Sophie Magdalena Scholl, née le à Forchtenberg (Allemagne) et exécutée le à Munich, est une résistante allemande au nazisme.
Avec son frère Hans, elle est l'un des piliers du réseau « La Rose blanche » ().
Avec les autres membres du réseau, elle est arrêtée par la Gestapo en puis guillotinée, après avoir diffusé des tracts hostiles au régime nazi au sein de l'université de Munich.
Biographie Comme le reste des jeunes Allemands, Sophie Scholl est embrigadée dans les jeunesses hitlériennes. Elle y ressent très tôt le manque de libertés, en particulier de pensée et de religion. Chrétienne, elle est comme son frère profondément croyantePierre Bayard, Aurais-je été résistant ou bourreau ?, Les Éditions de Minuit, 2013, ..
Après lAbitur en 1940, elle travaille dans un Kindergarten. Dans les « services du travail » et « service auxiliaire » qu'elle effectue en 1940-41 à Krauchenwies, elle parvient à garder, malgré l'interdiction de posséder des livres, Les Confessions de saint Augustin ; elle garde en mémoire cette phrase : Inge Scholl, La Rose blanche, Éditions de Minuit, .. Elle entame ensuite des études de biologie et de philosophie en mai 1942 à Munich.
Influencée par son éducation protestante, par l'opposition déclarée de son père Robert Scholl au nazisme, et par l’expérience vécue par son frère, militaire étudiant en médecine à Munich, puis infirmier dans les hôpitaux du front de l’Est, qui est témoin de la barbarie de l'armée à l'encontre des juifs et des populations russes, elle prend conscience de la vraie nature du régime nazi.
À partir de , elle tient des réunions avec son frère Hans et Carl Muth. Elle les aide à imprimer et à diffuser les tracts hostiles au régime nazi et à la guerre. Dans ces tracts, les membres du réseau appellent à un sursaut des consciences allemandes face à l’horreur nazie et qualifient Adolf Hitler de .
Sophie Scholl les distribue dans la rue, glissant des feuillets sur les voitures en stationnement, dans des cabines téléphoniques, les diffusant à la gare centrale de Munich.
Elle effectue quelques voyages à travers le pays pour promouvoir les idées de La Rose blanche auprès d'étudiants sympathisants.
Le , après avoir lancé avec son frère Hans des tracts dans la cour intérieure de l'université de Munich, elle est repérée par le concierge de l'université, Jakob Schmid.
Ils sont remis au rectorat où, après plusieurs heures d'interrogatoire par l'inspecteur Robert Mohr, le doyen et le président de l'université, ils sont remis à la Gestapo.
Conduite devant le « Volksgerichtshof » (« Tribunal du peuple »), elle est condamnée à mort après un procès mené en trois heures seulement. C'est Roland Freisler lui-même, le chef du Tribunal du peuple, venu spécialement de Berlin, qui annonce la sentence pour faits de .
Elle est guillotinée. le jour même, le à Munich, à la prison de Stadelheim par le bourreau Johann Reichhart « The execution of women by the Nazis during World War II – Sophie Scholl – guillotined in Munich », sur le site capitalpunishmentuk.org, consulté le 9 septembre 2008 et le 4 janvier 2009., et cela malgré la législation allemande qui imposait un délai de avant l'exécution d'un condamné.
Selon le témoignage des gardiens de la prison, elle fait preuve de beaucoup de courage lors de son exécution.
Sa compagne de cellule rapporte un rêve qu’elle a fait la veille de son exécution :
Sophie Scholl explique le sens de ce rêve :
Elle est ensuite enterrée dans le cimetière proche de la forêt de Perlach, aux côtés de son frère Hans et de Christoph Probst, exécutés le même jour.
Postérité Pendant la période nazie Le , Thomas Mann leur rend hommage sur les ondes de la BBC :
Héroïne emblématique de la RFA vignette|upright|Stolpersteines en mémoire du mouvement de résistance La Rose blanche, incrustés sur les pavés devant l'université de Munich. Face à la République démocratique allemande, qui se présentait comme l'héritière de la résistance de milliers de communistes allemands, la République fédérale d'Allemagne, membre fondateur de la CEE et alliée des États-Unis, chercha elle aussi à revendiquer une filiation avec la résistance antinazie. Hans et Sophie Scholl présentaient à cet égard l'avantage d'être passés par les Jeunesses hitlériennes selon François Roux, , dans la revue d'histoire populaire Gavroche, , janvier-mars 2009, ., d'être chrétiens et de ne pas avoir usé de violence. Ils possédaient donc toutes les qualités pour devenir les héros emblématiques de la RFA naissanteFrançois Roux, , dans la revue d'histoire populaire Gavroche, , janvier-mars 2009.. La RDA revendiquait elle aussi l'héritage de Hans et Sophie Scholl, et a édité un timbre à leur effigie en 1961.
Hommages vignette|left|Buste représentant Sophie Scholl, exposé au Walhalla. En Allemagne, de nombreuses écoles portent le nom de Sophie et Hans Scholl. Un prix littéraire, le prix frère et sœur Scholl, a été créé en 1980.
Un buste de Sophie Scholl est ajouté le au Walhalla (mémorial allemand à Ratisbonne).
En France, Toulouse, Laval (Mayenne), Saint-Orens-de-Gameville, Saint-Rémy (Saône-et-Loire) et Plescop (Morbihan) ont une rue portant le nom de Sophie Scholl. Juvisy-sur-Orge a une rue nommée Sophie et Hans Scholl. Issy-les-Moulineaux a une école maternelle publique portant le nom de Sophie Scholl. La ville de Béziers a installé un buste de Sophie Scholl devant la médiathèque André Malraux.
Dans le arrondissement de Paris, sa mémoire est honorée par le jardin Hans-et-Sophie-Scholl, ouvert en 2020, et par le collège La Rose Blanche.
Documents d'archives La chute du mur en 1989 et l'accès aux archives de l'ex-RDA ont permis de découvrir les procès-verbaux des interrogatoires des deux étudiants par la Gestapo. Inge Aicher-Scholl a légué à sa mort ses archives à l'Institut d'histoire de Munich.
Filmographie La Rose blanche (Weisse Rose), Michael Verhoeven, Allemagne, 1982. Les Cinq Derniers Jours (Fünf letzte Tage), Percy Adlon, Allemagne, 1982. Sophie Scholl : Les Derniers Jours, par Marc Rothemund (Allemagne 2005, France 2006). Ces femmes qui ont fait l'histoire - Sophie Scholl, documentaire de Christian Twente et Michael Löseke (Allemagne 2013, ZDF, ).
Musique Dernière Volonté, La Rose blanche (album Obéir et mourir). Les Joyaux de la Princesse et Regard Extrême, Die Weiße Rose (album, 1997, label : Les Joyaux de la Princesse). Louis Philippe, Ballad of Sophie Scholl (album Appointment with Venus, 1986, El Records). Otto M. Schwarz, The Secret of "The White Rose" (composé en 2013) Mickey 3D, La rose blanche, 2015 (album Sebolavy, 2016).
Bibliographie . . .
. . . .
; Jeunesse . Henri Peter, La Rose Blanche, des résistants chrétiens contre le nazisme, Paris, Via Romana, , 336 p. . .
Notes et références
Annexes Articles connexes Sophie Scholl : Les Derniers Jours, film de Marc Rothemund avec Julia Jentsch Hans Scholl Traute Lafrenz Hugo Distler Dietrich Bonhoeffer
Liens externes
Sophie Scholl, Traudl Junge et Hitler - Site de François Delpla, .
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