Un ariège, dénommé vin de pays de l'Ariège de 1968 jusqu'en 2011, est un vin français d'indication géographique protégée de zone, produit dans le département de l'Ariège. La surface de production correspond à environ de vignes essentiellement plantées dans les secteurs septentrionaux et peu élevés du département, à savoir les coteaux du Plantaurel et du piémont pyrénéen. Le nom de l'IGP peut être complété par « Coteaux de la Lèze » ou par « Coteaux du Plantaurel ».
Histoire Origine du vignoble La production de vin sur le territoire de l'Ariège est très ancienne. Déjà, en 971, un acte fait mention du vignoble autour de Mirepoix. Par un autre document, on apprend qu'en 1225 le vin partant de Pamiers est exporté par voie d'eau vers le Bordelais, moyennant taxes. Favorisée par le commerce avec les Anglais, la notoriété du vin Ariégeois est telle qu'en 1310, Philippe le Bel se fait envoyer des vins de la contrée (Vira et Teilhet) en grande quantité. L'activité viticole est d'ailleurs favorisée par l'abbaye Saint-Antonin-de-Frédélas et l'évêque de Pamiers, qui perçoit pour chaque barrique quittant le port de la ville (le port du Mail), des barges acheminant le vin jusqu'à Bordeaux. Au , le conseil communal de Pamiers (le « trentat ») estime que « la plus grande part de la fortune de la cité réside dans la vigne ». À la Révolution, la vigne ariégeoise s'étend sur plusieurs milliers d'hectares.
Au , Napoléon III, souhaitant moderniser l'agriculture française, créé une ferme école par département. En Ariège, elle s'installe en 1850 sur le domaine de Royat, près de Montaut. On fait venir un maître de chais de Bordeaux et on y fera d'importantes découvertes. En premier lieu, la technique de palissage, ensuite la vinification par gravité (et non par écrasage comme il était alors courant de le faire), et surtout on expérimente la taille en cordon de Royat (qui porte donc le nom du domaine). Cette taille est utilisée aujourd'hui très couramment dans le monde entier. Émile Lefèvre, directeur du domaine et notaire appaméen, notifie les techniques expérimentales dans un ouvrage, Notions de viticulture et de vinification enseignées à la ferme-école de Royat, paru en 1876..
Les vignes ariégeoises souffrent comme les autres du phylloxéra, réduisant brutalement le vignoble implanté sur le territoire, passant de avant la crise à en 1897. La vigne regagne du terrain au début du ( en 1903) ; en 1925, le vin de la vallée du Douctouyre possède encore une belle réputation, en témoigne une délibération du conseil municipal de Dun qui accepte de financer la gare de Rieucros afin d'acheminer le précieux liquide. Mais la contraction des vignes reprend, accélérée par le phénomène d'exode rural et les conflits mondiaux. On arrache les dernière vignes restantes pour dédier les terres à l'exploitation des céréales ; seules quelques rares parcelles demeurent pour une consommation familiale.
Renaissance Ce n'est qu'à la fin des années 1990 que quelques vignerons s'essaient de nouveau à la production du vin ariégeois. Les premiers plants datent de 1998, les premières vinifications sont réalisées en 2000. Les pouvoirs publics avaient créé en 1968 le label « vin de pays » (VDP), une dénomination suivie du nom d'un département ou d'une zone spécifique, publié au JORF du ., ce qui autorise de vendre du « vin de pays de l'Ariège ». Aujourd'hui, on tente de réintroduire, grâce au concours de l'INRA, des cépages oubliés et liés à l'Ariège.
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP), publié au Journal officiel de l'Union européenne du . et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). ; le vin de pays de l'Ariège devient donc le l'IGP , publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .. Le cahier des charges est publié en , publié au JORF du ., puis modifié en (rajout des chapitres « Spécificité du produit » et « Lien causal entre la spécificité de la zone géographique et la spécificité du produit »), publié au JORF du ..
Vignoble Aire de production
Cette IGP peut être produite sur toutes les communes du département de l'Ariège. Les productions dont le raisin est récolté et vinifié dans les cantons du Fossat et du Mas-d'Azil, au nord-ouest du département, peuvent prétendre au nom complémentaire « Coteau de la Lèze ». Celles qui comportent la mention « Coteaux du Plantaurel » sont issues des cantons de Lavelanet, de La Bastide-de-Sérou, de Foix, de Foix-Rural, de Mirepoix, de Pamiers-Ouest et de Varilhes, au nord-est du département.
La zone de proximité immédiate, où peut s'effectuer la vinification et l'élaboration de vins sans mention géographique supplémentaire, correspond aux cantons de Carbonne et d'Auterive et à l'arrondissement de Muret, dans la Haute-Garonne.
Au début des années 2020, les exploitations viticoles se trouvent à Vira (Coteaux d'Engraviès), Lézat-sur-Lèze (domaine de Lastronques), Montégut-Plantaurel (Domaine du Sabarthès), Le Fossat (Dominik Benz), Montaut (Domaine Le Montaltais), Carla-Bayle (Larthet) ou encore Varilhes (domaine de Longpré)…
Géologie La vigne est implantée sur des sols de plaine et de coteaux argilo-calcaires et marneux, bien exposés, à altitude relativement faible.
Climatologie
Le climat de la zone est océanique de type aquitain. Les étés sont chauds et succèdent à des printemps humides qui favorisent le cycle végétatif.
Encépagement vignette|Parcelles dans les coteaux d'Engraviès. Les IGP ariège peuvent être produits à partir de différents. Les vins blancs le sont par les suivants : arrufiac BLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. ., camaralet de Lasseube B, chardonnay B, chenin B, courbu B, gros manseng B, mauzac B, ondenc B, petit courbu B, petit manseng , pinot gris B, sauvignon (et sauvignon gris G), sémillon B et viognier B.
Pour les vins rouges et rosés : cabernet franc N, cabernet sauvignon N, côt N, fer N, gamay N, merlot N, petit verdot N, pinot noir N, syrah N, tannat N et tempranillo N.
Vins Le cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom d'ariège la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs, ainsi que des blancs surmûris ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi qu'une des deux unités géographiques plus petites que sont « coteaux de la Lèze » et « coteaux du Plantaurel ».
Types de vin Il existe 21 produits différents autorisés : ariège blanc ; ariège rosé ; ariège rouge ; ariège primeur ou nouveau blanc ; ariège primeur ou nouveau rosé ; ariège primeur ou nouveau rouge ; ariège surmûri blanc ; ariège coteaux de la Lèze blanc ; ariège coteaux de la Lèze rosé ; ariège coteaux de la Lèze rouge ; ariège coteaux de la Lèze primeur ou nouveau blanc ; ariège coteaux de la Lèze primeur ou nouveau rosé ; ariège coteaux de la Lèze primeur ou nouveau rouge ; ariège coteaux de la Lèze surmûri blanc ; ariège coteaux du Plantaurel blanc ; ariège coteaux du Plantaurel rosé ; ariège coteaux du Plantaurel rouge ; ariège coteaux du Plantaurel primeur ou nouveau blanc ; ariège coteaux du Plantaurel primeur ou nouveau rosé ; ariège coteaux du Plantaurel primeur ou nouveau rouge ; ariège coteaux du Plantaurel surmûri blanc.
Gastronomie
Notes et références Notes
Références
Annexes Liens externes Cahier des charges de l'IGN "Ariège" sur le site de l'INAO ( de 2011)
Articles connexes Vin français bénéficiant d'une IGP
Catégorie:Vin IGP dans l'Ariège Catégorie:Vignoble du Sud-Ouest