vignette|droite|redresse=1.1|Église Saint-Jacques-sur-CoudenbergBruxelles, Jean-Benoît-Vincent Barré et Barnabé Guimard, 1776-1787 vignette|droite|redresse=1.1|Abbaye d'HélécineLaurent-Benoît Dewez, 1762-1780 vignette|droite|redresse=1.1|Abbaye de GemblouxLaurent-Benoît Dewez, 1762-1779 vignette|droite|redresse=1.1|Château de SeneffeLaurent-Benoît Dewez, 1763-1768 vignette|droite|redresse=1.1|Place des MartyrsBruxelles, Claude Fisco, 1774 vignette|droite|redresse=1.1|Hôtel de LigneBruxelles, Barnabé Guimard, 1777 vignette|droite|redresse=1.1|Palais de la Nation (Parlement)Bruxelles, Barnabé Guimard, 1778-1783 vignette|droite|redresse=1.1|Hôtel ErreraBruxelles, Barnabé Guimard, 1779-1782 vignette|droite|redresse=1.1|Petit théâtre du château de SeneffeSeneffe, Charles De Wailly, 1779 vignette|droite|redresse=1.1|Ancien arsenal de BruxellesBruxelles, Remi Nivoy, 1780-1781 vignette|droite|redresse=1.1|Orangerie du château de SeneffeSeneffe, Louis Montoyer, 1782 vignette|droite|redresse=1.1|Théâtre royal du ParcBruxelles, Louis Montoyer, 1782

L'architecture néo-classique apparaît en Belgique à l'époque des Pays-Bas autrichiens avec les œuvres des architectes Laurent-Benoît Dewez, Jean Faulte, Claude Fisco, Jean-Benoît-Vincent Barré, Barnabé Guimard, Charles De Wailly, Louis Montoyer…

Elle connaîtra en Belgique une longévité exceptionnelle, se perpétuant à travers la période française, le royaume uni des Pays-Bas, le règne de , le règne de Léopold II et même le .

Origines de l'architecture néo-classique

Le néo-classicisme en architecture résulte du regain d'intérêt pour les formes architecturales de l'antiquité gréco-romaine suscité par les fouilles des sites de Pompéi et Herculanum au .

Sa propagation en Europe fut favorisée par : les écrits de Johann Joachim Winckelmann qui peut être considéré comme le fondateur de l'histoire de l'art et de l'archéologie en tant que disciplines modernes; la pratique du « Grand Tour », un long voyage effectué par les jeunes gens des plus hautes classes de la société européenne qui eut pour effet de mettre en contact la haute société de l'Europe du Nord avec l'art antique; le séjour en Italie effectué par nombre de jeunes artistes et architectes.

Diffusion du style néo-classique dans les Pays-Bas autrichiens

La pénétration du style néo-classique dans les Pays-Bas autrichiens se fit à partir de 1759 sous le règne de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, durant le gouvernorat de son beau-frère Charles Alexandre de Lorraine.

Cette diffusion fut notamment favorisée par le séjour effectué en Italie de 1754 à 1757 par l'architecte Laurent-Benoît Dewez, élève de l'architecte Luigi Vanvitelli. Le château de Seneffe, conçu en 1760 par Dewez pour l'homme d'affaires Julien Depestre, constitue, de par ses influences palladienne et française une œuvre annonçant le triomphe prochain du néoclassicisme sur le style rocaille également hérité de l'influence française..

La décision prise en 1774 par le gouverneur Charles Alexandre de Lorraine de réaménager le site de l' ancien palais du Coudenberg, ravagé par un incendie en 1731 et laissé à l'état de ruines durant plus de quarante ans, donna une forte impulsion au développement de l'architecture néo-classique. En effet, la construction du quartier de la place Royale et du parc de Bruxelles fut confiée à deux architectes néo-classiques français, Jean-Benoît-Vincent Barré, qui donna les plans de la place Royale et de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg et Barnabé Guimard. La place Royale de Reims réalisée en 1760 constitua alors la source d'inspiration principale pour la réalisation de son homologue bruxellois.

Le style thérésien Si le style néo-classique est appelé « style Louis XVI » en France, celui qui s'est développé dans les Pays-Bas autrichiens est parfois appelé « style thérésien », en référence à l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.

Phases Dans les sections suivantes, les architectes sont classés en fonction du début de leur production architecturale néo-classique.

Nous renvoyons aux articles détaillés pour les sources et références.

Néoclassicisme pur (1759-1865) Période autrichienne (1759-1792)

1759 Laurent-Benoît Dewez Église abbatiale d'Orval (1759-1782, détruite), abbaye d'Hélécine (1762-1780), abbaye de Gembloux (1762-1779), château de Seneffe (1763-1768), abbaye Saint-Martin de Tournai (1763), abbaye de Forest (1764), collégiale Sainte-Begge d'Andenne (1764-1778), abbaye de Valduc à Hamme-Mille (1765, détruite), abbatiale de l'abbaye de Bonne-Espérance (1770-1776), intérieur de l'abbaye de Floreffe (1770-1775), quartiers abbatiaux de Saint-Trond (1770), abbaye d'Affligem (1770-1779, détruite), abbaye de Dieleghem (1775), église Saint-Pierre de Jette (1776), abbaye de Vlierbeek (1776)…

1760 Jean Faulte Chapelle palatine du palais de Charles de Lorraine (connue sous les noms de « chapelle royale » ou « église protestante de Bruxelles ») (1760) Palais de Charles de Lorraine (1760) (première aile, terminée par Laurent-Benoît Dewez à la mort de Faulte, la deuxième aile étant érigée par Nicolas Roget en 1825)

1766 Jacques-Barthélemy RenozLa reconstruction de la collégiale Saint-Jean l'Évangéliste de Liège, après 1754, est l'œuvre de l'architecte italien Gaetano Matteo Pisoni, même si Renoz s'est chargé de la mise en œuvre ; qui plus est, la production de Pisoni n'est pas néo-classique mais résulte plutôt d'un mélange de baroque et de classicisme : on ne peut donc pas faire remonter le début de la production néo-classique de Renoz à 1754. Église du Saint-Sacrement à Liège (1766), Waux-hall de Spa (1769-1771), château de Hasselbrouck (1770), Hôtel de ville de Verviers (1775-1780), château de Beaumont (1775-1776)

1774 Claude Fisco Place des Martyrs (1774), place du Nouveau Marché au Grain (1787, avec Remi Nivoy)

1775 Jean-François Wincqz Église abbatiale de l'abbaye de Cambron (1775-1780), Église de Grand-Leez à Gembloux (1776), église Saint-Pierre d'Uccle (1782), église de Neufchâteau-lez-Visé (1789)

1776 Jean-Benoît-Vincent Barré (architecte français) Plans de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg et de la place royale de Bruxelles (1776)

1776 Barnabé Guimard (architecte français) Façade de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg sur des plans de Barré (1776-1787), ancien hôtel Bellevue, actuel musée BELvue (1776), place royale de Bruxelles sur des plans de Barré (1776-1781), hôtel de Ligne (1777), palais de la Nation (1778-1783), hôtel Errera (1779-1782)

1779 Charles De Wailly (architecte français) Petit théâtre du château de Seneffe (1779), château de Laeken (1782-1784), pavillon de chasse du château d'Ursel (pavillon dit « de Notelaer ») à Hingene (1791-1794)

1780 Remi Nivoy 1780-1781 Ancien arsenal de Bruxelles 1787 place du Nouveau Marché au Grain (ensemble néo-classique attribué à Remi Nivoy et Claude Fisco)

1782 Louis Montoyer Théâtre royal du Parc (1782), orangerie du château de Seneffe (1782), supervision des travaux de construction du château de Laeken, sur des plans de Charles De Wailly (1782-1784), ancien refuge de l'abbaye Sainte-Gertrude de Louvain, rue de la Loi 14 et 16 (1782-1784), ancien hôtel Walckiers, rue de la Loi 12 (1782-1784, actuel Hôtel des Finances), hôtels Bender, Belgiojoso et Walckiers (1783 -1786, embryons du palais royal de Bruxelles), chœur, nef et transept de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg (1785-1786)

1786 Ghislain-Joseph Henry Château de Duras à Saint-Trond (1786-1789)

Anonyme Porche néo-classique de l'église Sainte-Marguerite de Tournai (entre 1779 et 1782)

Période française (1792-1815)

La période française étant une période de troubles et de guerres, on ne s'étonnera pas du peu de réalisations néo-classiques effectuées entre 1792 et 1815.

On peut cependant citer quelques architectes de cette époque, assez peu connus, il est vrai :

Ghislain-Joseph Henry (déjà actif sous le régime autrichien) Orangerie et temple du domaine Burggraaf de Spoelbergh à Wespelaer (1798)

1791 L. Radelet Château de la Tour au Bois à Villers-le-Temple (1791)

1805 A. Dubois Château de Sélys-Longchamps à Waremme (1805)

1806 J.-F. Van Gierdegom Résidence du Gouverneur à Bruges (1806)

1807 Jacques-Jean Dutry Château Gavergracht à Drongen (1807)

Royaume uni des Pays-Bas (1815-1830) vignette|droite|redresse=1.1|Palais des Académies (façade arrière)Bruxelles, Charles Vander Straeten, 1815-1825 vignette|droite|redresse=1.1|Écuries royales de BruxellesCharles Vander Straeten, 1815-1825

En 1815, les Pays-Bas autrichiens sont unis par le congrès de Vienne aux anciennes Provinces-Unies pour former un nouvel État européen, le royaume uni des Pays-Bas (ou royaume des Belgiques, Regnum Belgicum).

Le roi Guillaume pare alors Bruxelles de certains de ses plus beaux édifices néo-classiques comme le palais des Académies, le théâtre de la Monnaie, le Jardin botanique, l'ancien observatoire royal de Bruxelles ou encore son propre Palais royal, précurseur du palais royal actuel.

Ghislain-Joseph Henry (déjà actif sous les régimes autrichien et français) Regroupement des hôtels Bender et Belgiojoso (édifiés par Montoyer en 1785) pour créer le Palais royal de Guillaume des Pays-Bas (1820)

1815 Charles Vander Straeten Palais des Académies et écuries royales de Bruxelles (projet 1815, travaux 1823-1825), transformation du palais de la Nation (1816-1818), Salle de bal du Waux-Hall (après 1820) (voir plus loin pour les édifices postérieurs à 1830)

1816 Louis Roelandt Aula Academica à Gand (1816-1825), Cercle libéral de Grammont (1817), tour néo-classique de l'abbaye de Ninove (1826-1844), aile sud de l'hôtel de ville d'Alost (1828-1830) (voir plus loin pour les édifices postérieurs à 1830)

1818 Louis Damesme (architecte français) Théâtre de la Monnaie (1818-1819) (édifice différent de l'actuel, dû à Poelaert), Plan des rues entourant le théâtre (plans 1817-1819) (dont la maison de Jacques-Louis David et les maisons voisines)

1824 Nicolas Roget (architecte français) Place des Barricades (1824), extension du palais de Charles de Lorraine (1825), ancien observatoire royal de Bruxelles (1826-1832, avec Auguste Payen)

1825 Tilman-François Suys Achèvement du palais des Académies (1825-1828), plans du Jardin Botanique (1826, chantier dirigé par Pierre-François Gineste, puis repris par Suys en 1842) (voir plus loin pour les édifices postérieurs à 1830)

1825 Bruno Renard Grand-Hornu (1825) (voir plus loin pour les édifices postérieurs à 1830)

1826 Pierre Bruno Bourla Orangerie du jardin botanique d'Anvers (1826, démolie), théâtre royal français (dit « théâtre Bourla ») à Anvers (1827-1834) (voir plus loin pour les édifices postérieurs à 1830)

1827 Henri Partoes Grand Hospice (1827), plan du quartier du Béguinage (après 1827), orangerie du château de Belœil (1830)

Règne de (1830-1865) vignette|droite|redresse=1.1|Anciens pavillons d'octroi de la Porte de Namur, Auguste Payen, 1836. vignette|droite|redresse=1.1|Théâtre de la MonnaieTransformé par Joseph Poelaert en 1849. vignette|droite|redresse=1.1|Hôtel de ville de TirlemontFrans Drossaert, 1836. Architectes déjà actifs à l'époque du royaume uni des Pays-Bas

Louis Roelandt Opéra royal de Gand (1837-1840), salle de l'Académie de Saint-Trond (1845…)

Charles Vander Straeten Maison de la Malibran (actuelle maison communale d'Ixelles, 1835)

Tilman-François Suys Plan du Quartier Léopold (1837), extension du jardin botanique (1842-1854), transformations de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg (bas-côtés en 1843-1845, nouveau fronton de la façade et nouveau clocher en 1849-1851), église Saint-Joseph (1849), transformation du palais de la Nation (salle du Sénat 1847-1849)

Bruno Renard Place Saint-Pierre à Tournai (vers 1850)

Pierre Bruno Bourla Musée et pavillon d'entrée de l'Académie des beaux-arts d'Anvers (1841)

Nouveaux architectes

1835 Frans Drossaert Hôtel de ville de Tirlemont (1835-1836)

1836 Auguste Payen