Wiaz, nom d'artiste de Pierre Constantin Athanase Wiazemsky, prince Wiazemsky, comte Levachov, est un dessinateur de presse français, né à Rome (Italie) le .
Biographie
Famille vignette|gauche|redresse|Leonid Wiazemsky, son arrière-grand-père. vignette|gauche|redresse|François Mauriac, son grand-père maternel. Pierre Wiazemsky est, par son père Ivan Vladimirovich puis Yvan ou Jean Vladimirovitch, prince Wiazemsky, comte Levachov, le petit-fils du prince russe , prince Wiazemsky, comte Levachov (1889-1960), qui a fui la révolution russe de . En 1920, le prince a pris le dernier bateau de la flotte anglaise qui partait de Crimée, le dernier bloc encore aux mains des Russes blancs, et de sa femme Sophie Ivanovna, comtesse Worontzoffa-Dachkoffa. La famille s'installe d'abord en Angleterre puis en France. Le prince Wladimir devient acteur de cinéma. Ce dernier est le fils du général Leonid Wiazemsky... Par conséquent, Pierre est l’héritier du titre - russe - de prince Wiazemsky, comme descendant de Rostislav de Smolensk, issue des Riourikides.
Par sa mère, Claire Mauriac, il est le petit-fils de François Mauriac, neveu de l'écrivain Claude Mauriac, du journaliste Jean Mauriac et de la femme de lettres Luce Mauriac, ainsi que le cousin de l'écrivain Bruno Gay-Lussac. Il est par alliance le neveu d'Alain Le Ray, époux de sa tante Luce Mauriac. Il est le cousin germain de Nathalie Mauriac Dyer.
Les parents gauche|vignette|redresse|Anne Wiazemsky, sa sœur. Né à Pétrograd, Russie, juste avant la révolution russe de , son père est élève avec Stéphane Hessel à l’ École alsacienne. Il est naturalisé français après que sa famille eut émigré en France et sert dans l’armée sans interruption du au , date de sa démobilisation. Il est fait prisonnier par les Allemands, le sur le front de la Somme et reste en captivité en Allemagne jusqu’au , date de sa libération par l'Armée rouge. Il se met à la disposition du Commandement soviétique qui lui confie la direction d'un corps franc de partisans, agissant en liaison avec les éléments les plus proches de l'Armée rouge. Il est échangé aux Américains le , après un mois passé à organiser des centres de rassemblements de prisonniers français en zone russe. Il est recruté par Léon de Rosen, inspecteur des missions de rapatriement, pour servir d’officier de liaison entre le QG du 21e corps d'armée (États-Unis) et les services français de rapatriement d’une part et les autorités soviétiques d’autre part. À partir d’, il est le secrétaire de la Division des personnes déplacées du groupe français du Conseil de contrôle allié et s’occupe de rapatrier les prisonniers français, les Malgré-nous et les français engagés dans le Service du travail obligatoire (France) entre autres.
À Berlin, il rencontre Claire Mauriac (1917 - 1992), ambulancière de la Croix Rouge Française depuis 1943, et qui suit des cours de sténodactylographie ; elle n'avait pas obtenu son baccalauréat. Le mariage se déroule à Paris, le , avec une bénédiction dans la sacristie de l'Église d'Auteuil et une messe dans la Cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris grâce aux informations fournies par Henri Troyat à la famille Mauriac.
Il connut une vie de . Avec ce poste à Berlin, où naît en 1947 leur fille Anne, Yvan commence une carrière diplomatique. Il mourut à Paris le .
Jeunesse Ainsi Pierre, né à Rome en 1949, et sa sœur Anne Wiazemsky, connaissent-ils une enfance vagabonde entre Rome, Montevideo, Genève et Caracas.. vignette|redresse|affiche de Wiaz
Les débuts d'un dessinateur Il dessine depuis ses , avec pour sujet de prédilection les corsaires et les pirates qu'il voit au cinéma. Un jour, il apprend que France Soir veut le rencontrer. À quinze ans, il dessine fréquemment des portraits de son grand-père François Mauriac dans Le Figaro. Le quotidien sait qu'il dessine des bandes dessinées. Il présente ses planches. Quinze jours plus tard, les planches sont publiés. Le succès de cette publication lui ouvre les portes du journal de Spirou, de Tintin et Cœurs vaillants. Son nom apparaît dans « Les potins de la commère » de Carmen Tessier : « Le petit-fils de Mauriac veut faire de la BD ». Après des études secondaires au lycée Janson-de-Sailly, il étudie le dessin publicitaire et vient à la caricature politique via la caricature pointilliste. La bande dessinée ne marche pas, le dessin publicitaire non plus, mais le dessin de presse oui. Il ne savait pas qu'on pouvait en vivre. Il a une révélation en 1961 avec Tim, à L'Express. La politique le passionne avec son grand-père François Mauriac, car tout le temps, ce dernier donne son avis sur les sujets d'actualités. Le jeune bourgeois gaulliste, vivant dans le arrondissement de Paris, se prend la contestation de plein fouet. En 1968, il remet ses premiers dessins dans la presse rock à Pop Music et à Best, Rock&Folk. C’est après qu’avec son crayon il va commencer à dire ce qu’il pense et à critiquer le gouvernement. Il dessine une bande dessinée sur le thème de Che Guevara, de l'Amérique latine, de la Bolivie et de la révolution cubaine en 1968. Avec son oncle Claude Mauriac, il publie un album de bande dessinée intitulé Peluche en 1970. Le vrai déclic se produira avec Giscard, avec lequel il commencera vraiment à « s’amuser ».
vignette|redresse|L'armée étouffe la jeunesse, affiche de Wiaz pour le maintien des sursis du service militaire contre la réforme de Michel Debré
Les débuts d'un engagement Lors du tournage d’Au hasard Balthazar de Robert Bresson à l’été 1965, il rencontre Jean-Luc Godard. À cette époque, sa sœur est étudiante en philosophie à Nanterre, où elle côtoie entre autres Daniel Cohn-Bendit. Les amis étudiants de sa sœur lui demandent d’illustrer Avant-Garde jeunesse et les autres publications de la Jeunesse communiste révolutionnaire entrée et qui deviendra Rouge en , puis dans Tout est à nous ! (2009-2013), L'Anticapitaliste dès 2013. À la même période, entre et , à la demande de l’Union des jeunesses communistes marxistes léninistes, il fait des caricatures pour le journal Garde Rouge et le Courrier du Vietnam. Entre 1969 et 1971, il publie dans Tout !, qui appartenait au mouvement Vive la révolution. De à 1972, il publie dans La Cause du peuple, dans J’accuse de 1971-1972, qui deviendra Libération en 1973. En , il fait des caricatures pour Action (1968) et pour Actuel (1967-1975 et 1979-1994). vignette|redresse|Affiche de Wiaz pour une publication le Fléau social
Il illustre l’ouvrage de Daniel Bensaid et d’Henri Weber, « Mai 68 : une répétition générale ? » qui finance la publication du journal. Il est le directeur de campagne d'Alain Krivine aux Élections présidentielles de 1969 et de 1974. Il sera membre du bureau politique de la Jeunesse communiste révolutionnaire, responsable des lycées, lycées professionnels et collèges (1966-1968) puis membre du bureau de la Ligue communiste, chargé des lycées, lycées professionnels et collèges (1969-1973). Avec Alain Krivine, Daniel Bensaïd, Henri Weber, il devient porte-parole du Front communiste révolutionnaire en , organisation clandestine à la suite de la dissolution de La ligue communiste, le .
L'affaire Lip lui donne la célébrité Son engagement radical transparaît dans son engagement politique proche de la Internationale ou dans ses chroniques de l’occupation de Lip.
En , la ligue communiste se reformera officiellement sous le nom de Ligue communiste révolutionnaire. Il demeure porte-parole du nouveau parti jusqu’à son changement de nom le . Ce parti prendra le nom de Nouveau parti anticapitaliste, où il devient porte-parole avec Olivier Besancenot puis avec Christine Poupin. Il quitte sa fonction de porte-parole du parti au congrès de 2018. Par ailleurs, il fut candidat aux élections locales et nationales (1971-2017). Il adhère à la CGT en 1967, où il occupe successivement les fonctions de secrétaire général du Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT (1982-1992) puis de la Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication CGT(1992-2013) et membre de la commission exécutive de la CGT (1992-2013). Il est membre du Secrétariat unifié (1978-2003) puis du bureau exécutif et du comité international (2003-2017) de la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié
vignette|redresse|affiche de Wiaz pour un meeting de la Ligue communiste pendant l'Affaire Lip
La participation à de nombreuses publications Son recueil En attendant le grand soir (Denoël, 1976) est préfacé par Michel Foucault. Cet ouvrage est apprécié par Le Canard enchaîné, L'Humanité, La Croix et Le Quotidien de Paris, qui lui demanderont régulièrement des caricatures. Il fait le dessin de la Une des quotidiens de Le Matin de Paris et d’InfoMatin.
Il collabore à La Quinzaine littéraire entre (1970 et 2019), Lire (1975), Les Nouvelles littéraires (1970-1985), L'Autre Journal (1985-1993), Le Magazine littéraire (1970-2020), Le Soir à partir de 1975, L'Événement du jeudi (1984-2001), Marianne (depuis 1997), Charlie Hebdo (depuis 1970), Hara-kiri(1969-1989), Psychologies Magazine1970-1997), XXI (depuis 2008), Okapi (depuis 1971), Pomme d'Api (depuis 1966), J'aime lire Max (depuis 2001), J'aime lire (depuis 1977), Je bouquine (depuis 1984), Témoignage chrétien (depuis 1977), Télérama (depuis 1996), Courrier international(depuis 1990), Le Monde diplomatique (depuis 1981), Le New Yorker (depuis 1995), L'Idiot international (1984-1994), L'Express (depuis 2021), Le Point (depuis 1983), La Voix du Nord (depuis 1996), La Meuse, La Lanterne, La Flandre libérale (depuis 1970), La Nouvelle Gazette (depuis 1983), Nord Éclair (depuis 1987), l'Union, L'Ardennais, L'Est-Éclair, Libération Champagne, L'Aisne nouvelle (depuis 1999), Paris-Normandie (depuis 2004), Sud Ouest, Ouest-France (depuis 2004). vignette|redresse|couverture de l'ouvrage ce que veut la ligue communiste réalise par Wiaz en 1972
Sa proximité avec Le Nouvel Observateur Il montre ses dessins au Nouvel Observateur, qui l'embauche. Il travaillera au sein du journal pendant plus de quarante ans. Il y bénéficie d’un espace fixe dans lequel il est totalement libre tout en répondant épisodiquement à des commandes visant à illustrer des dossiers. En 2021, il décrira ses conditions de travail dans une interview à Paris Match ainsi : . Lors de l'attentat contre Charlie Hebdo en , il fait un AVC et est transporté à l'hôpital. En 2018, il se met à travailler pour le Journal du dimanche. vignette|redresse|affiche de Wiaz pour un sur le Parti communiste français organisé par Rouge avec Daniel Bensaïd.
Droit de réponse Il participe activement à l'émission Droit de réponse, présenté par Michel Polac de 1981 à 1987.. Accompagné de Cabu, Siné, et de Wolinski, Wiaz illustre en direct les débats de l'émission sur une palette graphique. Un dessin de Wiaz, « Une maison de maçon, un pont de maçon, une télé de m... », brandi à l'antenne par l'animateur serait à l'origine de la fin de la programmation de l'émission, le . Le sujet était la corruption dans le monde de la construction, et n'épargnait pas le nouveau propriétaire de TF1, l'entrepreneur Francis Bouygues. vignette|Il n'est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni Castro, ni Mao, affiche de Wiaz pour la Ligue communiste révolutionnaire
Cartooning for Peace