Charlesfort a été l'un des bastions de défense de la colonie de la Floride française au . Le site, sur Parris Island, dans l'actuelle Caroline du Sud, a été fouillé dans les années 1980. Il contient les fondations du fort ainsi que de la mission espagnole Santa Elena qui l'a supplanté.
Histoire de l'établissement à Charlesfort En 1562, relance le projet de colonisation vers l'Amérique du Nord, après l'échec de celui de la France antarctique au Brésil. Parti le avec deux navires et , prenant une route directe dans l'Atlantique pour éviter les navires ibériques, le capitaine Jean Ribault, secondé par René de Goulaine de Laudonnière aborde le continent américain fin . Le , il remonte le cours de la « rivière de May », future rivière Saint Johns, peuplé de populations Timucuas.
Quarante lieues marines () plus au nord sur la côte, il débarque, le , pour établir une colonie huguenote et, pour abriter un groupe de volontaires, fonde un premier fort, nommé Charlesfort, en l'honneur du roi . Le capitaine donne au fort une longueur de seize toises sur treize de large, et une fois mesuré par les lieutenants Salles et Laudonnière, les hommes d'équipage fortifient cette place, avec l'aide des autochtones. Le capitaine Albert de la Pierra prend alors le commandement du fort et de volontaires.
Le , Ribault et Laudonnière s'en retournent en France chercher des renforts, des biens et du matériel. Mais, arrivés le à Dieppe, ils découvrent les guerres de religion qui ont débuté. Ribault, huguenot, se réfugie à Londres, rencontre mais n'accepte pas sa proposition d'une expédition pour le compte de l'Angleterre et est emprisonné à la Tour de Londres, où il rédigera un récit de son voyage.
À l'hiver 1562, la garnison de ne voit pas revenir son chef. S’attendant à être réapprovisionnée par l’Europe, elle n'a fait aucun effort pour vivre de la terre. Malgré les relations amicales avec les tribus Mocamas des Saturiwas et des Tacatacurus, qui les aident au début, la famine s'installe. De plus, Pierria exerçant une autorité cruelle, une mutinerie s'ensuit, Pierria est tué et des bâtiments enfermant des vivres sont incendiés.
Finalement, tous les colons, sauf un, le jeune Guillaume Rouffi, décident de quitter la colonie à bord d’une embarcation de fortune et sans boussole. Après plusieurs semaines, leur bateau fuit, il n'y a plus rien à manger ni à boire. Ils en sont réduits à manger un de leurs compagnons, Lachère, désigné par le sort. Parvenus dans les eaux anglaises en , les survivants seront recueillis par un vaisseau anglais au bord duquel se trouve un ancien de l'expédition Ribault. Quelques-uns rentreront en France.
Guillaume Rouffi, resté seul au fort, a survécu. Il est le seul Français dans le Nouveau Monde pendant plus d'un an. Mais, fin 1563, les forces espagnoles, missionnées pour extirper la présence française, conduites par , débarquent sur Parris Island, détruisent le fort et emportent Rouffi en captivité à La Havane..
En , les Espagnols reviendront s'installer sur cette île et édifier un nouveau fort sur le lieu même des fondations de Charlesfort, la mission Santa Elena, qui deviendra la capitale de la Floride espagnole jusqu'en . thumb|right|upright=1.1|Jean Ribault prend possession de la Floride française en et fait édifier le bastion de Charlesfort.
La redécouverte de Charlesfort Le site du fort a fait l'objet de plusieurs fouilles au cours du , en particulier à partir de 1979. Si la présence espagnole sur le site est reconnue dès les années 1950, ce n'est que dans les années 1990 que l'on prend conscience du fait qu'elle a été précédée par une occupation française, et que l'on identifie le site à Charlesfort. Il a été classé National Historic Landmark en 2001http://tps.cr.nps.gov/nhl/detail.cfm?ResourceId=1957148212&ResourceType=.
Bibliographie Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Ruymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 1 : Pour Dieu, la Cause ou les Affaires, préface de Jean-Pierre Poussou, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), Les Indes savantes, 2009 Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Vuymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 2 : Fidélités, racines et mémoires, Paris, Les Indes savantes, 2012. Mickaël Augeron, John de Bry, Annick Notter, dir., Floride, un rêve français (1562-1565), Paris, Illustria, 2012. thumb|right|300px|Fouilles sur le site du fort.
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Site archéologique en Caroline du Sud Catégorie:Fort français aux États-Unis Catégorie:Fort français en Nouvelle-France Catégorie:Histoire de la Caroline du Sud Catégorie:Histoire du protestantisme Catégorie:Floride française Catégorie:Fondation en 1562 Catégorie:Fort classé National Historic Landmark Catégorie:National Historic Landmark en Caroline du Sud Catégorie:Registre national des lieux historiques en 1974 Catégorie:National Historic Landmark en 2001 Catégorie:Comté de Beaufort (Caroline du Sud) Catégorie:Histoire des Huguenots en Amérique du Nord