Adolphe Lequime, né à Bruxelles le (23 brumaire an XIII)Acte de naissance, Bruxelles : . Concernant le témoin le peintre Ferdinand-Marie Delvaux, lire : Alain Jacobs, « Les dessins de Ferdinand-Marie Delvaux aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique : l'analyse de l'œuvre graphique du peintre et premier essai de catalogue raisonné », Bulletins des Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, 1992-1993/1, 41 et 42 années, 97-125. Concernant le témoin Pierre Van Dievoet, artiste musicien, né à Bruxelles le 29 septembre 1781, mort célibataire vers 1825, fils de Pierre-Jacques-Joseph Van Dievoet, négociant en lin et fabricant de cotonnettes, doyen de la Corporation des marchands de toile en gros en 1788 et franc-maçon membre de la Loge de "La constance de L'Union", demeurant Langeridderstraet, né le 17 mai 1748 et décédé en son domicile à Saint-Josse-ten-Noode le 21 novembre 1828 (acte de décès du 23 novembre) et d’Anne-Marie Meskens. Pierre Van Dievoet est cité notamment comme interprète de Mozart: Henri Vanhulst, Belgique, professeur à l'Université libre de Belgique, "La diffusion de la musique de Mozart à Bruxelles avant 1816", dans Mozart: les chemins de l'Europe : actes publiés par Brigitte Massin, : "Liste chronologique des œuvres de Mozart exécutées à Bruxelles lors de concerts (avant 1816) : 2 janvier 1804. Finale de la Flûte enchantée (Société des Amateurs de Musique), musique de Mozart; par Roelens, MM. Moris, Vandievoet (N. B. il s'agit de Pierre Van Dievoet), Dehoux et Drault.". Pierre Van Dievoet, "musicien, âgé de 30 ans, domicilié Section 8 -rue de la Madeleine 399- né à Bruxelles" est cité lors du recensement de 1812 (Antoine Massin, Bruxelles. Qui est qui en 1812, Bruxelles, 1997, tome II, . Voir aussi: Le Guide musical: revue internationale de la musique, volume 21: "Permets-moi, romance de Lamparelli, arrangée pour le violon avec variation et acc. d'un violon, alto et basse. À Anvers, au magasin de musique et d'instruments, chez Fridzeri. Gravé par P. Vandievoet…"et mort à Nevers le , est un médecin et industriel belgePar arrêté ministériel ( du 9 mai 1849), il obtiendra la nationalité française. , Bulletin des lois de la République française, série, tome troisième, Paris, Imprimerie nationale, octobre 1849, ., fondateur de la sucrerie de Plagny à Challuy (Nièvre) avec MM. Bernard et Harpignies.

Biographie

Sixième enfant de François-Joseph Lequime, officier, et d’Adrienne Deglimes, il est le petit-fils de Joseph LeQuime (1744-1793), financier, syndic et homme d’affaires belge, caissier du Grand et Petit Spectacle de Bruxelles (théâtre de La Monnaie et du Vauxhall), représentant du Peuple à Bruxelles en 1792Alex. Henne, Histoire de la ville de Bruxelles, Bruxelles : Librairie encyclopédique de Périchon, 1845, vol. 2, .

Le médecin Il fut, sans aucun doute, comme son frère Joseph-Émile, de deux ans son aîné, placé très jeune dans le pensionnat qu'à Saint-Josse-ten-Noode dirigeait son oncle Jacques-Joseph Deglimes, poète néo-latin avant d'intégrer le Lycée Impérial de Bruxelles. Diplômé de la Faculté de Médecine de l'Université d'État de Louvain, le avec une thèse De alteratione sanguinisLouvain, 1829, Catalogue des livres de la Bibliothèque de l'Université de Liège, 1844, , Adolphe Lequime publie en 1832, avec son frère, lui aussi médecin, une « Notice sur l’épidémie de choléra observée dans l’arrondissement de Valenciennes », brochure dans laquelle ils combattent l’opinion des médecins physiologistes qui voient, disent-ils, .

En 1833, tandis qu'il pratique rue du poinçon, à Bruxelles, il est nommé médecin délégué du Gouvernement dans les communesPasinomie : collection des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux de Belgium, 1860, ; l'année suivante, en 1834, il fonde la première revue de médecine en Belgique, L’ Abeille, revue médicale et scientifique, choix d’articles puisés dans les journaux de médecine, français et étrangers. Au bout d’un an, L’ Abeille fusionnera avec L’ Observateur médical belge, fondé lui aussi en 1834 par Van Esschen pour devenir en 1835 L’ Abeille et l’ Observateur médical réunis, ou annales de la médecine belge et étrangères, par les docteurs Adolphe et Emile Lequime, Van Esschen et Ed. De Losen qui publia 63 volumes jusqu’en 1854. Le n° paraît le , de cinquante-six parmi les médecins et pharmaciens les plus renommés. Adolphe Lequime est en outre l'un des fondateurs de l'Université libre de Bruxelles en 1834L. Vanderkindere, L’Université de Bruxelles, Notice historique faite à la demande du conseil d’administration, Bruxelles, P. Weissenburuch, imprimeur du Roi, 1881..

L’industrie sucrière : les Harpignies et les Douay-Lesens (Famars - Nord) La sœur aînée d’Adolphe, Adèle Lequime (1796-1886) avait épousé en 1816 Henri HarpigniesDe cette union naîtra le peintre Henri-Joseph Harpignies (1819-1916). Sur le séjour de ce dernier à Plagny, voir Jean-Louis Balleret, De Corot à Balthus, un siècle de grands peintres dans la Nièvre et le Morvan, ed. Cercle d'art, 1997, . (1790 - 1870), industriel sucrier, administrateur et actionnaire des forges de Denain et d'Anzin, qui fonda à Famars (Nord) en 1826, avec Blanquet, une sucrerie considérée comme Revue agricole, industrielle, historique & artistique, Société d’agriculture de l’arrondissement de Valenciennes, 1862. , Dictionnaire universel du commerce, de la banque et des manufactures, par M. Monbrion ; Paris, chez Delahays, 1850, . Voir aussi J. B. A. M. Jobard, Industrie française – Rapport sur l’exposition de 1839, Bruxelles, 1842, t. II, , 64 et 69, d’après un procédé nouveau d’utilisation de chaux sans aucun acide. Par ailleurs, Alfred Lequime (neveu d’Adolphe) épousa Marie-Louise Delobel, originaire de Famars, petite-fille de Douay-Lesens, fabricant de sucre à Famars depuis 1836Brevet de 15 ans, pris le 5 octobre 1846, par François Douay-Lesens, distillateur à Marly près Valenciennes (Nord) pour un procédé de fermentation vineuse ou alcoolique applicable à la betterave, Journal d’agriculture pratique, vol. 18, .

Le , tandis qu’il dirige une des sucreries Harpignies à CrespinPaye, de l’Institut, De l’Alimentation publique. — La Betterave à Sucre. — Les Sucreries et Distilleries agricoles de la France, Revue des Deux mondes, période, tome 12, 1857, : (note ) (Nord), Adolphe Lequime obtient un brevet d’invention pour Annuaire statistique du département du Nord, 1847, ; Catalogue des brevets d’invention, Ministère de l’agriculture, 1847.

Courant , il est reçu, avec son confrère sucrier Leroy, de Marquette, par Louis Napoléon Bonaparte dont ils espèrent obtenir, au nom des sucriers du Nord, le soutien avant l’élection présidentielle du . L’entretien ne dure qu’une demi-heure mais Francis Rémy, La présidentielle dans le Valenciennois, La Voix du Nord, 21 février 2002..

S’il semble qu’il ait eu quelque activité à la sucrerie de Bauffe« Lequime, fabricant de sucre à Bauffe (…) » Hubert Watelet : Une industrialisation sans développement le bassin de Mons et le charbonnage du Grand-Hornu du milieu du au milieu du siècle, Faculté de philosophie et lettres, 1980, ; , La Belgique rurale du Moyen Âge à nos jours, Université de Bruxelles, 1985, . (entre Ath et Lens, dans la province de Hainaut), sa présence à la sucrerie de Boucheneuil (commune de BouchainSans doute celle qu’avaient fondée en 1825, MM. Dronsart et Fauville., (Nord) est attestée en qualité de propriétaire, associé à MM. Cail et Schacher quand en , Émile Rousseau expérimenta pour la fois le procédé qu’il venait de faire breveter [un nouveau mode de fabrication du sucre, reposant sur des principes nouveaux de purification des jus sucrés], P. Doré, Leçons de chimie élémentaire appliquées aux arts industriels, 1857, . Toutefois, le 4 avril 1850, les frères Rousseau cédèrent leurs droits au brevet d’invention de quinze ans pris le 17 août 1849, pour un procédé destiné à la fabrication du sucre à MM. Charles Schacher, négociant, Jean-François Cail, constructeur de machines, Adolphe Lequime, fabricant de sucre, Joseph Clerc raffineur, André-Jean-Joseph Périer, banquier. (Bulletin du Ministère de l’Agriculture et du Commerce, 1852, vol. 12, ). Un long compte-rendu des applications du procédé Rousseau à la sucrerie de Boucheneuil, intitulé « Report on a memoir relative to the manufacture of sugar by M. Rousseau’s process » a été publié en Angleterre, dans la revue The Chemist, par MM. Thenard, Boussingault et Payen ; The Chemist : a monthly journal of chemical philosophy, and chemistry applied to the arts, manufactures, agriculture and medecine, par John and Charles Watt en 1851 Londres, W. and T. Piper, 23 Paternoster Row (pp. 120-123)..

C'est là que M. Payen, secrétaire perpétuel de l'Académie d'Agriculture de France, dans le compte-rendu de 1849 indique, Mémoires de l’Académie d’agriculture de France, 1850..

Ce procédé, L’Institut, journal universel des sciences , 17 juillet 1850, ; et Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, Paris, Bouchard-Huzard, 1851, vol. 50, .

Jugé M. Bouchardat, Répertoire de pharmacie, recueil pratique, 1851, , il publie, à Valenciennes, en 1851, respectivement La Question des sucres au point de vue des privilèges des raffineurs libres, Questions de sucre. De l’exercice des raffineries libres ainsi que La Question des sucres. Pétition à l’Assemblée nationale. La même année, il publie dans la revue d’Armengaud aîné, Publication industrielle des machines et appareils les plus perfectionnés, un relevé de main-d'œuvre d'une fabrique, ainsi que l'état d'une journée de travail dans une raffinerie.

La sucrerie de Plagny (commune de Challuy, près de Nevers) En 1851, désireuse d’ouvrir un champ nouveau à l’activité agricole de la région, la Société départementale d’Agriculture de la Nièvre engagea des pourparlers avec des industriels du Nord, fabricants de sucre de betterave qui avaient fait la preuve du bénéfice tant pour les terres labourables que pour le bétail engraissé de l’usage d’engrais et des pulpes. D’où la création d’une société en commandite par actions entre MM. Bernard, HarpigniesIl s’agit de Maurice Harpignies (1820-1888), cousin germain du peintre paysagiste Henri Harpignies, tous deux neveux d’Adolphe Lequime. et Lequime constituée à Lille en . Bien qu’actionnaire minoritaire, Adolphe LequimeLes Patrons du Second Empire, sous la direction de Ph. Jobert (Bourgogne), Paris, Picard, CNRS, 1991, en est le dirigeant jusqu’à son départ en 1868, à l’arrivée de Kolb-Bernard, auquel il semble céder ses parts.

Considérée comme , selon les experts du Comité départemental de la Nièvre sur les exposants admis à l’Exposition universelle de 1855, la sucrerie de Plagny a ouvert ses portes en 1853. Et, bien que Exposition universelle de 1855 : rapports du jury mixte international, .

L’ensemble, idéalement situé à quatre kilomètres de Nevers, le long du canal latéral à la Loire, au bord de la grande route de Paris à Lyon (future Nationale 7) se déploie sur plus de six hectares. Y sont construits par l’architecte nivernais Dominique (1829-1888)J. M. Leniaud, Répertoires des architectes diocésains du , éd. École des Chartes, 2005, . Le Musée de Nevers possède une très jolie aquarelle signée Harpignies représentant la maison et les bâtiments de la fabrique. : outre une très belle maison de maître, quatre ateliers (l’usine emploie jusqu’à 380 personnes), une distillerie, des logements et habitations pour contremaîtres et ouvriers entourés de jardins potagers, conciergerie, hangars, garages, chapelle, écuries pour 56 bœufs et 9 chevaux, jardins anglais… le tout entouré d’un mur d’enceinte. Une école primaire fut aussi fondée, tenue, de 1864 à 1876, par les Sœurs de la Sainte-Famille. De plus, hors les murs, sont créés un port sur le canal et une station d’épuration.

Tout va bien pendant deux engagements triennaux mais, dès , A. Frébault, le président de la Chambre de commerce de Nevers reconnaît que, . Dégageant la responsabilité des dirigeants de l’entreprise, il reconnaît