Charles Pierre Desthieux (Mâcon, -Toulon, ) est un officier français.
Biographie Saint-cyrien de la promotion des Kroumirs, 1880-1882, il commande au début de la Grande Guerre le d'infanterie.
Dès le , le régiment subit de lourdes pertes en résistant à la pression allemande à Gouraincourt, sur le front de l'Argonne, puis, le , il reçoit l'ordre d'aller occuper la cote 293 à Rembercourt. Il est rapidement contraint de se replier sous les tirs d'enfilade de l'ennemi. C'est alors qu'il doit diriger la retraite de la brigade en remplacement du général Estève, qu'il est frappé de plusieurs balles, blessures mal guéries qui ne cesseront de le faire souffrir pendant toute la durée de la guerre et au-delà.
Il est cité à l'ordre de l'armée le :
Il reprend le service actif dès le à la tête du R.I. où il a dans son état-major l'avocat de Moro-Giafferri qui lui signale, par l'intermédiaire du poète Alexandre Mercereau, la présence au régiment de l'écrivain Louis Pergaud, prix Goncourt. Il s'ensuit des relations cordiales entre les deux hommes. Le colonel Desthieux, que Louis Pergaud qualifiait de dans sa correspondance à ses proches, fait nommer l'écrivain au grade de sous-lieutenant.
Peu après, Desthieux, de nouveau affaibli par ses blessures, doit quitter le régiment au début d', et Louis Pergaud, blessé à l'attaque de la cote 233, à Marchéville dans la Meuse, est porté disparu.
Après un bref commandement intérimaire du R.I., Desthieux dirige des groupes d'instruction puis est appelé, le , à commander le R.I. qui va quitter bientôt la zone de Verdun pour la région de Soissons.
L'abbé Joseph Cadiou, qui rédige l'historique des combats pour Les Cahiers du 19° R.I. décrit ainsi leur nouveau colonel dans le numéro d' : .
Au printemps 1917, c'est l'offensive du Général Nivelle. Le est engagé face à la ligne Hindenbourg pour emporter le saillant de Laffaux au Chemin des Dames. Le , le général Mangin, qui commande l'armée, rend visite au PC du colonel. Tous les comptes-rendus de patrouilles, de prisonniers, de l'aviation, indiquent que Laffaux était un bastion imprenable, sauf s'il était pulvérisé par des bombardements intensifs. Soucieux de la vie de ses hommes, c'est ce que le colonel fait observer au général qui lui répond : .
Le , malgré un bombardement incessant, les ouvrages bétonnés ne paraissaient pas avoir beaucoup souffert. Pourtant, l'attaque est fixée au . Bien que les troupes d'assaut aient pu atteindre les premières maisons du village, elles sont repoussées, et ce n'est qu'au bout d'un mois, après des attaques multiples de régiments renouvelés à cadence rapide, et des pertes énormes, que le saillant de Laffaux peut être enlevé. Desthieux, comme son successeur, n'avait cessé .
Le , il est relevé de son commandement et reprend la direction de centres d'instruction jusqu'à la fin des hostilités.
Nommé colonel honoraire, il est fait commandeur de la Légion d'honneur.
À sa mort, c'est Maurice Wallon, le petit-fils de l'auteur du fameux amendement, qui permit l'établissement de la Troisième République, président des anciens du , qui prononce l'éloge funèbre dont : .
Distinctions
Famille Fils de Jean, commissaire priseur et de Claudine Ferrand, il se marie à Jeanne Bertrand, fille d'un magistrat de la cour d'appel de Riom. Le couple aura deux fils : Jean, homme de lettres, et Raymond, officier de marine.
Voir aussi Bibliographie Historique du Régiment d'Infanterie Bulletin de l'Association des Anciens Combattants du R.I. Les Cahiers du R.I.. L'échec du Chemin des Dames par Pierre Miquel, Éditions Librairie Académique Perrin. Carnet de guerre, Louis Pergaud, Éditions Mercure de France Lettres à Delphine, Correspondance (1907-1915), Mercure de France
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