Leonardo Conti, né le à Lugano et mort par suicide le à Nuremberg, est un médecin nazi. Sous le Troisième Reich, il gravit tous les échelons de la hiérarchie pour parvenir en 1939 au poste de chef de la santé du Reich (en allemand : (Reichsgesundheitsführer).

Biographie Leonardo Conti est le fils d'un père suisse (de Lugano) et d'une mère prussienne, Nanna Conti, qui sera la chef des sages-femmes du Reich de 1933 à 1945.

De 1919 à 1923, il étudie la médecine à l'université Humboldt de Berlin puis à l'université Friedrich-Alexander de Erlangen. Il devient militant du mouvement völkisch et cofonde un journal antisémite appelé Kampfbund. Il prend part au putsch de Kapp, en 1920. À partir de 1923, il est membre de la Sturmabteilung (SA), devenant leur premier médecin (un de ses patients est le jeune Horst Wessel, qui devient finalement un « martyr » du parti nazi). En 1925, il publie Über Weichteilplastik im Gesicht, un livre sur la chirurgie plastique du visage.

En 1927, il adhère au parti nazi et commence à organiser la Ligue national-socialiste des médecins allemands (NSDÄB, en allemand : Deutscher Nationalsozialistischer Ärztebund) à Berlin. Il rejoint la Schutzstaffel (SS) en 1930 avec un grade équivalent à médecin-colonel.

En tant que « vieux combattant » du parti, il est nommé par Hermann Göring au Conseil d'État de Prusse. Conti occupe les postes de chef de la Chambre des médecins du Reich (en allemand : Reichsärztekammer), chef du NSDÄB et chef du Bureau principal de la santé du peuple, il est le second du Reichsgesundheitsführer (chef de santé du Reich) Gerhard Wagner.

De 1937 à 1939, il est président de la Fédération internationale de médecine du sport.

En , après la mort de Wagner, il lui succède au poste de Reichsgesundheitsführer (chef de santé du Reich, équivalent au ministre de la santé) en étant nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, Wilhelm Frick. En 1944, il est promu SS-Obergruppenführer (équivalent de général de corps d'armée).

Du à 1945, il est député d'une circonscription autrichienne au sein de la législature.

Au cours de la guerre, il perd de son influence au profit de Karl Brandt, un favori d'Hitler, chargé de la coordination des secteurs militaires et civils de santé. Conti supporte mal d'être subordonné ainsi à Brandt : il s'oppose à lui et cherche à nouer des intrigues en s'appuyant sur Joseph Goebbels et Martin Bormann, mais il échoue à entrer dans le premier cercle qui entoure Hitler.

Après la capitulation de l'Allemagne, Conti est arrêté par les Américains à Flensbourg, le . Il est transféré à la prison de Nuremberg pour être jugé au procès des Médecins. Il se suicide par pendaison le , plus d'un mois avant le début du procès de Nuremberg.

Actions Dénué de scrupules, arriviste, profondément antisémite, Leonardo Conti gravit les échelons de la hiérarchie nazi, en donnant à ses supérieurs des gages d'obéissance. Il se spécialise en matière de race, d'hygiène populaire et sportive, en multipliant brochures et directives pour le corps médical.

L'apogée de sa carrière se situe de 1937 à 1941. Il forme avec sa mère Nanna Conti, dirigeante des sages-femmes du Reich, un puissant réseau d'influences qui cherche à réduire le rôle des hôpitaux et des universités. Il est partisan de naître et mourir à domicile, selon des « pratiques naturelles traditionnelles » garantissant la force originelle et la pureté de la race aryenne.

Le , en tant que chef de la santé du Reich, il obtient la classification de la pervitine (cf. méthamphétamine) parmi les produits définis par la loi du Reich sur les opiacés. Il condamne l'usage privé de la pervitine mais ne remet pas en cause son utilisation à des fins militaires.

Il a été l'un des dirigeants du programme d'euthanasie Aktion T4, et il apporte son soutien aux projets d'Himmler sur les expériences médicales nazies en camp de concentration.

Lors de son suicide, il laisse une lettre déclarant qu'il n'est pas un criminel, mais que, traversant une grave crise dépressive, il avait menti aux enquêteurs en cachant qu'il était au courant des intentions de son adjoint Kurt Blome de procéder à des expériences sur des détenus. Il se suicide en raison du seul mensonge de sa vie : .

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Science sous le Troisième Reich#Médecine

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