Nicolas-Sylvestre Maure, dit Maure aîné, est un épicier et un homme politique français, né le à Auxerre et mort le à Paris.

Biographie D'origine fribourgeoise, Nicolas Maure est le fils de Jacques-Joseph Maure ou Mauroux, suisse de puis marchand de bois baptisé à Autigny... Né le à Auxerre, il est élevé dans les offices de l'évêché., avant de devenir marchand épicier à Auxerre.

Second consul d'Auxerre lorsque éclate la Révolution, il est l'un des douze députés du tiers état de la ville élus le pour siéger à l'assemblée de bailliage., puis officier municipal dans la nouvelle municipalité en . Chargé d'organiser les élections primaires le ., il devient administrateur de l'Yonne, sous la présidence de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau ; parmi ses collègues figurent Edme Bonnerot, Pierre Bourbotte, Jean Précy et Louis Turreau.

thumb|left|Église de Saint-Eusèbe, dont Nicolas Maure est deuxième marguillier au moment de son élection à la Convention.

Le , le collège électoral de l'Yonne, dont il est scrutateur avec Turreau, l'élit député à la Convention nationale, au de scrutin, avec 61 % des voix. Il est alors deuxième marguillier de Saint-Eusèbe, charge qu'il résigneBulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Auxerre, vol. 56, 1902, 219.. Membre du club des Jacobins, il siège sur les bancs de la Montagne. En novembre, il est envoyé en mission en Eure-et-Loir pour apaiser des troubles liés à la liberté du commerce des grains ; le , il signe un arrêté fixant un maximum des denrées de première nécessité. En décembre, lors de l'élection d'une nouvelle municipalité à Auxerre, il s'oppose à Robinet de Pontagny, ancien subdélégué de l'intendant, qui l'emporte..

Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort sans appel ni sursis, répondant au nominal: ; au nominal: ; au nominal : . Après l'assassinat de Lepeletier, son ami., il donne à la Convention des détails sur l'événement et les derniers moments du défunt.

Modéré sur le plan politique, il défend un rapprochement entre Girondins et Montagnards en . De même, hostile à la déchristianisation, il s'oppose à la chasse aux et combat un projet visant à enlever les cloches dont les rebelles se servent pour sonner le tocsin, observant qu'elles sonnent aussi celui de la liberté. Plus tard, envoyé en mission, il fait rouvrir les églises et relâcher des paysans arrêtés pour avoir fait l'office de chantres.

Le , il entre au Comité de sûreté générale.. Le suivant, avec Jean-Baptiste Drouet, il dénonce celui-ci devant les Jacobins et demande qu'il soit entièrement renouvelé.. La Convention décrète ce renouvellement et sa réduction à neuf membres le ...

Le , un décret de la convention l'envoie en mission en Seine-et-Marne et dans le Loiret pour y veiller à l'exécution des lois relatives à la vente et à la circulation des grains. Dans un premier temps, de concert avec son collègue, Dubouchet, il prend des mesures énergiques pour contraindre la riche région de la Brie à envoyer régulièrement à la capitale son contingent de provisions. Toutefois, le 21 pluviôse an II (), il rapporte un arrêté de son collègue, visant à remettre à chaque famille pauvre des défenseurs de la patrie 500 fr. pris sur la taxe révolutionnaire, ce qui lui vaut d'être dénoncé devant le Comité de salut public.. Après quelques jours passés à Paris en septembre, il se rend le dans l'Yonne, où le Comité de salut public lui écrit, le , pour lui demander d'achever la mission de Pierre Ichon, chargé au début du mois de la levée de chevaux.

Puis, le 9 nivôse an II (), le Comité de salut public lui confie la mission d'organiser le gouvernement révolutionnaire en Seine-et-Marne et dans l'Yonne, départements auxquels il ajoute l'Aube le 19 messidor an II (). À Troyes, il fait libérer plus de 100 suspects, mesure qui lui vaut d'être dénoncé auprès du comité de salut public, auquel on demande son remplacement. À Provins, ce sont 92 suspects, détenus depuis l'automne sur l'ordre de commissaires parisiens trop zélés, comme Rousselin ou Louis Le Bègue Duportail, et dont les Jacobins locaux réclamaient l'élargissement, qui sortent de prison.. À Auxerre, c'est le cas d'une trentaine de prisonniers, parmi lesquels Nicolas-Edme Rétif, curé de Courgis et demi-frère de Rétif de La Bretonne...

À Paris en pluviôse an II, il passe au scrutin épuratoire du Club des Jacobins le 6 (). Dans ce cadre, interrogé sur son vote dans « l'affaire de Marat », il affirme que celui-ci le nommait son fils et qu'il est encore digne de l'êtreLe Moniteur universel, n° 129, 9 pluviôse an II (), paru dans ..

Le 23 pluviôse (), les Jacobins reçoivent une lettre de Maure dans laquelle celui-ci indique, de Coulommiers, qu'après les troubles qui ont eu lieu dans le département, il a fait envoyer vingt personnes devant le tribunal révolutionnaire et qu'il en a relâché 180 après les avoir réprimandés et condamnés à rebâtir à leurs frais le local de la société populaire de La Ferté-Gaucher, qu'ils avaient détruit..

Le 14 germinal (), la Convention reçoit une lettre de sa main annonçant de Melun que la vente des biens des émigrés se poursuit avec succès en Seine-et-Marne et que la récolte promet d'être abondanteLe Moniteur universel, n° 195, 15 germinal an II (), paru dans ..

Le 24 thermidor (), il écrit de Troyes pour signaler l'épuration et la réorganisation de la société populaire et des autorités de la commune. Deux jours plus tard, il envoie de Provins le procès-verbal d'épuration et réorganisation des autorités des cantons du district de Meaux..

Rappelé par décret du 26 thermidor (), il est renvoyé pour quinze jours dans l'Aube (où il intervient depuis plusieurs semaines) par décret du 5 fructidor (). Ayant écrit d'Auxerre le sans-culottide (), pour annoncer que sa mission était achevée, il rentre à Paris, où il arrive au plus tard le 14 vendémiaire an III ().

Le 3 vendémiaire an III (), Goupilleau lui ayant reproché d'avoir fait relâcher à Troyes 26 prêtres réfractaires et 11 femmes d'émigrés, la Convention reçoit une lettre de Maure, dans laquelle le représentant en mission se félicite d'avoir exercé une longue mission dans plusieurs départements sans que sa conduite ait jamais donné lieu à aucune réclamation et demande que la Convention se fasse mettre sous les yeux les motifs des élargissements qu'il a prononcés. En réponse, Garnier de l'Aube lui reproche, . Toutefois, cette accusation est simplement renvoyée devant le Comité de sûreté générale. Il adresse également une lettre au club des Jacobins, qui passe à l'ordre du jour..

Fidèle à la Montagne lors de la réaction thermidorienne, il s'exclame, lors de la séance du 21 nivôse an III (), après une dénonciation de Laurent Lecointre contre un administrateur du département de la Manche :

Le 10 prairial an III (), la commune d'Auxerre envoie à la Convention une dénonciation expliquant. : Elle parvient devant l'assemblée le 16 prairial ().

Impliqué dans l'insurrection du an III (), il est dénoncé par Pierre Lehardy comme un ancien partisan de Robespierre, et accusé d'avoir, lors de la journée du 31 mai 1793, pris dans ses bras et porté à la tribune Couthon pour lui permettre de faire plus aisément la motion de proscription des députés girondins. Contrairement à Baudot, Lacoste, Alard, Dartigoeyte, Javogues, Lejeune, Mallarmé, Monestier du Puy-de-Dôme et Sergent, il échappe le 13 prairial () au décret d'accusation, l'affaire étant renvoyée au Comité de législation. Mais, ne se faisant pas d'illusion sur le sort qu'on lui destine, Maure se suicide à Paris, rue Saint-Thomas-du-Louvre, le , d'un coup de pistolet. : . en laissant un mot sur la table "Je ne suis pas un mauvais homme, j'ai juste été égaréVilleneuve-sur-Yonne à l'heure de la terreur par Maurice Vallery-Radot, Études Villeneviennes , 2002.

Famille Il épouse en premières noces Anne-Marie-Thérèse Salomon, fille de Jean II Salomon et d'Anne-Marguerite Collet, sœur aînée de Marguerite Collet, la « Parangon » de Rétif de La Bretonne.. Le , il se remarie avec Anne-Marguerite Fournier., l'une des filles de cette dernière, née le .

Il a huit enfants. Le deuxième, Jacques Maure, dit Maure aîné après la mort de son père, né le , mort le , est épicier en gros et en détail, place de l'Hôtel-de-Ville. Marié à Laurence Robin le , il est nommé maire d'Auxerre par le commissaire extraordinaire Thibaudeau du à , pendant les Cent-Jours. Il est membre du conseil d'arrondissement en 1830 et 1831...

Portrait Jacques-Louis David a peint le portrait de Nicolas Maure. Son arrière-petit-fils, Édouard Maure, ingénieur à Paris, a fait don d'une copie de cette toile au musée d'Auxerre en 1891..

Pour aller plus loin Bibliographie

Liens internes Claude Gautherot Cadet Rousselle

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Négociant français du XVIIIe siècle Catégorie:Conseiller général de l'Yonne Catégorie:Membre du Club des jacobins Catégorie:Député de l'Yonne à la Convention nationale Catégorie:Conventionnel régicide Catégorie:Membre du Comité de sûreté générale Catégorie:Représentant en mission Catégorie:Naissance à Auxerre Catégorie:Naissance en décembre 1743 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès en juin 1795 Catégorie:Décès à 51 ans Catégorie:Suicide par arme à feu en France