Le château de Messei est un ancien château fort du , aujourd'hui en ruine, dont les vestiges se dressent sur le territoire de la commune française de Messei dans le département de l'Orne, en région Normandie.
Le château flanqué de douze tours possédait de larges et profondes douves, un pont-levis, une chapelleCette chapelle est placée sous le patronage de saint Jean-Baptiste. En 1867, une petite maison en tuiles, annexe de cette chapelle, subsistait à proximité du château ; de même que sa contre-table, visible encore sous la Révolution. Voir à ce sujet Henri Lefavrais, Histoire des communes du canton de Messey (Orne), 1867, rééd. Res Universis, Paris, 1990, ., une prison et deux cachots, ainsi qu'une basse-cour.
Localisation Les vestiges sont situés sur la commune de Messei, dans le département français de l'Orne. La forteresse, situé sur l'ancienne route de Falaise à Domfront, a joué un rôle historique à plusieurs reprises. À ce titre, elle figure parmi les plus importantes places fortes de Normandie.
Situé à de l'église, le château, dont les visites ne sont pas autorisées, est accessible par un chemin à gauche, à la sortie du bourg en direction de Domfront. À une centaine de mètres, coule la Varenne, appelée localement le « Morin ». Au nord, des marécages et des étangs constituent des éléments défensifs. Il existait aussi à cet endroit une forêt, abattue en 1637.
Historique La plus ancienne mention écrite du domaine de Messei remonte à l'an 1033 ; une charte datant de cette époque désigne Josselin de La Ferrière comme étant seigneur de Messei. Le , deux fils de Jean de la Ferrière, Geoffroy et Jean, vendent le château et la seigneurie de Messei à Osbern Maréchal pour se rendre en Terre sainte, lors de la première croisade, avec le duc de Normandie.
Au , le château fort passe aux mains de du MerleLa statue gisante de ce Foulques (ou François) du Merle ou de son fils également baron de Messei et seigneur de la Genevraye, est probablement exposée au Museum Of Arts de Philadelphie Gisant. qui porte le titre de baron de Messei, pour demeurer près de trois siècles dans cette famille dont seront issus notamment Foulques du Merle, maréchal de France en 1302 et du Merle, son petit-fils, compagnon de Du Guesclin et capitaine-général en Basse-Normandie, qui reprend le titre. Ce dernier ordonne en 1363 aux habitants d'amener pierre, chaux, sable, bois et le nécessaire à réparer la forteresse. En 1357, il fait confirmer ses droits sur ses sujets de Messei. Ses exigences deviennent si insupportables que des plaintes sont portées contre lui par la population auprès du bailli du comte d'Alençon et même du Parlement de Paris. La bourgeoisie franche qui existait à Messey à cette époque était en effet décidée à faire valoir ses droits.
Lors de la guerre de Cent Ans (1337-1453), le château est pris par Philippe de NavarreArsène-François Lainé de Néel, Essais historiques sur les vieux châteaux du Moyen Âge et sur les sires de ces castels, qui ont habité la Normandie et l'Angleterre : faits historiques sur onze communes de l'arrondissement de Domfront, 1880, p.42-44. qui le livre aux Anglais en 1356. Le traité de Brétigny le rend à la France en 1360 mais le château ne sera définitivement libéré que vers 1450 sous le règne de .
Entre-temps, en 1402, Catherine, fille unique de du Merle, avait épousé Henri de Bailleul à qui elle avait transmis le domaine.
À la fin du , le château appartient à Pierre de Grippel, puis à son fils, Guillaume de Grippel qui meurt en 1550 sans descendance, laissant ses deux sœurs Louise et Marie de Grippel se partager la succession (1551). Vers 1557, Louise, à qui revient le château de Messei, vend sa part et l'échange contre une autre terre avec Jean de Bailleul, sieur du Renouard.
En 1582, il entre dans la famille de Souvré, par le mariage de Françoise de Bailleul avec Gilles de Souvré, gouverneur de pendant son enfance, et maréchal de France. Son fils cadet, Henri de Souvré, en hérita. En 1589, lors des guerres de Religion, le château fut en partie démantelé, avec plusieurs pièces de canon, par les Ligueurs, malgré la surveillance du duc de Montpensier.
En , René de Souvré obtient de l'érection de la baronnie de Messei en marquisat, en faveur de son fils Joseph de Souvré qui meurt sans postérité en 1685, sous le règne de . Le château échut alors à Anne de Souvré, petite-nièce de René de Souvré, qui épousa en 1662, le jeune ministre Louvois qui devint marquis de Messey. En 1686, celui-ci obtient que l'érection de la baronnie en marquisat soit maintenue en sa faveur.
En 1750, il est vendu par les arrière-petits-enfants de Louvois, héritiers de Marie-Madeleine Letellier de Louvois de Barbezieux, duchesse François d'Harcourt, au comte de Flers, Ange Hyacinthe de La Motte-Ango.
Lors de la Révolution, le château est désert et abandonné.
En 1806, il est acheté par un Franco-Prussien, le comte Jean Sigismond Ehrenreich de Redern Bernsdorf, fils d'un maréchal de Prusse et diplomate en Espagne et en Angleterre, qui le revend en 1820 aux Schnetz, notaires à Paris. Philippe Schnetz, fils des notaires, décide de le faire démolir vers 1850 afin de servir de carrière de matériaux pour la construction de la ferme de la Fonte. C'est à cette époque que l'on retrouve, en démolissant un mur de l'ancienne prison du château, le matériel nécessaire pour frapper des pièces d'or à l'effigie de .
Description Il ne subsiste aujourd'hui qu'un pan de mur inclus dans un bâtiment agricole, les douves et les deux mottes féodales..
Protégé au sud par les roches du Châtellier, le château, à l'écart du bourg, se dresse sur un plateau assez élevé. Il est traversé par une petite rivière, la Fonte, qui a donné son nom à un chemin de ronde menant à l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, aujourd'hui communément appelée la chapelle des Roches, au Châtellier, où les seigneurs de Messei avaient coutume de se faire enterrer.
À au nord-est du château, à gauche en venant du bourg, se trouve un monticule entouré de grands arbres, qui a passé pour être un lieu d'exécution, mais qui était probablement l'endroit où les seigneurs rendaient traditionnellement la justiceHenri Lefavrais, Histoire des communes du canton de Messey (Orne), 1867, Caen, Goussiaume de Laporte, 1873 [rééd. 1877], [rééd. Res Universis, Paris, 1990, p.62].. Cette butte constituerait l'emplacement d'une première motte, abandonnée et arasée au profit d'une autre, plus propice et mieux défendue.
Protection Les vestiges de l'ancien château avec ses deux mottes féodales sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du ..
Propriétaires successifs du château de Messei + Les propriétaires du château de Messei Période Identité ? - 1095 Famille de La Ferrière 1095- Famille d'Osbern Maréchal - Famille de Foulques du Merle -1557 Famille de Grippel 1557-1582 Famille de Bailleul 1582-1662 Famille de Souvré 1662-1750 Famille de LouvoisFamille d’Harcourt 1806-1820 Jean Sigismond Ehrenreich de Redern Bernsdorf 1820-1901 Famille Schnetz
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Madeleine André, "Sur l'ancien château de Messei : [poésie]" dans Le Pays Bas-Normand, n°1, , p.16-17. . Arsène-François Lainé de Néel, Essais historiques sur les vieux châteaux du Moyen Âge et sur les sires de ces castels, qui ont habité la Normandie et l'Angleterre : faits historiques sur onze communes de l'arrondissement de Domfront, 1880, 80 p. Georges Lasseur, Fiefs et manoirs du Passais, Paris, Jouve et Cie, 1947, 215 p. Henri Lefavrais, Histoire des communes du canton de Messey (Orne), 1867, Caen, Goussiaume de Laporte, 1873 [rééd. 1877], 315 p. [rééd. Res Universis, Paris, 1990, 216 p.] Édouard de Marcère, Le château et la terre de Messey, Flers, Jouve, 1942, 144 p.
Articles connexes Liste de châteaux et manoirs de l'Orne Liste des monuments historiques de l'Orne
Liens externes
Messei Messei Catégorie:Monument historique inscrit en 1975