L'ancien siège de la Caisse Générale d'Épargne et de Retraite est un édifice de style éclectique situé au de la rue du Fossé aux Loups, à Bruxelles en Belgique.
Historique
La Caisse Générale d'Épargne et de Retraite (CGER)
La Caisse d'Épargne de Belgique fut fondée par Pierre Tack. Le , la Caisse de Retraite fut annexée à la Caisse d'Épargne à l'initiative du ministre libéral Walthère Frère-Orban, donnant ainsi naissance à la Caisse Générale d'Épargne et de RetraitePanneau explicatif placé dans l'ancienne salle du conseil d'administration de la Caisse Générale d'Épargne et de Retraite., plus connue sous le nom de ASLK en néerlandais : ..
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Le siège central La construction d'un nouveau siège est décidée en 1888 : la acquit un terrain attenant à la rue du Fossé aux Loups et confia la construction de l'édifice à l'architecte éclectique Henri Beyaert. La construction fut menée à bien par Beyaert de 1889 à 1893, avec la participation de l'architecte Paul Hankar notamment pour les dessins des ferronneriesLe Patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, , Pentagone E-M, Pierre Mardaga éditeur, 1993, ., et les nouveaux bâtiments furent occupés en 1893.
Après la mort de Beyaert, les plans d'agrandissement furent confiés à Henri Van Dievoet de 1901 à 1904 consistant en une aile de huit travées jointive à l'habitation du directeur, rénovée simultanément, et une aile de cinq travées vers la rue des Boiteux, dont subsiste le portail d'entrée.
L'architecte-décorateur français Alban Chambon agrandira l'immeuble de Beyaert entre 1910 et 1918 et concevra l'entrée de la direction et la tourelle d'angle, à l'angle de la rue du Fossé aux Loups et de la rue d'Argent : ses plans sont datés du .
Le bâtiment a été restauré en 1990 sur les plans de Guido J. Bral.
Les extensions ultérieures Le siège de la s'est ensuite fortement étendu avec les années jusqu'à compter une dizaine de bâtiments :
Bâtiment Adresse Architecte Année de construction Statut Beyaert rue du Fossé aux Loups 46b Henri Beyaert 1889-1893 Beyaert (extension) rue du Fossé aux Loups 46 Alban Chambon 1910-1918 Van Dievoet rue d'Argent et rue des Boiteux Henri Van Dievoet 1901-1904 démoliremplacé par le bâtiment « C » en 1980 Boiteux rue des Boiteux 1b Alfred Chambon 1930-1934 ChambonLe bâtiment Chambon est appelé en néerlandais, à cause de sa forme en fer à cheval. rue du Fossé aux Loups 48 Alfred ChambonFils d'Alban Chambon. 1947-1953 CITEBAcronyme de la Compagnie Industrie et Travaux E.Blaton. rue du Marais 56 Bureau d'études de CIT Émile Blaton 1955 Marais rue des Boiteux 10-12 Marcel LambrichsC. GrochowskiD. de Laveleye 1969-1973 Tiberghien rue des Boiteux 3-5 Marcel LambrichsC. GrochowskiD. de Laveleye 1972-1975 démoli en 2013 C rue d'Argent 9 Jacques WybauwAlbert De DonckerPhilippe SamynWalter BresseleersLe Patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, , Pentagone E-M, Pierre Mardaga éditeur, 1993, . 1980-1986 démoli en 2013 AB / Rothschild rue du Marais 30 Erauw Lievens Douglas (ELD) 1980 F rue aux Choux 41-45 Albert De DonckerJacques WybauwPhilippe Samyn 1980
La vente au groupe Allfin Les bâtiments passent ensuite à BNP Paribas Fortis (résultat de la fusion de la , de la et de la Générale de Banque à la fin des ) qui vend en 2011 les cinq bâtiments formant le « Chambon » situé entre la rue du Fossé aux Loups et la rue des Boiteux (soit les bâtiments Beyaert, Chambon, Tiberghien, Boiteux et C) au groupe immobilier AllfinSite du journal Trends Tendances, ..
Le projet immobilier d'Allfin conserve les trois bâtiments les plus anciens du « Chambon »Journal du . : le bâtiment Chambon, transformé en appartements, avec des commerces dans l'agence bancaire située au rez-de-chaussée ; le bâtiment Beyaert garde une fonction de bureaux ; une école occuperait le bâtiment Boiteux.
La demande de permis d'urbanisme et d'environnement introduite par la société Chambon SA/NV le prévoit la rénovation et la reconstruction d'un ensemble d'immeubles et de logements ( et d'étudiants) et bureaux () avec un commerce () et de parking en sous-sol.
Le projet est confié à l'architecte Michel Jaspers et au bureau A2RC..
Le projet comprend la démolition des deux bâtiments les plus récents (Tiberghien et Bâtiment C). Les travaux de démolition de ces bâtiments, menés par la société De Meuter, commencent respectivement en janvier et mais le Tiberghien, déjà vidé, désamianté et partiellement démoli, s'effondre le à ...
L'Hôtel de la Caisse d'Épargne construit par Henri Beyaert Localisation Le tout premier bâtiment, l'Hôtel de la Caisse d'Épargne construit par Beyaert de 1889 à 1893, se situe au de la rue du Fossé aux Loups et ne comporte que sept travées : la travée qui abrite la porte du 46B, les trois travées situées sur sa gauche et les trois travées situées sur sa droite.
La façade de l'Hôtel de la Caisse d'Épargne de Beyaert est donc nettement plus réduite que celle du bâtiment actuellement appelé « Beyaert » qui, après les travaux d'extension réalisés par Alban Chambon, compte treize travées le long de la rue du Fossé aux Loups, plus la tour d'angle et deux travées le long de la rue d'Argent.
Par contre, ce bâtiment était nettement plus profond que le bâtiment actuel : il avait une profondeur de et allait presque jusqu'à la rue des Boiteux alors que le bâtiment actuel, sévèrement amputé lors de la construction du bâtiment « C » en 1980, se limite à une profondeur de .
Architecture extérieure La façade de Beyaert présente une architecture éclectique mêlant les styles néo-classique et néo-Renaissance italienneBrochure des journées du patrimoine 2010 de la Région de Bruxelles-Capitale, ..
Au rez-de-chaussée, la façade, édifiée en pierre d'Euville, présente une maçonnerie à bossages plats et à lignes de refend caractéristiques de l'architecture néo-classique, sur un soubassement en pierre bleue.
La structure des étages est nettement plus complexe. Beyaert a en effet donné du relief à sa façade en alternant des parties en retrait (les arrière-corps) et des parties en saillie (les avant-corps)Voir la description que fait Jules Brunfaut du bâtiment Beyaert dans sa Notice sur Henri Beyaert, , citée par François Loyer, Paul Hankar. La Naissance de l'Art Nouveau, Bruxelles, AAM, 1986, , : . :
les arrière-corps (travées paires, en retrait) sont ornés au premier étage d'un balcon portant deux colonnes cannelées dont les chapiteaux ioniques supportent un entablement à frise sculptée et un fronton triangulaire. Au deuxième étage, les fenêtres de ces six travées sont encadrées de pilastres.
les avant-corps (travées impaires) ne présentent aucun ornement : les fenêtres des deux étages y sont reliées par un puissant encadrement en saillie.
La façade est percée d'une porte en bronze portant le . Cette porte présente des piédroits harpés et un linteau plat orné de trois claveaux saillants dont celui du centre est orné d'une tête de lion. La porte en bronze a été remaniée par Alfred Chambon, auteur du bâtiment Chambon situé au .
Architecture intérieure Il ne reste pas grand-chose de l'architecture intérieure de l'Hôtel de la Caisse d'Épargne de Beyaert puisque le bâtiment est réduit à une profondeur de , c'est-à-dire la profondeur d'un salon et d'un couloir.
La partie la plus intéressante est le grand salon situé au-dessus de la porte d'.
Ce salon d'une dimension de dix mètres sur sept est orné : d'une grande cheminée en marbre blanc veiné de gris, dont la base est ornée de pilastres à feuilles d'acanthe et la partie supérieure de colonnes ioniques et d'un encadrement sculpté d'une frise de petits lions et d'étoiles en marbre, le tout sommé d'une couronne et d'un entablement agrémenté d'une frise de motifs végétaux, d'une frise de denticules et d'une frise d'oves ; d'un plafond à caissons, hélas partiellement masqué par un système d'éclairage moderne, orné de rosaces dont le pourtour est constitué d'une frise de denticules, d'une frise d'oves et d'une corniche ; de lambris en bois décorés dans leur partie supérieure d'une frise de feuilles de lierre ; de grandes portes en bois ornées sur leur pourtour d'une frise de feuilles d'acanthe.
L'extension du bâtiment Beyaert réalisée par Alban Chambon
Localisation Ce qui subsiste des travaux d'extension du bâtiment « Beyaert » réalisés par Alban Chambon de 1910 à 1918 (à ne pas confondre avec le bâtiment « Chambon » construit au par son fils Alfred Chambon de 1947 à 1958) englobe six des treize travées situées le long de la rue du Fossé aux Loups, ainsi que la tour d'angle (portant le ) et les deux travées situées le long de la rue d'Argent.
Le « raccord » entre la façade originelle de Beyaert et l'extension d'Alban Chambon se situe entre la septième et la huitième travée. Alban Chambon ayant respecté à la perfection le style de Beyaert, ce raccord est très discret : il se remarque cependant à une légère inflexion de la façade et à quelques pierres de taille qui ont été « rallongées » et semblent sciées en hauteur.
Tout comme celui de Beyaert, le bâtiment initial d'Alban Chambon a été gravement amputé par la construction du bâtiment « C » en 1980. Les plans anciens indiquent que ce bâtiment initial d'Alban Chambon couvrait non seulement le bâtiment d'angle actuel mais également l'intégralité de la surface couverte ultérieurement par le bâtiment « C », soit donc une longueur totale de façade de (entre le bâtiment de Beyaert à la rue du Fossé aux Loups et le bâtiment disparu de Van Dievoet à la rue des Boiteux) dont le long de la rue d'Argent : ce qui reste ne représente donc qu'approximativement 10 % de l'œuvre initiale d'Alban Chambon.
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Allégories Alban Chambon a incorporé dans la façade et la décoration intérieure de son extension des dizaines de symboles « devant stimuler la discipline d'un bourgeois prévoyant ».
Le bâtiment est ainsi truffé d'allégories de l'épargne, de la prospérité, de l'abondance, de la pérennité, du mérite et de l'autorité :
l'abeille et la ruche, symboles de l'épargne ; les gerbes de blé, symboles de l'abondance et de la prospérité ; les feuilles de chêne, symboles de pérennité ; les cornes d'abondance ; les feuilles de laurier, symboles du mérite ; les faisceaux, symboles de l'autorité.
Ces symboles sont omniprésents dans l'extension construite par Alban Chambon : ils se retrouvent sur la façade, sur la porte d'entrée, dans le, vestibule, dans la cage d'escalier, dans la salle du conseil et dans la salle d'attente.
On soulignera leur absence complète dans le bâtiment de Henri Beyaert, si on excepte deux ornements non attribués à Beyaert : des abeilles ornant la plaque de fonte de la cheminée du grand salon de Beyaert, plaque probablement attribuable à Alfred Chambon qui a continué d'aménager les bâtiments après son père ; des abeilles gravées sur des plaques en verre ajoutées dans le couloir du deuxième étage pour protéger le bas des murs, probablement lors de la restauration de 1990.
Vertus Le bâtiment est également orné de nombreuses mentions exaltant les vertus : bas-reliefs « » et « » sur la façade ; sculpture de la « Prévoyance » dans le hall d'entrée ; mention « Travail » sur le panneau en fonte de la cheminée de l'ancienne salle du conseil d'administration ; mentions « Travail », « Économie », « Persévérance », « Dignité » au-dessus de certaines portes intérieures au pied du grand escalier.
Architecture extérieure vignette|droite|
Façades Comme il a été dit plus haut, Chambon a prolongé la façade de Beyaert le long de la rue du Fossé aux Loups en respectant à la perfection le style de son prédécesseur.
Il s'en est par contre écarté pour la tour d'angle et pour la façade de la rue d'Argent (qui est très courte et ne compte que deux travées).
Cette façade présente plusieurs différences notables par rapport à la façade principale :