Le Luxembourg français désigne la partie méridionale de l'ancien duché de Luxembourg, cédée au royaume de France, en 1659, par le traité des Pyrénées. Il avait pour villes principales Carignan, Montmédy et Thionville.
Géographie Le moulin de Margny était l'un des points de séparation entre le Luxembourg français et le Luxembourg dit "autrichien" (1714-1794/95). Une partie de ce moulin était sur le territoire du duché de Luxembourg, et l'autre, où se trouve le tournant, sur le territoire du royaume de FranceAnnales civiles et religieuses d'Yvois-Carignan et de Mouzon, Paris, 1822.
vignette|centre|Situation du Luxembourg français en 1689.
Toponymie Le nom de « Luxembourg français » fut donné à ce territoire à la suite de la paix des Pyrénées, cela pour le distinguer de l'autre partie du duché de Luxembourg qui, avec ses deux « quartiers » (roman/français et germanique/allemand), continuait à ressortir aux Pays-Bas espagnols et, simultanément, du Saint-EmpireDictionnaire géographique universel, Tome sixième (1829)..
Par ailleurs, « Luxembourg françois » est une dénomination qui apparaît sur des cartes anciennes et qui fut maintenue jusqu'en 1790Annales de l'Est, Éditions Berger-Levrault, 2008.
En néerlandais : Frans Luxemburg Willem Albert Bachiene, Kort begrip der geographie tot eene handleidinge by het onderwys der leerlingen in deze wetenschap te volgen, Amsterdam, Reinier en Josua Ottens, 1761., en allemand : Französisch-Luxemburg Ernst Münch, Das Grossherzogthum Luxemburg, integrirender Theil des teutschen Bundes, Braunschweig, Friedrich Bieweg, 1831..
Histoire Cédé au royaume de France en 1659 par les articles 38 et 41 du traité des Pyrénées, ce territoire aurait concerné plus de soixante mille Luxembourgeois qui changèrent alors de souverainetéMarcellin La Garde, Histoire du duché de Luxembourg, tome 2.
Le Luxembourg français faisait administrativement partie des Trois-Évêchés, plus précisément de la généralité de Metz. Cependant, bien qu'il fût rattaché à la France, il obéissait toujours à la coutume de LuxembourgSociété d'Histoire et d'Archéologie de Lorraine, Jahrbuch - Volumes 31 à 32, (1922).
Organisation Selon l'historien Jean Bertholet, ce territoire avait pour chef-lieu ThionvilleJean Bertholet, Histoire ecclesiastique et civile du Duché de Luxembourg, 1743, page 89.. Il ressortissait au gouvernement et au parlement de MetzMr. Bérenger, Géographie de Busching, Tome V, Lausanne, 1779.Henri Klimrath, Études sur les coutumes, 1837. et comprenait :
dans l'actuel département de la Moselle : Thionville, érigé en chef-lieu ; dans l'actuel département de la Meuse : Chauvency-le-Château, Damvillers, Marville, Montmédy ; dans l'actuel département des Ardennes : Yvois (aujourd'hui : Carignan)Michel Lévy, Dictionnaire de la conversation et de la lecture, Volume 12, Paris, 1856, page 519..
Prévôtés La prévôté de Thionville, fut transformée en bailliage en 1661.
Les prévôtés bailliagères de Chauvency-le-Château, Damvillers, Marville et Montmédy furent créées par un édit de 1661 et étaient indépendantes l'une de l'autre. Elles ressortissaient à la cour de Sedan pour les cas présidiaux. Quant à leurs appellations, elles étaient jugées en dernier ressort par le parlement de Metz. La prévôté royale de Chauvency comprenait Chauvency-le-Château, Chauvency-Saint-Hubert, la Crouée, Lamouilly, Olisy, Véru. La prévôté royale de Damvillers comprenait Damvillers, Étraye, Gibercy, Lissey, Muraut, Peuvillers, Réville-aux-Bois et Wavrille. Elle fut ensuite réunie a celle de MarvilleFélix Liénard, Dictionnaire topographique du département de la Meuse, 1872.. La prévôté de Marville comprenait: Bazeilles, Brandeville, Choppey, Credon, Marville, Rupt-sur-Othain, Saint-Laurent. La prévôté royale de Montmédy comprenait Avioth, Bellenau, Breux (haute justice), Écouviez (haute justice), Ginvry (partie avec Stenay), Harauchamp, Iré-les-Prés, Montmédy, Thonnelle, Thonne-la-Long (haute justice), Thonne-le-Thil, Thonne-les-Prés, Velosnes, Verneuil-le-Grand, Verneuil-le-Petit, Vigneulles-sous-Montmédy, Villécloye.
La ville et prévôté d'Yvois comprenait (en 1537)Jules Vannérus, Dénombrements des feux des duché de Luxembourg et comté de Chiny, 1921. : Yvoix, Saichy, Escombre, Chamolly et Gyverey, Aisne, Blaigny, Charvaulx, Sapoingne, Margueulx, Margny, Pully, Herbeuval, Mogue, Menton, Suilly, Williers Nouvelle Ville, Fremmy, Trembloy, Signi et Montliebert, Bievre, Lombus, Willy, Afflance, Lynay, Messancourt, Mallandrey, La Ferte, Pourru, Orjoulx (le ban de). En 1662, la prévôté d'Yvois est érigée en duché de Carignan.
Notes et références
Bibliographie complémentaire (Collectif - 18 co-auteurs), La paix des Pyrénées et son impact en Lorraine et au Luxembourg - Actes du colloque international organisé du 5 au 7 novembre 2009 au Musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg édités par Martial Gantelet, Guy Thewes et Martin Uhrmacher, in: Hémecht - Revue d'histoire luxembourgeoise, 62e année, n° [spécial] 3-4/2010; 301 pages (ill.); ISSN 0018-0270 Joseph Groben, L'Ancien Duché de Luxembourg - Das ehemalige Herzogtum Luxemburg; Luxembourg (éd. Saint-Paul), 1999; 311 p. (ill.);
Diddenuewenerland : Histoire du Luxembourg français, Hemechtsland a Sprooch, 1986 Le Luxembourg français, 1659-1790 dans Lotharingia : archives lorraines d'archéologie, d'art et d'histoire, volume 13, 2006
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