Pour est un journal hebdomadaire belge fondé en 1973Le journal "Pour", turbulent enfant de Mai 68 La Libre Belgique, 9 mai 2008. Il cesse de paraître en 1982. Il était édité par l'ASBL POUR écrire la liberté.
Ses locaux, situés au 22 rue de la Concorde à Ixelles, sont détruits par un incendie criminel en 1981.
Ligne éditoriale Produit de la nouvelle gauche, sa ligne éditoriale était communément admise comme étant de gauche radicalePorte parole incisif d'une gauche pluraliste et libertaire, cet hebdomadaire né sur les cendres du Point en 1973, a œuvré à bâtir des ponts entre militants syndicalistes, intellectuels et artistes plasticiens les plus avant-gardistes., Angel Vergara Santiago Lire en ligne.
Anti-stalinien, Pour se situait au confluent des idées libertairesViennent ensuite d'autres projets d'une gauche que l'on pourrait presque qualifier de libertaire: Pour (1973), qui « tente de rassembler autour du journal (...), Laurence Mundschau, Le dernier numéro, Le discours autoréférentiel de fermeture des hebdomadaires d'information générale en Belgique francophone (1950-2000), Presses universitaires de Louvain, Thèses de la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques, 2007, Lire en ligne de Mai 68, d'un marxisme plus orthodoxe (bien que marqué par le basisme anti-léniniste, voire le conseillisme) et des nouveaux mouvements sociaux. L’essentiel du contenu du journal est fait de reportages sur le mouvement social bouillonnant des années 1970 : travailleurs en grève, féminisme, homosexualité assumée, comités de quartier, antimilitarisme, écologie politique, mouvement antinucléaire, etc.
Histoire De 1973 à l'incendie thumb|Affiche de lancement de l'hebdomadaire en 1973.
Après avoir lancé Le Point en 1965 (le premier numéro fut tiré à exemplaires), Jean-Claude Garot (initiateur du collectif « POUR écrire la liberté ») lance le le journal POURPour écrire la liberté a.s.b.l. POUR. Héritier de l'hebdomadaire Le Point né en 1965 à Bruxelles, Courrier hebdomadaire du CRISP, Centre de recherche et d'information socio-politiques, numéros 834 à 848, 1979, page 10 Lire en ligne qui se définit comme journal/acteur de la nouvelle gauche porteuse des valeurs de Mai 68PALLAS BRUDISC ULB/VUB.
Refusant la publicité (qui a étranglé précédemment le magazine Le Point), le journal est fortement déficitaire et financé par des emprunts personnels contractés par les membres de l'équipe et, surtout, par la vente d’œuvres d’art offertes par des artistes contemporains (dont Sol LeWittNotice bibliographique BnF, Hanne DarbovenHanne Darboven [Bruxelles] : POUR écrire la liberté, 1975 CDLA, etc.) organisée par le collectionneur d'art et sympathisant Isi FiszmanPour écrire la liberté / Isi Fiszman, Jörg Immendorff, Hund stösst im Laufe der Woche zu mir, Moderna museet (Stockholm, Sweden), 1981, page 37, Lire en ligne avec le support de Harald Szeemann (notamment l'exposition sous chapiteau SaltoArte en 1975 à Ixelles)SaltoArte 1975 a__/r__/c__/h__/i__/v__/e__/s__.
Pendant toute cette première période, les articles ne sont pas signés (refus du vedettariat), chaque membre de l'équipe assume une responsabilité de fabrication et de rédaction (refus de la séparation manuel/intellectuel) et tous reçoivent, en théorie, le même salaire (principe égalitaire)« Pour » a conjugué sens pratique et utopie : entreprise autogérée, salaire égalitaire, remise en question de la division du travail, absence de publicité. De quoi se mesurer aux prétentions théoriques qui animaient une époque encore ouverte à tous les possibles., Angel Vergara Santiago Lire en ligne. Les semaines font régulièrement 80 heures de travail.
Le journal élargit rapidement son audience grâce à la publication de scoops dont l’affaire dite des Ballets roses1980 Dossier Pinon – voir affaire Pinon, Ballets Roses Affaire Pinon alias Ballets Roses. Celle-ci - aussi connue sous le nom d'affaire Pinon, du nom d'un psychiatre bruxellois qui serait à la base de la révélation de l'affaire - fait référence à de présumées soirées et partouzes auxquelles des ministres, hauts fonctionnaires et gendarmes auraient participé en Belgique dans les années 1970 et où des mineures auraient été impliquéesL'ancien journaliste Jean-Claude Garot recherché pour fraude, agence BELGA, mis en ligne le 13/05/2011. L'existence de ces soirées n'a jamais pu être prouvée à ce jour, ni l'implication des personnes citées supra.
POUR dénonce également les agissements de l’extrême droite belge : camps d’entraînement du Vlaamse Militanten Orde (VMO) ou la présence de Paul Latinus, militant du Front de la Jeunesse, dans un cabinet ministériel. Il met à jour les barons du Cepic, l’aile très à droite du PSC. Il révèle les réunions de responsables de mouvements fascistes au château du baron Benoît de Bonvoisin.
Le journal mène l'enquête sur les tueries du BrabantLes tueries du Brabant Jean-Claude Garot, le désir d'entreprendre.
Il rapporte, preuve à l’appui, le fichage des syndicalistes par des micro-fiches, utilisées par la gendarmerie et publie des documents prouvant la chasse aux militants de gauche, laissant l’extrême droite libre de ses mouvementsDe 1975 à 1980, regard sur des luttes sociales en Wallonie et à Bruxelles entreleslignes.
Certains pensent que c'est l'enquêteLes doutes subsistent. Jean-Claude Garot a déposé son enregistrement à la police judiciaire (PJ) le 21 juillet 1981, Des Ballets Roses à l’affaire Dutroux menée sur l'affaire des ballets roses qui expliquerait l'attentat criminel de (une des premières pistes suivies par les enquêteurs fut celle d'un incendie volontaire provoqué pour empêcher la parution d'articles sur les ballets rosesLes tueries du Brabant forum sur les tueries du Brabant sans aboutir pour autant).
De l'incendie à 1982 thumb|Affiche éditée après l'incendie par Alternative Libertaire (1981).
Après l'incendie et l'énorme émotion qu'il provoque dans l'opinion, POUR reparaît avec une équipe renforcée de plusieurs journalistes.
Dans les premiers mois, près de exemplaires sont vendus en Belgique francophone.
En 1982, c'est par un numéro double (416-417) que POUR cesse de paraître(...) un double numéro 416-417 où il écrit : « Plus que jamais, Pour continue son combat pour écrire la liberté », Laurence Mundschau, Le dernier numéro, Le discours autoréférentiel de fermeture des hebdomadaires d'information générale en Belgique francophone (1950-2000), Presses universitaires de Louvain, Thèses de la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques, 2007, Lire en ligne.
Renouveau du journal Toujours dans une optique de gauche, le journal POUR commence à rééditer de nouveaux numéros en 2015. Ce nouveau journal, fortement inspiré de l'ancien, est mis sur pied à la suite de l'annonce d'un possible traité transatlantique entre les États-Unis et l'Union européenne. Fortement opposé au projet, Jean-Claude Garot (initiateur de l'ancien journal) décide de remettre sur pied un nouveau POUR. Ce nouveau POUR dispose également d'un site Internet.
Personnalités liées au journal thumb|Jean-Claude Garot, fondateur du journal POUR, ici en 2009.|283x283px Jean-Claude Garot Claude Semal Irène Kaufer Michel Gheude Serge Noël Luc Pire Roger Noël Babar Francis Bismans Pierre Guelff Jean-Pierre Hupkens Marc Jacquemain André Lange.
Annexes Bibliographie Roger Noël Babar, « Citizen Kane in Brussels », interview de Jean-Claude Garot, , Alternative libertaire , , Voir en ligne.
Travaux universitaires
Axel Gryspeerdt, Pour écrire la liberté a.s.b.l., in Les nouveaux courants de la presse francophone en Belgique après : la contre-information régionale/locale et sectorielle, Courrier hebdomadaire du CRISP, Centre de recherche et d'information socio-politiques, Bruxelles, 1979/20, n°845-846, pp. 1-40, , . Laurence Mundschau, Le dernier numéro, Le discours autoréférentiel de fermeture des hebdomadaires d'information générale en Belgique francophone (1950-2000), Presses universitaires de Louvain, Thèses de la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques, 2007 Présentation en ligne. José Gotovitch et Anne Morelli, Presse communiste, presse radicale, 1919-2000: passé, présent, avenir, Condé-sur-Noireau, Fil rouge / Aden, 2007 Lire en ligne. Michel Bouffioux, Pour : sous la plage... les pavés, mémoire de licence en journalisme, ULB, 1988. André Lange, "Les braises de Pour ", in Critique politique, n.10, Bruxelles, . Astrid Waterinckx, Alternatieve pers in België na mei ’68 : Agence de Presse Libération-Belgique, licentiate Nieuwste Geschiedenis, UGent, master of Arts in European Studies, K.U.Leuven, 2006, page 31.
Filmographie Document vidéo : Journal POUR 1973-1982. WalkingVoice_TV, Pierre Clemens, soirée-débat (2h50) filmé le 03/09/2009 aux Établissements d'en Face (Bruxelles) à l’occasion de l'exposition "Nous les œuvres d'art" d'Angel Vergara et de l'exposition "POUR" qui l'accompagnaitQuel fut l’influence politique, sociale et culturelle de la presse indépendante en Belgique dans les années 70-80 ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'absence du rôle critique dans le champ de la presse et de la culture ? Intervenants : Angel Vergara; Jean-Claude Garot, André Lahou, Alec De Busschère, Jean-Pierre Clemens, Isi Fiszman, Sandrine Rayée, Yuri Barcers, Daniel Franco, Étienne Wijnants dailymotion.
Télévision Mai 68 - Mai 88, un débat de l'émission Écran Témoin de la Radio-télévision belge de la Communauté française, , voir en ligne.
Articles connexes Liberté de la presse Liste de journaux en Belgique
Notes et références
Catégorie:Titre de presse créé en 1973 Catégorie:Presse politique Catégorie:Presse hebdomadaire en Belgique Catégorie:Presse hebdomadaire en français Catégorie:Titre de presse disparu en 1982 Catégorie:Titre de presse créé en 2015 Catégorie:Presse antimilitariste