Le Royal Louis est le quatrième exemplaire d'une série de six vaisseaux de ligne de premier rang de la Marine royale française. C'est un vaisseau de prestige à trois ponts destiné à montrer sur mer l'éclat et la puissance de la monarchie française. En service de 1762 à 1772, il ne participe cependant à aucune opération militaire et passe l'essentiel de sa carrière à quai. C'est aussi l'un des rares trois-ponts construit sous le règne de Louis XV, époque où pour des raisons financières les arsenaux français lancent essentiellement des deux-ponts de 64 à 80 canons..

Construction et caractéristiques générales Il est construit par l'ingénieur Jacques-Luc Coulomb, neveu de François Coulomb et futur ingénieur constructeur en chef de la marine (1765)Grégoire Gasser, dans .. Le bâtiment est mis en chantier à Brest le et lancé en .

Sa coque est en chêne.. Le gréement, (mâts et vergues) est en pin, bois plus léger et souple. Les affûts des canons et des pompes sont en orme, les sculptures de la proue et de la poupe sont en tilleul et en peuplier, les poulies sont en gaïac. Les menuiseries intérieures sont en noyer. Les sculptures de la poupe et de la proue sont l’œuvre de Caffieri, illustre maître sculpteur dont la famille a contribué à l'évolution de la décoration navale. Les cordages et les voiles sont en chanvre.

Prévu pour pouvoir opérer pendant des semaines très loin de ses bases européennes s’il le faut, ses capacités de transport sont considérablesJacques Gay dans et Jean Meyer dans .. Il emporte pour trois mois de consommation d’eau, complétée par six mois de vin et d’eau douceUn litre de vin par jour et par homme. Le vin complète largement l’eau qui est croupie dans les barriques au bout de quelques semaines. . S’y ajoute pour cinq à six mois de vivres, soit plusieurs dizaines de tonnes de biscuits, farine, légumes secs et frais, viande et poisson salé, fromage, huile, vinaigre, sel, sans compter du bétail sur pied qui sera abattu au fur et à mesure de la campagneDes moutons (six par mois pour ), volailles (une poule par mois pour sept hommes, avec aussi des dindes, des pigeons, des canards). .

Il est de même dimension que le précédent, mais porte une artillerie moins importante (116 pièces au lieu de 124). Elle se répartit de la façon suivante :

le premier pont, percé à 16 sabords, porte trente-deux canons de 36 livres ; le second, percé à 17 sabords, porte trente-quatre canons de 24 livres ; le troisième, percé à 17 sabords, porte trente-quatre canons de 12 livres ; le gaillards avant porte six canons de canons de 8 livres ; le gaillard arrière dix canons de 8 livres.

Lorsque le Royal Louis doit tirer, le poids de la bordée est de (à peu près 612 kg) et le double s’il doit faire feu simultanément sur les deux bordsSelon les normes du temps, le navire, en combattant en ligne de file, ne tire que sur un seul bord. Il ne tire sur les deux bords que s’il est encerclé ou s'il cherche à traverser le dispositif ennemi. Base de calcul : 1 livre = 0,489 kg.. Ses soutes doivent lui permettre d’embarquer plusieurs dizaines de tonnes de boulets pleins, de boulets ramés, de mitraille et plus de de poudre noire..

Une carrière essentiellement à quai Il est mis en service le pendant la Guerre de Sept Ans, conflit qui a vu la flotte française connaitre de très lourdes défaites. Le ministre de la marine, Choiseul, veut relever le prestige de la flotte en lançant une expédition contre le BrésilLe Brésil est à cette époque une colonie du Portugal qui est officiellement neutre, mais de facto allié de l’Angleterre. qui rappellerait celle, victorieuse, de Duguay-Trouin sur Rio en 1711.. Le Royal-Louis est naturellement désigné pour en prendre la tête, suivi par huit vaisseaux de ligne et dix transports de troupes. L’escadre est confiée à un marin expérimenté : Beaussier de l’Isle, et la troupe à un homme revenu auréolé de ses combats dans l’océan Indien : le comte d’Estaing. Tout est prêt, lorsqu’en la publication des préliminaires de paix avec l'Angleterre met un terme au projet.

Le 11 du même mois, il appareille pour une campagne d'essais. Ses qualités nautiques se révèlent très médiocres : il n'est pas loin de chavirer dans un coup de vent à cause d’un manque d’assiette importantNicolas Mioque, Les vaisseaux à trois-ponts français du , décembre 2011.. Pour remédier au problème, on décide le 20 suivant de l'alléger dans les hauts en faisant débarquer la troisième batterie. Armé ainsi en flûte avec seulement cinquante-huit pièces (28×36, 24×24 et 6×8), le Royal Louis effectue en 1763 une campagne de cinq mois et huit jours pour faire une démonstration et ravitailler les Iles du Vent et Saint-Domingue.

Comme les deux premiers bâtiments de la série, il passe ensuite l'essentiel de son temps à quai où il pourrit rapidement. Le lancement du Ville de Paris en 1764 et du Bretagne en 1766, trois-ponts de plus petite taille mais aux qualités nautiques supérieures déclasse en partie le Royal Louis. En réparation en 1771 alors que ses défauts de construction sont presque impossibles à corriger et que le ministère de la Marine souffre à nouveau de crédits limités, il est finalement rayé des effectifs l’année suivante et progressivement démantelé. Une partie de sa mâture est récupérée pour équiper la BretagneLa Bretagne est mise à l'eau en 1766. Le bâtiment est considéré comme très réussi. Cependant, son achèvement traine en longueur et sa première croisière n’aura lieu qu'en 1778, ce qui explique la récupération d'une partie des agrès du Royal Louis, stockés un certain temps en magasin. ..

Galerie : modèle réduit du Royal Louis au Musée de la Marine

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi Articles connexes Histoire de la marine française Liste des vaisseaux français

Liens externes French Third Rate ship of the line Royal Louis (1759), article du site anglophone Three Decks - Warships in the Age of Sail Vaisseaux de ligne français de 1682 à 1780, liste tenue par Ronald Deschênes sur le site agh Les vaisseaux à trois-ponts français du , , rédigé par Nicolas Mioque sur son blog Trois-Ponts. Les Royal Louis de la marine française, , rédigé par Nicolas Mioque sur son blog Trois-Ponts. Le Royal Louis, sur le site du Musée national de la Marine, Paris.

Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Trois-mâts Catégorie:Navire de ligne de la Marine française Catégorie:Navire de la flotte militaire d'Ancien Régime Catégorie:Bateau lancé en 1759 Catégorie:Navire construit à Brest Catégorie:Navire démoli en 1772 Catégorie:Collection du musée national de la Marine