Antoine Marie Garin, né le à Saint-Rambert-en-Bugey et mort le en Nouvelle-Zélande, est un missionnaire mariste français.
En 2016, en Nouvelle-Zélande, la cause de béatification du Père Antoine Marie Garin a été lancée .
La jeunesse thumbnail|left|Saint-Rambert-en-Bugey
Sa famille
Antoine Marie Garin est né en 1810 dans le département de l'Ain de Joseph-Marie Garin, notaire, et de son épouse, Françoise Marguerite Augerd..
Il est le fils cadet de la famille; son frère, Numa Raymond Garin, est son aîné de deux ans. Antoine est très attaché à sa famille qui l’élève dans l'affection et la foi religieuse.
La famille Garin est une famille aisée. Son grand-père paternel, Raphaël, notaire royal et procureur fiscal, fait partie des administrateurs de la ville en tant que conseiller municipal jusqu’à sa mort en 1801.
Antoine Marie Garin aime les arts et surtout la musique, qu’il exécute en famille avec son frère Numa et son pèreNotes sur l’enfance et la jeunesse de l’abbé Garin, APM, Rome, dossier Garin. (Document probablement créé par la Société de Marie vers la fin des années 1880).
L’éducation
En l’absence d’école publique, il est formé par des précepteurs privés: dès , il apprend la grammaire et le latin avec M. Rocheray, jeune séminariste hébergé par la famille Garin, puis de 1823 à 1826 sous la direction de M. Dufour, ..
Antoine Garin poursuit son éducation secondaire au collège de Belley, un établissement ecclésiastique, dirigé par des prêtres. Il y retrouve son frère et achève ses études en classe de philosophie, en 1831, après avoir fait humanités et rhétorique.
La vocation
La vocation du jeune Antoine s'est sans doute révélée au collège de Belley. Il intègre alors le séminaire ecclésiastique de Brou où il va se consacrer aux études théologiques trois années durant. C’est au monastère royal de Brou, lieu sacré qui inspire la religiosité, que va mûrir et s' approfondir la foi de Garin.
Le religieux Garin est ordonné prêtre extra-temporel à Belley, le , par Monseigneur Devie, évêque de Belley. Il est nommé vicaire des paroisses de Salavre et de Chalamont, deux villages de l’Ain, où il officiera de novembre 1834 à 1837. Son désir de devenir missionnaire le pousse à rejoindre à Lyon, en 1837, la société de Marie (congrégation des maristes), une congrégation missionnaire à laquelle a été confiée l’évangélisation du Pacifique. À partir du , et durant la durée de son noviciat, Garin occupe les fonctions de professeur de français et de musique au petit séminaire de Meximieux.
Accepté dans la société en 1840, il est immédiatement affecté en Nouvelle-Zélande. Le , Garin prononce ses vœux. Le lendemain, il embarque pour Londres, à destination du Pacifique. Le , il embarque à Gravesend sur le Mary Gray. Il ne reverra plus l'Europe.
Le missionnaire L'histoire du catholicisme commence officiellement en Nouvelle-Zélande en avec l'arrivée dans Hokianga du premier évêque du pays, Jean-Baptiste Pompallier (1801-1871). Toutefois, des Européens catholiques, pour la plupart irlandais ou anglais, s'étaient établis en Nouvelle-Zélande dès 1820 et avaient apporté avec eux leur foi. Des missions anglicanes (en 1814) et méthodistes (en 1822) étaient installées dans le pays. La population māorie comptait environ en 1840. En 1841, les missionnaires avaient converti à peu près Māoris au christianisme..
Le voyage thumb|left|Carte dessinée par le missionnaire Antoine Garin en 1841 retraçant son voyage vers la Nouvelle-Zélande (O.G. 031, APM, Rome) Garin fait partie du cinquième convoi de missionnaires maristes envoyés dans le PacifiqueLes compagnons missionnaires de Garin au départ de Gravesend étaient:. thumb|Kororareka, Bay of Islands, en 1845. Les journées à bord sont occupées à la formation des novices et à apprendre l’anglais. Garin dessine une carte pour ses parents, qui détaille l’itinéraire du navire. Il y indique jour après jour les latitudes et longitudes exactes ainsi que les incidents du voyage. Les continents sont formés de sa correspondance. Esprit curieux par nature, il occupe également ce long voyage à des observations météorologiques et zoologiques et trouve le voyage plutôt agréable. Du 22 au , le navire mouille au Cap de Bonne-Espérance. Du au , les missionnaires font escale à Sydney, d’où ils prennent le voilier anglais Earl Durham pour la Nouvelle-Zélande. Le , Garin arrive enfin dans la Baie des Îles et aborde à Kororareka ( Northland ). Antoine Marie Garin débarque le , avec une dizaine de membres de sa congrégation, à Kororareka, sous la conduite de l'évêque Jean-Baptiste Pompallier.. Ils amènent avec eux une presse d'imprimerie achetée à Paris, des cloches et du matériel pour la mission.
Les terres du nord thumb|La presse Gaveaux Kororareka Hormis l’évangélisation des indigènes de Nouvelle-Zélande, le groupe, composé des cinq pères, six frères, et trois laïques, (un imprimeur, un architecte et son assistant) a pour mission la construction d'un bâtiment devant accueillir la presse d'imprimerie de marque «Gaveaux». Ces travaux seront longs et fastidieux en l'absence de fonds suffisants. Au cours de ses années à Kororareka, Garin assiste à la construction de l'imprimerie («Pompallier House») et à la publication, en 1842, des premières traductions maories de livres d’instructions et de textes religieux. En attendant le démarrage de l'imprimerie, des brochures sont copiées à la main. Le père Garin va passer sept années dans ces terres du nord. Il officie à Kororareka jusqu'au .
Mangakahia Garin a trente-trois ans quand il prend en charge sa première station de mission auprès des Maoris de Mangakahia, dans la région de Northland. ( - décembre (?) 1847). Il est le témoin privilégié des guerres maories («La rébellion de Hone Heke»), guerre entre tribus rivales et forces coloniales britanniques qui se déroule aux alentours de Bay of Islands entre le et le . thumb|Danse de guerre maorie, 1850 Garin effectue en 1845 trois voyages à Kororareka. Il s’y trouve le , le lendemain de la mise à bas du drapeau, le , le jour de l’arrivée des troupes d’Auckland venues pour le rétablir et le protéger, et enfin après la mise à sac de la ville, alors que les prêtres catholiques de la mission du nord y sont réunisIl faut noter que le chef Hone Heke était devenu chrétien et que la plupart des Māoris n'avaient rien contre les chrétiens. Ni l'église anglicane, ni l'église catholique de Kororareka ne furent détruites par les Māoris lors de la prise de Kororareka. À son départ de Mangakahia, la mission est consolidée, dotée d’un presbytère, probablement d’une chapelle, et d’un jardin. La station a également à son actif plusieurs missions annexes établies à Whangarei, Ngunguru et Kaipara, sous l'autorité de chefs maoris.
En dépit de l'hostilité de Pompallier, en conflit avec les Maristes., sa candidature est proposée plusieurs fois à Rome pour une nomination au titre d'évêque..
Howick Le , après plusieurs années de labeur, Antoine Garin laisse les îles pour Howick (Auckland ) où il vient d’être nommé aumônier auprès des membres, pour la plupart Irlandais[]., de la nouvelle «colonie militaire» qui s'installe et s'agrandit.
En effet, en 1846, à la suite de la guerre du Nord contre Hone Heke, le «Royal New Zealand Fencible Corps» a été formé en Angleterre. Ce corps de peuplement, aux trois-quarts formé de soldats retraités transformés en colons militaires avait pour tâche de protéger la frontière sud de la colonie d'Auckland, en échange d'une maisonnette de deux chambres et d'un acre de terrain. Ces vétérans et leurs familles étaient établis principalement à Onehunga, Ōtāhuhu, Panmure et Howick.La durée du service de cette «force de défense» était de sept ans. Les hommes devaient être âgés de moins de (plus tard de moins de avec l'augmentation des demandes d'enrôlement ), avec un minimum de quinze ans de service militaire, être « de bon caractère», «industrieux», robustes et reconnus médicalement aptes. Les vétérans retenus recevaient le libre passage en Nouvelle-Zélande pour eux-mêmes, leurs femmes et leurs familles et une maisonnette de deux chambres et un acre de terrain à l'arrivée. Ces troupes, entraînées et disciplinées, incluaient de nombreux anciens combattants des guerres de Chine, d'Afghanistan et des grandes batailles de l'Inde, ainsi que de la Légion britannique enrôlée pour la guerre carliste en Espagne en 1836. Chaque homme était tenu d'assister à des exercices militaires douze jours par an et à la «church parade» chaque dimanche. Après sept ans de service, la maison et le terrain devenaient propriété absolue du pensionné. La plupart de ces vétérans sont devenus résidents permanents. ..
Antoine Garin restera à Howick jusqu'à .
Nelson thumb|right|Le détroit de Cook Le , le missionnaire est affecté à Nelson. Fondée en 1841, Nelson est la ville la plus ancienne du sud de la Nouvelle-Zélande. Garin est le curé responsable de 200 à 300 catholiques dispersés sur la superficie énorme des régions de Nelson , du Buller , de Marlborough et de la partie nord de la région qui est devenue Westland. Le père Garin est le premier prêtre à résider dans la région de Nelson: précédemment le prêtre devait traverser le détroit de Cook à la rame pour administrer les sacrements aux catholiques locaux. Ceux-ci, peu nombreux (4 % de la population), mais déterminés, ont déjà construit une chapelle.
Antoine Garin voyage constamment pour rendre visite à ses «paroissiens», à pied ou à cheval, en s'infligeant de grandes privations.
En 1862, il est vraisemblablement tellement près de la mort qu'un journal de Nelson édite réellement sa nécrologie. Pendant les quarante années passées dans la région de Nelson, le père Garin a fait construire cinq lieux de culte, certains avec les donations généreuses des chercheurs d'or de la région. Il s'agit des églises de :
Waimea (1853) Takaka (1867) Wakefield (1869) Motueka (1878) St Mary's (1857), à Nelson. Le Père Garin a également fondé des orphelinats (1872), principalement pour les orphelins catholiques, en recourant avec succès de la charité publique et en obtenant du gouvernement une aide financière pour chaque orphelin recueilli. Il a également montré une grande foi dans l'enseignement pour adultes en fondant une bibliothèque.
Le pédagogue right|thumb|Nelson C'est en tant qu'éducateur dans la zone de Nelson que Garin a montré des qualifications tout à fait exceptionnelles. Avec très peu de ressources, il fonde une école des garçons séparée de l'école existante. Avec l'arrivée de son prêtre auxiliaire, le père Delphine Moreau, en 1851, il dispense à ses élèves, dont plus de la moitié n'est pas catholique, un enseignement supérieur: français, latin, algèbre.
C'est la première école secondaire de Nouvelle-Zélande.
Le pére Garin ne pouvant accepter les règlements de la loi d'éducation pour ce qui concerne l'éducation religieuse, ses établissements ne reçoivent aucune aide du conseil d'éducation de Nelson. Le père Garin fait campagne contre cette loi, pour permettre aux écoles d'inclure l'instruction religieuse limitée. Cependant, ses écoles primaires sont d'une telle réputation qu'elles attirent beaucoup d'écoliers, dont de nombreux non-catholiques. En 1867, la loi est effectivement modifiée et l'aide financière du gouvernement aux écoles de Garin peut débuter jusqu'en 1877, date à laquelle la concession de gouvernement cesse avec une nouvelle législation, sur fond de conflits avec les protestants.
Malgré sa mauvaise santé, le Père Garin continuera à travailler jusqu'à la fin de sa vie.
Il se refuse une visite en France parce qu'il veut donner un exemple aux jeunes missionnaires.
Le , il célèbre son jubilé d'or de sacerdoce. Les trois évêques catholiques de Nouvelle-Zélande sont de service, mené par l'évêque Francis Redwood de Wellington dont la vocation avait été encouragée par le Père.