Femen (aussi écrit FEMENDans de nombreuses sources, Femen est écrit en majuscules (FEMEN) mais il ne s'agit aucunement d'un acronyme. ; translittération du nom ) est un groupe féministe d'origine ukrainienne, fondé à Kiev en 2008 par Anna Hutsol, Oksana Chatchko et Oleksandra Chevtchenko. Le mouvement est depuis représenté dans huit pays. Sa présidente au niveau international est Inna Chevtchenko.

Le groupe se fait connaître internationalement en organisant des protestations publiques dans lesquelles ses militantes s'exposent fréquemment seins nus avec des slogans écrits sur le corps, dans le but de défendre les droits des femmes. Il s'implique également sur plusieurs autres sujets, notamment pour la défense de la démocratie et la lutte contre la corruption, la prostitution ou encore l'influence des religions dans la société, ainsi que la Russie poutiniste, au départ uniquement dans l'Ukraine post-soviétique.

Les militantes de Femen sont adeptes d'un féminisme radical qu'elles appellent . Le mouvement Femen s'affirme athée, antireligieuxPropos de Inna Chevchtchenko dans l'émission Et Dieu dans tout ça ? du sur la radio belge La Première (voir la vidéo en ligne sur rtbf.be, en ligne le 2 juin 2013, consultée le 25 juin 2013., et reproche à la laïcité d'être « une façon d'accepter l'inacceptable »..

Le mouvement Femen est tantôt associé à la troisième vague féministe, tantôt considéré comme un élément de ce qui pourrait être une ..

Les Femen sont également l'objet de nombreuses critiques, tant pour leurs méthodes que pour leurs messages et pour le financement du mouvement, assuré par des personnes ou des groupes aux prises de position socio-politiques très diverses.

Histoire vignette|droite|Membres de Femen lors d'une manifestation le 10 mars 2009.

Le mouvement des Femen est créé à Kiev en 2008 par trois jeunes Ukrainiennes originaires de Khmelnytskyï : Anna Hutsol (), Oksana Chatchko () et Oleksandra Chevtchenko, dite Sacha (), qui s'indignent de la place réservée aux femmes dans la société ukrainienne. Anna Hutsol explique avoir lancé Femen pour défendre la démocratie quatre années après la révolution orange, car elle pensait que l’Ukraine manquait de militantes pour défendre les droits des femmes : . Elle dit avoir été influencée par La Femme et le Socialisme (1883), de l'« agitateur » socialiste révolutionnaire allemand August Bebel. À l'été 2008, les fondatrices de Femen manifestent pour la première fois, déguisées en prostituées, pour dénoncer l'importance de la prostitution en Ukraine. Pour le nom de leur mouvement, elles choisissent le mot car . Le nom est ensuite latinisé en « », qui ne signifie pas « femme » comme on pourrait le croire, mais seulement « cuisse »Le mot latin pour « femme » est « femina ».. Le terme Femen est d’ailleurs conservé en Français pour désigner en anatomie la zone allant de la hanche au genou. Par métonymie, il peut évoquer les organes génitauxhttps://www.franceculture.fr/emissions/mot-mot-13-14/femen#:~:text=Elles%20disent%20avoir%20choisi%20le,il%20signifie%20une%20%C2%AB%20cuisse%20%C2%BB.. Symboliquement, le nom met sur un pied d'égalité men, « les hommes », et FEM en français. En 2009, elles innovent en manifestant seins nus contre la pornographie en ligne. Selon Anna Hutsol, elles étaient plutôt lors de leurs débuts mais face à l'écho médiatique de leur action, elles se sont habituées à cette forme de protestation.

Elles choisissent ainsi de dénuder leur poitrine, les seins nus symbolisant la condition des femmes ukrainiennes : pauvres, vulnérables et seulement propriétaires de leurs corps. Anna Hutsol déclare qu'avec Femen, a été . Anna Hutsol ajoute que … . Femen est né dans une société non démocratique, l'Ukraine encore imparfaitement affranchie du communisme soviétique. Ses militantes ignorent totalement l'idée occidentale de nudité partagée, consentie et non exhibitionniste, telle qu'elle est défendue par le mouvement naturiste. Elles expriment l'idée, très restrictive, que se montrer nue est un moyen de donner une signification à la nudité, qui ne soit plus synonyme de prostitution ou d'exploitation sexuelle..

En , Femen envisageait de devenir un parti politique afin de présenter des candidats lors des élections parlementaires de 2012Non trouvé le 3 juin 2017, sur kyivpost.com.

crée fin 2012. devient en 2014https://www.journal-officiel.gouv.fr/associations/detail-annonce/associations_b/20140048/1637.

Membres et financement vignette|droite|Anna Hutsol et DJ Hell lors de la manifestation contre le tourisme sexuel et la prostitution, à Kiev, en Ukraine, le 23 mai 2009.

Fin 2010, Femen compte environ .

Le financement de Femen est, selon elles, assuré par les militantes, via la vente de produits à l'effigie de FemenArte Journal du 8 février 2011 : ., ou par dons privés.. Femen bénéficie aussi de donations de personnes privées comme l'Allemand Helmut Geier (également connu comme DJ sous le pseudonyme DJ Hell), la femme d'affaires allemande Beate Schober. (résidant en Ukraine. et possédant une entreprise de relocalisation professionnelle.), et l'homme d'affaires américain Jed Sunden (fondateur du groupe de presse ukrainien KP Media comprenant le journal Kyiv Post).

En , une journaliste d'une télévision ukrainienne, qui a infiltré le mouvement pendant plusieurs semaines, sous-entend que le groupe serait financé par des représentants des milieux d'affaires européens et américains, tout en reconnaissant n'avoir pas trouvé de preuve suffisante permettant d'étayer ses suppositions. La journaliste dit avoir découvert que les militantes ukrainiennes seraient payées (environ ) par mois (soit trois fois le salaire moyen ukrainien) et qu'un voyage et les frais d'une opération menée à Paris en 2012 ont été entièrement payés par l'organisation et se chiffreraient à (de l'ordre de de l'époque) par jour et par personne. En 2013, une jeune femme anonyme, Iseul Turan, déclare avoir infiltré le mouvement pendant trois mois.. Son témoignage correspond à ces affirmations, mais prennent une dimension différente dans le contexte français : avec cette somme, elle constate que les Femen ukrainiennes installées en France dans le local appelé le Lavoir Moderne vivent en réalité dans un grand dénuement. Ce sont les actions médiatiques qui sont directement financées, tandis que les militantes n'ont que de maigres revenus pour subvenir à leurs besoins.

En , la députée UMP Valérie Boyer pose une question au gouvernement sur le financement des Femen, en s'interrogeant également sur leurs ; elle mentionne en particulier des possibles .Interrogations sur le financement des femen, Le Figaro, 30 décembre 2013..

Principales militantes

Les militantes les plus médiatiques sont : Anna HutsolSelon les sources, son nom peut être écrit « Houtsol », « Goutsol » ou « Gutzol ». Quant à son prénom, le diminutif « Ania » est parfois employé, ou la variante orthographique de ce dernier, « Anja », qui se prononce de la même façon., ukrainienne, cofondatrice de Femen ; Oksana ChatchkoSelon les sources, son nom peut être écrit « Chatchko »., ukrainienne, cofondatrice de Femen, morte en 2018 ; Oleksandra Chevtchenko, dite SachaSelon les sources, son nom peut être anglicisé en « Shevchenko ». De même, de nombreuses sources utilisent le diminutif russe « Sacha » au lieu de son prénom « Alexandra »., ukrainienne, cofondatrice de Femen ; Inna ChevtchenkoSon nom est parfois écrit « Shevchenko » (à l'anglaise) ou « Schewtschenko » (à l'allemande). Certaines sources indiquent à tort qu'elle est la sœur d'Alexandra Chevchenko (voir par exemple )., ukrainienne, régulièrement considérée comme une des égéries de Femen, parfois présentée comme la quatrième cofondatrice de Femen ; Safia Lebdi, française, cofondatrice de Femen France., ayant désormais pris ses distances avec le mouvement Femen. Amina Sboui, tunisienne, initiatrice des actions du mouvement Femen dans son pays, qui a, depuis, quitté le mouvement; Sara Winter, fondatrice de la branche brésilienne des Femen. Aujourd'hui opposée au mouvement, elle est devenue militante pro-vie; Lara Alcázar, fondatrice du mouvement des Femen en Espagne;

Accusations de dérives sectaires au sein du groupe Ami d'enfance de Hutsol., Viktor Sviatski a été présenté par le passé tour à tour comme un ou un du groupe, responsable de beaucoup de leurs actions. Mais en 2013, dans le documentaire L'Ukraine n’est pas un bordel de la réalisatrice australienne Katy Green, celle-ci révèle que Sviatski, loin d'être un simple idéologue, serait même le fondateur du groupeViktor Svyatski: l'homme derrière les Femen les traite de « femmes faibles ». et aurait eu un rôle proche de celui de gourou d'une secte dans l'organisation féministeLes « Femen » perdent leur gourou, sur marianne.net du 5 septembre 2013, consulté le 3 juin 2017.VIDÉO. Femen : des amazones sous influence, lepoint.fr l 6 septembre 2013, consulté le 3 juin 2017..

Sviatski a déclaré dans le documentaire avoir créé les Femen pour « avoir des filles » et affirme qu'elles lui « plaisaient sexuellement ». Il a ensuite ajouté que « ces filles sont faibles. Elles n'ont aucune force de caractère. Elles n'ont même pas le désir d'être fortes. Elles sont soumises (…) ».

Son comportement au sein des Femen a été comparé par la presse à celui d'un pervers narcissique. Il aurait notamment exercé des pressions psychologiques sur les membres du groupe et les aurait traitées de « salopes » et de « putes »Viktor Sviatski, un manipulateur dans l'ombre des Femen, sur liberation.fr du 4 septembre 2013.. Il aurait de plus forcé les jeunes femmes à se lancer dans une opération risquée en Biélorussie, en , où elles furent rasées et matraquées par la police politique.

Les militantes, venues à l'avant-première du film à Venise, n'ont pas nié le rôle tenu par Viktor Sviatski au sein de l'organisation, dont il n'est plus membre depuis.

En , une ex-membre de Femen, qui a milité dans le groupe pendant plus d'un an, annonce qu'elle compte publier un livre dans lequel elle dénonce l' de Femen.. Elle y révèle avoir été traitée comme un objet par le mouvement, qui exige en interne une et une ., accompagnés d'une inexistence de la liberté d'expression. Les militantes qui ne sont pas d'accord seraient systématiquement mises à l'écart, tout comme celles qui ne correspondraient pas aux critères physiques recherchés. Le groupe utiliserait également contre ses membres des méthodes de reconfiguration mentale pour anéantir progressivement toute forme d'esprit critique.. De son côté, le député Georges Fenech a estimé que la MIVILUDES devait demander la dissolution du mouvement Femen pour leurs .

Inna Chevtchenko a répondu dans une tribune qu'elle , affirmant que Femen , que et la car c'est nécessaire pour ..

En , Éloïse Bouton, qui fut l'une des premières militantes du groupe Femen en France dont elle est restée membre jusqu'en 2014, publie un livre dans lequel elle dénonce le fonctionnement des Femen. Elle y révèle l'existence de castings psychologiques au sein du groupe. Elle dit en outre avoir été déçue par la mauvaise ambiance qui règne à l'intérieur du mouvement, par le manque de bon sens des militantes et par la terminologie agressive d'Inna Chevtchenko qui ambitionne de lever une .

En , la brésilienne Sara Winter accuse le mouvement d'être « une secte qui promeut la destruction de la famille traditionnelle et de toutes les valeurs morales de la société ». Dans son ouvrage Vadia não ! Sete vezes que fui traída pelo feminismo (Pas salope ! Sept fois trahie par le féminisme), elle les accuse également de l'avoir poussée « à consommer des drogues, avoir des relations non consenties avec des inconnu(e)s, alors même que le mouvement prétend combattre pour le droit des femmes »..

Objectifs et combats

Lutte féministe thumb|Manifestation d'une femen au Festival International du film d'Odessa en 2014 demandant la libération de la pilote ukrainienne Nadija Savchenko.