Voici une liste des principales racines indo-européennes, avec leurs correspondants dans toutes les grandes familles de langues indo-européennes. On utilise les conventions suivantes :

Présentation des listes présentées Langues des entrées mentionnées Le latin mentionné est celui utilisé vers 100 av. J.-C. Le grec mentionné est le grec ancien utilisé vers 400 av. J.-C. Quand aucun mot latin ne peut etre donné, c'est un correspondant osque ou ombrien qui est donné. À la place ou en plus du cognat hittite, peut être donné un correspondant provenant d'une autre langue anatolienne comme le louvite ou le lycien. . En tokharien, les cognats des variantes A et B sont tous deux donnés si possible.

Tableaux Les racines sont ci-dessous données en tables matricielles organisées comme suit : Ligne = Racine Chaque entête de ligne, c'est-à-dire la cellule le plus à gauche, spécifie une racine. Colonne = Famille de langues Chaque entête de colonne, c'est-à-dire la cellule le plus en haut, spécifie une famille de langues. Cellule = Mot dérivé Chaque cellule contient un ou plusieurs mots qui, dans une langue de la famille concernée, dérivent de la racine indiquée.

Chaque entrée figurant dans une cellule est organisée comme ceci : Elle est, en général, donné dans la langue la plus ancienne de sa famille ; des formes d'une langues modernes sont aussi donnés pour les familles où les langues les plus anciennes sont mal documentées ou ne diffèrent pas de façon significative des plus récentes ; Pour les langues flexionnelles, les mots sont donnés selon la nature grammaticale du mot : un nom commun est, dans les langues à déclinaison, donné au nominatif. Le génitif est précisé entre parenthèses si son thème diffère de celui du nominatif. Pour certaines langues, le sanskrit en particulier, on donne le thème de base en lieu et place du nominatif ; un verbe est donné sous la forme que l'on trouve "au dictionnaire" : langues germaniques et gallois : on donne l'infinitif ; latin et langues balto-slaves: on donne la première personne du singulier du présent de l'indicatif, suivie de l'infinitif entre parenthèses ; grec, vieil irlandais, arménien et albanais : seule est donnée la première personne du singulier du présent de l'indicatif ; sanskrit, avestique, vieux perse, parthe : on donne la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif ; tokharien : on donne le thème ; langues anatoliennes : on donne soit le thème soit la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif ;

Séries comparatives

Parenté

+ Langues citées prioritairementFamilleLangueChronologiegermanique gotiquev. 350latin latin v. 100 av. J.-C.grec ancien ionien-attiquev. 400 av. J.-C.sanskit védiquev. 1700-1100 av. J.-C. (Rig-Véda) iranien vieil-avestiquev. 1700-1200 av. J.-C.avestique récentv. 900-400 av. J.-C.vieux-persev. 525 av. J.-C. slavevieux-slavev. 1000balte lituanienv. 2000celtique vieil irlandaisv. 800 galloisv. 2000 bretonv. 2000 arménienarménien ancienv. 500 albanaismodernev. 2000tokarien tokharien A et Bv. 800 anatolienhittitev. 1400 av. J.-C.

indo-européen germanique latin grec ancien sanskrit iranien slave balte celtique arménien albanais tokharien anatolien « mère » v.norr. móðir māter mḗtēr mātár- avest. mātar- v.tchèque máti, matera lit. motė v.irl. máthir mayr motër « sœur »Variante du régional motrë ← *mātrā ← *méh₂treh₂ « sœur de la mère » A mācar, B mācer — « père » (cf.inf.) fadar pater patḗr pitā, pitṛ v.avest. ptā (dat. fəδrōi), v.pers. pitā — — v.irl. athir , bret. tad "père" hayr — A pācar, B pācer — « frère » brōþar frāter phrátēr « membre d'un clan » bhrātṛ avest. brātar- v.sl. bratrŭ pruss. brāti, lett. brālis v.irl. bráthair, gall. brawd (pl. brodyr) bret. breur (pl. breudeur) ełbayr (gén. ełbawr)D'un *łbayr, métathèse de *błayr, lambdacisme de *brayr. — A pracar, B procer lydien brafrsis « sœur » swistar soror éor « fille du cousin » svásar- avest. x ̌aŋhar-, persan xẉahar v.sl. sestra pruss. swestro, lit. sesuõ (seser̃s) v.irl. siur, gall. chwaer bret. c'hoar kʿoyr (gén. kʿeṙ), pl. kʿor-kʿkʿoyr ← ← ; kʿeṙ ← ← ; kʿor-kʿ ← . vajzë « jeune fille »Suffixé du régional vajë, mouillure d'un prémoderne *varë, contraction d'un ancien *vëharë, issu du proto-albanais *(s)wesarā. A ṣar, B ṣer — « fille » daúhtar osque futír thugátēr duhitṛ, duhitár- v.avest. dugədar-, persan doxtar v.sl. dŭšti lit. duktė, dukteris gaul. duxtir dustr — A ckācar, B tkācer louvite túwatara ~ « fils » sunus — huiús, huiós sūnú- avest. hunuš v.sl. synŭ lit. sūnùs v.irl. suth, gall. hogyn « fils » ustr — A se, B soyä — « neveu, petit-fils » a.h.all. nevo « neveu » nepōs (nepōtis) « neveu, petit-fils » népodes « descendants » nápāt « petit-fils, descendant » avest. napā̊ (acc. napātəm) « petit-fils » — v.lit. nepuotis « petit-fils » v.irl. nía, gall. nei « cousin » bret. niz « neveu » — nip « neveu, petit-fils » — — « frère du mari, beau-frère » v.angl. tācor, a.h.all. zeihhur lēvir dāēr devár- pachto lēvar v.sl. dĕverĭ lit. dieveris — taygr — — — « belle-fille » v.angl. snoru nurus nuós snuṣā- sogdien šwnšh v.russe snŭchá — — nu — — — « beau-père » ~ « belle-mère » swaíhra ~ swaíhrō socer ~ socrus hekurós « beau-père » śváśura ~ śvaśrū́ avest. xᵛasura- « beau-père », sogd. 'γwšh « belle-mère » v.sl. svekrŭ ~ svekry lit. šẽšuras gall. chwegr « belle-mère » skesrair ~ skesur vjehërr « belle-mère, beau-père » — —

« père » Souce: Grandsaignes d'Hauterive

Personnes

indo-européen germanique latin grec ancien sanskrit iranien slave balte celtique arménien albanais tokharien anatolien « être humain » guma homō — — — — lit. žmuõ v.irl. duine, gall. dyn bret. den — — — — « homme, personne » v.norr. Njǫrðr (nom d'un dieu) neriōsus « fort » anḗr (andros) nár- (nom. nā) avest. nar- (nom. nā), ossète næl v.sl. nravŭ « coutume » lit. nóras « volonté » gall. nêr « héros » ayr (gén. aṙn) njeri — louv. annara/i- « viril » « homme, mari » waír vir — vīrá- avest. vīra- — lit výras v.irl. fer, gall. gŵr bret. gour — A wir « jeune » — « femme, épouse » qēns, qinō — gunḗ gnā (gnā́s-) « femme d'un dieu », jániḥ « épouse » avest. gǝnā « femme d'un dieu », ǰaini- « femme » v.sl. žena pruss. genna « épouse » v.irl. ben bret. benel féminin kin — A śäṁ (pl. śnu), B śana louv. wanatti

Nombres

indo-européen germanique latin grec sanskrit iranien slave balte celte arménien albanais tokharien anatolien "un, ensemble" sama "même" ; angl. same (< v.norr. samr) ; v. angl. sam- "ensemble" sem-el "une fois", sem-per "toujours", sim-plex "unique, simple", sin-gulī "un par un" ἑῖς, ἕν, μία heĩs, hén, mía "un" < samá- "un" avest. hama-, v.perse hama- "un, tout" v.slave samŭ "seul, un" lit. sam-, są- "avec" v.irl. samlith "au même moment"; gall. hafal "similaire" bret. heñvel "similaire" mi "un" A sas, B ṣe "un" < "un" ains "un" ; angl. one (< v. angl. ān) ūnus (archaïque oinos) oĩnos "un (sur un dé)", oĩ(w)os "seul" (ēka- < *oi-ko- ; Proto-indien tardif aika-vartana "un tour (de piste)") avest. aēva-, v.perse aiva- "un, un seul, seul", pachto yau, yauàzi "un, un seul" v.sl. inŭ "un, un autre" lit. víenas "un" v.irl. ōen, gall. un "un" bret. un "un" andr-ēn "là", ast-ēn "ici" njëDe njâ (Kosovo) ~ anc. nja (Bogdani), issu avec aphérèse du proto-albanais *ainja, qui provient de l'i.-e. *h₁oiHnos (V. Orel, Albanian Etymological Dictionary, 1998, p. 305). D'autres postulats : E. Hamp (Anc. IE, 1966, p. 113; IE Numerals, dir. J. Gvozdanović, 1992, p. 903-904) répète l'ancienne théorie de Meyer (1891) qui a postulé *eni- (c-à-d. *h₂eno-), particule déictique i.-e. qu'il suppose à tort visible dans le skr. anyá- « l'autre », avest. anya, de même sens (en réalité de *h₁on-) et gr. énioi « certains, quelques » (← de én « un » ← *sems) : erreur évidente car cette particule a donné a « ou ; si » et paraît dans ai « il ; celui-là ». De même, Michiel de Vaan, dans une revue de Demiraj, Sistemi i numerimit, ne propose que des retouches : i.-e. *h₂en-io-no- > proto-alb. primitif *ëńán > proto-alb. tardif *ńâ > një. M. Huld (Basic Albanian Etymologies, 1984, p. 101; ainsi que D. Ringe et al. « IE and Computational Cladistics », dans Transactions of the Philological Society t. 100, 2002, p. 75) tente de tirer le guègue nji d'un i.-e. *smjeh₂, féminin de *sem « un », et continué par le gr. mía, arm. mi. Pourtant, le grec et l'arménien répondent à *smih₂, et la chute de s- n'aurait pas provoqué m → n (cf. *smeḱ-r̥ > mjekër « menton »). B -aiwenta "groupe" < "*unité" *dwóh₁, nt. *dwóy(h₁) "deux" twái (fém. twōs, nt. twa) "deux" ; angl. two (< v.angl. twā) duo "deux" dúō "deux" dvā́(u) "deux" avest. dva, fém./nt. baē "deux", pachto dua, duàra "deux, tous les deux" v.sl. dŭva "deux" lit. dù "deux" v.irl. da, gall. dau (fém. dwy) "deux" bret. daou (fém. div) "deux" erku "deux" dy "deux" A wu, B wi "deux" dā-, lycien cbi-/tbi- "deux" *tréyes (fém. La place de l'accent est inconnue., nt. *tríh₂) "trois" þreis "trois" ; angl. three (< v.angl. þrīe) trēs "trois" treĩs "trois" tráyaḥ (fém. tisráḥ) "trois" avest. ϑrayō, ϑrayas (fém. tisrō, nt. ϑri), v.perse çi-, parthe hrē "trois", pachto dré v.sl. trĭje "trois" lit. trỹs "trois" v.irl. trí (fém. téoir), gall. tri (fém. tair, teir) "trois" bret. tri (fém. teir) "trois" erekʻ "trois" tre "trois" A tre, B trai "trois" tri- "trois" *kʷetwóres (fém. *kʷétesres, nt. *kʷetwṓr) "quatre" fidwor "quatre" (le germanique est influencé par *pénkʷe "cinq") ; angl. four (< v.angl. fēower) quattuor "quatre" téssares "quatre" masc. catvā́raḥ (acc. catúraḥ), nt. catvā́ri, fém. cátasraḥ "quatre" avest. masc. čaϑwārō (acc. čaturąm), fém. čataŋrō "quatre"; persan čahār, pachto calôr "quatre" v.sl. četyre "quatre" lit. keturì "quatre" v.irl. ceth(a)ir (fém. cethēoir, influencé par le fém. tēoir "trois") "quatre"; gall. pedwar (fém. pedair) "quatre" bret. pevar (fém. peder) "quatre" čʻorkʻ "quatre" katër "quatre" A śtwar, B śtwer "quatre" *pénkʷe "cinq" fimf "cinq" ; angl. five (< v. angl. fīf) quīnque "cinq" pénte "cinq" páñca "cinq" avest. panča "cinq", pachto pindza v.sl. pętĭ "cinq" lit. penkì "cinq" v.irl. cóic, gall. pump "cinq", bret. pemp "cinq" hing "cinq" pesë "cinq" A päñ, B piś "cinq" *swéḱs "six" sáihs "six" ; angl. six (< v. angl. siex) sex "six" héx, dial. wéx "six" ṣáṣ "six" avest. xšvaš "six", pachto shpazh v.sl. šestĭ "six" lit. šešì "six" v.irl. sé, gall. chwech "six", bret. c'hwec'h "six" vec̣ "six" gjashtë "six" A ṣäk, B ṣkas "six" *septḿ̥ "sept" sibun "sept" ; angl. seven (< v. angl. seofon) septem "sept" heptá "sept" saptá "sept" avest. hapta "sept" v.sl. sedmĭ "sept" lit. septynì "sept" v. irl. secht, gall. saith "sept", bret. seizh "sept" evt`n "seven" shtatë "seven" A ṣpät, B ṣukt "seven" sipta- "seven" *h₁oḱtō(u) "huit" ahtáu "huit" ; angl. eight (< v. angl. eahta) octō "huit" oktṓ "huit" aṣṭā́(u) "huit" avest. ašta "huit" v.sl. osmĭ "huit"Construit à partir de osmŭ « huitième » ← i.-e. *h₁oḱt-mo-. lit. aštuonì "huit" v.irl. ocht n- "huit"Nasalisé d'après i.-e. *septḿ̥ « sept ».; gall. wyth "huit", bret. eizh "huit" ut` "huit" < *optō, influencé par *septḿ̥ "sept" tetë "huit" < i.-e. *H₁oḱtō-t- A okät, B okt "huit" *(h₁)néwn̥ "neuf" niun "neuf" ; angl. nine (< v. angl. nigon) novem "neuf" ennéa "neuf" náva "neuf" avest. nava "neuf" v.sl. devętĭ "neuf" < *newn̥-ti-' | lit. devynì "neuf" (v.sl. et lit. influencés par i.-e. dékm̥t "dix") | v. irl noí n-, gall. naw "neuf", bret. nav "neuf" | inn /inən/ "neuf" < *enwn̥| nëntë "neuf" < i.-e. *newn̥-ti-| AB ñu

| *déḱm̥t "dix" | taíhun "dix" ; angl. ten (< v. angl. tien) | decem "dix" | déka "dix" | dáśa "dix" | avest. dasa "dix" | v.sl. desętĭ "dix" | lit. dẽšimt "dix" | v.irl. deich, gall. deg, deng "dix", bret. dek "dix" | tasn "dix" | dhjetë "dix" < i.-e. *déḱm̥t-i-| A śäk, B śak "dix"

| *wī́ḱm̥̥tih₁ "vingt" < p.-i.-e. *dwi-dḱm̥̥t-ih₁ "two tens" | (remanié) | vīgintī "vingt" | eíkosi "vingt" | viṁśatí "vingt" | avest. vīsaiti, ossète insäi "vingt" | v.sl. dvadesętĭ "deux dix" | (remanié)