Le siège de Paris de 1590 désigne la tentative d'Henri IV, roi de France, de s'emparer de la ville de Paris. Il oppose les troupes royales commandées par le roi à la Ligue catholique commandée par le duc de Nemours.

Le siège de Paris est l'un des épisodes de la huitième guerre de religion.

Henri IV échoue à cause de l'intervention, en faveur de la Ligue, de l'armée d'Alexandre Farnèse, gouverneur des Pays-Bas espagnols.

Préambule Après que l’Espagne a envoyé des renforts des Pays-Bas espagnols et que le duc de Mayenne eut fait une sortie en , afin de reprendre le contrôle de zones d’approvisionnementMiquel, , Henri IV entame le siège d’Évreux pour fermer la vallée de l’Eure et protéger la Normandie, lorsque Mayenne arrive sur ses arrières. Le , c’est la bataille d'Ivry : après un combat furieux à un contre deux, l’armée royale met en déroute les Ligueurs, qui fuient vers Chartres, Mayenne allant même jusqu’à Nantes. Les lansquenets prisonniers sont massacrés, les Suisses sont épargnés .

Cette déroute ne décourage pas les meneurs parisiens. Ils la cachent d’abord, puis l’annoncent comme un châtiment divin. Ceux qui parlent de paix sont jetés à la Seine.

Alors que les troupes royales ont pris Mantes, Vernon et mis un semblant de siège devant Pontoise, les autorités parisiennes commencent, le , à mettre la ville en état de défense. La garnison est renforcée par l’arrivée de Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours et de Claude d'Aumale de retour d’Ivry.Le duc de Nemours organise la défense de la ville pour la garde des places publiques, des portes, des remparts et murs de la ville et des quartiers. Il fait rentrer une grande quantité d’approvisionnement en nourriture et en munitions. Il ordonne l’établissement de garnisons composées de et en plus de la noblesse.

L'investissement Pendant ce temps, Henri IV arrive avec une armée de qu'il divise en dix corps afin d'investir totalement ParisPierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du volume 12 page 267. Des corps de cavalerie sont envoyés dans la région de Palaiseau et de Longjumeau afin d'empêcher les vivres et munitions d'entrer dans la ville.

Le , les troupes du roi de France sont à Corbeil. Le lendemain, elles soumettent les régions de Brie-Comte-Robert et Lagny-sur-Marne, puis de Montereau et de Moret-sur-Loing avant de mettre le siège devant Melun. Une partie de l’armée royale se dirige ensuite sur Provins, Bray-sur-Seine et Nogent-sur-Seine qui se rendent sans résistance. Le , la petite garnison de Sens capitule, Henri IV peut alors mettre son armée en marche contre Paris.

Après avoir mis le siège devant Saint-Denis, le le roi de France commence l’investissement de Paris, ses troupes occupent les alentours de Saint-Denis et les villages de Gonesse, Louvres, Le Bourget, puis prennent possession, le , des ponts de Saint-Maur, de Charenton et de Saint-Cloud. Le , le roi Henri IV, accompagné de François de La Noue, apparaît au sud de Paris. Les troupes contournent la ville puis, se dirigeant vers le nord, se présentent aux abords des faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin. Une troupe de attaque immédiatement, renverse les barricades, mais est repoussée par des défenseurs postés sur les remparts. Les assaillants perdent une centaine d’hommes et sont contraints de se replier sur Montfaucon emmenant avec eux leur capitaine, François de La Noue blessé. Les troupes royales occupent alors les villages entre Saint-Denis et Paris ainsi que Pantin, Aubervilliers, Saint-Ouen, La Chapelle, Montmartre où le roi installe, dans l'abbaye de Montmartre, son quartier général pour y diriger les opérations.

Vers la mi-mai, la garnison de Saint-Denis fait une sortie contre les troupes royales installées à Aubervilliers au cours de laquelle elle fait plusieurs prisonniers.

Le reste du mois de mai et la première quinzaine de juin se passent sans combat sinon la prise de la ville et du château de Beaumont-sur-Oise qui tombent après un mois de siège.

Le , le roi de France, apprenant que le duc de Mayenne et son armée approchent de Laon, envoie des troupes à Senlis et Compiègne et fait dresser deux batteries d’artillerie .

Le , une délégation parisienne partie chercher du secours auprès du duc de Mayenne est interceptée à Aubervilliers. Henri IV renvoie la délégation dans la capitale en la chargeant d'exhorter les habitants à le reconnaître comme roi, de se rendre et se soumettre à son obéissance en leur promettant sûreté et liberté de conscience et de religion. La demande royale est rejetée, le siège de Paris commence.

Le siège

vignette|Paris à la fin du par Karl Spruner von Merz. Paris étant investie depuis plus d’un mois, le siège jusque-là « passif », avait empêché les vivres d'entrer dans la ville, ou, du moins, en quantité suffisante. Dans tous les quartiers de la ville, un conseil composé de 10 personnes est chargé du pouvoir de police et de la distribution de nourriture. Le blé venant à manquer . Avec l'envolée du prix du blé, la population mange les chevaux, les ânes, les chats et les rats, puis elle consomme les feuilles de vigne, l'herbe et l'ardoise pilée et enfin s'adonne au cannibalisme.

au : dans la nuit, un groupe de lansquenets qui étaient de garde à la porte de Nesle sortent par le faubourg Saint-Germain et se dirigent vers Grenelle où ils interceptent une colonne de soldats du roi venant de Saint-Cloud et font une douzaine de prisonniers. : les assiégeants sont repoussés du faubourg Saint-Martin où ils étaient entrés. : une centaine de lansquenets parisiens, sortis de la ville pour aller cueillir des pois et des fèves vers le village de Vaugirard, sont chargés par la cavalerie ennemie ; le groupe revient dans Paris avec six tués et plusieurs blessés. : les troupes assiégeantes lancent, contre le faubourg Saint-Denis, un nouvel assaut qui est repoussé ; les défenseurs font une douzaine de prisonniers. : les soldats d’Henri IV venant du Roule et de Chaillot, entrent à partir des Tuileries dans le faubourg Saint-Honoré, tuent quelques soldats puis se replient en emmenant une vingtaine de prisonniers. : nouvelle attaque contre le faubourg Saint-Honoré qui est repoussée ; les troupes du prince de Conti et du maréchal d'Aumont qui viennent renforcer le dispositif d’encerclement, vont tenir garnison à Saint-Cloud. : les assiégés font deux sorties, l'une au nord par le faubourg Saint-Denis et l'autre au sud par le faubourg Saint-Germain qui sont sans effet. : escarmouches près de Vaugirard entre une trentaine de cavaliers accompagnés de piétons venant de Paris et les troupes de Conti et d'Aumont. : une troupe royaliste qui campait à Montmartre attaque la ville en s'approchant du boulevard du Moulin et du marché aux Pourceaux ; ils sont repoussés par l'artillerie située sur les remparts entre les portes Montmartre et Saint-Honoré ; les troupes qui campaient à Saint-Cloud attaquent le faubourg Saint-Germain puis se retirent ; dans la nuit, de ces mêmes troupes pénètrent de nouveau dans le faubourg Saint-Germain avant de se replier après avoir perquisitionné plusieurs maisons. : partis de Montfaucon, 600 hommes à pied soutenus par des cavaliers attaquent la porte du Temple et sont repoussés par les Suisses ; les Parisiens font une sortie en direction de Vaugirard et du Pré-aux-Clercs et reviennent avec six prisonniers. : partant de Saint-Cloud, les troupes d'Henri IV entrent dans les faubourgs Saint-Germain, Saint-Jacques et Saint-Marceau ; ils brûlent les grains en gerbes et mettent le feu à certains endroits, pillent l'hôpital Saint-GermainL'hôpital Saint-Germain est une ancienne maladrerie convertie en hôpital en 1544. Il était situé faubourg Saint-Germain et non loin de l'abbaye puis se retirent en blessant à coups d'épée et de coutelas les gens qu'ils rencontrent dans les champs. : assiégée depuis le mois de mai, la garnison de Saint-Denis en France capitule et est autorisée par le roi Henri IV à se retirer vers Meaux ; le même jour a lieu un duel, , entre le sieur de Montglas du parti royaliste et le baron de Contenant du parti ligueur. Ce duel, à trois sortes d'armes, autorisait à chacun une lance, un coup de pistole et trois coups de coutelas. Montglas est blessé à la cuisse par le coup de pistole, les deux chevaux blessés par un coup de coutelas sur la croupe et les deux hommes se séparent après le duelHistoire de France depuis l'établissement de la monarchie française Par Gabriel Daniel. : le chevalier d'Aumale, à la tête de 200 lansquenets, effectue une sortie par la porte Saint-Antoine jusqu'aux environs de l'abbaye ; après avoir fait fuir les ennemis, les soldats et plus de enlèvent et emmènent dans la ville le bétail, les grains, les gerbes et autres denrées. : furieux d'avoir été chassés la veille, les royalistes brûlent les champs de blé situés derrière le couvent des Chartreux et l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés ; ils lancent également une attaque au nord, contre les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, renversent les premières défenses et pénètrent dans les quartiers Saint Ladre et Saint-Laurent, mais sont finalement repoussés par les défenseurs. : soutenus par 200 cavaliers attaquent le faubourg Saint-Germain ; repoussés à coup de canon, ils s'installent dans les villages de Vaugirard, Issy et Meudon. : le seigneur de Châtillon, avec à pied et 400 cavaliers, vient renforcer les troupes royales, et loge à Gentilly. : nouvelle sortie des lansquenets et autres soldats et des habitants de Paris pour cueillir des grains, la disette s'étant installée dans la ville ; les pauvres et la plupart du peuple n'ont plus les moyens d'acheter du blé devenu hors de prix ; ils sont contraints de se nourrir de ; en outre, le beurre, le lait manquaient, le fourrage pour les bêtes également ; le prix du lait, vendu cinq sols la pinte au début du siège, passa à 8, 10, 15, 20, 24, 30, 35 et 40 sols ; la livre de beurre s'achète 12 puis 15, 20 et trente sols allant même à 3 ou 4 livres tant qu'on put en trouver ; on trouvait du blé à grand peine ; ceux qui en possédait encore, le vendaient à prix d'or, 30 écus le setier, puis 40, 50… 120 écus ; à cette date, les taverniers et bourgeois vendant du vin avaient fermé ; on en trouvait encore à 8, 10 puis 20 sols la pinte. 200px|vignette|Le faubourg Saint-Marceau (aujourd'hui faubourg Saint-Marcel) : plusieurs compagnies du seigneur de Châtillon attaquent et pillent l'abbaye des Cordelières du faubourg Saint-Marceau ; le Henri IV envoie une lettre aux prévôt des marchands et habitants de Paris les exhortant à se rendre à lui et à le reconnaître en tant que roi de France. : nouvelle attaque des compagnies du seigneur de Châtillon contre l'abbaye des Cordelières ; ils chassent les religieuses de l'abbaye, puis poussent l'attaque sur le bout du faubourg Saint-Médard ; après plusieurs escarmouches, ils se replient et se barricadent dans l'abbaye après avoir ravagé les églises.Le chevalier d'Aumale fait une sortie par la porte Saint-Antoine avec 120 cavaliers et 400 soldats, sortie qui se solde par la capture d'une cinquantaine de prisonniers dont le sieur d'Andelot, frère du seigneur de Châtillon et fils de l'amiral de Coligny, qui est enfermé dans une maison rue de la Harpe ; dans la nuit, un petit nombre d'assaillants attaque du côté du faubourg Montmartre ; chassés à coup de canon, ils refluent par le boulevard du Marché-aux-Chevaux près de la porte Saint-Honoré, en dehors de la ville, mettent le feu à deux moulins puis se retirent. : accrochages vers Saint-Médard et à la porte Saint-Antoine.