Pendant la guerre de Sécession, le United States Colored Cavalry est un des 6 régiments de cavalerie des USCT (United States Colored Troops, « Troupes noires des États-Unis ») de lUnited States Army.
Le US Colored Cavalry ( USCC), une des plus célèbres unités combattantes des USCT, est officiellement créé au Kentucky fin octobre 1864 après avoir subi par deux fois l'épreuve du feu : d'abord lors de la première bataille de Saltville (), puis lors d'un accrochage à Harrodsburg (Kentucky) le . thumb|Un caporal du USCC photographié près de Denver (Colorado) pendant l'hiver 1890. En 1864, l'aspect de son prédécesseur du USCC n'était guère différent, mis à part qu'il avait alors une petite casquette au lieu d'un chapeau, et un grand fusil Enfield Pattern 1853 de fantassin au lieu d'un revolver.
Il est commandé par le colonel James S. Brisbin jusqu’à ce que cet officier soit muté au USCC en – puis par l’adjoint de Brisbin, Louis Henry Carpenter, qui commanda le USCC jusqu’au . thumb|James S. Brisbin, avocat et militant anti-esclavagiste devenu colonel, croyait en la valeur des soldats noirs. Le USCC était composé de noirs, soit esclaves, soit affranchis, soit noirs libres.
Après la guerre de Sécession, nombre d’entre eux (et on ne les appela plus alors soldiers, soldats, mais troopers, troupiers) s’enrôlèrent dans les deux régiments de cavalerie noire formés en 1866 dans l’armée régulière des États-Unis, combattront pendant les guerres indiennes et seront surnommés Buffalo Soldiers («soldats bisons »). Beaucoup de leurs officiers blancs seront volontaires pour rester à leur tête.
Organisation Début 1864, le général Stephen Gano Burbridge, commandant du Military District du Kentucky, promulgue son General Order No. 24, par lequel il décrète la formation d’unités combattantes formées de noirs (affranchis, hommes libres ou esclaves, à condition que ces derniers soient « munis d'une autorisation de leur maître »).
Ce nouveau type d’unité vit le combat avant même le , date de sa formation officielle : lors de la première bataille de Saltville (), et lors d’un accrochage à Harrodsburg (Kentucky) le . thumb|275px|Des soldats noirs de l'USCT (United States Colored Troops, « Troupes noires des États Unis ») à Dutch Gap en . Ils posent avec leur uniforme neuf et leur fusil Enfield Pattern 1853, baïonnette au canon, mais chien baissé.
Formation du USCC thumb|Fiche d'enrôlement dans les United States Colored Troops : Louis Henry Carpenter, Lt. Col. des Volontaires, entré le octobre 1864, assigné au US Colored Cavalry.
La rumeur se répand, selon laquelle le colonel James S. Brisbin va former un régiment de cavalerie noire (commandé par des officiers blancs assistés de sous-officiers noirs) dans le but de lancer un raid. Plus de Noirs se présentent spontanément à Camp Nelson (Kentucky) ainsi qu'au bureau de l'''US Army des villes voisines de Lebanon et de Louisville (Kentucky)Louisville (Kentucky), forteresse unioniste épargnée par la guerre et située immédiatement au nord des États esclavagistes, était pour beaucoup d'esclaves en fuite le terminus de la filière d'évasion appelée Underground Railroad (Chemin de fer clandestin) et comptait une très forte population noire. et demandent à être enrôlés.
Cependant le lieutenant-colonel Louis Henry Carpenter se rend compte que ces hommes sont illettrés, et il demande à la hiérarchie que des sous-officiers blancs soient affectés au nouveau futur régiment. Sa demande est prise en considération, et le USCC hâtivement constitué "L. Henry Carpenter", "Lt. Col." "5th U.S. Colored Troops." Promoted "Colonel" and listed as "vice Brisbin" on roster card. Lt. Col. James S. Brisbin, Fifth U. S. Colored Cavalry was later promoted to colonel and took command of the 6th United States colored Cavalry (USCC) and Carpenter took command of the 5th USCC..
Alors que les formalités d’enrôlement de tous les hommes ne sont même pas terminées, et que très peu de d’officiers (et encore moins de sous-officiers) ont pris leur poste, le colonel James F. Wade, nommé temporairement à leur tête, est chargé d’amener le plus rapidement possible cette troupe à Prestonburg (Kentucky).
Sous la pression de l’urgence, Wade attribue aux soldats noirs des chevaux non dressés comme montures, et des fusils Enfield Pattern 1853 d’infanterie comme armesle fusil Enfield 1853, lourd, long et se chargeant par la gueule était une arme de fantassin, et n’était pas du tout adapté au maniement par des cavaliers : en particulier ils ne pouvaient pas le recharger tout en chevauchant. Cependant, dans l’optique américaine de l’époque, les cavaliers étaient plus souvent amenés à démonter pour se battre à pied qu’à combattre à cheval. C’est d’ailleurs ce que note avec étonnement, dans la relation de son voyage d’études effectué en 1863 en Amérique du Nord, le jeune capitaine anglais Arthur Fremantle. Mais en 1864, les unités nordistes de cavalerie blanche (comme le Michigan et le Ohio) étaient déjà dotées de la Spencer (arme), une carabine à répétition manuelle rapide (sept coups sans recharger) parfaitement adaptée au combat rapproché, aussi bien à pied qu’à cheval.. thumb|Saltville, d'où proviennent les deux tiers du sel consommé par la Confédération, est située à l'extrême Sud-Ouest de l'État de Virginie. La colonne Burbridge est venue du Kentucky pour détruire les salines.
Vu l'importance du sel pendant la guerre de Sécession (unique agent de conservation, indispensable pour la nourriture des troupes aussi bien que des civils - et pour le traitement des cuirs, matière première des chaussures et des harnais), Ulysses S. Grant avait donné l’ordre au général Burbridge de pénétrer jusque dans le Sud-Ouest de la Virginie, pour détruire les salines de Saltville, qui fournissaient les 2/3 du sel consommé par le Sudvoir sur http://www.sonofthesouth.net/leefoundation/civil-war/1865/january/saltville-virginia.htm : dans le Harper's Weekly du 14 janvier 1865, la description du fonctionnement des salines de Saltville.
Le , la colonne Burbridge, forte de trois brigades (cavalerie et infanterie montée, Missouri Cavalry, Kentucky Cavalry, et Ohio Cavalry) sort de Mount Sterling (Kentucky), direction Saltville. Quatre jours plus tard elle est rejointe à Prestonburg (Kentucky) par les 600 hommes du nouveau United States Colored Cavalry, ainsi que par un petit nombre de soldats noirs du futur USCC.
Pendant les six jours que dure encore la progression, les soldats noirs doivent subir les moqueries et les farces plus ou moins méchantes (du vol de chapeaux au vol de chevaux) que les soldats blancs de la colonne s’ingénient à faire subir à leurs nouveaux collègues noirsparmi les plaisanteries lancées aux nouveaux soldats noirs, on peut penser que leurs collègues blancs ont dû leur rappeler souvent que le fusil Enfield Pattern 1853 était l'arme de service adoptée par la Confédération pour ses fantassins.... Mais, comme l'écrit Brisbin à ladjutant general Thomas, .
Par ailleurs, en chemin la colonne Burbridge est naturellement observée et testée par les reconnaissances de cavalerie sudistes : leurs scouts rapportent au QG qu'un puissant raid nordiste avance sur Saltville (ce qui permet d'organiser la résistance de la ville) - et surtout diffusent la nouvelle qui atterre et révolte la population blanche : les Yankees ont avec eux 600 « nigger soldiers » (« soldats nègres »).
Le USCC et la de Saltville
Première bataille de Saltville Le octobre, Burbridge arrive à 3 miles de Saltville. Il décide de bivouaquer et d'attaquer le lendemain, ce qui laissera le temps d'arriver aux renforts qu'il attend. En fait ces renforts, commandés par le général Alvan C. Gillem n'arriveront pas : ils ont été, sans que Burnbridge en ait été averti, envoyés à Atlanta pour protéger la ligne d'approvisionnement de Sherman.
Mais les Confédérés profitent de la nuit pour faire venir des renforts à Saltville (leur effectif se monte alors à hommes, contre les fédéraux) et se retrancher solidement sur Chestnut Ridge (la crête des Marronniers), qui surplombe le ruisseau Cedar Branch, un affluent de la rivière Holston (branche nord). Les défenseurs de Chestnut Ridge sont les brigades de George G. Dibrell et de Felix H. Robertson, et les guérilleros de Champ Ferguson. À mi-pente, les Confédérés ont aussi creusé des trous d'hommesces trous d'hommes (rifle pits, « trous à fusil ») creusés en avant des retranchements servent à dissimuler des tireurs d'élite qui ont pour mission de décimer les officiers et les premiers combattants des vagues d'assaut ennemies..
Chez les Confédérés, la nouvelle perturbante s'est répandue après les premières escarmouches : les Yankees les attaquent avec des soldats noirs. Le brigadier-général Alfred E. Jackson appelle son adjoint : « mes hommes me disent que les Yanks ont en face un tas de soldats nègres... Pensez-vous que vos réservistes vont se battre contre ces nègres ? ». « Se battre ? répond l'officier. Bon dieu, mon général, mais mes gars vont les manger tout crus ! Enfin, pas les manger, c'est trop, mais bien les hacher en petits morceaux<ref>WP en cite : « my men tell me the Yanks have a lot of nigger soldiers along. Do you think you reserves will fight niggers? » « Fight ‘em ? replied Preston, By God, Sir, they’ll eat ‘em up! No! Not eat ‘em up! That's too much! By God Sir, we’ll cut ‘em up! ».</ref> ».
Le à 10 heures du matin, après l'habituel échange de coups de feu entre tireurs d'élite, les cavaliers fédéraux mettent pied à terre pour attaquer : le terrain est escarpé et les défenseurs (qui, eux, sont munis d'artillerie) de la position ennemie sont nombreux. Les soldats bleus s'élancent sur la pente dominée par les retranchements confédérés de Chestnut Ridge. Par deux fois les Fédéraux sont repoussés, mais une troisième charge générale, réunissant 400 hommes du USCC et ceux des Ohio Cavalry et Michigan Cavalry, enfonce les défenses confédérées : les unionistes arrivent, au prix de pertes considérables, à prendre pied sur Chestnut Ridge.
Cependant, la nuit tombe, les Confédérés reçoivent des renforts (le général Breckinridge en particulier arrive le soir avec ses cavaliers) et contre-attaquent. Les fédéraux, eux, sont épuisés, à court de provisions et de munitions. Burbridge décide de se replier et de quitter le sommet qu'il a conquis.
Les fédéraux allument de grands feux sur leurs positions de la veille, afin de faire croire à l'ennemi qu'ils sont encore là, et se retirent, en abandonnant leurs blessés sur le champ de bataille.
L'usine de Saltville est intacte, Saltville est une victoire pour la ConfédérationÀ Saltville, le commentaire apposé sur une stèle au sommet de Chestnut Ridge (voir l'article de WP en "Saltville, Virginia") donne une version de la bataille légèrement différente : les Confédérés ont été repoussés en contrebas jusque dans le cimetière, avant de contre-attaquer en force et de reprendre le sommet de la crête. Mais la carte montre bien comment les trois colonnes de fédéraux (en bleu) s'unirent au moment de traverser le ruisseau Cedar Branch, avant de se lancer vers le sommet de la pente sous le feu des Confédérés. Le commentaire se termine par « le matin suivant quelques-uns des soldats blessés et prisonniers furent assassinés, lors de ce qui a été appelé le "massacre de Saltville" ». Mais les colored troops ont gagné le respect des autres combattants nordistes : un officier du Kentucky Cavalry reconnaît « qu'il n'aurait jamais pensé qu'ils combattraient jusqu'à ce qu'il les ait vus. Et (je) n'ai jamais vu des hommes se battre ainsi. Les rebelles leur tiraient dessus au canon, avec charges dispersantes et mitraille, et les couchaient par douzaines, mais ils continuaient à charger tout droitWP en cite : « ...never thought they would fight until he saw them there, [and I] never saw troops fight like they did. The rebels were firing on them with grape and canister, and were mowing them down by the scores, but others kept straight on. » ».