La fosse 3 - 4 de la Compagnie des mines de Meurchin est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Wingles. Son fonçage commence en 1869, mais le passage du niveau d'eau est tout particulièrement problématique. Les terrains sont instables et gorgés d'eau, la méthode de la trousse coupante est utilisée, mais les travaux sont longs et les problèmes se succèdent. Le fonçage est stoppé le , il a alors coûté pour seulement . Le procédé de fonçage Chaudron est alors mis en place, et débute le . Les résultats sont probants.

Un deuxième puits, plus tard appelé 4, est commencé le , à l'est du 3. Il a été rendu nécessaire étant donné que les chemises en fonte ont réduit le diamètre du premier puits à , si bien qu'il serait impossible d'assurer par ce seul puits l'extraction, l'aérage, et l'exhaure. Les travaux se déroulent sans incidents particuliers, et la fosse commence à extraire en 1875. Le fonçage des puits a été extrêmement onéreux, puisqu'il a coûté . La fosse devient vite le principal siège d'extraction de la Compagnie, qui attend près de trente ans après la mise en service pour ouvrir une fosse 5.

La Compagnie de Meurchin est rachetée par celle de Lens en 1920. La Compagnie des mines de Lens est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Lens. La fosse 3 - 4 continue d'extraire jusqu'en 1954, date à laquelle elle est concentrée sur la fosse 18 - 18 bis du Groupe de Lens. Les puits 3 et 4 sont respectivement remblayés en 1959 et 1960. La fosse ne possède pas de cités minières, elle a en revanche six terrils numérotés 70, 70A, 70B, 70C1+C2, 70D et 70E.

Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits 3 et 4. Le carreau de fosse et ses terrils sont devenus un espace de loisirs. Les étangs d'affaissement minier de Wingles avec, par extension, les terrils plats 70, 70A, 70B, 70C1+C2 et 70D ont été inscrits le sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

La fosse

À la fin des années 1860, seule la fosse 1 est productive, la fosse 2 ayant été abandonnée à la suite de la découverte d'une source minérale sulfureuse qui a inondé les galeries, et le puits. La Compagnie des mines de Meurchin se doit donc d'ouvrir une nouvelle fosse productive, d'autant plus que la fosse 2 a coûté , entièrement perdus.

L'établissement d'une fosse 3 est alors décidé, au nord-est de Wingles, à à l'ouest de la fosse 1. C'est également dans cette commune que la Compagnie des mines de Lens commence l'installation de sa fosse 7 - 7 bis dix ans plus tard.

Fonçage

Le premier puits, dit 3, est commencé en 1869, à la fin de l'année. À la fin du mois de , on a atteint la profondeur de avec une tour maçonnée de de diamètre, au travers d'une couche de sable de de hauteur. La base est dans des marnes divisées. Les constructions destinées à recevoir les machines de fonçage sont terminées et les générateurs installés. On établit une machine d'épuisement de , et le commence l'approfondissement. On arrive à avec un premier tour de palplanches de de diamètre. Le sable filtrant encore, on pose une deuxième tour de de diamètre intérieur ; on arrive ainsi à . Le revêtement refusant de descendre, on essaye d'approfondir avec des croisures. Un coup d'eau survient et déforme la partie inférieure du revêtement ; en même temps, les massifs des machines s'affaissent. On applique le système de cuvelage descendant avec trousse coupante. L'appareil complet présente un diamètre de . On arrive, par ce moyen, à sans pouvoir dépasser cette profondeur : le cuvelage ne descend plus, et l'épuisement, qui n'est pourtant que de par minute, produit des affouillements des marnes qui déforment les trousses. Le , on arrête les travaux et on prépare l'installation du procédé Chaudron. Le diamètre extérieur des anneaux est de . Le diamètre intérieur aux collets est de .

Il commence à fonctionner le . Les dépenses du fonçage, jusqu'à la profondeur de , se sont élevées à . Le sondage central à de diamètre arrive le à ; le 21, on commence la mise au grand diamètre de . On avance de deux mètres en quelques heures, mais on reconnaît que les parois du puits s'ébranlent et les constructions autour du puits s'affaissent visiblement. On descend un tube en fonte de de hauteur, tranchant à sa base, et présentant un diamètre extérieur de . On réduit le trépan à . L'épaisseur du tube est quatre centimètres. Le tube s'arrête à . On continue le creusement jusqu'à , et on reprend le puits central. Pendant ce travail, on reconnaît que le tube continue son mouvement de descente, et on constate, par un gabarit, que le sommet du tube est arrivé à , laissant un vide de entre l'ancien cuvelage et lui-même. Il ne paraît pas se produire d'éboulement sérieux, mais la situation est grave. M. Chaudron décide qu'un second tube, de même diamètre que le premier, sera descendu et mis, autant que possible, en juxtaposition avec lui : on le munit de barres de suspension pour l'empêcher de découvrir la base du cuvelage en bois, le cas échéant, c'est-à-dire, si la descente simultanée des deux tubes venait à se produire. La hauteur est fixée à , de manière à porter la base de la colonne à . Ce nouveau tube est descendu le , et son poids s'ajoutant au premier, le poids de la chemise atteint . L'opération réussit, et le joint n'est pas sensible au trépan. Le puits central est terminé le , à , et le puits définitif, le , à , profondeur à laquelle on doit poser la boîte à mousse. On constate, à la fin de ce travail que le tube supérieur a son bord supérieur à à au-dessus de la base de l'ancien cuvelage, et que le tube inférieur a sa base à ; il résulte de ces chiffres, qu'un vide de existe, entre les deux tubes, de 24,88 à .

On commence le la descente du cuvelage ; et le 25, l'opération est terminée et réussie, car la colonne d'équilibre ne donne pas d'eau. On commence le creusement à niveau vide, le . On atteint le terrain houiller à ; à , on recoupe une veine de , et à une veine de ; mais le terrain est irrégulier. Néanmoins, on arrête le creusement, à , le , pour commencer les travaux d'exploration par deux étages établis à et à . Ces travaux n'ont pas été pas heureux, et ce n'est qu'à du puits que l'on a reconnu des terrains réguliers à l'approche du faisceau des couches de la fosse 1.

Le creusement du deuxième puits, dit 4 par la suite, a été motivé par l'impossibilité d'établir l'extraction, l'aérage, voire l'épuisement, dans un diamètre de . On lui donne un diamètre utile de , comme au premier, et on l'établit à d'axe en axe du premier puits, afin d'éviter, si c'est possible, les terrains désagrégés que l'épuisement du premier puits a dû former autour de lui ; on veut aussi prévenir les accidents qui pourraient résulter d'éboulements survenant dans le creusement. Les travaux commencent le , aussitôt après la descente du cuvelage du puits 1. On établit une tour fixe de de diamètre intérieur et deux mètres de hauteur, reposant sur le sable. On creuse à l'intérieur, dans les sables, à l'aide de palplanches successives : on atteint ainsi la profondeur de et on établit une deuxième tour fixe de de diamètre intérieur. On continue ensuite le creusement à l'aide des trépans et en enfonçant des tubes successifs. Un premier tube arrive à ; un deuxième, à ; un troisième, à ; un quatrième, à ; et un cinquième, à . À partir du dernier tube, aucun éboulement n'a été constaté, et le cuvelage est terminé et bétonné le . On entreprend le creusement à niveau vide, le de la même année, et on le termine à .

Pendant la descente du tube, un accident d'un genre particulier arrête le travail : le deuxième tube s'arrête à à la suite de la rupture de l'une des pièces de la partie inférieure ; après avoir essayé de retirer le morceau à l'aide des outils Chaudron, mais sans succès, on tente l'application de l'appareil Rouquayrol-Denayrouze. Un plongeur descend dans le puits, mais le mouvement de l'eau en trouble la limpidité, et il ne peut se servir de la lampe ; il en est réduit à essayer d'accrocher la pièce brisée ; mais l'attache étant mal faite, elle cède au moindre effort. En présence de cet insuccès, on essaye de loger le morceau cassé dans la paroi, en battant au trépan, et on y arrive. On descend ensuite le troisième tube.

thumb|left|La fosse 3 - 4 vers 1900. L'application du système Chaudron, jusqu'à la base du cuvelage, a coûté, primes à M. Chaudron comprises pour le premier puits et pour le second puits, soit un ensemble de . Si l'on ajoute à ce chiffre le montant des dépenses faites primitivement, on obtient un total de pour le passage du niveau des deux puits du siège 3, à la profondeur de . Au , il a été dépensé pour le creusement des deux puits du siège 3, non compris les terrains, bâtiments et machines, .

Exploitation

Des accrochages sont établis à 169, 206 et pour le puits 3 et à 169, 206, 286 et pour le puits 4, ce dernier est alors profond de , et le puits 3 de . L'orifice du puits est situé à l'altitude de par rapport au niveau de la mer. Pour les deux puits le cuvelage en fonte s'étend jusque vers et a un diamètre de . La fosse est le principal siège d'extraction de la Compagnie.

La Compagnie de Meurchin est rachetée par celle de Lens en 1920. Celle-ci entreprend alors la reconstruction de la fosse, dans son style architectural. La Compagnie des mines de Lens est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Lens. Le puits 4 sert à l'extraction, alors que le puits 3 assure le service.

Après que la fosse a été concentrée sur la fosse 18 - 18 bis du Groupe de Lens à Hulluch en 1954, la fosse cesse d'extraire. Le puits 3, profond de est remblayé en 1959, et le puits 4, profond de , est remblayé l'année suivante.

Reconversion

Au début du , Charbonnages de France matérialise la tête de puits. Le BRGM y effectue des inspections chaque année.

Les terrils

Six terrils sont attribués à la fosse 3 - 4. Tous sont plats et relativement étendus. Les étangs d'affaissement minier de Wingles avec, par extension, les terrils plats 70, 70A, 70B, 70C1+C2 et 70D font partie des répartis sur qui ont été inscrits le sur la liste patrimoine mondial de l'Unesco. Ils constituent une partie du site 63.

thumb|left|Le terril 70. thumb|Le terril 70A. Terril 70, 3 - 4 de Meurchin Est Chemin des Îles

Le terril 70, situé à Billy-Berclau, est un des terrils plats de la fosse 3 - 4.

Terril 70A, 3 - 4 de Meurchin Ouest Chemin des Îles

Le terril 70A, situé à Douvrin, est un des terrils plats de la fosse 3 - 4.

thumb|left|Le terril 70B. thumb|Le terril 70C1+C2. Terril 70B, Acacias

Le terril 70B, situé à Wingles, est un des terrils plats de la fosse 3 - 4.

Terril 70C1+C2, 3 - 4 de Meurchin

Le terril 70C1+C2, situé à Wingles, est un des terrils plats de la fosse 3 - 4.

thumb|left|Le terril 70D. thumb|Le terril 70E est situé dans cette zone boisée. Terril 70D, 3 - 4 de Meurchin Marais

Le terril 70D, situé à Wingles, est un des terrils plats de la fosse 3 - 4.

Terril 70E, 3 - 4 de Meurchin Marais

Le terril 70E, situé à Meurchin, est un des terrils plats de la fosse 3 - 4, c'est le seul à être situé à l'est de la Deûle. Il est plus proche de la fosse 1 que de la fosse 3 - 4.

Notes et références

Notes

Références

Références aux fiches du BRGM

Références à

Références à

Références à

Références à

Voir aussi

Articles connexes Compagnie des mines de Meurchin Compagnie des mines de Lens Groupe de Lens Liste des biens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, site 63

Bibliographie

Fosse 3 - 4 Meurchin 3 - 4