İbrahim Kaypakkaya (1949 – 18 mai 1973) est un homme politique maoïste, fondateur du Parti communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste (TKP/ML). Il est aujourd'hui considéré par beaucoup comme un symbole de résistance et comme un agrégateur des idées d'autres grands leaders et penseurs du marxisme-léninisme-maoïsme. Kaypakkaya a été blessé puis capturé dans un affrontement avec l'armée turque dans la province de Tunceli en 1973. Il a ensuite été exécuté dans la prison de Diyarbakır quatre mois plus tard.

Biographie

Ibrahim Kaypakkaya est né en 1949 dans le village de Karakaya, rattaché à la sous-préfecture de Sungurlu, elle-même dépendante de la préfecture de Çorum. Il est issu d’une famille paysanne précaire. Il est le fils d'Ali et Medine (Medish) Kaypakkaya du village Gökçam.

Il intègre l’IUFM de Çapa et l’université de physique d’Istanbul en 1965. Dans un contexte de mouvement social universitaire, Ibrahim Kaypakkaya devient membre de la FKF, la fédération des clubs d’idées, dès son entrée à l'université. Il dirige bientôt cette organisation révolutionnaire socialiste et mène des activités antifascistes et anti-impérialistes.

Il s’éloigne peu à peu de l’université, et en 1969-1970, il partage sa lutte avec les ouvriers et les paysans, faisant connaître le marxisme-léninisme partout où il y a grèves, occupations des terres par les paysans.

En 1972, il crée avec des camarades le Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste (TKP/ML, ).

Le MIT (services secrets turcs) a tout de suite considéré le TKP/ML comme une organisation dangereuse pour la stabilité du gouvernement. Alors qu’ils mènent des actions dans la région de Dersim, Ibrahim Kaypakkaya et ses camarades sont traqués et obligés de se retrancher dans un bâtiment abandonné pendant quelques jours. À la suite d'une dénonciation, ils sont attaqués par les gendarmes le . Le compagnon d’armes d’Ibrahim Kaypakkaya, Ali Haydar Yildiz, est tué ; lui est grièvement blessé et laissé pour mort par les gendarmes qui poursuivent d’autres révolutionnaires. Il arrive à s’enfuir, et se réfugie pendant cinq jours dans une grotte ; ces conditions précaires le poussent à demander de l’aide à des villageois le , mais l’un d’entre eux le dénonce. Il est arrêté et amené au commissariat de Tunceli-Elazig, attaché derrière une jeep, puis dans la prison de Diyarbakir. On lui coupe d'abord les pieds, et il résiste pendant 4 mois et demi aux tortures infligées sans rien révéler des structures du TKP/ML, selon le principe « on donne sa vie mais pas ses secrets ». Il est assassiné dans la nuit du 17 au .

Il est l’un des premiers à avoir revendiqué et prôné l’indépendance du Kurdistan. Il est aussi l’un des premiers communistes à s’être opposé au kémalisme : « le kémalisme a instauré un régime bourgeois au service de l’impérialisme ». Dans un rapport déclassifié du MIT en 2000, les autorités turques affirment que Kaypakkaya est le révolutionnaire le plus dangereux de sa génération. Il figure aujourd’hui encore comme un modèle politique et militant pour l’extrême gauche turque, qui commémore chaque année l’anniversaire de sa mort. Il a ainsi marqué ce mouvement en tant que critique du kémalisme et défenseur des droits des kurdes pour l'autodéterminationdu Kurdistan.

Doctrine La pensée d’Ibrahim Kaypakkaya s’inscrit dans le courant marxiste et maoïste. Ainsi, la stratégie menée par le TIKKO (branche armée du TKP/ML) reprend l’idée développée par Mao Zedong d’une « guerre populaire » menée par le parti communiste et s’appuyant sur des « bases rouges », c’est-à-dire des zones libérées par la guérilla.

Ibrahim Kaypakkaya a aussi laissé des écrits concernant la question nationale kurde et le kémalisme, qu’il considérait comme fasciste.

Divers Ibrahim Kaypakkaya aimait lire et écrire des poèmes. Plusieurs chansons lui sont dédiées, dont notamment : Grup Munzur - Ibrahim yoldaş, Emekçi - İbrahime Ağıt, Ozan Emekçi - Diyarbakır Zindanları et Grup Munzur - İsyan Ateşi. Son image est visible dans certaines scènes de films comme Le Mur (Duvar, en turc) de Yılmaz Güney et De l'autre côté de Fatih Akın. Son cimetière reste surveillé par les autorités turques.

Notes et références

Liens externes

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