « col de Novalaise »Le passage des Autrichiens en 1814, un exploit si l'on en juge par l'état de la route (décrit quelques années plus tôt par De Verneilh-Puyraseau) et la grande rudesse de ce mois de . L'objectif aurait été de contourner les troupes françaises, stationnées entre autres au col voisin du Crucifix, pour ensuite prendre le contrôle du poste télégraphique Chappe situé au sommet de ce dernier.
À la suite de l'annexion définitive de la Savoie à la France en 1860, un « service vicinal » est créé afin de mettre en place une série de chemins vicinaux pour répondre aux besoins de communication locales et régionales. Sont alors listés les chemins d'intérêt commun ou de moyenne communication parmi lesquels figure celui de Chambéry à Novalaise, dont l'actuel tracé routier dessert le col de l'Épine.
Cyclisme Tour de France thumb|Indication de l’ouverture du col à Saint-Sulpice (côté Chambéry).
Le Tour de France est passé trois fois par le col lors des éditions de 1947, 1965 et 1968 où il a été classé en . Voici les coureurs qui ont franchi les premiers le colLe dico du Tour - Le col de l'Épine dans le Tour de France :
1947 : Apo Lazaridès () ; 1965 : Gianni Motta () ; 1968 : Aurelio González Puente ().
Critérium du Dauphiné Ce col fut grimpé sur la étape du critérium du Dauphiné 2019, constituant la première difficulté et classé en première catégorie. Il est prévu de même sur la du critérium du Dauphiné 2020.
vignette|none|Panneau au col de l'Épine.
Voir aussi
Articles connexes Liste des cols du massif du Jura Col du Chat Liste des ascensions du Tour de France dans le massif du Jura
Notes et références
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