thumb|upright=1.2|Une reconstitution moderne d'hoplites grecs en formation de phalange, proche de l'armée étrusco-romaine et de celle de la République primitive.|alt=Dessin moderne où l'on voit un grand nombre d'hoplites en rangs serrés : une phalange.
thumb|upright=1.2|Stèle trouvée sur le , à proximité du , représentant un cavalier romain du |alt=Gravure d'un cavalier, avec bouclier, casque et lance.
thumb|upright=1.2|Scène de sacrifice pendant un recensement : partie droite d'une plaque de l'autel de Domitius Ahenobarbus, connue sous le nom de la « frise du recensement ». Marbre, œuvre romaine de la fin du Provenance : Champ de Mars, Rome. Aujourd'hui au musée du Louvre, Paris.|alt=Longue frise sculptée. Nombreux figurants, dont plusieurs soldats en armes.
thumb|upright=1.2|Reconstitution du , les soldats ont un équipement assez similaire à celui d'un soldat des guerres civiles de la fin de la République.|alt=Charge de soldats du premier siècle après avoir lancé des pilum.
thumb|upright=1.2|La conquête du bassin méditerranéen sous la République romaine.|alt=Carte évolutive du bassin méditerranéen avec les territoires romains, s'étendant d'abord sur l’Italie puis sur toute la Méditerranée.
L'armée des origines de la Ville à la fin de la République romaine permet à Rome d'imposer sa suprématie sur les villes et les peuples voisins du Latium aux , puis de se lancer dans la conquête de l'Italie aux et enfin de la Méditerranée du avant de jouer un rôle dans les guerres civiles républicaines.
Les origines de Rome sont plongées dans les traditions et légendes, et l'armée archaïque des premiers rois traditionnels n'est assurément qu'un ensemble de milices privées au service de nobles qui se réunit autour d'un roi dans des cas exceptionnels. Rome passe ensuite sous la domination des rois étrusques et la première véritable armée nationale peut être considérée comme étant une armée étrusco-romaine jusqu'à l'instauration de la République.
L'armée étrusco-romaine puis républicaine primitive reflète une société très aristocratique qui adopte d'abord un système proche de celui de la phalange hoplitique grecque : épaule contre épaule, les soldats romains offrent à l'ennemi une ligne continue et unie. Chacun doit payer son armement, les plus riches combattant à cheval ou constituant l'élite de l'infanterie, et les plus pauvres n'étant pas astreints au service, faute de moyens pour s'équiper.
Pierre Cosme souligne qu'au , ce que Claude Nicolet résume ainsi : .
Du fait des guerres incessantes auxquelles sont confrontés les Romains, l'armée se développe et évolue, et les besoins en effectifs augmentent. Les hommes sont dans un premier temps répartis en fonction de leurs revenus par classes censitaires puis la légion adopte l'organisation manipulaire, très moderne pour son époque, ce qui constitue une première révolution. Le corps de bataille éclate en une série de petites unités, les manipules, et gagne ainsi en souplesse. La solde est créée et les critères censitaires sont diminués : des hommes de plus en plus pauvres peuvent entrer dans l'armée, bien que légèrement équipés.
La vraie révolution intervient à la fin de la guerre contre les Latins. Au lieu de réduire en esclavage leurs voisins qu'ils viennent de vaincre, les Romains, non seulement leur laissent la liberté, mais encore leur donnent leur propre citoyenneté. Cette mesure extraordinaire met à la disposition du commandement de nombreuses troupes alliées, qui représentent vite plus de la moitié de l'armée, au fur et à mesure de la conquête de l'Italie, puis pour la conquête de la Méditerranée.
La deuxième guerre punique va mettre à rude épreuve l'armée romaine qui en sort victorieuse malgré un lourd tribut en hommes, et cette guerre aura de grandes conséquences à long terme. L'organisation militaire s'adapte et innove pour que l'armée puisse intervenir en dehors de la péninsule italienne sur de longues périodes, ce qui lance la lente professionnalisation de l'armée romaine avec des temps de service plus continu tout au long du
Au , les premières guerres civiles secouent Rome. La guerre sociale atteint les fondements de la République et de l'Italie romaine et a des conséquences très importantes dans l'organisation militaire romaine. Les anciens alliés italiens deviennent citoyens, les procédures de recrutement et de mobilisation sont décentralisées et se fondent dorénavant sur le volontariat et non plus sur les classes censitaires. La professionnalisation de l'armée prend de l'ampleur et les vétérans prennent une grande place dans la société. Les armées sont dorénavant enclines à servir les intérêts de leurs généraux aux ambitions démesurées qui partent à la conquête du pouvoir, ce qui mène la République romaine à son terme.
L'armée de la Rome archaïque ( — )
La tradition et les légendes
thumb|Jean-Auguste-Dominique Ingres, « Romulus, vainqueur d'AcronSelon la tradition, Acron est roi des Céniniens et fait la guerre à la Rome naissante en , à la suite de l'enlèvement des Sabines. Romulus le bat, le tue de sa propre main et remporte ainsi sur lui les premières dépouilles opimes, qu'il offrit à Jupiter Férétrien au sommet du Capitole ( et )., porte les dépouilles opimes au temple de Jupiter Férétrien », , Paris, 1812.|alt=Peinture néo-classique. Romulus en toge impériale portant des trésors, entouré de soldats en armes avec des boucliers frappés de la louve romaine, et à ses pieds un homme mort et nu que l'on enlève.
Dès la fondation de Rome en par les frères Romulus et Rémus, des campagnes et exploits militaires émaillent la tradition et les légendes romaines, telles les victoires des premiers rois légendaires sur les peuples voisins. : Romulus contre les Céniniens, les Crustuminiens, les Antemnates et les Sabins., puis contre les Lavinates, les Véiens, et les Fidénates., Tullus Hostilius contre les Albains et à nouveau contre Véies et les Sabins. et Ancus Marcius face aux Latins..
Ces guerres rapportées par la tradition ne nous apprennent rien sur l'organisation et l'équipement des armées de la Rome archaïque et tiennent plus de la légende que de l'histoire..
A cette période de rois légendaires, latins et sabins, suit celle des rois étrusques qui, bien que leurs noms, leurs nombres et leurs règnes soient traditionnels et peu vraisemblablesLe fait qu'il y ait eu une dynastie étrusque à Rome s'apparentant aux Tarquins est généralement reconnu par les historiens modernes (Conférence de Jacques Poucet, Les rois dits étrusques, ou la lente émergence de l'Histoire, « Vers une reconstruction historique », Paris, 2006 ). Concernant le nombre de rois, les noms et les règnes, voici quelques éléments : Sur les parois de la tombe François, à Vulci, le nom de (« Tarquin de Rome ») a été retrouvé (, Francesco Roncalli, La Tomba François di Vulci, Buranelli, Rome, 1987, 79-110 et 88-89. et ). Celui de a été quant à lui déchiffré sur une pierre divinatoire mentionnant aussi la Fortune, et la tradition place le règne de Servius Tullius sous la protection de cette déesse (, Filippo Coarelli, Il Foro Boario, 1988, 302 et ).., ont dominé la Rome monarchique tardive.. De ces trois traditionnels rois étrusques, Tarquin l'Ancien combat à son tour les Sabins. et Tarquin le Superbe les Latins, les Volsques et les Ardéens..
À la fin du règne des rois étrusques, le territoire romain s'est agrandi et s'étend sur une partie du nord du Latium, sur près de ., sans pour autant inclure ni Tibur au sud-est, ni Fidènes toute proche au nord-est..
thumb|Le site de Rome et les vestiges du |alt=Carte de Rome. Légende : Tombes au pied de l'Esquilin et du Viminal, dans la Velia et sur le Palatin et fonds de cabane sur le Palatin et dans la Velia.
Les fouilles archéologiques
Les fouilles archéologiques sur l'Esquilin ont permis de découvrir des tombes à char datant de la seconde moitié du , tombes dans lesquelles sont aussi trouvés des casques et des boucliers..
La société est alors hiérarchisée, le pouvoir et la richesse sont détenus par une élite militaire, comme on le retrouve dans les sociétés européennes contemporaines.
Au milieu de ce siècle, des fouilles suggèrent que les habitations du Palatin sont dorénavant entourées d'un fossé et d'un mur de terre et de pierres..., parfois appelé « mur romuléen ».
Pierre Cosme souligne que, autour de la date traditionnelle de la fondation de Rome, .
thumb|upright=0.7|Casque en bronze de type villanovien, utilisé en Étrurie du et peut-être dans la Rome monarchique, découvert sur une urne biconique. Musée Guarnacci, Volterra, Italie.|alt=Dans un musée, casque en bronze pointu sur le dessus.
Du côté de la civilisation étrusque, contre laquelle Rome aurait été plusieurs fois en guerre pendant les premiers règnes et avec laquelle elle aurait peut-être partagé, ou emprunté, un certain nombre d'armes, les tombes villanoviennes contiennent un important matériel guerrier : casque en bronze, à crête ou à , des boucliers en bois et parfois en bronze, des protège-cœur de bronze, de grandes lances de , de courtes épées, des poignards et même des haches..
Il se peut que les Étrusques aient déjà adopté une formation en ligne préfigurant le combat hoplitique.. Des armes grecques apparaissent dès le : bouclier, cnémides et casque de type corinthien, alors que celui de type villanovien disparaît..
La composition et l'organisation de l'armée archaïque
Selon la tradition, la Rome archaïque est divisée en trois tribus basées sur l'appartenance à un groupe ethnique à caractère gentilice, les tribus , , et .. Ces tribus sont elles-mêmes divisées en dix curies, apportant chacune à l'armée cent hommes, et chaque contingent de mille hommes d'une tribu est commandé par un officier., que l'on appelle « tribun », mot qui pourrait être dérivé du nom de « tribu ».
La , c'est-à-dire la « levée », désigne alors le rassemblement de l'armée, composée de , auxquels s'ajoutent les 100 plus riches membres d'une tribu, payant eux-mêmes leur équipement et formant donc un corps de 300 cavaliers.. Selon l'histoire mythique de Rome, cette unité de cavalerie est levée par Romulus comme garde personnelle : les ..
Cependant, cette armée de la Rome monarchique primitive ne compte peut-être pas un nombre fixe de soldats, comme ce sera le cas plus tard sous la République du . Il est même vraisemblable qu'il n'y ait pas alors d'armée romaine nationale, mais plutôt uniquement des troupes armées indépendantes au service d'un noble ou d'une famille et qui se réunissent autour d'un roi en cas de situation extrême.
Jusqu'au , les armées italiennes antiques sont composées de fantassins combattant autour d'un noble, chef de guerre, positionné sur un char, pouvant affronter son adversaire en combat singulier.... S'ajoute à cela un corps de la cavalerie composé par la noblesse.. On ne garde pratiquement aucune trace de ce type de combat aristocratique à Rome., mais on le retrouve dans les sociétés contemporaines, notamment dans la Grèce et l'Étrurie d'avant la « révolution hoplitique.. ».
Dans la Grèce archaïque, dès le à Sparte et au début du à Athènes, l'usage du char est abandonné, les combats individuels de type « homérique » disparaissent pour laisser place au système hoplitique..
La phalange hoplitique ( — )
thumb|L'expansion étrusque en Italie du |alt=Carte de l'Italie, avec l'Étrurie qui s'étend au de la baie de Naples jusqu'aux plaines du Pô, incluant la Corse.
La « révolution hoplitique » en Italie