Un don de sang est un processus par lequel un donneur est volontaire pour se voir prélever du sang qui sera gardé dans une banque du sang avant de transfuser une personne malade lors d'une transfusion sanguine. Dans certains pays comme en France, en Belgique, en Suisse ou en Turquie le don de sang est bénévole et gratuit : autrement dit, les donneurs ne sont pas rémunérés ; d'autres pays comme les États-Unis, l'Allemagne ou Madagascar considèrent le sang ou certains de ses sous-produits comme un bien marchand au sein du marché de la santé. Le don du sang peut reposer sur un monopole d'État, sur la Croix-Rouge ou sur des banques de sang.

Ce don du sang implique le respect de contraintes biologiques, immunologiques, médicales, mais aussi réglementaires et législatives encadrant cette pratique. Les principes d'identitovigilance, d'hémovigilance et de sécurité transfusionnelle s'appliquent notamment.

Le don de sang concerne très majoritairement les humains, mais existe aussi pour les animaux domestiques où il obéit à des contraintes comparables.

vignette|Donneur de sang lors d'une collecte à Carpentras.|alt=Homme souriant aux cheveux blancs allongé sur un brancard. vignette|Lycéen majeur donnant son sang.|alt=Homme jeune allongé sur un brancard, en train d'être perfusé par une infirmière.

Historique Les débuts (jusqu'à 1918) Les premières transfusions sanguines attestées d'humain à humain remontent au moins au début du , la découverte des groupes sanguins par Karl Landsteiner au .. Les techniques se développent pendant la Première Guerre mondiale, au début de laquelle les donneurs et receveurs doivent se trouver à proximité immédiate l'un de l'autre pour effectuer un don bras à bras ; les donneurs sont généralement d'autres patients ou des infirmières. La capacité à conserver et stocker le sang se développe progressivement au fil du conflit puis pendant l'entre-deux-guerres.

Premières organisations à grande échelle (1918-1945) Le premier centre de transfusion est fondé en 1928 à Paris par Arnault Tzanck.. Les donneurs de sang n'y sont plus seulement des proches des malades ou des personnels médicaux, et les dons sont rémunérés.. La faible conservation des produits sanguins a en effet pour conséquence que les donneurs sont appelés en urgence en cas de besoin, ce qui légitime leur dédommagement.. Dès les années 1930 l'état de santé des donneurs français est vérifié pour écarter ceux atteints du paludisme, de la tuberculose, et des tests de dépistage de la syphilis sont pratiqués systématiquement. Tzanck établit progressivement un réseau de donneurs universels (soit, du groupe O) à Paris. La guerre d'Espagne voit de nombreuses innovations dans la logistique des dons de sang. de sang sont transfusés, essentiellement collecté à Barcelone par le service de . mais une partie non-négligeable est issue de dons effectués à l'hôpital Saint-Antoine à Paris; le service hispano-canadien de transfusion sanguine fondé par Norman Bethune assure la logistique du sang fourni par les collectes et acheminé jusque sur le front. La première banque du sang ouvre quant à elle à Chicago en 1937 ; les donneurs y sont rémunérés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Croix-Rouge collecte plus de de litres de sang..

Seconde moitié du La première collecte mobile civile du monde est organisée le en France à Vincennes pour fournir du plasma à des ouvriers gravement brûlés suite à une explosion ; ces dons ne sont pas rémunérés, comme partout en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le progrès technologique fait évoluer les dons de sang dans l'après-guerre. En effet, il devient possible d'extraire du sang des produits dérivés de plus en plus nombreux tels que le facteur VIII prescrit aux hémophiles à partir des années 1960. Cela entraîne des tensions avec les fédérations de donneurs de sang, qui y voient un dévoiement de la gratuité du don et un risque de marchandisation du sang en direction des produits à plus forte valeur ajoutée. Au début des années 1980 les donneurs sont plus réticents à donner du fait de cette évolution. Le début à cette période de la pandémie de SIDA met à mal les procédures de sûreté des poches de sang, au point que plusieurs pays dont la France connaissent un grave scandale du sang contaminé. Cet événement suscite une réforme des organismes de collecte et de traitement du sang au cours des années 1990. Malgré tous les changements subis en un siècle, l'économie du sang reste in fine dépendante du don bénévole comme à ses débuts, et ce bien que ses applications concernent de moins en moins le sang total et de plus en plus ses produits dérivés.

Offre et demande Les substituts sanguins de synthèse étant au stade de la recherche, les besoins en produits sanguins sont couverts par les donneurs..

Des besoins en hausse vignette|Propagande de l'armée américaine lors de la Seconde Guerre mondiale pour encourager au don du sang.|alt=Dessin d'un soldat blessé surmontant la mention, en anglais, « Votre sang peut le sauver. » Les besoins en produits sanguins labiles étaient en diminution au cours des années 1990 et ce jusqu'au début des années 2000.. La situation s’est inversée depuis 2001 et depuis les besoins en produits sanguins augmentent d'année en année..

Plusieurs facteurs expliquent ce revirement de situation observé depuis 2001 : l’allongement de l’espérance de vie entraîne une augmentation du nombre de maladies nécessitant l’utilisation d’une thérapeutique transfusionnelle.. Aujourd’hui, on transfuse de plus en plus à des âges avancés de la vie (deux tiers des personnes transfusées dans les pays développés ont plus de , les données citées datent de 2018.) ; l'usage thérapeutique d'immunoglobulines extraites du plasma a connu un essor important., certains patients traités ainsi peuvent recevoir l'équivalent de plusieurs centaines de poches en une année. ; les professionnels de la santé ont repris confiance dans les produits sanguins puisque les risques liés aux transfusions ne cessent de diminuer. La transfusion est donc utilisée de façon plus systématique pour assurer aux personnes à risque un plus grand confort de vie. Certains patients atteints de drépanocytose par exemple sont régulièrement transfusés avec du sang sain, ce qui peut représenter plusieurs centaines de transfusions..

Gestion des flux Pour assurer un parfait approvisionnement des hôpitaux et des cliniques en produits sanguins, il faudrait être en permanence à de stock. Les globules rouges ne se conservent que soit moins que l'intervalle minimal possible entre deux dons individuels (2 à ), les plaquettes quant à elles ne se conservent que alors que le délai entre deux dons est de l'ordre d'un mois.. Congelés, la durée de conservation des globules rouges peut monter à mais cette procédure n'est guère effectuée que pour les sangs rares.. De cette différence entre durée de conservation et intervalle entre deux dons individuels découle l’importance de disposer de dons réguliers de la part de personnes nombreuses ; pour cela, il faut donc conquérir de nouveaux donneurs et également augmenter le nombre de dons par donneur. Les professionnels de santé considèrent qu'il n'est pas souhaitable de réquisitionner des donneurs et que leur volontariat est essentiel.

Conditions préalables au don Il est fortement conseillé avant le don de manger et de bien boire., ainsi que d'être en bonne forme avant de donner son sang. Un don de sang commence par un questionnaire médical dans lequel le donneur précise les informations utiles telles que son âge, son poids, la date du dernier don, son état de santé, et divers facteurs de risque comme les tatouages, l'usage de stupéfiants (usage récréatif ou dopant), les derniers voyages internationaux, et l'anamnèse sexuelle.. Les réponses sont associées au sang donné, mais l'anonymat reste garanti. De plus un médecin de collecte a pour mission de garantir à la fois la qualité du don et la sécurité du donneur : il s'entretient avec le candidat au don et évalue l'état de santé du candidat et son aptitude, ou non, par souci de sécurité tant pour lui que pour le receveur, à donner son sang.

L'âge et poids L'âge minimum pour pouvoir faire un don de son sang est l'âge légal de la majorité..

Concernant la limite haute, le don de sang est possible en général jusqu'à environ ; sous certaines conditions et suivant les pays il peut ne pas y avoir de limite supérieure à l'âge du donneur. On a donc d'un côté une limitation juridique, résultant de la nécessité d'un consentement libre et éclairé à l'acte de prélèvement (on considère que le mineur n'est pas suffisamment éclairé par principe), et d'un autre, une limitation d'ordre médical. Le donneur doit aussi avoir une masse minimale de l'ordre de pour un don de sang total et pour un don de plasma ou de plaquettes.

Les populations à risque contre-indiquées alt=Carte montrant les pays où les hommes homosexuels peuvent donner leur sang. La majeure partie de l'Afrique est en absence de données, l'essentiel de l'Amérique, de 'Europe et de l'Océanie sont en vert (don autorisé).|vignette|upright=2.0|Statut du don du sang des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes dans le monde. Le questionnaire et l'entretien médical permettent de savoir si des personnes appartiennent à des populations à risque. Ces personnes sont contrindiquées au don de sang afin de prévenir tout risque transfusionnel pour le malade qui doit recevoir. Cette contrindication prendra la forme d'un ajournement du don, pour une durée variable selon la population à risque considérée.

Les critères de contrindication incluent généralement.: le multipartenariat sexuel au cours des mois précédant le don, le fait d'avoir un partenaire sexuel atteint d'une maladie sexuellement transmissible ; les personnes prenant certains traitements ; les personnes ayant consommé de la drogue par voie intraveineuse ; les personnes ayant subi une opération, une endoscopie, un tatouage ou un piercing dans les mois précédant le don du sang ; les personnes ayant subi une greffe de cornée ou de dure-mère, une chirurgie de l’encéphale ou de l’œil avant , une transfusion ou une greffe ; les personnes revenant depuis quelques mois de certaines zones où sévissent des maladies transmissibles par le sang (zones où sévissent le paludisme, la maladie de Chagas, la fièvre du Nil occidental…) ; les personnes présentant un risque de maladie à prion telle que la maladie de Creutzfeldt-Jakob dite de la « vache folle », que ce soit par antécédent familial, suite à certains traitements ou à des séjours dans des pays à risque comme le Royaume-Uni. ; les femmes enceintes ou ayant accouché depuis peu.

Certains pays peuvent appliquer des restrictions supplémentaires d'ampleur très variable, notamment vis-à-vis des personnes ayant déjà été transfusées. ou des hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes.. En France notamment, de 1983 à 2016, les homosexuels n'étaient pas autorisé à donner leur sang.. Ces restrictions tirent leur origine dans l'affaire du sang contaminé ; en effet la prévalence du VIH, transmissible par transfusion, est plus élevée dans la population homosexuelle masculine, les tests de dépistage sont inexistants au début des années 1980 et par la suite, ceux-ci sont inopérants pendant les dix jours suivant une infection. La contrindication définitive au don de sang est cependant perçue comme discriminatoire et son remplacement par une analyse individuelle des pratiques du donneur n'augmente pas le risque de transmission. L'écart des personnes transfusées est quant à lui justifié par le risque faible d'amplification et de transmission de maladies difficiles à détecter, notamment les maladies à prions..

Les différents types de dons