Le Tour de France 1997 est la du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du au sur et un prologue pour . Il est remporté par Jan Ullrich, premier cycliste allemand à remporter le Tour, à une moyenne horaire de .
Richard Virenque et son équipe Festina sont les adversaires les plus coriaces pour Jan Ullrich, mais ils ratent le coche dans les Vosges alors qu'Ulrich connaissait un moment difficile. Richard Virenque termine tout de même du classement général et vêtu du maillot à pois. C'est le summum de la « Virenquemania » sur les routes du Tour malgré l'écart important, et , séparant les deux premiers du Tour. L'Italien Marco Pantani s'adjugera quant à lui la de ce Tour, terminant à et d'Ullrich.
Parcours Le départ du Tour a lieu à Rouen ; l'arrivée finale se juge aux Champs-Élysées.
Les forces en présence Les équipes de , soit un total de , sont au départ. Parmi ceux-ci, , , et .
Les dont les dossards sont inférieurs à 160 sont sélectionnées d'office pour le Tour. Six équipes bénéficient d'une invitation : Lotto-Isoglass, Kelme-Costa Blanca, Mercatone Uno, US Postal Service, Mutuelle de Seine-et-Marne et Big Mat-Auber 93.
La sélection des équipes est marquée par le rejet de l'équipe Asics de Claudio Chiappucci, qui a terminé trois fois sur le podium du Tour au début de la décennie, au profit de deux équipes françaises de deuxième division. Au mois de mai, il a été interdit de départ durant le Tour de Romandie et empêché de participer au Tour d'Italie en raison d'un hématocrite supérieur à la limite de 50 %. Le directeur du Tour de France, Jean-Marie Leblanc a défendu le choix d'écarter Asics et Chiappucci expliquant qu'il était "proche de la fin de carrière et [que] ses performances de 1997 ne sont pas au niveau des années précédentes".. Cependant, son équipe est retenue en tant que réserviste, en compagnie de l'équipe Scrigno-Gaerne. Ce choix se fait au profit d'équipes françaises de deuxième division, avec la volonté de « donner la priorité aux jeunes ». Cette sélection résulte aussi de l'objectif d'aligner 40 coureurs français au départ de la course , et éviter un trop fort déséquilibre numérique entre cyclistes français et italiens.
Les favoris Le principal favori de ce Tour de France est Bjarne Riis. Vainqueur l'année précédente, il est le coureur qui a mis fin aux cinq ans de règne de Miguel Indurain sur la Grande boucle. Il est également le premier vainqueur du Tour depuis Bernard Hinault à remporter une grande classique le printemps suivant sa victoire sur le Tour. En effet, la victoire de Riis dans l'Amstel Gold Race a impressionné ses adversaires.
Son principal adversaire est sans doute son coéquipier Jan Ullrich. Le jeune Allemand a l'avenir devant lui : deuxième l'année précédente à seulement, il est la principale menace pour son leader, . Il a terminé troisième du Tour de Suisse peu avant le Tour, puis remporté le titre de champion d'Allemagne : dès avant la course, on pressent que la stratégie de l'équipe Telekom sera un élément clef de la course.
Les grands adversaires des coureurs de la Telekom se trouvent dans les rangs de l'équipe Festina. Troisième l'année précédente, le Français Richard Virenque, héros du public, a terminé dans les dix premiers et maillot à pois des trois derniers Tours. Il a misé exclusivement sur le Tour cette année-là. Son coéquipier, le Suisse Laurent Dufaux, quatrième en 1996, n'est manifestement pas le leader de l'équipe. Mais il a donné des gages de sérieux en terminant deuxième du Tour d'Espagne l'année précédente. Moins à l'aise que la Telekom contre-la-montre, la Festina devra compter sur une course débridée en montagne pour l'emporter.
Le vainqueur du Tour d'Espagne 1996 est précisément un autre concurrent sérieux. Alex Zülle, de l'équipe ONCE, a terminé deuxième du Tour de France 1995, puis a porté le maillot jaune l'année suivante. Il est champion du monde contre-la-montre et a remporté en avril le Tour du Pays basque. Toutes ces références en font un des candidats les plus sérieux. Dans la même équipe, le numéro un mondial, le Français Laurent Jalabert, est en délicatesse avec le Tour. Il a tout de même terminé quatrième et maillot vert en 1995 et remporté le Tour d'Espagne la même année. Il a été un des coureurs les plus en vue du début de saison, remportant la Flèche wallonne et Paris-Nice. Ces deux coureurs sont des coureurs complets, qui chercheront à combiner performances contre-la-montre et en montagne pour s'imposer.
Parmi les autres coureurs de ce type, on trouve le Suisse Tony Rominger, ancien triple vainqueur du Tour d'Espagne et vainqueur du Tour d'Italie. En fin de carrière à 35 ans, il a tout de même encore terminé du Tour et troisième du Tour d'Espagne l'année précédente. C'est vraisemblablement pour lui la dernière chance de remporter le seul grand tour qui manque à son palmarès, quatre ans après sa deuxième place. On trouve aussi l'Espagnol Abraham Olano de l'équipe Banesto, présenté comme le successeur de Miguel Indurain. Vainqueur en juin de la Bicyclette basque, puis deuxième du Critérium du Dauphiné libéré malgré une chute, il a réalisé la meilleure approche possible de l'épreuve. Sur les grands tours, à , il a déjà terminé du Tour de France en 1996, du Tour d'Italie la même année, et du Tour d'Espagne en 1995. C'est dire s'il a les qualités d'un coureur de grand tour.
Dans la catégorie des grimpeurs, qui devront s'illustrer en montagne pour espérer l'emporter, on trouve l'ancien champion du monde français Luc Leblanc, sixième l'année précédente, qui a été en vue au printemps où il a terminé deuxième de la Flèche wallonne et remporté le Tour du Trentin. On trouve également le fantasque Italien Marco Pantani, qui fut déjà troisième du Tour et deuxième du Tour d'Italie en 1994, et a remporté deux fois le classement du meilleur jeune du Tour. Citons aussi le grimpeur espagnol de l'équipe Kelme Fernando Escartín. Il a déjà terminé deux fois dans les dix premiers sur le Tour, et trois fois sur la Vuelta, et vient de remporter une des principales courses de préparation au Tour, le Tour de Catalogne. Enfin, le jeune Autrichien Peter Luttenberger a été la révélation du Tour précédent, qu'il a terminé à la cinquième place, après avoir remporté le Tour de Suisse. Il est naturellement très attendu.
Les espoirs français reposent également sur Pascal Lino, cinquième du Tour 1992, où il avait longuement porté le maillot jaune.
Enfin, deux des protagonistes probables sont des anciens vainqueurs du Tour d'Italie. Ivan Gotti, cinquième du Tour de France 1995, vient de remporter le Giro. Le Russe Evgueni Berzin, considéré comme un prodige au début de sa carrière, a notamment remporté le Tour d'Italie 1994, puis terminé deuxième l'année suivante. Mais il déçoit depuis, notamment sur le Tour de France, où il a remporté en 1996 une étape dans les Alpes et porté le maillot jaune avant de s'éteindre pour terminer .
Les autres grimpeurs Un certain nombre de coureurs ont peu de chances de briller au général, mais devraient animer la course dans la montagne. C'est le cas notamment du Français Jean-Cyril Robin, récent du Critérium du Dauphiné libéré ou de son compatriote Laurent Madouas, de Liège-Bastogne-Liège. C'est le cas aussi de l'Allemand Udo Bölts, vainqueur surprise du Critérium du Dauphiné libéré, mais qui sera l'équipier des deux principaux favoris du Tour, du Colombien Hernán Buenahora, ancien du Tour, du récent Champion d'Espagne, José María Jiménez, ou de son coéquipier Ángel Casero. On peut citer aussi l'Australien Patrick Jonker, l'année précédente et récent vainqueur de la Route du Sud, le Champion de Suisse Oscar Camenzind, qui vient de terminer deuxième du Tour de Suisse, l'Italien Giuseppe Guerini, troisième du dernier Tour d'Italie, ou encore le Danois Bo Hamburger.
Les sprinteurs Le grand favori des arrivées au sprint est Mario Cipollini. Il a déjà remporté du Tour d'Italie et du Tour de France et porté le maillot jaune, mais n'a jamais terminé la course, de telle sorte qu'il est peu probable qu'il remporte le maillot vert. Sa stratégie du "train", marquée par l'emploi de poissons-pilotes qui emmènent le sprinteur dans un fauteuil jusqu'aux derniers mètres, devrait une nouvelle fois faire mouche.
Son principal adversaire est l'Allemand Erik Zabel. Lui aussi vainqueur de du Tour, il a remporté l'année précédente le maillot vert, et sera favori pour conserver son bien. Au printemps, il a remporté sa première grande classique, Milan-San Remo, que Cipollini n'a encore jamais remportée. Son train est néanmoins réduit par la présence dans son équipe des deux principaux favoris de la course, et de leurs équipiers, quand l'équipe de Cipollini lui est entièrement dévouée.
Toujours parmi les sprinteurs, il faut noter la présence de sprinteurs confirmés : le Français Frédéric Moncassin, double vainqueur d'étape l'année précédente et qui a manqué de peu le maillot vert, l'Italien Nicola Minali, ancien vainqueur d'étape et double vainqueur de Paris-Tours, ses compatriotes Fabio Baldato, vainqueur de la dernière étape du Tour de l'année précédente, et Adriano Baffi, vainqueur d'étape sur le Tour d'Italie, mais à qui le Tour n'a jamais souri. Mais le plus expérimenté reste l'Ouzbek Djamolidine Abdoujaparov, trois fois maillot vert et déjà vainqueur de du Tour.
La concurrence à ces derniers pourrait venir des plus jeunes, comme le Champion de Belgique, Tom Steels, , déjà vainqueur de Gand-Wevelgem et du Circuit Het Volk, ou le Néerlandais Jeroen Blijlevens, le même âge, vainqueur de deux étapes les années précédentes.
Autres coureurs Parmi les autres coureurs importants, on note la présence de spécialistes des classiques comme le Champion du monde Johan Museeuw, l'Italien Michele Bartoli, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, ou le double vainqueur d'étape Rolf Sørensen.
L'Anglais Chris Boardman, ancien vainqueur du prologue du Tour et porteur, à ce titre, du maillot jaune, Champion du monde de poursuite et recordman de l'heure, sera, pour sa part, l'un des principaux favoris des contre-la-montre, sans écarter toute ambition au classement général.
Déroulement de la course 5 juillet : le prologue Lors du prologue, à Rouen, Chris Boardman confirme qu'il est bien le meilleur rouleur du monde, remportant son deuxième prologue sur le Tour, le de sa carrièrehttp://www.cyclingnews.com/results/archives/tour97/prol.html, cyclingnews.com, 5 juillet 1997. Parmi les favoris, Jan Ullrich frappe un grand coup, en terminant deuxième à . Tony Rominger, Evgueni Berzin et Alex Zülle terminent à , Abraham Olano à , Bjarne Riis à . La déception est pour Jalabert, seulement .
Parmi les grimpeurs, Laurent Dufaux termine , Luc Leblanc , Fernando Escartín , Marco Pantani , Ivan Gotti , et Richard Virenque , déboursant déjà 44 secondes. Parmi les sprinteurs, candidats au maillot jaune dans les premiers jours par le jeu des bonifications, Mario Cipollini est le mieux placé, à .
Du 6 au 9 juillet : Cipollini domine la plaine Dès la première étape, Cipollini l'emporte au sprint devant Tom Steels et Frédéric Moncassin et s'empare du maillot jaune. L'étape est marquée par une chute à de l'arrivée qui provoque l'abandon de Gilles Talmant, et retarde les deux tiers du peloton. La mésaventure fait perdre à Dufaux, Berzin, Riis, Pantani, Gotti et Escartin, et à Luc Leblanc et Alex Züllehttp://www.cyclingnews.com/results/archives/tour97/stage1.html, cyclingnews.com, 6 juillet 1997.
La deuxième étape est moins mouvementée. Malgré d'échappée solitaire, Thierry Gouvenou ne peut empêcher un sprint massif. De nouveau vainqueur à Vire devant Erik Zabel et Jeroen Blijlevens, Cipollini conforte son avance en tête du généralhttp://www.cyclingnews.com/results/archives/tour97/stage2.html, cyclingnews.com, 7 juillet 1997.