La famille Pozzo di Borgo est une famille de noblesse d'extraction, originaire de Corse.

La présence de la famille est attestée depuis au moins le , en Corse dans le bassin d'Ajaccio, d'abord dans le village de Monticchi puis dans celui éponyme de "Pozzo di Borgo" qui lui donnera son nom. Le village de Pozzo di Borgo fut définitivement ruiné par les barbaresques en 1574 et la famille se réfugia dans les alentours, en particulier à Alata, Ajaccio et Appietto.

De noblesse génoise et pontificale, puis française pour certaines de ses branches. Elle prouve sa filiation depuis l'année 1629Arnaud Chaffanjon, Le Petit Gotha illustré, Editions SERG,1968, page 235.Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 157..

Pour Suzzone Pozzo di Borgo (noble-six en 1585 auprès de la république de Gènes et colonel des Garde corse du pape) obtention des privilèges attachés à la qualité de gentilhomme par la république de Gènes pour lui et ses descendants des deux sexes. Le , une bulle du pape Paul V, en confirmation d’une autre bulle datant de 1465, l'exemptait à perpétuité du paiement de la dîme.

Après la cession par Gènes de la Corse à la France en 1769, certains membres de la famille demanderont à être reconnus nobles français par le Conseil souverain de Corse. Ils se verront ainsi intégrés et maintenus par arrêt des et Grand Armorial de France, tome V, 1948 page 370 faisant partie des familles subsistantes de la noblesse française.

À partir du , la famille Pozzo di Borgo se divise en de nombreuses branches établies principalement dans les villes et villages de Corse, en particulier à Ajaccio, Alata, Appietto et Villanova mais également à Paris et sur les rives de la Méditerranée.

Elle a formé de nombreux rameaux, encore subsistants dont plusieurs de ses membres se sont distingués dans l’armée, la diplomatie, la politique et la finance.

Histoire Des lignées d'officiers, d'hommes de loi et de capitaines corailleurs Pier Lovico da Pozzo di Borgo qui vit au milieu du est l’ancêtre de la branche de la famille qui s’installa et prospéra sur l’île de Zante (Grèce). Cette branche donna entre autres, Stefano Pozzo di Borgo, soldat à Ajaccio en 1598 et capitaine au service de la république de Venise en 1606 ; Domenico Pozzo di Borgo (1612-1685) resté aux ordres du gouvernement vénitien pendant 51 ans pour finir sa carrière comme colonel de la compagnie d’italiens en 1675 aux îles de Corfou, Suda et Zante et major de la place de Candie. Il épouse sur l'ile de Zante le Elena Apostoliti, fille de Giorgio d’une noble famille de Zante.

D'autres membres de la famille Pozzo di Borgo entrent au service de la république de Venise pour y occuper, souvent, les grades supérieurs. Ainsi, Girolamo Pozzo di Borgo (1660-1705) est sergent major au service de la république de Venise et capitaine en 1683. Il épouse en 1684 Bianca Mocenigo, fille du noble Battista. Cette branche s’éteindra à Venise en la personne de Girolamo Pozzo di Borgo, sergent-major en 1737, qui meurt sans postérité connue.

Selon les sources de l’historien Colonna de Cesari Rocca, l’un d’entre eux, Suzzone Pozzo di Borgo, est officier, colonel de la garde corse du pape en 1619. Il s'illustre au service du Saint-Siège à Rome où la communauté corse était largement représentée. Il est auteur de la branche principale d'Alata. Il est également associé à la Torre di Suzzone, une tour construite sur le site d'A Latta, dont les ruines ont servi de fondation pour une maison dans le village d'Alata sur les hauteur d'Ajaccio.

« En 1582, la maison Pozzo di Borgo est appelée à prendre rang parmi les familles privilégiées du Conseil des Six d’Ajaccio, et bientôt, on la voit figurer en première ligne », rappelle André Borel d'Hauterive en 1841, dans sa Revue historique sur La Noblesse de Corse. À tel point que la famille fournit, entre 1585 et 1611, les principaux oratori (députés) envoyés auprès de la république de Gênes pour représenter la Corse.

Alors que certaines branches de la famille Pozzo di Borgo donnent des lignées d’hommes de loi, notaires, avocats, d’autres en revanche se tournent vers la mer dans les compagnies de capitaines corailleurs à Ajaccio. Dès sa fondation, à la fin du , Ajaccio devient un lieu de pêche au corail qui, au fil des années, se développera. Au début du , près de la moitié de la ville vit directement ou indirectement de la pêche au corail. D'après l'abbé Rossi, la vente du corail à Livourne, lors du rattachement de la Corse à la France en 1769, rapporte plus de par an et de conclure que « les patrons corailleurs étaient les gens les plus aisés de la ville ». Ce commerce et cette pêche rapportent : en 1790 sont recensés à Ajaccio 710 « citoyens électeurs-actifs », c'est-à-dire autorisés à voter grâce à leur niveau de fortune ; parmi eux, plusieurs membres de la famille Pozzo di Borgo sont patrons corailleurs : Anton-Giovanni, Bernardo, trois Domenico, Felice, Gio, Giovanni, deux Giuseppe, Luiggi et Paolo, donc douze chefs de famille Pozzo di Borgo, citoyen actifs électeurs, tous cités dans le Catalogue dei cittadini attivi della città d'Ajaccio. Dans une ville qui compte en 1794, ces 12 foyers Pozzo di Borgo forment une élite.

En 1774, la France interdit la pêche en Corse pour préserver les ressources. Une décision forcément mal vécue. Quand la loi est levée en 1779, cinq ans plus tard, Il est trop tard, l'activité s'est effondrée. Puis, le , un événement tragique scelle le destin des corailleurs. À Alger, la garde du Dey tente d'arrêter plus de , dont 500 ajacciens et plusieurs membres de la famille Pozzo di Borgo. Notamment les patrons de Gondoles, Antonio, Domenico et Paolo Pozzo di Borgo et les marins Felix et Francesco Pozzo di Borgo.

Noblesse et titres Pour Géronimo Pozzo di Borgo, père de Luca, père de Péraldo, propriétaire à Villanova au dessus d'Ajaccio, exemption du paiement de la taille accordée par la République de Gène. Il est cité avec Quilico Pozzo di Borgo en 1573 et Mannone Pozzo di Borgo, également exempté de taille à Villanova en 1591.

Pour Suzzone Pozzo di Borgo (Noble-Six 1585, colonel des Garde corse du pape en 1619 ) et ses descendants des deux sexes, privilèges attachés à la qualité de Gentilhomme par la république de Gènes qui possède a l'époque la Corse: Port d'armes et exemptions d'impôts et de tailles.

Le , en faveur du capitaine Suzzone, en confirmation d’une autre bulle pontificale datant de 1465 qui exemptait la famille Pozzo di Borgo de payer la dîme.

Après l'annexion de la Corse par la France en 1769, certaines branches de la famille Pozzo di Borgo à Ajaccio et Alata furent maintenues et reconnues nobles par le Conseil souverain de Corse par arrêt des et E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 820.. Ainsi, de la famille se verront ainsi intégrée dans la noblesse française.

Charles-André Pozzo di Borgo fut titré comte « Pozzo di Borgo » et pair de France par Louis XVIII par ordonnances des et avec concession d'une fleur de Lys à ajouter a ses armes. Pour le même Charles-André, le , concession du titre de comte Russe par l’empereur de Russie (ennemi de Napoléon, Charles-André a été ambassadeur de Russie en France de 1814 à 1830).

Son neveu et héritier, Charles-Jérôme Pozzo di Borgo fut nommé Pozzo di Borgo par Ferdinand des Deux-Siciles (1852). Ce titre étranger non régularisé a son époque ne fut pas reconnu en France par les autorités mais valablement porté et transmis dans la branche des héritiers de l'ambassadeur Charles André Pozzo di Borgo. Reynier Pozzo di Borgo, né le à Mutuelleville (Tunisie) est actuellement le Pozzo di Borgo et lui succèdera son fils Nicolas, comte Pozzo di Borgo.

Propriétés Hôtel de Longueuil (dit aussi hôtel de Maisons, puis d'Angervilliers, puis de Soyecourt, puis hôtel Pozzo di Borgo), rue de l'Université à ParisL’hôtel Pozzo di Borgo, site officiel, qui fut acheté par le comte Carlo Andrea (Charles-André) Pozzo di Borgo, en 1839, sous Louis-Philippe. Une partie de l'hôtel a longtemps été louée par le couturier Karl Lagerfeld qui en avait fait sa résidence parisienne. Mis en vente en 2009, l'hôtel a été acheté par le gouvernement du Gabon.. château de la Punta situé près d'Ajaccio en Corse, il fut construit par le deuxième duc, Jérôme Pozzo di Borgo et son fils Charles, le troisième duc ; la construction a duré de 1882 à 1891, elle s'est faite au moyen des restes du palais des Tuileries de Paris. Le château de la Punta a été vendu en 1992 au conseil général de la Corse du Sud, à la suite d'un incendie survenu en 1978. Il appartient actuellement à la collectivité de Corse, qui en assure la restauration et projette de le rendre accessible au public. Une première partie pourrait être visible en 2024. Château de MontretoutLes dires de l'architecte des bâtiments de France ., situé à Dangu en Normandie, construit par le quatrième duc Pozzo di Borgo vers 1890. Le château a été vendu en 2018 à la famille Laiguillon.

Une histoire mouvementée avec la famille Bonaparte : alliances et divisions Les liens d'amitié entre les familles Pozzo di Borgo et Bonaparte ont été étroits pendant plusieurs siècles. De très nombreuses alliances et patronage ont rapproché les deux familles : le 23 aout 1615 : Francesco Bonaparte, ancêtre de Napoléon, est parrain de Géronima Pozzo di Borgo ; le : Carlo Bonaparte, bisaïeul de Napoléon est témoin au mariage de Gio-Batista Pozzo di Borgo (Alata -) ; le , mariage de Gio-Batiste Pozzo di Borgo, avec Chiara Maria Ramolino, fille du noble Franchesco, proche parente de Madame, mère de Napoléon 1er, née Laeticia Ramolino en , mariage de Maria-Viginia d’Alata (fille de Domenico et sœur de Tomaso Pozzo di Borgo d'Alata) au Magnifico Giuseppe Maria Bonaparte (deuxième mariage), grand-père de Napoléon ; le 24 aout 1771 : Carlo Bonaparte, le père de Napoléon est le parrain de Maria Saveria Pozzo di Borgo ; le : Laetizia Ramolino est marraine d'Angéla Maria Pozzo di Borgo (cousine germaine et nièce de Charles-André Pozzo di Borgo) ; le 7 aout 1776 : Gertruda Bonaparte est marraine de Chiara Maria Pozzo di Borgo ; en 1780 : Charles Bonaparte et Maria-Laetizia sont parrain et marraine de Laetizia Pozzo di Borgo, petite fille de Gio-Lorenzo Pozzo di Borgo ; le : mariage de Gio-Giuseppe Pozzo di Borgo fils de Gio-Battista et de Chiara Maria Ramolino avec Maria Orazia Ferri-Pisani

En revanche, à l'approche de la Révolution française leurs intérêts politiques divergeront. À la différence de la famille Bonaparte, les Pozzo di Borgo eurent particulièrement à souffrir des invasions des barbaresques tout au long du . Il est même arrivé aux Pozzo di Borgo de devoir racheter un des leurs aux Barbaresques, ce fut le cas de Leone Pozzo di Borgo d'Ajaccio, pris par les corsaires Turcs et racheté par les Lenche de Marseille en 1575. Ce contexte a favorisé et explique sans doute le catholicisme farouche de la famille Pozzo di Borgo, que l'on ne retrouve pas chez les Bonaparte.

Ainsi l’empereur , fils de franc-maçon et frère de franc-maçon (Joseph Bonaparte) n'a pas évolué dans le même contexte familial que son lointain cousin et ami, qui deviendra son ennemi farouche et tenace, Charles-André Pozzo di Borgo, futur ambassadeur de Russie en France. Les Pozzo di Borgo, sont beaucoup plus conservateurs que les Bonaparte. Les prêtres de la famille Pozzo di Borgo sont légion, à la différence de Don Luciano Bonaparte et Don Ramolino.

On relève chez les Pozzo di Borgo les membres du clergé suivants :

le R.P Mannone Pozzo di Borgo de Villanova, prêtre en 1609 Ambrosio Sosacio Pozzo di Borgo d'Ajaccio (1572-mort à Rome en 1606 et inhumé à San Chrysogone) ancien curé de Sant-Andréa de Funaris et chanoine d'Ajaccio. Le R.P Ignazio Pozzo di Borgo d'Ajaccio (né en 1640) Le R.P Gio-Lorenzo Pozzo di Borgo de Villanova, prêtre, teste en 1640 Cesare Pozzo di Borgo, admis dans les ordres en 1650