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Le Discours de métaphysique (1686) est une œuvre de Leibniz dans laquelle il développe sa conception des substances, du mouvement et de la résistance des corps, ainsi que du rôle de Dieu au sein de l'univers. Il constitue le premier exposé d'ensemble de différentes thèses de Leibniz. Ce texte ne fut cependant jamais publié de son vivant.
Ce DiscoursÀ lire sur Wikisource., considéré par Belaval comme l'un de ses plus beaux textesYvon Belaval, Leibniz : Initiation à sa phylosophie, Vrin, 1969,p. 158., est soumis au janséniste Arnauld, avec lequel Leibniz entretiendra ensuite une correspondance. Cette même année 1686 où il publie son algorithme différentiel et intégral, ainsi que sa Démonstration courte de l'erreur mémorable de Descartes par laquelle il introduit l'exposé de ce qui deviendra sa théorie physique de l'activité de la matière, ou Dynamique, dont le Discours de métaphysique est aussi l'annonceCf. ses § 12 et surtout § 17..
André Robinet, dans son Architectonique Disjonctive, voit dans le Discours, en particulier ses différents brouillons, sur une disjonction qui sourd en-deçà du texte, et qui deviendra patente dans la correspondance avec Arnauld, entre une métaphysique traitant les corps comme substances composées réelles, et une autre qui les traiterait comme pur phénomènes, ne gardant de substantiel que les esprits.
Organisation du discours Le Discours de Métaphysique s'organise en 37 paragraphes.
1 - Leibniz commence par exposer la définition de Dieu comme être le plus parfait, et développe ensuite les conséquences de cette doctrine. Il précise quel genre de caractéristiques sont susceptibles d'être dites parfaits (les caractéristiques sujettes au maximum, comme la sagesse ou la puissance, mais pas le nombre ou la taille). Donc, si la sagesse et la puissance sont suprêmes en Dieu, Dieu ne peut créer que le meilleur des mondes possibles.
Pierre Burgelin, dans son commentaire, insiste sur l'identité que pose Leibniz entre métaphysique et théologie naturelle, Dieu étant la source de tous les Êtres, de tous les biens et de toutes les connaissances. Contrairement à la Monadologie, qui ne parle de Dieu qu'au paragraphe 38, le Discours L'évoque d'entrée de jeu. Dans les Principes de la Nature et de la Grâce, la substance est considérée comme un simple problème physique, et la raison suffisante des existences (Dieu) comme seul objet proprement métaphysique. La notion de substance, Leibniz déclare la trouver en méditant sur le Moi. Au niveau de la méthode, elle est ici déductive, partant des attributs de Dieu pour en déterminer le culte adéquat et les moyens de la félicité humaine. Le commentateur note : . Le rôle de la vraie métaphysique est de permettre non aux simples, mais aux philosophes, de déterminer en quoi la vraie religion est chrétienne (par opposition à l'Islam). Le thème général de Leibniz qu'est la conformité entre la foi et la raison est ici manifeste dès le premier paragraphe.
La notion de Dieu, continue Burgelin, est ici une notion reçue, qui exprime une idée idée de l'être humain. Le commentateur fait appel aux Nouveaux essais sur l'entendement humain pour illustrer ce thème leibnizien: ; Le problème ne sera pas d'affirmer que Dieu existe - chaque esprit en a l'idée - mais de retirer les scories superstitieuses du concept de Dieu, de démontrer la rationnalité de son concept. Claire Bayle relève que le principal grief de Leibniz envers Descartes, qui lui semble par ailleurs ressusciter le platonisme, est de ne pas avoir pratiqué une telle analyse des attributs divins.
2 - Leibniz évoque Gn 1, Dieu voyant que "cela était bon", pour montrer qu'il y a un standard de bonté que même Dieu ne peut pas créer. Leibniz vise ainsi à contrer l'opinion d'une création des vérités éternelles, puisque la volonté de Dieu ne serait alors pas réglée sur une idée du Bien objective - faisant allusion ainsi à Descartes.
3 - Invoquant la patristique et la scolastique, notamment Saint Augustin, Leibniz fait appel à l'harmonie préétablie, la parfaite bonté de Dieu telle qu'exposée dans l'Ecriture, etc. pour contrer l'opinion (notamment de Malebranche) suivant laquelle, en raison de sa Liberté, Dieu aurait pu créer un monde qui ne soit pas parfait, ou plutôt plus parfait que celui qui a été effectivement créé. Cette idée, en rupture de son principe de raison suffisante, impliquerait que Dieu pourrait agir sans raison, ce qui nuit à Sa gloire.
4 - Pour aimer Dieu, réellement, il faut vouloir ce qu'Il veut, et ne pas vouloir ce qu'Il ne veut pas (Leibniz fait appel à Salluste dans De conjuratione Catilinae). Cela demande, contre le quiétisme, d'acquiscer face au passé, mais aussi d'agir, autant que nous le sachons, selon la volonté présomptive de Dieu. Suivant une ligne cicéronienne, il faut faire ce qui est juste, et se doter d'une droite intention, car même si Dieu aurait voulu que nos desseins échouent, cela ne signifie pas qu'il n'eût pas voulu que ces desseins soient justes, ordonnés au bien général.
5 - Les raisons exactes de sélection de tel ou tel monde à créer, avec ses maux et ses imperfections, par Dieu, passent les raisons de l'entendement humain fini et non béatifié. Cependant, les lois générales de la Providence restent intelligibles. L'axiome principal est le suivant: il faut équilibrer la simplicité des moyens, ou causes, et la variétés des fins, ou effets. Dans le cas du système du Monde, ce principe d'économie demande de minimiser les exceptions, les fins particulières, vis à vis des lois générales.
6 - La conformité vis à vis de l'ordre universel est assurée; l'extraordinaire n'est tel que du point de vue d'un ordre particulier. En prenant l'exemple des lignes géométriques atypiques, Leibniz montre que tout peut rentrer dans un ordre. L'irrégularité est une impression émergeant d'une règle complexe - comme le système du Monde. Ces exemples visent à approximer la complexité de la Sagesse de Dieu, et à proscrire les jugements hâtifs sur l'ordre et le désordre du monde.
7 - Miracles et phénomènes naturels sont deux faces du même ordre créé et rationnel. Les lois de la nature conçues par l'être humain ne sont que la coutume divine, que Dieu peut suspendre. De même, la volonté générale de Dieu vise toujours le plus grand bien, et seule des volontés particulières peuvent permettre, et non vouloir, un mal, si ce mal se voit compensé par des biens futurs.
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Notes et références
Catégorie:Livre paru en 1686 Catégorie:Œuvre de Gottfried Wilhelm Leibniz Catégorie:Œuvre de métaphysique